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Prévenir
les Troubles
Musculo-Squelettiques
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Un
forum pour articuler santé et organisation du travail…
Sylvie Laroudie Ergonome (1),
Jean-Pierre Zana Ergonome, Directeur Adjoint (1)
EFOM Consultants en Ergonomie - Paris
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La
fin d’année 2001 a été riche en événements sur la prévention
des T.M.S.. Un forum et un congrès international leur étaient
consacrés. FMT a demandé à deux cadres de santé en kinésithérapie,
ergonomes de rapporter pour ses lecteurs l’évolution des concepts
sur ces troubles et la place que pourraient éventuellement
prendre les kinésithérapeutes. C’est un champ de compétence
quotidien des professionnels des thérapies manuelles mais
dans lequel ils se sont encore trop peu exprimés. Une nouvelle
page de la kinésithérapie pourrait-elle s’ouvrir en impliquant
les praticiens libéraux dans ce champ là ?…
Le forum « Prévenir les Troubles Musculo-Squelettiques » organisé
à Paris les 27 et 28 novembre 2001 par l’INRS La CRAM L’ANACT
a réuni 540 personnes. La gratuité de ce forum n’explique
pas à elle seule cette forte participation. Celle-ci traduit
bien l’importance du sujet pour les entreprises et les préventeurs.
Seulement trois « institutions » dont les membres sont kinésithérapeutes
et proches de la prévention avaient pu être admis à cette
manifestation : Le CNPK, EFOM Consultants en Ergonomie et
Gestuel santé.
L’approche préventive mise en avant tout au long de ces journées
est essentiellement d’ordre psychosocial. La dimension physiologique,
biomécanique a été très peu présente, elle fait, au goût des
ergonomes «scientifiques» que nous souhaitons représenter,
beaucoup défaut aux préventeurs.
Ce forum nous a d’abord présenté un nombre important de chiffres
nous montrant l’évolution permanente des TMS que ce soit en
France ou dans les autres pays de la CEE. Il est intéressant
de voir que dans tous les pays les TMS augmentent. Aujourd’hui,
les TMS représentent un problème majeur de santé au travail
en particulier depuis qu’ils sont reconnus au titre des maladies
professionnelles (tableau 57 du régime général).
Les TMS sont diverses pathologies touchant à la périphérie
des articulations. Les situations professionnelles à l’origine
de ces pathologies sont extrêmement diverses ; les ports de
charges et les postures pénibles et les vibrations ne sont
plus les seules risques il convient d’ajouter les travaux
répétitifs ou monotones et tout facteur dans l’organisation
du travail. La flexibilité et la rapidité interviennent au
même titre que les facteurs psychosociaux dont le stress est
un mode d’expression mais pas le seul. Enfin, le vieillissement
de la population active pose le problème avec encore plus
d’acuité.
Autant d’arguments en faveur d’une prise en compte de l’évolution
de ces concepts par les kinésithérapeutes qui sont quotidiennement
concernés par ces pathologies. Leur rôle rééducatif doit-il
s’arrêter à la porte de leur cabinet, c’est à dire à la seule
restauration des amplitudes articulaires, de la force musculaire
et d’une capacité fonctionnelle centrée seulement sur l’autonomie
?
Les ateliers ont permis de mettre en débat différentes démarches
engagées par des entreprises très différentes des petites
PME, aux entreprises mondiales. Les intervenants, très différents,
médecins du travail, syndicalistes chefs d’équipe, préventeur
ingénieur-sécurité ou ergonome ont fait part de leurs expériences
réussies ou non. Les sujets traités lors de ces ateliers portaient
sur :
- TMS et polyvalence,
- Intégration de la prévention dans la conception,
- TMS et stress,
- TMS et intensification du travail.
Ces thèmes font écho aux enquêtes menées depuis 10 ans sur
les conditions de travail dans l’union européenne. En quelques
chiffres il est nécessaire de rappeler que les problèmes de
santé liés au travail les plus répandus sont :
- les douleurs dorsales citées par 33% des salariés,
- le stress cité par 28%,
- les douleurs musculaires du cou et des épaules citées par
23%,
- la fatigue générale citée par 23% des salariés.
On retiendra qu’il existe un lien direct et reconnu entre
les problèmes de santé et les mauvaises conditions de travail
surtout en ce qui concerne le travail répétitif et les cadences
importantes. Par contre les liens entre le stress et les TMS
n’ont encore été clairement identifiés.
Notre expérience du terrain permet de conforter ces tendances.
Le travail s’est intensifié alors que la loi sur les 35 heures
devait le diminuer. La flexibilité imposée dans tous les domaines
de l’économie, sans modification substantielle des organisations
du travail, s’explique par le fait que la nature du travail
n’est plus seulement déterminée par les cadences et les normes
de production mais aussi par les exigences du client.
Ainsi, il convient de retenir que les TMS sont des maladies
professionnelles dont les facteurs de risques sont nombreux,
biomécaniques, organisationnels, psychosociaux etc.… ce qui
ne facilite pas leur évaluation ni leur prévention. On retiendra
aussi de ces journées les besoins en outils et méthodes d’évaluation.
Les communications présentées ont montré enfin les difficultés
rencontrées sur le terrain pour prévenir les TMS.
Tous ces arguments plaident en faveur d’une prise en compte
par les kinésithérapeutes des TMS. Ces affections, nos confrères
libéraux et salariés les connaissent bien et les traitent
souvent avec talent. Mais la réadaptation dite fonctionnelle
ou le guidage vers la reprise de l’activité professionnelle
est une partie de la kinésithérapie que nos confrères cèdent
bien volontiers aux ergothérapeutes. Pourtant, à travers la
prévention, et l’ergonomie, le kinésithérapeute libéral peut
trouver une possibilité de prolonger son action et conduire
le traitement de son patient jusqu’à la consolidation.
En participant à la reprise de son activité professionnelle
ou à sa réinsertion professionnelle, le kinésithérapeute doit
acquérir certaines compétences qui lui manquent lors de sa
formation. En particulier l’adaptation de ses connaissances
anatomiques et biomécaniques au monde du travail, une évaluation
psychosociale de ses patients, une sensibilisation aux modes
d’organisation du travail.
L’expérience que nous avons acquise avec Gilles CHEMOUL lors
de nos enseignements en IFMK pour les élèves de troisième
année de l’école d’Assas et de celle de Rouen. Nos compétences
qui se sont enrichies au contact de Mr Péninou et de nos enseignants
de Paris VI. Notre connaissance du monde de l’entreprise à
travers notre participation à la vie de l’Association Nationale
des Cadres de la fonction personnelle (ANDCP) nous autorise
à avancer que le kinésithérapeute préparé à la prévention
en entreprise peut être un acteur actif dans la lutte contre
les TMS.
Le débat est ouvert peut-être, pourra-t-il s’engager lors
d’un prochain forum des kinésithérapeutes sur ce thème que
nous n’excluons pas d’organiser avec les préventeurs en kinésithérapie,
les kinésithérapeutes ergonomes déjà identifiés et ceux qui
voudront bien se faire connaître.
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(1) Mel :
efom.consultants@efom.fr
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