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Futurs Kinés et déjà
au sommet !!!
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Grâce au soutien de l’EFOM et de la Fondation Febvre, le rêve de cinq jeunes amoureux de la montagne s’est réalisé : gravir l’Aconcagua (6 962 mètres). Il est nécessaire de rappeler qu’à 7 000 mètres d’altitude, les performances psychiques sont à moins de 50 % et que les performances physiques sont à moins de 70 %. Se rajoute à ça une température de -30°C et un vent permanent soufflant à 80 Km/h minimum. “La Sentinelle de Pierre” en Inca dévoila son sommet le 23 décembre 1999. En plus de la fabuleuse aventure qu’elle représentait, elle permit aux enfants cardiopathes du Château des Côtes de suivre les péripéties de l’équipe. Gravir l’Aconcagua, le plus haut sommet des deux Amériques réunies - montagne sacrée des Incas et fierté des Andinistes argentins ; un gros tas de caillasses schisteuses dont la petite croix culmine à 6 962 mètres - tel fut le projet insolite de cinq amis : Yorick, le cerveau et le théoricien du piolet ; Dimitri, le passionné ; Nicolas, l’infatigable affamé des cimes ; Cédric, l’alpi-surfeur des «seven summits» et Yoann qui n’aime pas faire la vaisselle (ça abîme les mains des kinés)… L’équipe, suivie par les enfants cardiopathes du Château des Côtes, leur téléphonait chaque jour. Une façon comme une autre de leur faire partager l’aventure et de leur faire découvrir la montagne. Cette collaboration fut un support pédagogique utilisé dans leur scolarité afin de mieux capter leur attention. L’ascension commença à Puente del Inca (2 700 mètres), un village perdu dans les Andes où se trouve une immense et magnifique arche colorée et formée de dépôts de minéraux. Le trajet jusqu’au camp de base Plaza de Mulas (4 300 mètres) dura deux bonnes journées. Ils traversèrent un désert aride - décor désolant avec ses carcasses de mules abandonnées, lassant par sa monotonie pour certains, étonnant pour d’autres. D’ailleurs, il n’était pas rare de rencontrer sur le chemin, un mourant encapuchonné de la tête aux pieds, descendre à cheval : une victime d’œdème pulmonaire ou cérébral. Les premières nuits furent éprouvantes pour tous à cause de maux de crâne, de vomissements, d’insomnies (signe du Mal Aigue des Montagnes). Le stock de paracétamol fut rapidement épuisé. Le QG fut donc installé au refuge de Plaza de Mulas qui les hébergea gratuitement et généreusement. C’est un énorme bunker-frigo tout beau, tout neuf, avec de grandes salles vides, de grandes baies vitrées et un poêle qui ne protège guère des -20°C à -30°C. Là, les amis rencontrèrent un tas de gens impressionnants : Eduardo, le sauveur, le maître des lieux - Pierre, un Belge légèrement fou qui revenait chaque année faire cette ascension ; deux frères anglais de la City ; Daniel, l’Alpiniste le plus célèbre d’Argentine ; deux Français de soixante-dix ans ; Alex, un producteur qui voulait faire un direct TV de Cédric surfant sur l’Aconcagua accompagné de son cameraman - photographe Riermann dont les photos font le tour du monde ; et d’autres pas moins tristes… Après quelques jours d’acclimatation à rôder parmi les pénitents, ces sculptures de glace travaillées par le vent, les séracs et après avoir grimpé le Mont Bonette (5 100 mètres), les cinq se décidèrent à monter le premier portage à Nido de Condores (5 300 mètres). La nuit à Nido de Condores fut pathétique. Une tempête de neige déchira de toutes parts l’une des tentes. Les vents soufflant en permanence à 80 Km/h montaient alors jusqu’à 130 - 140 Km/h, il leur fallait donc lutter, tenir bon jusqu’au jour, et sauver ce qui restait encore à l’abri. Au petit matin, constatant les désastres, une seule solution s’imposa à eux : ils devaient monter. Monter jusqu’à Berlin (5 800 mètres) où deux minuscules huttes de bois les protégeraient. Ainsi, le 23 décembre 1999, dédaignant le froid et Eole, ils enfourchèrent les crampons via la Canaletta, un couloir de glace encaillassé et enfin via le fameux Cumbre (Sommet). Moments magiques à jamais gravés dans les mémoires, ils concrétisaient une année de rêves (avec une semaine de fatigue et de souffrances rares). Moments partagés avec les enfants enthousiasmés lors de la Buena Navidad (Noêl pour les intimes).
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