Prise en charge Kinésithérapique du Lombalgique
Les
13 et 14 novembre derniers, l’A.F.R.E.K. (Association Française pour
la Recherche et l’Evaluation en Kinésithérapie) avec le concours
de la Société Française de Rhumatologie, la Société
Française d’Orthopédie et de Traumatologie, la Société
Française de Médecine Générale, le groupe interdiscipli
naire de lutte contre la lombalgie, l’Association Française de lutte
anti-rhumatismale, la Société Française de Rééducation
Fonctionnelle de Réadaptation et de Médecine Physique organisaient
une conférence de consensus sur le thème « la prise
en charge kinésithérapique du lombalgique ».
L’Institut National de Kinésithérapie (I.N.K.) était chargé d’organiser ces journées de conférences, et la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette a été le lieu choisi pour cette manifestation exceptionnelle.
Il a été annoncé par les organisateurs 400 inscrits, auxquels se sont ajoutés les membres experts qui ont réalisé les différentes études ainsi que le jury composé de professionnels reconnus par leurs pairs et l’A.N.A.E.S. (Agence Nationale pour l’Accréditation et l’Evaluation des Soins).
Chacun des intervenants et des experts ont suivi très scrupuleusement les règles méthodologiques imposées par l’A.N.A.E.S. et les membres du jury qui se sont réunis à la suite de cette conférence de consensus devaient dès le lendemain samedi 14 novembre, donner les premiers résultats de leurs propres évaluations du travail des experts.
Cette conférence était organisée autour de 4 grandes questions qui leur ont été posées et sur lesquelles ils devaient chercher des éléments de réponse. Par ailleurs, plusieurs groupes se sont organisés autour de la bibliographie afin de faire la synthèse des documents existants sur ce thème de la « prise en charge kinésithérapique des lombalgies ».
Question
n°1
Quels
sont les différents stades et les différentes classifications
des lombalgies ?
Définition
des lombalgies et classification sur les différents stades de lombalgies ?
Quelle est la
place des lombalgies non spécifiques ?
Ce que recherche
le généraliste et le type de lombalgies communes rencontrées ?
La relation thérapeutique ?
Question
n° 2
Quelle
est la place du diagnostic kinésithérapique en fonction du tableau
clinique ?
Quels sont les
éléments du pronostic valide ?
Quels sont les
éléments de bilan valide qui permettent de définir une
incapacité d’une déficience ?
Les indicateurs
de prescription de kinésithérapie, pour quel objectif ?
Quels sont les
éléments de bilan valide en kinésithérapie ?
Évaluations initiales intermédiaires et finales ?
Quels sont les
différents objectifs de la kinésithérapie en fonction
du tableau clinique ?
Du bilan au diagnostic
kinésithérapique dans le cadre de la prescription ?
Existe-t-il une
hiérarchie de ces objectifs ?
Question
n° 3
Comment
la kinésithérapie soigne-t-elle les différents lombalgiques ?
Quelle est la
place du traitement antalgique ? et la place du traitement à visée
de gain de mobilité ?
Massages et techniques
des tissus mous.
Electrophysiothérapie
antalgique.
Les agents physiques
antalgiques.
Thérapie
manuelle : la technique de Kaltenborn.
Thérapie
manuelle : la technique de Maitland.
La technique
de Mézière.
La technique
manuelle du concept Sohier.
Question
n° 4
Quelle
est la place du traitement à visée de gain de force ?
Quelle est la
place du traitement à visée fonctionnelle ?
L’électro-myostimulation
du rachis.
La restauration
fonctionnelle du rachis.
Les techniques
d’ajustement proprioceptif.
À travers l’ensemble de ces questions, la lombalgie est passée au peigne fin, avec le souci pour l’A.N.A.E.S. de trouver pour demain un mode consensuel de prises en charge des lombalgies. Comme toujours, dans ces grandes messes consensuelles, les interventions ont été d’une qualité extrêmement variable.
Toutefois, chaque expert a apporté un grand nombre d’informations très enrichissantes pour la profession, qui devraient faire l’objet d’une publication au plus grand nombre, de façon à ce que chacun puisse y trouver les éléments nécessaires au développement de son activité professionnelle.
En sera-t-il ainsi ? Nul, aujourd’hui ne le sait. L’ensemble des interventions n’a été distribué qu’aux personnes présentes. Est-il envisagé la publication d’un ouvrage de réfé rence ? Rien ne peut le dire pour l’instant.
Il est fort probable que les conclusions des membres du jury soient transmises prochainement par l’A.N.A.E.S. au Ministère, qui les retransformera en recommandations sur « la prise en charge kinésithérapique des futurs lombalgiques » et la presse professionnelle en fera largement écho.
Y aura-t-il de grandes nouveautés proposées à l’ensemble des professionnels ?
Y aura-t-il des obligations d’application de certaines techniques ? Y aura-t-il obligation de la mise en œuvre d’évaluation particulière ?
Pour l’instant il est difficile de le dire. Il nous a semblé toutefois, en interrogeant certains confrères présents à cette conférence, et en questionnant quelques experts présents et autres membres du jury, que le consensus est difficile à faire et que probablement les recommandations le seront aussi.
Il est à retenir de cette conférence de consensus que la méthodologie du travail paraît tout à fait intéressante. C’est une bonne façon pour les professionnels de faire le point sur un domaine pathologique particulier.
Il est intéressant pour tous les confrères, quelque soit leur expérience , d’avoir la possibilité de faire le point tant sur les méthodes d’évaluation que sur les techniques kinésithérapiques.
Cette conférence de consensus, espérons le donnera l’occasion à certains groupes de chercheurs de mettre en œuvre des études épidémiologiques, biomécaniques, cliniques qui permettront de valider avec plus de prévisions certains bilans kinésithérapiques et donneront probablement plus de sens au diagnostic kinésithérapique. Cela permettra aussi d’évaluer et de valider certaines techniques kinésithérapiques et certaines autres techniques qui entrent dans notre champ de compétences mais qui restent encore en marge de celles-ci et qui probablement, puisqu’elles sont déjà utilisées par un grand nombre de confrères, pourraient servir au plus grand nombre d’entre eux.
Pour l’instant, rien ne va dans ce sens ; ces techniques parallèles resteront marginalisées. Elles seront probablement toujours traitées de « gogothérapie ». L’objectivation de ces techniques reste difficile, elles doivent être envisagées pour le mieux être de nos patients.
Pour qu’il y ait effectivement un consensus professionnel et pour que peut-être celles qui méritent d’être écartées le soient radicalement et ne restent pas dans nos publicités sans être acceptées par le milieu professionnel et médical.
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