Pour faire face aux économies de santé, l’industrie pharmaceutique recherche des stratégies de croissance

La santé en France est en pleine mutation. Les contraintes augmentent et chaque acteur de santé doit répondre à :

Les principaux dirigeants de l’industrie pharmaceutique et leurs collaborateurs, quelques poignées de pharmaciens et de médecins se sont réunis lors de la 3e conférence annuelle pharmacie, organisée par les Echos, qui s’est déroulée le 5 février dernier à Paris.

Un chiffre est souvent revenu au cours des interventions, il concerne la croissance autorisée par le gouvernement, 2,3% en moyenne par an pour les années à venir. Ce chiffre a été confirmé lors du déjeuner débat Jean-François Bernard, Président du Comité Economique du médicament. Cette croissance zéro imposée à l’industrie pharmaceutique conduit ses dirigeants à trouver de nouvelles stratégies pour sa croissance, les idées ne manquent pas...

Les membres des laboratoires qui se sont succédés à la tribune ont apporté leurs réflexions et les orientations à venir. Chaque laboratoire a élaboré des plans de travail en tenant compte de sa place sur le marché national et mondial. Connaissant son environnement concurrentiel et ses partenaires potentiels, il est décidé des alliances ponctuelles ou permanentes. Dans ce débat d’idées toute la chaîne de production est prise en compte du laboratoire de recherche jusqu’aux officines pharmaceutiques afin d’assurer la réussite des stratégies envisagées. Ainsi, si certains laboratoires n’hésitent pas à développer de nouvelles molécules, ce qui reste le principal facteur de développement de cette industrie, d’autres moyens existent pour augmenter le portefeuille produit.

Loin de vouloir comparer deux domaines de la santé très distants l’un de l’autre, la pharmacie et la kinésithérapie, les questionnements et l’analyse d’un des secteurs peuvent toujours nous aider à conduire nos propres réflexions sur nos conditions d’exercice. Parmi toutes les interrogations que se posent les responsables de l’industrie pharmaceutique, il en apparaît certaines qui méritent notre attention :

Peut-on s’extraire des contraintes de l’assurance maladie et atteindre certains patients sans dépendre du prescripteur ?

Comment atteindre de nouveaux patients en aidant le corps médical à mieux comprendre certaines pathologies mal diagnostiquées ?

Comment explorer les marchés émergeant via l’informatisation et Internet ?

Comment associer des forces de laboratoires concurrents pour développer le co-marketing et la co-promotion ?

Est-il possible de relancer le cycle de vie d’un produit, d’un service ?

L’industrie pharmaceutique cherche des orientations de développement en se posant des questions que l’on pourrait aussi se poser en kinésithérapie. Une reformulation de ces interrogations à notre domaine de compétence s’impose. Pour envisager de faire progresser les débats, il devient indispensable que les échanges entre professionnels se multiplient à travers des initiatives locales pour tenir compte des facteurs économiques et médicaux d’un secteur géographique, mais aussi le partage d’expériences conduites autour des PMSI, et des systèmes d’évaluation tel que celui proposé dans ce même numéro par le GRECKO. D’autres recherches sont en cours, la conférence de consensus sur les lombalgies est prévue en novembre prochain, apporteront probablement des éléments qui feront évoluer notre pratique.

Parmi les outils que les kinésithérapeutes devront s’approprier pour améliorer la qualité de leurs échanges, Internet est l’un de ceux-là. FMT a ouvert son site, son forum devrait accroître son audience et être ce lieu où les kinésithérapeutes pourront partager leurs expériences, les résultats des travaux et permettre peut-être demain d’être encore plus acteurs des changements qui ne vont pas manquer d’apparaître dans notre monde d’exercice.

J.P. ZANA - M.C.M.K Efom Paris
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