LE PROGRAMME LONGUE VIE :
LA POLEMIQUE REBONDIT

70 nutritionnistes français contredits par 100 scientifiques de renommée internationale. Plus de 100 scientifiques de renommée internationale dans les domaines de la nutrition et du vieillissement confirment les informations données par le Dr Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar, journaliste de Science et Avenir, dans leur livre Le Programme de longue vie, paru le 26 mars au Seuil. Ils démentent du même coup les critiques suscitées par le livre avant sa sortie.
Les extraits du livre publiés par Science et Avenir et Le Nouvel Observateur, avaient provoqué la colère du Dr Serge Hercberg (CNAM). Ce dernier avait entraîné 70 de ses confrères français à signer le 22 mars un pamphlet dirigé contre les deux auteurs, adressé à l’ensemble de la presse. Cet “Appel contre la désinformation nutritionnelle” dénonçait en termes vifs les informations présentées par le Dr Curtay et Thierry Souccar, accusés de “tromperie”, “absurdités”, “malhonnêteté” et autres “contre-vérités”.
En réponse, Thierry Souccar et Jean-Paul Curtay rendent aujourd’hui public un document très instructif de 50 pages, assorti de 200 références scientifiques, qui répond à chacune des 20 critiques qui leur avait été faites. Ce texte, que Science et Avenir publie aujourd’hui dans sa totalité sur son site internet montre que les propos tenus dans Le Programme de longue vie, loin d’être “absurdes” sont étayés par les déclarations de dizaines de chercheurs de renom dans les domaines de la nutrition et du vieillissement et par une masse considérable de travaux scientifiques.

Le “travail d’information” des nutritionnistes

Dans la lettre qui accompagne leur “appel”, le Dr Hercberg et ses amis affirmaient que les écrits de Thierry Souccar et du Dr Jean-Paul Curtay “viennent parasiter le travail d’information (...) que depuis quelques années [les 70 nutritionnistes] tentent de faire passer auprès du grand public”. En réponse, Thierry Souccar et le Dr Jean-Paul Curtay citent les conclusions d’un groupe d’experts de l’Organisation Mondiale de la Santé qui conclut que la France est quasiment dépourvue de politique d’information nutritionnelle et que les chercheurs français ne sont jamais mobilisés pour promouvoir la prévention : “Il n’y a [en France] aucune initiative politique, académique ou gouvernementale en rapport avec l’alimentation et les maladies chroniques, comparable aux efforts entrepris ailleurs (...)”.

Des Françaises ont consommé un excès de fer réputé “toxique”

Dans son pamphlet, le Dr Serge Hercberg reconnaissait que “consommer du fer en excès est toxique”, un point, ajoutait-il “connu depuis des décennies”. Le Dr Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar rappellent aujourd’hui que c’est pourtant le même Serge Hercberg, qui proposait il y a peu “une supplémentation systématique en fer (sous forme médicamenteuse) des femmes enceintes”.
Or, son ami Jean-Marie Bourre, co-signataire du pamphlet déclarait à la même époque que : “Un petit tiers des femmes sont carencées en fer (...)”.
Ainsi, une proportion importante de femmes enceintes qui ne manquaient pas de fer a pendant des années, sous la préconisation de Serge Hercberg, consommé du fer en excès, que l’on savait “toxique” depuis “des décennies”. Et alors même que Denis Corpet, d’ailleurs signataire du pamphlet, incitait récemment à “la prudence dans la prise de suppléments par ceux qui n’ont pas de carence en fer (...)”.
Heureusement pour les Françaises, le Collège des gynécologues et obstétriciens français a mis le holà en décembre 1997 à la pratique recommandée par Serge Hercberg : “Il n’y a aucune justification à la supplémentation systématique en fer des femmes enceintes”.
Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Paris.

