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Lorsque des kinésithérapeutes travaillent à l’implication
du patient
et expérimentent l’évolution de leur profession …
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Jean-Pierre
ZANA nous fait part d’une expérimentation qui est mise
en œuvre auprès des kinésithérapeutes. Certains participent
peut-être déjà à ce travail d’autres seront prochainement
concernés. Au total, tous les kinésithérapeutes trouveront
dans les lignes qui suivent matière à réflexion pour faire
évoluer notre image auprès des patients.
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Les kinésithérapeutes libéraux, à l’instar de nos confrères
infirmiers il y a quelques années, sont à un moment important
de leur histoire. Responsabilisation, professionnalisation,
informatisation, participation aux décisions ; toutes les
réformes ou mesures visent à étendre leur champ d’intervention
et de décision. Une récente étude interne de l’assurance maladie
a d’ailleurs mis en évidence la situation très favorable des
professions intermédiaires à qui la réduction du nombre de
médecins laisse augurer une revalorisation de leur rôle et
un élargissement de leurs prérogatives.
«Nous avons la conviction que le kinésithérapeute jouera un
rôle clef dans le système de soins dès les prochaines années
et que ses voies d’intervention seront très variées. En ce
qui concerne son rôle en matière de prévention de la santé
dans les entreprises, il est évident que les entreprises sont
aujourd’hui en attente de prise en charge globale de leurs
salariés et en particulier pour les Troubles Musculo-squelettiques»,
indique Gilles Mougin, pharmacien et directeur de VITEA-France.
Dans leur intervention pour le compte d’entreprises, comme
dans leurs relations avec l’usager du système de santé, la
recherche de qualité sera primordiale et préfigure les procédures
d’accréditation lancées par l’ANAES pour l’ensemble de la
profession.
La société suédoise VITEA souhaite accompagner cette évolution
du rôle des kinésithérapeutes et accompagne ainsi, depuis
mars 2001, des kinésithérapeutes et favorise leur regroupement
en réseau. Plusieurs réseaux sont ainsi en cours de création
ou en fonctionnement et travaillent soit sur des projets FAQSV
, soit sur des projets ANAES.
Les outils supports de VITEA consistent d’une part en une
sélection de questionnaires scientifiquement validés, auto-administrés
et ciblés sur le membre concerné (cou, nuque, dos, etc.) et
d’autre part en un système d’aide à la décision (e-triageTM),
qui permet la constitution de stratégie diagnostique ou thérapeutique
basée sur les faits, c’est à dire sur la revue de la littérature
scientifique. Les premiers questionnaires touchent ainsi l’état
de santé général (MOS-SF36), psychologique (MBI) ou plus spécifiquement
les douleurs musculaires et dorsales (Roland-Morris, NDI,
etc…). Selon Gilles Mougin, «le dispositif e-triageTM adopté
par les programmes américains Médicare et Médicaid, interviendra
en support aux kinésithérapeutes, en leur permettant de disposer
d’éléments scientifiques pour muscler leurs échanges avec
le prescripteur et d’être accompagnés dans leur propre stratégie
thérapeutique».
Par ailleurs, l’approche de VITEA se décline en 5 types de
services aux entreprises, services qui peuvent être mis en
œuvre partiellement ou de façon chronologique : il s’agit
entre autres des services de :
1.
valorisation :
aider des entreprises à valoriser les enjeux des douleurs
musculaires et dorsales,
2. l’objectivation :
aider des personnes à objectiver leur situation et leur
état de santé, en les impliquant,
3. l’expertise :
pour des personnes dont la situation le justifie, aider
à l’analyse fine de la situation et proposer un plan
d’actions,
4. la mise en œuvre et
le suivi :
accompagner patients et professionnels dans la mise
en œuvre des actions,
5. l’évaluation :
évaluer les actions engagées et la satisfaction des
personnes.
