Quelques remarques
sur la formation de base
par Michel DUFOUR (MCMK)
Il est intéressant de faire le point, en matière
de formation initiale. Les Ecoles, ramenées au rang dInstituts,
avaient pour mission de mettre tout en uvre pour former de futurs masseurs-kinésithérapeutes
et lon peut se demander si cette vocation est toujours possible, voire
souhaitée.
Premier point, pour quelle soit possible, il faut une volonté
dallier un bagage de connaissances suffisant à une aptitude à
les gérer et à un savoir-faire pratique de même niveau.
Le monde de la formation bouge, lui aussi bien sûr, mais dans quel sens
? Là est la question. Nous pouvons évoquer lévolution
des Ecoles de Cadres, qui, de leur côté, ont subi une mutation
évocatrice : administration, gestion, concepts de santé... tout
cela est utile puisque tendant, en théorie, à promouvoir des
cadres issus de notre profession. En pratique, il est sans doute trop tôt
pour juger : ces cadres sauront-ils gérer et promouvoir une équipe
fidèle aux spécificités kinésithérapiques
? Pourront-ils simposer au sein des instances dirigeantes ? On a vu,
à un moment, les surveillantes infirmières passer plus ou moins
la main à de nouveaux venus, les MCMK, responsables et professionnels,
on voit maintenant un retour inquiétant : les infirmières, dont
le professionnalisme nest pas en cause, reprennent la direction des
opérations, sans parler de stagiaires kinésithérapeutes
qui, eux, ne voient souvent plus leur cadre comme ils voyaient
et fréquentaient leur MCMK.
Deuxième point, cette évocation nous ramène à
la formation de base. Quand les actuels MCMK en exercice dans lenseignement
vont prochainement prendre leur retraite... Qui va leur succéder ?
Des cadres qui nont plus remis leurs connaissances à jour ? Des
administratifs qui vont déléguer cette fonction à des
spécialistes et lesquels ? Si cest pour revoir linterne
de CHU réciter le cours danatomie ou le rhumatologue en faire
autant, et voir se succéder des kinésithérapeutes spécialisés
en neurologie, pédiatrie, orthopédie... mais pas forcément
pédagogues, ni intégrés à une équipe professorale,
on peut être inquiet.
Il nest que de voir la façon dont sont encore enseignées
certaines matières : lanatomie reste souvent livresque, peu imprégnée
de vécu pédagogique, la technologie de base reste, elle aussi,
rabâchée sans grand investissement créatif... les cours
de psychologie ont-ils un réel rapport avec le bon sens, la mission
de soin, la gestion du charnel de notre profession ? Ce sont ces questions
auxquelles il faut répondre pour éviter les anciens credos ou
ne pas saveugler avec de nouveaux mythes, notamment scientistes, qui
voudraient que sans validation chiffrée on nait plus quà
la boucler. Il faut se méfier des inhibitions que peut
engendrer un légalisme basé sur de tels dogmes et éviter
la nouvelle version du centralisme démocratique : celui du centralisme
scientifique et (ou ??) kinésithérapique. Certaines écoles
tentent de trouver des adaptations, ce qui est tout à leur honneur.
Il faut préserver une formation de base de bonne qualité, même
si lon sait que, par manque de temps et de moyens, elle ne peut pousser
très loin dans des domaines spécialisés.
Malheureusement, il nest pas évident que la mission que nous
avons crue être celle des Ecoles soit également souhaitée.
En effet, troisième point, cherchons-nous à recruter les étudiants
les plus aptes et motivés ? La physique-chimie est-elle un bon critère
? Que penser de la mission des Ecoles quand elles ont de plus en plus de mal
à vivre avec des effectifs étranglés, ce qui gonfle,
par contre, celui de ceux qui reviennent en France après avoir échoué
au concours et ont donc fait leurs études en Belgique? Signalons la
publicité destinée à de futurs étudiants français,
par des Ecoles allemandes (plus de 120, contre 30 en France !), leur indiquant
que leur diplôme est officiel et valable dans toute lEurope. Ensuite,
nos instances dirigeantes prennent-elles bien en compte les capacités
quantitatives et qualitatives des Ecoles à recevoir des
étudiants avant de fixer arbitrairement un quota. Lequel quota est
le même pour tout le monde, ce qui est injuste... et doublement injuste
quand on constate quil ne concerne pas les Ecoles, pardon des
Instituts privilégiés ? Cest ainsi que la réduction
draconienne pèse uniquement sur une demi-douzaine dInstituts
sur une trentaine. Que sanctionne-t-on ?
