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Le
DLM®
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Dans
le cadre des 2èmes Assises de la formation continue en
kinésithérapie, J-P Schiltz est venu nous faire part de
sa démarche de praticien libéral. Les adaptations techniques
du D.L.M. qu’il propose sont en cours d’expérimentation
dans différents services universitaires et l’efficacité
clinique observée s’approche d’une validation officielle.
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Ce terme utilisé depuis de nombreuses années est passé dans
le domaine de l’expression populaire, il désigne le drainage
lymphatique manuel selon la méthode mise au point de manière
intuitive par le docteur E. Vodder,. Par la suite les
progrès de la recherche ont permis d’envisager une approche
différente, celle-ci est encore enseignée aujourd’hui et fait
référence, il s’agit de la méthode Leduc, faisant une distinction
entre les manœuvres d’appel et les manœuvres de résorption.
Mais voilà ! les nouvelles générations de praticiens, fortes
de ces enseignements semblent à leur tour proposer autre chose
; elles éprouvent cependant quelques difficultés à l’exprimer
soit par respect, envers et à cause de l’ordre établi, car
il s’agit en fait pour l’élève de remettre en cause le Maître.
Pas facile !
Pas facile non plus lors d’un traitement, d’exprimer en des
termes qui soient compris par un autre praticien, ce qu’il
ressort d’une relation intime entre un thérapeute et son patient.
Il faut pour cela être à l’écoute, analyser, traduire, codifier,
chiffrer en des termes scientifiques cet événement afin qu’il
soit possible de l’extraire de son contexte, de l’exporter
et par la suite de le transmettre.
INTRODUCTION
Le
corps humain durant toute son existence doit constamment
se défendre contre les agressions venues de l’extérieur,
il dispose pour cela de trois moyens de défense :
- une protection de surface, la peau
; - l’inflammation aiguë ;
- la défense immunitaire.
La peau, représente la première barrière de protection,
elle est constituée de deux couches principales : l’épiderme,
le derme. Enfin une troisième couche d’épaisseur variable
: l’hypoderme. Cette structure est variable selon sa
localisation et selon ses fonctions spécifiques :
- Protection contre les traumatismes ;
- Perception tactile (toucher, pression, douleur) ;
- Thermorégulation (chaleur ou froid) ;
- Sécrétion (sébum, sueur, lait) ;
Cette peau constitue l’interface entre le monde extérieur
et le monde intérieur du corps humain, elle représente
une superficie d’environ 1m2 8, sur une épaisseur de
1 à 2 mm constituant ainsi le plus grand compartiment
de l’organisme. Le masseur-kinésithérapeute par ses
manœuvres, est amené à toucher cette peau, il exerce
ainsi une pression. Cette pression va avoir des effets
physiques aux conséquences physiologiques recherchées.
Le DLM® est une forme de massage, obéissant à des normes
physiologiques de pression. Il est utilisé dans la perspective
d’améliorer le débit lymphatique dans certaines pathologies
primaires ou secondaires du système lymphatique.
L’expérience qui va suivre est celle d’un kinésithérapeute
libéral confronté à cette problématique. Comment transmettre
une information qui risque de mettre en cause sa propre
théorie si celle-ci n’est pas démontrée, donc sa propre
existence, ou au contraire remettre en cause l’ordre
établi.
Stimulation
manuelle du système veino-lymphatique superficiel
(technique par Pression Digitale Doigts Ecartés)
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(fig1)
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Cette technique
est en quelque sorte la synthèse des deux méthodes énumérées
précédemment (Vodder et Leduc), elle tient compte de l’aspect
biomécanique du corps humain et de la physiologie du système
lymphatique, le plus superficiel.
En observant le corps humain on constate que les chaînes lymphatiques
superficielles sont plus nombreuses dans sa partie supérieure.(fig.1)
La raison en est simple, les membres inférieurs assurent la
statique de l’individu mais également son déplacement. Les
articulations du membre inférieur fonctionnent donc en mode
de flexion et bien que la masse du membre inférieur soit plus
importante que celle du membre supérieur, il y a moins de
chaînes ganglionnaires ; avec quelques ganglions au creux
poplité, un peu plus au triangle de Scarpa, (chaîne inguinale),
compensées logiquement par un réseau veineux plus important.
Quant au membre supérieur, dont la finalité est le geste de
la préhension, donc capable de placer la main dans n’importe
quel point de l’espace, son articulation principale est en
fait un complexe articulaire composé de 5 articulations (Kapandji)
glissant les unes contre les autres, il est constitué de 5
chaînes ganglionnaires.
Enfin la peau (avec ses trois couches et son rôle physiologique
de protection, comportant tout un réseau de nerfs et de vaisseaux
extrêmement sensibles aux phénomènes de température et de
pression), sera l’organe de réception et de transmission des
pressions effectuées par la main du thérapeute selon un mode
rétrograde et une technique par Pression Digitale Doigts Ecartés.
LA METHODE
La méthode tiendra compte de ces trois paramètres :
- Pression Digitale Doigts Ecartés ;
- Stimulation de la chaîne mammaire externe ;
- Mode rétrograde.
LA POPULATION
Depuis 1989 : c’est-à-dire des centaines de patients qui seront
répertoriés.
Les premières évaluations cliniques concernant les œdèmes
des membres inférieurs ne seront pas retenues, bien qu’il
y ait eu à chaque fois diminution de la circonférence de la
jambe, car un traitement médical (veino-tonique) accompagnait
ces patients.
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Deuxième
évaluation clinique qui avait pour objectif de matérialiser
l’action de la technique à l’égard de la circulation
lymphatique superficielle ; Le choix de cette deuxième
expérience s’est orienté vers l’ulcère de jambe d’origine
veineuse. La littérature médicale définit l’ulcère de
jambe comme une perte de substance dermo-épidermique
sans tendance à la cicatrisation avec parfois un exsudat
plasmatique important. C’est d’ailleurs concernant cette
particularité que va s’orienter la prochaine expérimentation
; obtenir une mobilisation suffisamment importante du
liquide lymphatique superficiel selon la technique PDDE.
Les résultats après 45 minutes de stimulation par PDDE
Cette évaluation clinique est significative concernant
la mobilisation des liquides plasmatiques mais nécessite
la reproduction de l’événement avec un nombre plus élevé
de cas or les traitements des ulcères, bénéficient tous
d’un traitement médical, associé souvent à des pansements,
des bandages et des pommades favorisant la cicatrisation. |
Troisième
évaluation clinique : ulcère sans traitement associé.
Son évolution : (fig-c) - (fig-d)
Quatrième évaluation clinique : ulcère sans traitement
médical associé. (fig-e) - (fig-f)
Cinquième évaluation clinique : Technique PDDE concernant
un enfant âgé de 5 ans atteint d’un lymphœdème primaire,
membre inférieur gauche : échographie à haute fréquence
d’un point cutané de la jambe, servant de point de référence
à l’expérimentation en dynamique.
Résultat significatif avec diminution de l’épaisseur
du derme, qui laisse envisager prochainement d’autres
expériences de ce type.
Remarques : certains patients, au cabinet dans
le cadre d’un traitement prescrit pour insuffisance
veino-lymphatique, sous l’influence de la technique
PDDE, et certains confrères au cours de leur formation
à cette technique, ont parfois ressenti un phénomène
d’hyposialie avec la plupart du temps une horripilation
de l’hémi-corps traité. |

