MAC ou PC ?
Depuis l'avènement du Macintosh dans le monde naissant de la micro-informatique, chaque année a vu éclore son lot de rumeurs les plus diverses sur la mauvaise fortune de la société Apple. Ce qui n'a pas empêché cette dernière de fêter ses dix ans et ses vingt millions d'ordinateurs vendus sur les cinq continents. Certes, l'hégémonie du monde PC est réelle ; et justifiée si l'on se réfère à l'Histoire (avec un grand H) de la micro-informatique. Le plus étonnant veut que les rumeurs concernent presque exclusivement le Macintosh et jamais le PC, comme si l'un et l'autre n'offraient pas avantages et défauts.
Depuis dix ans, donc, la question demeure : Mac ou PC ? En fait, il est impossible de répondre à cette question car... elle n'a pas de sens ! Pour jouer de la parabole, imaginez qu'on vous demande, à propos de votre prochaine voiture : « 4x4 » ou « routière » ? Très honnêtement, si j'habitais au fin fond de la campagne, je n'aurais pas l'usage d'une magnifique BMW Alpina surbaissée... Et, réciproquement, si je fais cinquante mille kilomètres par an, j'aurais l'air malin avec mon Land Rover (et mon rachis façon « Muraille de Chine »...). Donc, vous l'aurez compris, la question ne se pose pas en ces termes et laissons les pseudo-informaticiens et autres revendeurs en mal de vente, se crêper le chignon au sujet du sexe des anges. Développeur (en bon français, cela signifie que je réalise des programmes informatiques à la demande selon un cahier des charges spécifié par le client), je n'ai toujours pas tranché la question : aujourd'hui, je conçois autant de programmes sur PC que sur Macintosh ! A ce propos, n'avez-vous pas remarqué que ceux qui défendent bec et ongles un type d'ordinateur en critiquant vertement l'autre, n'utilisent que leur marque de prédilection, se contentant de colporter des lieux communs à propos de la machine concurrente ? L'expérience m'a appris que si le Macintosh se montrait supérieur pour tout ce qui concerne graphisme et interface utilisateur, le PC devançait largement son challenger dans le traitement de l'information (pour les calculs notamment). Alors ? 1 but partout, la balle au centre...
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On sait que la majeure partie des acheteurs, au moment d'acquérir un ordinateur, se fie à l'avis d'un proche, ou d'une relation de travail. Vous pensez bien qu'aujourd'hui, à une époque où la première personne qui a entrevu un ordinateur, au hasard d'une machine à café, se présente comme « informaticien », tout le monde se croit autorisé à donner son avis. Même les vendeurs et autres représentants se présentent comme « ingénieurs technico-commerciaux »... Sans parler des véritables informaticiens qui, bien souvent, ne connaissent rien à la micro-informatique, habitués aux gros systèmes autrement plus complexes et, en tout cas, d'architecture totalement différente. Vous noterez que nous n'avons toujours pas répondu à la question : Mac ou PC ? Mais puisqu'on vous répète que la question est mal posée ! Reformulons-la : Vous êtes kinésithérapeute, vous désirez vous équiper en micro-informatique, vous n'y connaissez rien et vous souhaitez ne pas (trop) vous tromper. Que devez-vous choisir ?
Aaahh ! Tout de même, LA bonne question ! La réponse sera simple : ça n'a aucune espèce d'importance ! Aujourd'hui, quatre-vingt-dix-neuf pour cent des ordinateurs vendus en France se montrent d'excellente facture et il n'y a aucune angoisse à se faire quant à leur fiabilité. Dont acte.
