La formation continue
de l’an 2000


La formation des années 19 a vécu, celle des années 20 arrive. Force est de constater que les confrères ont raison, si leur désintéressement est évident et après avoir évoqué les raisons pressenties dans le dernier numéro FMT, nous allons vous présenter les nouvelles techniques de formation déjà utilisées depuis plus de 10 ans au Canada et aux États-Unis et, depuis quatre ans environ, dans la formation médicale continue.

La formation des kinésithérapeutes comprend une partie théorique qui reprend les éléments déjà connus. Ceux-ci doivent être identifiés par une étude des prérequis, afin de mieux adapter cette partie au déjà connu des participants. Cette partie correspond à une pédagogie magistrale, qui ne devrait pas se dérouler sur plus d’une heure et qui aura pour but non pas d’apporter des connaissances supplémentaires, mais bien de rafraîchir les mémoires. Bien sûr, dans le cas de nouvelles techniques, comme la rééducation périnéale postérieure ou de celle des enfants, il sera nécessaire d’amener des connaissances complémentaires.

La conséquence d’une pédagogie volontairement choisie « active » sera la création de petits groupes de travail entre 8 et 15, les formations pourront dépasser ce nombre de participants, si l’on choisit de travailler en ateliers avec réunion plénière en présence d’experts.

Cette forme d’apprentissage devra mettre en situation les apprenants, avec l’exposition de ces concrets simulant la réalité rencontrée. Cette forme de formation nécessite l’utilisation de matériel pédagogique évolué, elle permet une bonne mémorisation immédiate et peu de travail personnel à l’issue de la formation, elle est adaptée au champ du savoir-faire et du savoir être, plus qu’au champ du savoir pur.

Cette forme de pédagogie demande une rigueur méthodologique de la part de l’animateur. Les règles du jeu doivent être exposées et comprises d’entrée, afin d’éviter des tensions ou des incompréhensions. Il faut savoir gérer le groupe.

Les formations doivent être particulièrement adaptées aux besoins réels dont le professionnel lui-même ne peut pas forcément avoir conscience (scotomes). Pour cela, il faudra ajouter aux besoins définis constamment par nos confrères, les besoins pressentis par les responsables professionnels, les responsables des IFMK…

Grâce à ces observations, les objectifs de la formation devront être clairement définis et le contenu pédagogique véritablement adapté.

À chaque début de formation, il est essentiel de se présenter tant à la fois du côté des intervenants que des participants et de fixer, d’emblée, les règles et les objectifs.

L’utilisation de tous les outils communiquants que sont :
- les transparents dans les sous groupes,
- le rapporteur d’un sous groupe dans une plénière,
- la synthèse des experts en fin de formation

L’étude de cas

L’animateur présente un cas avec examen, données cliniques, diagnostic et bilan kinésithérapique. Chaque participant expose oralement sa propre opinion et sa décision thérapeutique, puis il y a retour aux faits avec analyse en commun et formulation par le groupe des conduites à tenir. L’énumération des points restés obscurs à clarifier arrive en fin de réunion, sous l’œil averti des experts.

D’autres techniques de pédagogie active existent, comme le cas en cascade, le jeu de rôle, le phillips 6 x 6, le brainstorming, le métaplan, le buzz group, la méthode de la différence, la pédagogie par les cartes, la méthode vidéo attitudes.

L’utilisation du multimédia et en particulier d’Internet, sera un apport indéniable à la formation continue, avec forum de discussion, formation interactive. Aujourd’hui, la lenteur du changement des images est un frein à la formation, avec la multiplication par 200 et l’apparition de la télévision sur Internet le problème sera résolu.

Il n’en reste pas moins que, théoriquement, la formation doit changer afin que tous participent. Le plus gros problème est celui de la révolution culturelle à faire dans la tête des enseignants qui ont depuis des années mis en place leur enseignement et qui pour certains, ont du mal à s’adapter aux nouvelles technologies.

Alain GARNIER
Président du CEFIPS

 

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