Il faut ajouter un prolongement logique : celui des formations complémentaires,
au sens large. Lintérêt de la formation continue nest
plus à démontrer, mais faire le tri est utile. En effet, on
peut distinguer trois types de produits sur le marché. Le plus évident,
car très juteux, est celui des formations-amalgame, on
y dit tout et nimporte quoi, on méthodise, on se donne des titres
ronflants et on passe au tiroir-caisse. Et ça marche. Si lintelligence
faisait le tri, il y a longtemps quil ny aurait plus de pubs mensongères
dans les revues grand public en matière de régimes,
produits amincissants, bronzage à lombre, plantes aphrodisiaques
et autres recettes miracles. Qui plus est, la clientèle (il faut lappeler
ainsi) des kinésithérapeutes en redemande. Cest dur de
ne pas être tenté, surtout quand on est peu sûr de soi.
Deuxième type de formations : les sérieuses, pourrions-nous
dire. Mais, même là, il faut faire la part du réel, ce
qui ne peut être quun travail de patience, sur soi, de laspect
recette, toujours latent, voire affiché. Enfin, troisième catégorie
de formations, celles qui, toujours sérieuses, amènent à
se former à une autre profession. Il nest pas question
de dédaigner cet aspect, tout à fait utile à promouvoir
et élargir le champs de nos compétences dans dautres domaines
(ergonomie, juriste, expert en tout genre... ). Mais ce sont dautres
orientations et elles ne doivent pas paraître lâcher
le kinésithérapeute-de-base, normalement seul omnipraticien
en la matière. Que le niveau sélève, bien... mais
ce nest pas la course aux autres diplômes qui réglera le
problème. Rien ne permet daffirmer que ce niveau soit mesurable
avec un pied à coulisse, une chaîne de mesure randomisée
ou le nombre de pages dun xième mémoire.
Notre propos pose donc une simple question : cherche-t-on vraiment la promotion
de la kinésithérapie ? Peut-on être kinésithérapeute
de base et fier de lêtre ? la réponse nest plus évidente.
La conclusion de ces lignes est ceci : louverture sur de nouvelles orientations,
oui, la possibilité de remettre à jour ses connaissances ou
les développer, oui, lobjectivation et la validation de techniques,
oui, les ouvertures sur dautres horizons avec des passerelles universitaires,
encore oui, mais le nombrilisme de certaines sciences, où
la rigueur frôle plus le scientisme que la capacité à
être thérapeute, là non (pas validé,
paf !)... Or cette tendance risque de dévaluer la formation de base
et de la voir, paradoxalement, sallier à ceux qui veulent aussi
labaisser en disant que pour être kiné, foin dintellect,
2 ans détudes pour apprendre des gestes ça suffit.
Réfléchissons bien avant de brocarder cette dernière
assertion car il nest pas évident que ceux qui ont plus de 2
ans de formation soient plus créatifs dans leurs techniques, plus à
lécoute en tant que thérapeute et donc plus efficace.
Pensons-y pour que nos enrichissements de programme, voire la 4ème
année, servent le futur professionnel au lieu de fuir dans de fausses
assurances. Rabelais disait : lenseignement ce nest pas
remplir un vase, cest allumer un feu. Attention aux courants dair.
Ce
traité de massage sadresse à la fois aux étudiants
et aux masseurs-kinésithérapeutes désireux de rafraîchir
leurs connaissances dun seul coup dil grâce aux nombreuses
photographies, denrichir leur pratique quotidienne de nouvelles techniques
ou de mieux comprendre les mécanismes daction du massage.
On y trouve, regroupées dans un même volume, une description
détaillée et abondamment illustrée de toutes les manuvres
de base et de leurs applications régionales, les indications et orientations
spécifiques du massage pour chaque pathologie rencontrée en
pratique quotidienne ainsi quune revue des études les plus récentes
qui tentent dexpliquer les résultats cliniques.
Tous les domaines dapplication sont évoqués, toutes les
pratiques qui se sont développées autour du massage sont abordées,
même les moins répandues.
Massage et massothérapie est un ouvrage de référence,
indispensable à la bibliothèque du praticien comme à
celle de létudiant.
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