(fig-c)
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(fig-d) |

(fig-e) |

(fig-f) |
En conclusion,
aux regards des différentes expériences et des effets secondaires
observés : lorsqu’on exerce une pression sur la peau, cette
pression s’exerce sur l’ensemble des éléments situés dans
le derme et l’hypoderme, c’est -à dire sous la pulpe des doigts
du thérapeute, et qui comprend à la fois les organes mécanorécepteurs,
les systèmes de la microcirculation (artérioles, capillaires,
veinules, lymphatiques cutanés) éléments les plus fins, parfois
avalvulés à ce niveau (lymphatiques cutanés) donc extrêmement
sensibles aux variations de pression et de température, chacun
d’entre eux réagissant à ces événements pour leur propre compte
et selon leur propre physiologie tout en étant interdépendant.
On stimule probablement en fait l’unité neuro-microcirculatoire
comme le laisse supposer une étude du Dr Karagozian
concernant l’origine de la dermalgie réflexe, dont le système
sympathique à l’origine des phénomènes d’hyposialie et d’horripilation.
Il a été également désigné comme régulateur de la micro-circulation.
Aussi peut-on se poser la question concernant le DLM®, en
tant que tel et plus particulièrement à propos de tel ou tel
geste technique ?- et qui aurait la faculté d’être exclusivement
destiné au patrimoine lymphatique…..
La suite aux prochains numéros. |
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Jean-Pierre SCHILTZ M.K.D.E.
Clichy
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