La vague hydro est de retour
Les
bains thérapeutiques sont devenus les atouts maîtres des cabinets
où la kinésithérapie a décidé de sadapter
aux demandes spécifiques dune partie importante de la population
de nos villes
et de nos villages ! Est-il bien raisonnable de se passer
dune technique conçue par
et pour
les professionnels
de la santé ?
Dés les années 60 et 70, une première vague « HYDRO » déferle dans les cabinets de kinésithérapie.
Synonyme de réussite professionnelle, la piscine dite médicale, était alors considérée comme étant le seul outil véritablement adapté à lhydro-kinésithérapie moderne. Les rares fabricants spécialisés dans ce domaine, ô combien délicat, nayant pu suffisamment mettre en garde les hydrothérapeutes en herbe, on a assisté à linstallation de piscines originalement conçues pour les loisirs de plein air.
Hélas,
les contraintes dun équipement médical, soumis à
une utilisation intensive, à des températures élevées
(33 à 36°), dans un local prévu pour une activité
« sèche » nont que peu de points communs avec les
possibilités dune piscine de détente. Hygiène douteuse,
humidité incontrôlée et incontrôlable, dépenses
faramineuses engendrées par la maintenance en température, revêtement
et étanchéité aléatoires
Autant de maux accumulés autour dune technique pourtant reconnue depuis des millénaires, ont précipité lhydrothérapie dans la « boîte à préjugés » quon se transmet de génération en génération. EXIT lHYDRO et ses méfaits associés
Dix
ans
quinze ans se passent, quelques thérapeutes conscients des
atouts du traitement en milieu aquatique convainquent les fabricants de se
pencher sur ce marché sinistré par linadéquation
du matériel : Les procédés de construction, les dimensions,
les matériaux, les technologies sadaptent aux besoins réels
du kinésithérapeute de cabinet. Dès lors de multiples
questions se posent :
- Pourquoi construire en dur alors quon prend le risque de voir la technique
retourner aux oubliettes ?
- Pourquoi construire profond alors que les prescriptions de « Remise
en charge », nécessitant une hauteur deau de 1,10 m minimum
se pratiquent dans les centres hospitaliers et non en cabinet ?
- Pourquoi construire des piscines aux dimensions olympiennes alors que les
patients préfèrent, et de loin, les traitements personnalisés
aux délicats problèmes de voisinage en semi-nudité ?
- Pourquoi construire des formes rectangulaires alors que la plupart des mouvements
sont inscrits dans un triangle, voire un trèfle ?
- Pourquoi entretenir un grand volume deau alors quun espace d1 m3
permet de mettre en uvre les capacités thérapeutiques
du milieu aquatique ?
Cest en répondant à de nombreuses questions du même acabit que les fabricants français ont pris une avance considérable sur leurs partenaires européens.
Les années 80, sont les années davènement du bassin de rééducation. Triangulaires, en forme de curs ou de trèfles, les bassins deviennent petit à petit les partenaires du kinésithérapeute.
Un encombrement minimum (environ 2 m2), un volume deau largement suffisant (1000 à 2000 litres), une humidité maîtrisée, une filtration et une maintenance en température contrôlées, et une quantité de techniques adaptées à la rééducation (hydromassages, systèmes aqua-aéro, bains bouillonnants, jets de massage manuels ), autant datouts permettent de mettre un terme aux préjugés malheureux de lhydrothérapie.
A tel point que la technique attire un grand nombre de professions, nayant que peu daspirations médicales.
Et, alors quune partie des kinésithérapeutes « traditionalistes » ont encore quelques hésitations à propos de lhydrothérapie, les promoteurs hôteliers, les centres de thalasso, de remise en forme, les esthéticiennes à lécoute des attentes manifestés par leurs contemporains sempresent doccuper un « MARCHE » jusquà présent destiné aux professions paramédicales.
Une frange importante de la population française déçue de ne pouvoir être prise en charge par des paramédicaux, se tourne résolument vers ces « paradis du bien-être » où enfin, on écoute leurs demandes, on répond à leurs attentes voire leurs besoins Et la deuxième vague HYDRO sétend en France Sans tenir compte des libéraux frileux, soucieux de préserver une image de crédibilité fondée sur des techniques comprises et tolérées par les « Hautes Instances Médicales ».
Les années 90 marquent des changements dattitudes imposés par une conjoncture économique délicate :
Les cabinets libéraux, dune part, ont décidément admis les tenants et aboutissants dune démarche disons plus « commerciale ». Les « patients », dautre part, devenus entre temps des « clients », se sont finalement rendu compte quil était préférable dentretenir sa forme, régulièrement, dans son quartier et sous la surveillance dun professionnel de santé.
Lévolution des mentalités entraîne également une révolution dans les équipements et de nos jours on assiste à de véritables spécialisations au sein des cabinets libéraux:
Certains offrent des possibilités hydrothérapeutiques en tenant compte des leçons apprises dans les années 80 : bassins ou piscines de taille moyenne destinés à des soins personnalisés dans un espace restreint mais agréable et mise en uvre des techniques de rééducation active. (AQUA-GYM, AQUA-TRAINING, AQUA-BUILDING ).
Dautres se spécialisent dans les techniques de balnéo de confort et privilégient des bassins de petites tailles, évolutifs ou des baignoires thérapeutiques, capables de disposer dune technologie évoluée tout en utilisant les bienfaits dadjuvants, phyto, thalasso ou minéraux.
Les années 2000 confirment un retour en force des techniques dhydrothérapie. Les nouvelles dispositions légales, les prédispositions des instances médicales, lexemple des physiothérapeutes européens, la reprise généralisée de lactivité nationale tout concorde pour que lhydrothérapie, les traitements et les soins associés à lusage de leau, reviennent par une voie royale aux détenteurs du savoir para-médical
« Lhistoire est un éternel recommencement » disait un de nos grands politiques alors à nous de surfer une fois encore sur la vague Hydro !
Michel PAJOL
Tous droits réservés
ARCHIVES
FMT Médical