La diététicienne répond à vos questions

Le lait fait-il grossir ?
Aucun aliment ne “fait grossir” s’il est consommé en quantités raisonnables dans le cadre d’une alimentation variée. Vous pouvez choisir le lait en fonction de son taux de matières grasses. Si vous avez un problème de poids, prenez du lait demi-écrémé (1,6 g de graisse et 45 Kcal pour 100 ml) ou du lait écrémé (moins de 0,3 g de graisse et 34 Kcal pour 100 ml) : la différence est peu importante. Quant au lait entier, il apporte 3,5 g de graisse et 63 Kcal pour 100 ml, mais il est également plus riche en vitamine A. Que vous preniez du lait entier, demi-écrémé ou écrémé, les teneurs en calcium et en protéines ne changent pas.

Certaines huiles sont-elles plus légères que d’autres ?
Il n’existe pas d’huiles “légères”. Toutes sont composées de 100 % de lipides et fournissent donc la même quantité d’énergie, c’est-à-dire 100 Kcalories environ par cuillère à soupe. Si vous souhaitez ou avez besoin de limiter vos apports en calories, il existe une solution aussi efficace qu’agréable : remplacer l’huile des vinaigrettes par du fromage blanc à 20 % de matières grasses ou du yaourt nature.

Les allégés font-ils maigrir ?
Les produits allégés sont en principe des produits traditionnels dont les teneurs en sucre et/ou en graisse ont été réduites, ce qui diminue leur valeur calorique. On trouve ainsi dans le commerce des laitages écrémés (qui existent déjà depuis longtemps), des sauces allégées en graisse, des boissons “light” édulcorées et donc allégées en sucre, des plats cuisinés pauvres (voire très pauvres pour certains) en calories… Tous ces produits peuvent être une aide dans le cadre d’une alimentation contrôlée pour perdre du poids. Mais, à eux seuls, ils ne permettent pas de maigrir. Si on ne contrôle pas le reste de son alimentation, prendre des aliments allégés à un repas ne servira pas à grand chose ; on compensera au repas suivant en mangeant un peu plus. L’organisme ne se laisse pas “leurrer” si facilement…

Quel est le meilleur yaourt pour un régime amaigrissant ?
Pour mieux choisir parmi tous les laitages disponibles sur le marché, il est nécessaire de bien lire les étiquettes. En cas de régime amaigrissant, il faut prendre de préférence les yaourts natures et non sucrés et pas nécessairement les yaourts à 0 % MG. Un yaourt nature apporte 1 g de lipide soit 9 kcalories de plus qu’un yaourt écrémé: la différence insignifiante correspond à 2 chips ou à 1/5 de tranche de saucisson. Les deux sortes de yaourt ont la même teneur en protéines et en calcium, ce qui est très intéressant dans un régime. En revanche, évitez de choisir les laitages sucrés, aromatisés ou aux fruits, qui sont plus caloriques par leur apport en sucre.

Lu pour vous

Attention au millepertuis
Deux études récentes, l’une italienne, l’autre suisse, tirent la sonnette d’alarme sur la consommation de millepertuis. Cette herbe très utilisée pour ses vertus anti-dépressives, anti-inflammatoires et astringentes pourrait interagir avec certains médicaments (antiviraux et immunosuppresseurs notamment). Le millepertuis est donc tout à fait déconseillé aux personnes atteintes du sida et aux transplantés. Les autres devront sans doute l’utiliser avec précaution.
Lancet 2000; 355: 547-49 et 575-77

Du lait contre les MST
Des chercheurs islandais viennent de découvrir qu’une graisse contenue dans le lait, la monocaprine, était capable de détruire (en éprouvette) les germes les plus courants des maladies sexuellement transmissibles (MST) : gonocoque, chlamydia, virus de l’herpès et même virus du sida (VIH)… La monocaprine pourrait même être utilisée comme agent contraceptif (spermicide). Il ne s’agit pour le moment que d’expériences de laboratoire : des essais sur la lapine sont en cours, avec de premiers résultats encourageants. L’objectif est de voir si un produit contenant de la monocaprine à des concentrations suffisantes pourrait être efficace en applications locales. Quant à votre verre de lait, rien de changé : il n’est ni contraceptif, ni anti-MST, mais (ce qui n’est déjà pas si mal) il est excellent nutritionnellement Parlant !
Sexually Transmitted Infections 1999 ; 75 : 181-185

Boissons sucrées :
les Français bons derniers
Les Américains consomment en moyenne chaque année quelques 171 litres de boissons sucrées par personne, dont au moins 100 litres de colas. Ils sont suivis par les Japonais, qui en consomment moitié moins, puis par les Anglais et les Allemands. Parmi les plus faibles consommateurs, on retrouve les Espagnols, les Italiens et les Français, qui arrivent bons derniers avec 26 litres/an environ ! Une place à conserver…
Int Food Ingr 2000 ; 1 : 29

Portrait robot
d’une boulimique
Depuis 10 ans, une vaste étude épidémiologique s’est déroulée en France, sous la direction du Pr Philippe Jeammet (Paris), pour tenter de mieux connaître et comprendre la boulimie et les boulimiques. Les premiers résultats permettent de confirmer que les boulimiques sont majoritairement des femmes (à 97 %). Elles sont souvent célibataires, vivent seules, en zone urbaine la plupart du temps, et sont entrées dans le monde douloureux de la boulimie vers l’âge de 18 ans. Les auteurs de l’étude attirent l’attention sur le fait que la boulimie est une maladie difficile à détecter (par l’entourage mais aussi par le médecin) et à traiter. Elle provoque une détresse psychologique marquée par la dépression, l’anxiété et la culpabilité. À l’instar des toxicomanies, seule une approche thérapeutique globale doit être envisagée.
Impact Med Hebdo 2000; 479: 49

Comment boire pour
éviter les peines de cœur du week- end
Deux études récentes – l’une réalisée à Moscou et l’autre en Ecosse- ont montré une augmentation importante des accidents cardiaques les samedis, dimanches et lundis. Les chercheurs y voient un lien direct avec les « bringues alcoolisées de fin de semaine », très courantes dans ces pays. Pour profiter au mieux des vertus supposées de l’alcool sur le cœur, et du fameux paradoxe français, un conseil donc : buvez avec modération en semaine et évitez les « cuites » le week-end.
BMJ 2000; 320: 218-19

Cuisine chinoise
et cancer du poumon
Le principal facteur de risque de cancer du poumon est sans aucun doute le tabac. Pourtant, à Taiwan, beaucoup de femmes non fumeuses en sont atteintes. Des chercheurs de l’Université de médecine de Kaossiung ont tenté de savoir pourquoi. Parmi les hypothèses, les traditions culinaires arrivent en tête. En effet, les Taiwanaises ont l’habitude de mettre les aliments à cuire dans l’huile fumante. Or ces fumées, qu’elles respirent abondamment (du fait d’un manque de ventilation ou de hottes inadaptées), contiennent des molécules cancérigènes. Ajoutons à cela la pollution, le tabagisme passif et le fait que par peur du cholestérol les jeunes femmes taiwanaises ont troqué les graisses animales traditionnelles (lard) pour des huiles végétales beaucoup moins stables à hautes températures (d’où une émission de benzopyrène) : on comprend mieux alors pourquoi le cancer du poumon atteint même les non fumeuses en République de Chine.
Am J Epidemiol 2000; 151: 140-7

Tous droits réservés

ARCHIVES
FMT Médical


[Retour au sommaire]