Oui, mais comment choisir ? Facile, encore une fois... Prenez le problème à l'envers car, en fait, souhaitez-vous informatiser votre cabinet ou bien acheter une machine pour le plaisir d'acheter... une machine ? Autrement dit, préoccupez-vous d'abord de l'utilisation que vous allez en faire, de cet ordinateur. Quels programmes allez-vous utiliser ? Au travail ou à la maison, voire aux deux ? S'il s'agit d'un ordinateur essentiellement dédié à la gestion de votre cabinet, un seul mot d'ordre doit gouverner votre choix : le logiciel dont vous allez vous servir tous les jours que Dieu fait ; car là se situe le point crucial : à quoi sert la plus belle des machines si le logiciel que vous utilisez s'avère un monstrueux tas de boue ? Je préférerais, sans hésitation aucune, une machine peut-être moins performante mais avec un logiciel qui me convient à la perfection ! D'ailleurs, profitons de ces quelques lignes pour tordre le cou à l'un des lieux communs les plus répandus actuellement : le multimédia. Aujourd'hui, on vous accommode du « multimédia » à toutes les sauces, et aux plus insipides de préférence. Un ordinateur multimédia est un ordinateur qui permet de recevoir la télévision et la vidéo (1er médium, l'image), qui fait office de répondeur-enregistreur, de fax et de modem (2e médium, la télécommunication), d'écrire et de dessiner (3e médium, l'écriture l’impression au sens large du terme), de jouer et d'interpréter de la musique (4e médium, l'audio). Donc, promouvoir un ordinateur comme « multimédia » sous prétexte qu'il possède un écran couleur et un lecteur de CD-Rom, c'est tout de même vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Déversons notre bile par la même occasion en dénonçant une rumeur qui voudrait que seuls les PC puissent communiquer avec les Caisses de Sécurité Sociale (qui possèdent d'ailleurs et du PC et du Mac, je sais de quoi je parle, ayant été moi-même consultant pour des services de la CNAM, de différentes CPAM et autres CNAF) : comprenez bien que, à partir du moment où des données transitent via une ligne téléphonique, peu importe quelle machine émet et laquelle reçoit !
Mais revenons à nos moutons. Alors Mac ou PC ? Encore une fois, si vous souhaitez informatiser votre cabinet, cherchez le logiciel de gestion qui vous paraît clair, à vous et à vous seul. N'écoutez ni le vendeur (il pourrait se montrer partial...), ni votre voisin de palier car, même s'il connaît parfaitement la micro-informatique, il ne sait certainement rien des arcanes de la profession de kinésithérapeute. Or, le problème se résume à trouver un programme qui non seulement vous convienne (ce qui signifie que vous comprenez à peu près ce qui se passe lors d'une démonstration ou dans une pub), mais qui vous apporte toutes les spécificités utiles à votre profession. Le reste, c'est de la roulette de Samsonite (cf. P-A-P-IN) et ne vous concerne en rien. Cela étant dit, et pour finir, disons tout de même quelques mots sur les différences réelles entre les mondes PC et Macintosh. Les PC existent depuis 1980, ce sont les précurseurs. L'avantage d'un pionnier, c'est son expérience ; l'inconvénient, une machine de conception vétuste qui tente, tant bien que mal, de cacher ses rides sous des tonnes (le mot est faible) de fard : ce qu'on appelle Windows. N'empêche, la machine est rapide, le concept efficace et surtout, il faut bien avouer que dans certains domaines d'application, le PC se montre leader incontesté (en Bureautique, l'offre Macintosh n'est pas loin du misérable).
Macintosh connaît lui aussi avantages et inconvénients. Challenger, il arrive après la bataille et ne parviendra probablement jamais à rattraper son retard : sur dix ordinateurs, 8 sont des compatibles PC ! Avantage de cette position, il a bénéficié des erreurs de ses aînés et se montre une machine « intelligente » ; et reste le numéro un en PAO, dans le domaine de la Santé (eh oui !) et constitue la définition même de l'ordinateur familial.
Le plus drôle, c'est que chacun, Microsoft pour PC et Apple pour Macintosh, s'ingénie à copier son concurrent ; et, en général, ça ne donne rien de bon ! Le système d'alias (raccourci) sur Windows 95 fait pisser de rire le monde entier ! Et je ne vous parle pas de la nouvelle gestion des claviers. Macintosh, imitant ainsi le monde PC, qui considère qu'un chiffre tapé au clavier n'est pas le même que celui tapé sur le pavé numérique ! Si, si, c'est vrai, vous pouvez vérifier sur votre PC ou sur votre Macintosh...
Bref, c'est la foire d'empoigne et voilà notre malheureux kinésithérapeute bien en peine pour s'en sortir. Et ce n'est pas moi qui vais forcément résoudre son problème puisque 1) PC c'est super. 2) Macintosh, c'est super. Nous voilà bien avancés !
Pour être tout à fait juste, tout le monde reconnaîtra que pour le Béotien complet, prêt à confondre ordinateur et cocotte-minute, un Macintosh se révèle plus facile d'accès. Pour le reste, c'est une question de goût. Et le mot de la fin sera celui-ci : faites confiance à votre envie, elle vaut au moins autant que l'avis d'un « spécialiste en blouse blanche » !
Pierre Grammat
Développeur Informatique
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1998, Groupe 76
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