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«Dans 3 au moins de ces services», explique le Docteur
Quesnot de la société ISAS, partenaire de VITEA dans ces
développements, «l’intervention d’un kinésithérapeute est
souhaitée et prévue. Nous expérimentons ainsi actuellement
en Poitou-Charentes l’enregistrement par le patient lui-même
de formulaires d’évaluation fonctionnelle des lombalgies et
travaillons à une intervention de kinésithérapeutes en entreprise
qui joueraient le rôle d’interface entre médecins du travail,
DRH et médecine de ville. Par ailleurs, le système de mise
en œuvre et de suivi est fondé sur une plate-forme de services
(centre d’appel et Internet) qui réalise les fonctions support
complètes. Ces fonctions sont monitorées par un professionnel
de santé, qui pourrait être un kinésithérapeute ».
Les objectifs des projets actuellement formalisés pour le
FAQSV sont principalement de favoriser l’implication du patient
dans son traitement et la compréhension des causes de sa pathologie.
Il a ainsi déjà été testé et validé en Poitou-Charentes le
principe de questionnaires qui viennent systématiser les interrogatoires
existants des kinésithérapeutes. Les kinésithérapeutes participants
s’appuient sur des questionnaires qui ont fait leur preuve
dans la profession, comme le Roland-Morris (Eifel) ou l’Oswestry,
ou tout autre questionnaire scientifiquement validé et sélectionné
par le comité scientifique de VITEA présidé par le Professeur
Alf Nachemson.
Les patients, lors de leur «intégration» dans l’étude, répondent
aux différentes questions, ce qui leur permet de disposer
d’une «photographie» objective de leur état de santé, douleur,
etc. Cette photographie peut également aider le thérapeute
à bien cerner la situation du patient et mesurer les évolutions
entre plusieurs séances. Cette «photographie» régulière et
standardisée permettra également de mettre en évidence les
liens entre état physique et état psychologique en matière
de dorsalgie. Pour faciliter la mise en œuvre et le suivi
de ces questionnaires, il sera proposé d’enregistrer les réponses
sur des formulaires électroniques mis à disposition sur les
équipements informatiques actuels des professionnels de santé.
La participation au projet serait rémunérée, en phase opérationnelle,
par le Fonds d’Amélioration de la Qualité des Soins de Ville.
Dans une seconde étape, il s’agira de permettre aux kinésithérapeutes
d’initier un premier niveau de coopération avec un centre
de médiation, qui mettrait à leur disposition des analyses
fondées sur la «médecine factuelle».
«Les objectifs des projets ANAES s’inscrivent dans la même
logique» poursuit Gilles Mougin «mais ont davantage un objectif
de recherche puisqu’il s’agit de projet d’étude s’inscrivant
dans le cadre de l’appel à projet de l’ANAES». Le thème de
recherche retenu pour l’un des groupes de kinésithérapeutes
est ainsi «identification et évaluation des facteurs accompagnant
ou conditionnant les modifications de comportement et de pratiques
médicales en fonction des recommandations professionnelles
récentes». Ainsi que le résume Gilles Mougin, «le travail
d’analyse consistera à pouvoir construire une typologie des
médias qui influencent les pratiques».
VITEA est une société suédoise spécialisée dans la prévention
et la prise en charge des douleurs musculaires et dorsales
(on désigne ici les TMS au sens large de ce terme, incluant
également le «mal de dos», et correspondant à l’appellation
anglo-saxonne de MSD - Musculo Squeletal Disorder). VITEA
a développé une approche permettant d’aider à l’identification
des populations à risque et au suivi du traitement des patients,
et de mettre en œuvre une solution innovante d’assistance
à la constitution de stratégies thérapeutiques Les programmes
de VITEA reposent sur une collaboration avec des professionnels
adhérents à l’approche, qu’ils s’agissent des médecins du
travail, des animateurs HSE des entreprises, des professionnels
para-médicaux comme les kinésithérapeutes.
VITEA se positionne actuellement comme partenaire privilégié
des kinésithérapeutes désireux d’anticiper les mutations professionnelles
et de se positionner dans une démarche qualité qu’il s’agisse
de leur propre pratique, de leur relation professionnelle
avec les prescripteurs et de leurs prestations aux entreprises
dans le cadre d’une diversification tournée vers le patient.
1- Fonds d’Amélioration à la Qualité des Soins de Ville (FAQSV)
2- Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé
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Pour
tous renseignements, contacter Gilles Mougin,
gilles.mougin@vitea.fr
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Jean-Pierre ZANA Cadre de santé, Directeur adjoint d’EFOM
Consultants en ergonomie.- jp_zan@yahoo.com
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