Sommes-nous cannibales ?


Le cannibalisme existe depuis la nuit des temps. Et s’il y a aujourd’hui moins de cannibales qu’autrefois, cette pratique n’a pas pour autant disparu. Partout dans le monde on en signale des cas individuels ou collectifs. D’après certains experts, le cannibalisme industriel et organisé pourrait même être une réponse aux pénuries alimentaires qui menacent le 21ème siècle. Science fiction, fantasme ou réalité ? A travers le livre de Martin Monestier «Cannibales»*, Nutri News vous invite à un voyage aussi inquiétant que passionnant.

Anthropophagie, cannibalisme. Deux termes qui désignent cette habitude - qui devrait faire frémir la plupart d’entre nous - de manger sans répugnance de la chair humaine. Le cannibalisme remonterait à l’époque de l’homo erectus de Zhoudoukian, le sinanthrope appelé vulgairement «l’homme de Pékin», vieux de 800 000 ans. Estimés à plus de 100 millions au début du XIXe siècle, les cannibales n’étaient plus que 50 millions vers 1910, et ils seraient aujourd’hui encore quelques 3 millions à manger régulièrement de la chair humaine.

Pourquoi manger ses semblables ?
Les motivations sont non seulement multiples mais imbriquées les unes aux autres. Tout au long des siècles, on a vu se profiler le cannibalisme alimentaire (lié à la pénurie, ou même le cannibalisme gastronomique); le cannibalisme guerrier (pour s’attribuer les vertus de l’adversaire); le cannibalisme sacré (pour inviter les dieux ou évoquer les ancêtres); le cannibalisme de vengeance (pour humilier son ennemi en le réduisant à l’état de viande de boucherie); le cannibalisme judiciaire (pour rétablir l’ordre social); le cannibalisme érotique, pathologique. Le cannibalisme serait un peu de tout cela, simultanément ou alternativement.

Petite et grande cuisines. Contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer, la cuisine anthropophagique n’est généralement pas une simple dévoration barbare de viande humaine. Elle a sa science de la découpe, du désossage, de la répartition et de la présentation, faisant appel aux connaissances anatomiques, physiologiques et organiques. Sans compter les techniques de préparation. La chair humaine peut être servie bleue, ou sous forme d’andouille comme aux ”les Fidji, être hachée menue comme la préparent les Araucaniens, coupée en gros morceaux marinés à l’huile comme en Ouganda, au Congo ou au Nigéria, au barbecue, bouillie, tiède, froide, réchauffée. Les recettes ne manquent pas.

Qu’est ce-qu’on mange ?
Les morceaux de prédilection des cannibales, les plus tendres et savoureux, sont les fesses et les cuisses. Puis viennent les paumes des mains, les cotes, les oreilles ou le cou. Du côte des organes, le cœur, le foie et les yeux (gobés, le gauche surtout) font l’objet d’une délectation particulière. D’une manière générale, les femmes mangent les parties génitales masculines, alors que les sexes de femmes ne sont que très rarement consommés. La tête et la cervelle se mangent aussi (on peut par exemple tremper des bananes dans de la cervelle un peu comme du pain dans un œuf à la coque).

Qui mange t-on ?
Selon les sociétés, il y a deux sortes d’individus : les consommables et les prohibés. Certains mangent leurs morts, généralement les parents défunts, les vieux ou les malades; d’autres ne touchent pas leurs proches mais se délectent des voisins ou de leurs ennemis. Certains mangent des fœtus ou des enfants (plus tendres avant 10 ans), d’autres encore seulement des femmes (plus tendres) ou au contraire des hommes (ils auraient meilleur goût). Sans parler de ceux qui se mangent eux- mêmes (en faisant par exemple du boudin avec leur propre sang).

Le commencement de la faim.
En l’an 1 de notre ère, la terre comptait 300 millions d’habitants. En 1800, 1 milliard, aujourd’hui 6 milliards. Certains prédisent que d’ici 50 ans, 5 ou 6 milliards d’individus supplémentaires viendront peupler la terre. Comment se nourriront-ils? Le cannibalisme sera-t-il la solution? D’après Martin Monestier, c’est fort probable. Le cauchemar aurait même déjà commencé dans plusieurs régions du monde.
Bon appétit.




1999-


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1996-


1994-


1991-



1989-


1981-


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1972-
Ici, ailleurs, partout, et si près de nous.

Nord de l’Angleterre - c’est meilleur avec des spaghettis : David Harker, 25 ans est arrêté pour avoir dévoré Julie Patersen, avec des pâtes et du parmesan.

Côte d’Ivoire - la chair n’est pas chère : Trois sorciers prennent 3 ans de prison ferme pour avoir mangé 35 personnes.

Mexique - installé à l’intérieur du cercueil : Alfred Meya, jeune Mexicain de 21 ans, est surpris dans le cimetière de la ville en train de manger une défunte récemment enterrée.

Sibérie - le fils et la mère nettoient le quartier Pour lutter contre la permissivité de la Russie moderne, un jeune homme décide d’éliminer les délinquants de son quartier. Il tue et dévore 19 enfants de rue, cuisinés par les bons soins de sa mère.

Chine - directement du crématorium d’à côté La police arrête Mr Wang Guang, propriétaire d’un restaurant qui ne désemplit pas. La spécialité «petits pains de sichuan à la vapeur» est faite avec des morceaux de cuisses et de fesses venant directement du crématorium d’à côté.

Banlieue sud de New York - à la bonne soupe Daniel Rokowitz, après avoir tué accidentellement sa petite amie, décide de se débarrasser du corps. Il fait bouillir la tête et se délecte de cette soupe à la cervelle.

Paris - une passion dévorante : Un Japonais, Issei Sagawa, est arrêtéà Paris pour avoir dévoré une jeune Hollandaise par «amour». Il vit aujourd’hui tranquillement chez lui au Japon, où il donne des conférences sur le cannibalisme.

Japon - cannibalisme de réconciliation : Un homme voulant se faire pardonner par son épouse de l’avoir trompée, lui propose de manger sa maîtresse. Ils se réconcilient autour du pot-au-feu.

Cordillère des Andes - une question de survie Un accident d’avion va rendre 17 survivants cannibales par nécessité.

Et vous qu’auriez-vous fait ? Cannibales - Martin Monestier Editions du Cherche Midi - 2000 - 264 pages