NATALIÉ : REMETTONS
LES PENDULES À L’HEURE !
Combien de Français y-a-t-il en France ? Un chiffre mythique et fascinant qui change toutes les 2,21 minutes sur la façade de l'Horloge des naissances Nactalia.
Top chrono !
Rendez-vous
à l'angle du 33 boulevard Edgard Quinet, face à la Tour Montparnasse
dans le 14e arrondissement. L'un des endroits les plus passants de Paris :
la gare est toute proche, la Tour domine la fourmilière de gens pressés
qui se répand sur le parvis. Levez le nez. Là, sur le mur, face
à vous, les chiffres énormes tournent avec la régularité
d'une horloge
Une horloge pas comme les autres : l'Horloge des naissances Nactalia
Une bonne tendance
Le joyeux décompte de l'Horloge des naissances Nactalia commence au
moment même où la tendance à la hausse de la natalité
dans notre pays se confirme après avoir longuement chuté.
Il y a eu en France 6 000 naissances de plus en 1996 qu'en 1995.
La natalité en France aujourd'hui :
Actuellement, nous sommes 58,5 millions de français. Après avoir
connu une baisse record de natalité en 1994 avec 710 000 naissances,
la tendance se confirme à la hausse en 1996 avec 734 000 naissances.
Soit une augmentation de 1 % par rapport à 1995.
En France, l'indice de fécondité est de 1,72 enfants par femme
en 1996. Or il faut atteindre 2,08 enfants par femme pour qu'une génération
assure son renouvellement.
La situation sera préoccupante si l'indice de fécondité
n'augmente pas plus nettement dans les années qui viennent. Pour le
moment, la faible fécondité dans notre pays s'explique par le
fait que les femmes ont leurs enfants de plus en plus tard.
Qu'en est-il chez nos voisins européens ?
La fécondité y est comparable, voire même plus faible
encore. La moyenne européenne est de 1,43 enfants par femme, ce qui
est très bas. Avec, bien entendu, des disparités entre les pays.
L'Irlande et la Norvège ont par exemple un taux de 1,87 enfants par
femme. Curieusement, les pays du Nord ont des indices de fécondité
plus élevés que celui des pays du Sud. L'Italie est à
1,17, l'Espagne à 1,18.
Les raisons de la chute de la fécondité :
D'une manière générale, le premier facteur est bien le
recul de l'âge de la maternité. Un phénomène qui
a touché les pays du Sud de l'Europe bien plus tard que ceux du Nord,
ce qui explique les disparités.
La conjoncture économique peut aussi expliquer la limitation spontanée
du nombre de naissances chez les jeunes couples. Une limitation qui est devenue
facile grâce aux moyens de contraception.
Cependant, les difficultés de l'après-guerre n'ont pas empêché
la reprise vigoureuse de l'indice de fécondité. Pendant Le babyboom,
cet indice était de trois enfants par femme. Des naissances pas toujours
désirées d'une part et un fort désir d'enfants après
cette période d'autre part.
Une population européenne condamnée à
vieillir
À long terme, l'effet de ce taux de fécondité très
bas est effectivement un vieillissement de la population. La base de la pyramide
des âges dans les pays européens rétrécit.
Ceci dit, une autre cause très positive est également responsable
de ce vieillissement de nos populations : nous savons de mieux en mieux
lutter contre la mortalité et notre espérance de vie augmente
sans cesse.
Pour l'instant, nos populations ne sont pas trop âgées car les
personnes qui arrivent actuellement au troisième âge sont nées
dans les années 30. Des années de dénatalité après
la première guerre mondiale et la crise de 29. Mais l'Europe va vieillir
davantage dans les prochaines années. Notamment, lorsque les générations
nombreuses d'après guerre atteindront l'âge de la retraite, mais
également parce que notre espérance de vie s'accroît sans
cesse.
Les facteurs qui agissent sur la natalité
Souvent mise en cause, la conjoncture économique ne suffit pas à
expliquer à elle seule l'évolution à la baisse de la
fécondité.
Le recul de l'âge de la maternité est le premier responsable.
Actuellement, l'âge moyen de la première maternité est
de 27 ans. Or on observe des écarts de 6 à 7 ans selon les catégories
sociales et le degré d'instruction de la femme. La maternité
est une question de disponibilité. En général, les femmes
peu ou pas diplômées donnent naissance à leur premier
enfant vers 23 ou 24 ans. En revanche, l'âge moyen de la première
maternité passe à près de 30 ans pour les femmes ayant
fait des études supérieures.
Le renouvellement des générations
Pour les femmes nées jusqu'au début des années 1960,
le taux de 2,08 enfant par femme qui assure le renouvellement des générations
sera probablement atteint. En revanche, pour les femmes nées vers 1965-
l967, nous ne sommes pas encore certains d'y parvenir car il faudrait que
la fécondité remonte significativement dans les années
qui viennent.
Ces femmes ont à présent trente ans. Certaines n'ont pas encore
eu leur premier enfant. D'autres tardent à avoir le second, sans parler
du troisième.
L'influence de l'évolution de
la condition féminine sur la natalité :
On peut parler d'influence dans la mesure où les femmes veulent désormais
concilier travail et maternité. Un facteur qui a peut-être contribué
à la baisse de la fécondité. Mais on ne peut parler d'entrave
dans la mesure où dans notre pays, il est beaucoup plus facile et bien
admis de concilier les deux qu'en Allemagne ou en Italie où une femme
est quasiment obligée de choisir entre travailler et avoir des enfants.
En Allemagne, il est très mal vu qu'une mère de famille travaille.
L'influence est alors plus manifeste.
Et l'avenir ?
Certains pays comme la Chine qui limite à un le nombre d'enfants par
foyer, se préparent de drôles d'avenirs. Ce sont des visions
à court terme qui conduisent à limiter les naissances dans l'immédiat.
La pyramide des âges dans ces pays prendra à l'avenir des formes
aberrantes. Jamais ces jeunes ne suffiront à nourrir leurs trop nombreux
parents quand ils parviendront à l'âge de la vie active. Sans
compter que la politique de l'enfant unique crée des dérives.
L'enfant-roi est gâté mais il devra en payer plus tard le prix
en assumant seul l'avenir de ses parents. Quant aux filles, elles sont souvent
victimes d'infanticides dans ces pays où l'on préfère
avoir un héritier mâle.
Pour ce qui nous concerne, les Français continueront à avoir
des enfants. Peut-être un peu moins qu'auparavant, c'est vrai. Mais
ceux qui parlent de suicide collectif exagèrent vraiment. Nous ne sommes
pas confrontés à un niveau des naissances si catastrophique
que cela.
La preuve, vous l'avez sous les yeux avec l'horloge Nactalia : elle tourne
dans le bon sens toutes les 2,21 minutes !
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Alliance Gervais
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64110 Rontignon
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