De la sporthérapie à la compétition
chez le blessé médullaire
Sporthérapie,
Sport de loisirs, Sport à part entière, à travers tous
ces "mots", le même challenge pour le blessé médullaire.
Le passage de l'un à l'autre est nuancé, les finalités
en sont différentes, le résultat en sera toujours sa propre
compétition face aux événements. Dés que la stabilité
rachidienne et l'état général du patient le permettent,
l'activité sportive répond à un BESOIN.
Sur le plan purement thérapeutique, à travers :
L'équipe de réadaptation concourt à traiter les DÉFICIENCES
et les INCAPACITÉS en partenariat avec le patient.
De plus, beaucoup d'activités sportives sollicitent le travail collectif,
qui apporte de ce fait sa panoplie de bienfaits :
Sous une forme auto-éducative, cela contribue à la reconstruction d'une nouvelle identité et facilite le passage de la notion de "maladie" à celle de "handicap".
Secondairement, la possibilité de choisir parmi plusieurs
activités sportives, avec tout l'investissement spontané qui
en découle, permet de renforcer les ACQUIS dans les gestes de
la vie quotidienne. Grâce à cet aspect ludique et non négligeable,
le patient se retrouve pris dans un jeu qui lui permet temporairement de mettre
entre parenthèses une partie de la réalité. Cette "pause
bienfaitrice" est un élément facilitant la restructuration.
Le blessé méduljaire devient alors le véritable ACTEUR
DE SA READAPTATION.
La découverte et la mise en confiance d'un sport choisi, avec parfois
une orthése adaptée, peut progressivement inciter à une
pratique plus assidue. Des professionnels avertis sont alors indispensables,
tant sur le plan qualitatif, pour la correction du geste spécifique,
que sur le plan quantitatif, pour en canaliser le dosage et éviter
l'apparition de pathologie secondaire. Pour une minorité, la compétition
sera l'objectif à atteindre. Voilà pourquoi le SPORT,
le plus précocement possible, est nécessaire chez le blessé
médullaire. Progressivement, il s'effectuera un glissement des objectifs
précités :
thérapeutique... ludique... sportif...
À moyen terme, chacun décidera de sa finalité. Le résultat
en sera toujours sa PROPRE COMPÉTITION face aux événements.
Les meilleures conditions pour lui faciliter ce cheminement, resteront tributaires
d'une équipe pluridisciplinaire cohérente, avec une complémentarité
des actions, dans une politique commune de réinsertion. En tant que
soignant, notre rôle ultime n'est-il pas de l'accompagner dans sa démarche,
en réduisant et en gérant au mieux son DÉSAVANTAGE pour
lui permettre de retrouver une...
QUALITÉ DE VIE !
Chantal VANNIER-DEPARDIEU
« L'infirmité est une compétition.
À ce stade, l'infirme est un athlète soumis aux encouragements »
Aphorisme d'André DUPRAT
(Ecrivain qui vit le problème au quotidien)
© Copyright
1998, Groupe 76
ARCHIVES
FMT Médical