LE PAIN ET LA SANTÉ
Nouvelles études, données nouvelles
Le pain va entamer de bon appétit son troisième millénaire à la table des Français : il a fait sa révolution alimentaire. Les études nutritionnelles viennent préciser aujourd'hui son rôle exact dans notre alimentation. Elles mesurent son apport métabolique fondateur, son impact dans l'alimentation de l'effort, qu'il soit intellectuel, chez les jeunes, ou physique, chez le sportif. Une chose est sûre, le pain est bien un aliment du futur.

LE PAIN : UNE RÉPUTATION CONFIRMÉE
Le pain est une constante à la fois alimentaire et symbolique dans
notre alimentation d'omnivores de la fin du XXe siècle. Jadis, manger,
c'était manger du pain ou mourir de faim. Avec la diversification et
là richesse sans cesse croissante de notre alimentation, la place du
pain s'est trouvée réduite. Mais il est toujours présent.
Lien avec le passé, la tradition, les racines, sa charge symbolique
reste très forte. Aussi le pain est-il resté sur nos tables,
par-delà les modes et les diktats diététiques.
Bien nous en a pris ! Les nutritionnistes rendent aujourd'hui au pain la place
prépondérante que lui donnait la tradition. Leurs raisons sont
différentes, mais tout aussi essentielles. Le pain est le complément
indispensable de notre équilibre alimentaire quotidien.
LE PAIN : INVERSER LA TENDANCE
Comme le montre bien le Professeur Jean Paccalin, notre santé aurait
tout à gagner à la reprise d'une consommation régulière
de pain. Notre alimentation moderne, trop riche en protéines animales,
en produits raffinés riches en sucres simples et en matières
grasses, est une menace pour notre santé. Le risque autrefois était
la famine. Aujourd'hui, c'est le trop plein. Les fibres du pain, le rôle
régulateur de ses glucides complexes, sa faible teneur en lipides et
ses protéines végétales lui donnent un rôle clé.
Nous savions quand et comment manger du pain. Nous savons à présent
pourquoi nous devons manger du pain. Le pain "tendance 2000", c'est une
valeur à revoir à la hausse !
LE PAIN : UN RÔLE PONDÉRATEUR
L'obésité infantile est un des signaux d'alarme significatifs
du déséquilibre alimentaire grave de nos sociétés
occidentales.
Grignotages, repas déstructurés, solitaires, anarchiques...
les enfants sont les premiers à souffrir de l'éclatement des
horaires et des rituels familiaux traditionnels.
17 % d'augmentation de l'obésité infantile modérée
en France et 28 % pour la super-obésité infantile, souligne
le Docteur Patrick Serog, spécialiste de l'obésité infantile.
Des chiffres qui montrent clairement que la cote d'alerte est dépassée
dans notre pays jusqu'ici protégé par ses traditions alimentaires.
Faire maigrir un enfant, explique-t-il, ne peut se faire sans son adhésion.
Or le pain est un des aliments préférés des enfants.
Il accompagne aussi bien le sucré que le salé et fait souvent
"passer" les goûts que l'on n'aime pas.
Dans l'alimentation de l'enfant gros, le pain a une double valeur :
QUAND LE PAIN MET LE GRAND BRAQUET
Les tartines doivent-elles remplacer les "pasta-parties" des sportifs ?
C'est ce que laissent entendre les dernières avancées de la
recherche en physique et médecine du sport dont le Docteur Gilbert
Pérès est un spécialiste.
Le pain, à base d'amidon, offre au sportif qui se livre à des
exercices intenses et répétés des glucides plus efficaces
dits à index glycémique élevé.
LE PAIN : NOS PETITS DÉJEUNERS A LA LOUPE
La composition de nos petits déjeuners a beaucoup évolué.
Dans notre société de consommation, petits et grands sont confrontés
au grand dilemme de l'omnivore : choisir. Les traditionnelles tartines du
matin sont durement concurrencées par toute une variété
de céréales et de produits prêts à consommer qui
constituent souvent une solution de facilité pour les familles. Au-delà
des arguments de goût et de mode, la recherche nutritionnelle s'est
penchée sur la composition de ce premier repas de la journée.
Des tests comportementaux et des mesures métaboliques précises
donnent aujourd'hui leurs premiers résultats, étonnants.
AVANTAGE, PAIN !
Sans petit déjeuner, gare au zéro pointé, pourrait-on
dire à la lecture de l'étude de Jeanine Louis-Sylvestre, spécialiste
de neurobiologie de la nutrition. Les études expérimentales
l'ont prouvé : pas de petit déjeuner, fatigue assurée
en fin de matinée. Performances physiques et intellectuelles sont en
chute libre. Chez les enfants de 10 ans, la vigilance se maintient, mais le
pourcentage d'erreurs dans un test de reconnaissance de formes monte en flèche.
Chez leurs aînés étudiants, c'est la mémoire qui
flanche.
Encore faut-il savoir quoi prendre au petit déjeuner. Un apport trop
faible provoque une désagréable sensation de faim, une baisse
des performances et une vraie fringale au déjeuner, dangereuse pour
la ligne.
Or, certains procédés de fabrication subis par les céréales
pour petit déjeuner modifient la vitesse d'absorption des glucides
qui les composent. Jeanine Louis-Sylvestre et son équipe se sont donc
attachés à mesurer chez des enfants de 7 à 12 ans, puis
chez des étudiants, l'évolution de la sensation de faim après
deux petits déjeuners : l'un à base de pain, l'autre de pétales
de maïs.
Première observation : le pain reste encore en tête des préférences
des enfants au petit déjeuner.
Deuxième observation : le petit déjeuner à base de
pain favorise la diversité alimentaire. Sucré ou salé,
on peut choisir de mettre quelque chose de différent tous les jours
sur sa tartine. Il y a quelques surprises sur la liste des produits qu'ils
préfèrent sur leur tartine : la pâte à tartiner
chocolatée est talonnée par le salami et le beurre à
égalité, suivis de près par le jambon...
Une étude comparative de satiété a été
réalisée dans un deuxième temps. Les résultats
:
COMME DU BON PAIN...
"Ventre creux n'a point d'oreilles", disait le vieil adage. Les études
comportementales le confirment. Elles donnent elles aussi l'avantage au pain
par rapport aux céréales au petit déjeuner.
Pour partir du bon pied, c'est clair, préférez le pain ! Quelques
résultats :
- les résultats horaires sont globalement meilleurs,
- la sensation de satiété est meilleure,
- les réponses glycémiques et insuliniques sont meilleures,
- la prise énergétique au déjeuner est mieux adaptée.
En résumé :
la consommation de pain au petit déjeuner permet aux sujets d'être
plus détendus et de maintenir des performances psychomotrices stables
et à un bon niveau tout au long de la matinée.
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