Mais les donneurs de sang sont protégés d’un excès de fer

Le document publié aujourd’hui montre aussi que 70 nutritionnistes qui se présentent comme “rigoureux” ont longuement critiqué une étude publiée dans un journal scientifique prestigieux. Sans qu’apparemment aucun ne l’ait lue ! Thierry Souccar et le Dr Jean-Paul Curtay avaient cité une étude finlandaise concluant que les donneurs de sang ont un risque cardiaque inférieur au non donneurs, probablement, écrivaient-ils “parce que les dons de sang diminuent les réserves de fer”.
Le Dr Serge Hercberg les avaient accusé de procéder à des “conclusions abusives” notamment parce que “les donneurs de sang peuvent constituer une population dont l’hygiène de vie, les préoccupations vis-à-vis de la santé et la prise en charge sont peut-être très différentes de ce qui se passe chez les non donneurs”. Ce type de raccourci, écrivait-il “ne permet en aucun cas de juger de la causalité entre les facteurs associés [don de sang et statut en fer]”.
Le document publié aujourd’hui, qui reproduit de larges extraits de l’étude finlandaise, confirme les propos tenus par Thierry Souccar et le Dr Jean-Paul Curtay.
1. Les auteurs de l’étude finlandaise avaient bien tenu compte des facteurs qui caractérisent la population des donneurs de sang et qui auraient pu fausser le résultat : “Comme les donneurs de sang sont en meilleure santé et plus soucieux de leur santé que les non donneurs, (...) nous avons entrepris l’analyse exhaustive des facteurs de biais possibles en association avec le don de sang et le risque d’infarctus (...)”.
Jukka Salonen, Institut de recherche de santé publique, université de Kuopio, Finlande.
2. L’association trouvée dans l’étude n’est pas due au “raisonnement” abusif du Dr Jean-Paul Curtay et de Thierry Souccar, mais bien celle des auteurs de l’étude : “Ainsi, on peut avancer que les dons de sang affectent le risque d’infarctus en diminuant les réserves corporelles de fer”.
Jukka Salonen, Institut de recherche de santé publique, université de Kuopio, Finlande.
Thierry Souccar et le Dr Jean-Paul Curtay déclarent tenir cette étude à la disposition du Dr Serge Hercberg contre une enveloppe timbrée.

La choucroute ne fait pas le goitreux
Alors que les auteurs du “Programme de longue vie” présentent la choucroute comme un aliment-santé, le Dr Serge Hercberg avait rétorqué qu’elle peut provoquer des goitres.
Dans leur réponse, Le Dr Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar s’étonnent que 70 nutritionnistes ignorent que les composés goitrogènes des choux sont inactivés à la cuisson.
Ainsi, alors que les Français consomment à peine 200g de choucroute crue par an,
“Il faudrait consommer un demi kilo de choucroute crue par jour pendant plusieurs mois et de surcroît souffrir d’un déficit en iode, pour courir éventuellement un risque de goitre”.

Les spécialistes prennent bien des suppléments de vitamines

Les signataires du pamphlet avaient affirmé qu’il est malhonnête” de laisser entendre, comme l’avaient écrit Thierry Souccar et le Dr Jean-Paul Curtay, que les spécialistes américains prennent des suppléments”. Le document publié aujourd’hui présente les témoignages de 20 parmi les plus grands spécialistes américains de la nutrition et des antioxydants. Tous déclarent prendre des suppléments. Par exemple : “Il serait préférable que je mange parfaitement, mais comme je ne peux pas, je prends des suppléments”.
Dr William Castelli, Directeur de l’Etude Framingham sur le cœur, Framingham, Massachusetts.
“Je prends plusieurs suppléments, dont des caroténoïdes naturels, de la vitamine E, de l’acide alpha-lipoïque et de la vitamine C”.
Pr Lester Packer, professeur de biologie moléculaire, université de Californie, Berkeley.
“Je prends tous les jours un supplément multivitamines/multiminéraux qui m’apporte cent pour cent des apports recommandés. En plus, je prends des vitamines C et E et du bêta-carotène”.
Pr Jeffrey Blumberg, Directeur du laboratoire de recherche sur les antioxydants, Directeur associé du Centre de recherche en nutrition humaine, université Tufts, Boston, Massachusetts.
“Je prends des suppléments de vitamines depuis près de 20 ans et je regrette de n’avoir pas commencé quand j’avais 10 ans”.
Dr William Pryor, Directeur de l’institut de biodynamique, Louisiana State university, Baton Rouge.

Liberté nutritionnelle

“L’Appel contre la désinformation nutritionnelle” du Dr Serge Hercberg a conduit le Dr Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar à lancer en réaction un mouvement en faveur de la “liberté nutritionnelle” qui a déjà recueilli le soutien de 3 000 Français dont près de 300 médecins, professionnels de la santé et scientifiques. “Les signataires du pamphlet, disent-ils, auraient du se mobiliser depuis longtemps pour promouvoir des comportements de prévention. A commencer par un encouragement à consommer plus de fruits et légumes. Comme ils ne l’ont pas fait - sauf pour censurer ceux qui leur déplaisent - cette nouvelle organisation a pour mission de prendre la parole pour aider les Français à y voir plus clair en matière de nutrition”.
Le Dr Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar ajoutent cependant : “Elle est ouverte à tous, y compris, s’ils le souhaitent, aux signataires de ce pamphlet. Car, en dépit de ce qui nous sépare, nous sommes persuadés que la santé publique est sincèrement au centre de la préoccupation de tous”.

Pour recevoir “La bataille du Programme de longue vie”
appelez Christine à Sciences et Avenir,
au 01 55 35 56 00 (Fax : 01 55 35 56 04)

Vous pouvez aussi le consulter, avec tous les éléments de la polémique,
sur le site Internet de Sciences et Avenir :
http://www.sciences-et-avenir.com

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