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La
reprise thérapeutique du Travail
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| L’expérience
canadienne |
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reprise thérapeutique du travail est un mode de prise
en charge développé par les équipes pluridisciplinaires
médicales, psychologiques et physiothérapiques québécoises.
Elle concerne des salariés ayant présenté des lombalgies
reconnues en accident du travail et vise à accompagner
ses patients vers une reprise de leur activité professionnelle
en limitant les temps d’arrêt de travail. Le professeur
B. LOISEL de l’Université de Sherbrook et directeur
du réseau en réadaptation au travail du Québec a présenté
l’expérience québecoise de promotion du retour au travail
des travailleurs lombalgiques. Cette réunion était organisée
par le Centre d’Evaluation de la douleur de l’hôpital
St Antoine, la Société de Médecine du travail de l’Ouest
de l’Ile de France, le centre de rééducation de Coubert
et l’Unité 88 de l’INSERM. |
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Jean-Pierre
ZANA Ergonome, Cadre de santé, jp.zana@wanadoo.fr
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E
n ouverture de cette rencontre, le docteur F. Boureau et Madame
Anna Ozguler ont présenté le bilan du projet d’intervention
thérapeutique initié depuis 1998. L’étude engagée a porté
sur 620 cas.
Par voie de questionnaires, 152 lombalgiques ont été retenus
pour participer à un programme thérapeutique d’école du dos.
Au total 10 personnes ont participé aux six séances prévues
dans le programme. L’animation de ce groupe était assurée
par une kinésithérapeute et un médecin. Les séances se déroulaient
en milieu hospitalier dans un espace suffisamment grand chaque
vendredi de 17 heures à 19 heures.
L’objectif attendu est d’évaluer les effets du programme sur
le niveau de chronicité des patients lombalgiques.
Le programme a quant
à lui pour objectif :
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Faire
participer activement le patient (auto-observation) |
| w |
Informer, éduquer le patient (douleur, lombalgies, …), |
| w |
Renforcer les capacités musculaires, |
| w |
Développer
les qualités gestuelles et l’économie rachidienne dans
les actes de la vie quotidienne, |
| w |
Avoir
une action sur l’environnement par une approche ergonomique, |
| w |
Augmenter
progressivement les activi- tés (les fractionner), |
| w |
Exercer
un auto-contrôle de la dou leur (physiothérapie, relaxation…) |
Le
bilan provisoire, et sur lequel on ne peut que tirer des enseignements
prudents peut se résumer de la façon suivante :
Sur les 152 personnes retenues,
59 sont venues à la première consultation. Le questionnaire
de DALLAS a été utilisé comme une base pour suivre l’évolution
de ces patients. Il a été proposé à 33 d’entre eux de participer
à l’école du dos (EDD) ; 26 n’auront pas suivi le programme
(SSEDD).
A
six mois il leur a été adressé un questionnaire à remplir
(questionnaire de DALLAS). Les résultats sont ceux de 37 réponses.
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Le nombre insuffisant de retour de questionnaires, le peu
de participants à l’école du dos et le peu de réponses ne
permettent pas une analyse statistique significative des résultats.
Toutefois, on peut noter prudemment que les participants à
l’école du dos ont des chiffres légèrement inférieurs aux
autres.
Le titre de l’intervention du professeur P. Loisel est :
Prévention de l’incapacité
au travail :
un nouveau paradigme. Sous cet intitulé de nouveau paradigme
il faut entendre que le problème de santé n’est plus le mal
de dos lui-même mais l’incapacité prolongée engendrée par
le mal de dos. La véritable maladie est donc, non plus le
mal de dos mais sa conséquence possible :
- une intolérance à l’activité,
- une incapacité prolongée,
- une incapacité au travail.
Pour appuyer son propos, le professeur Loisel, fait référence
aux travaux de l’Agency for Health Care Policy and Research
(1994).
En résumé, cet organisme rappelle que concernant les lombalgies,
il est difficile de faire un diagnostic spécifique dans la
majorité des cas.
Peu de traitements ont été prouvés comme efficaces en phase
aiguë (analgésiques mineurs, manipulations?). La plupart des
traitements évalués se sont avérés inefficaces (idem placebo).
Ainsi la question reste posée : l’activité serait-elle néfaste
pour le mal de dos.
Une étude randomisée avec 3 traitements (Malmivaara & al.,
NEJM, 1995) a montré que les patients du groupe 3 ont récupéré
le plus rapidement (douleur, état fonctionnel, travail)
1: 2 jours de repos au lit
2: programme d ’exercices
3: recommandation de continuer leurs activités au maximum
selon ce que leur permettait leur mal de dos
Ainsi, le professeur
Loisel pose 3 questions :
- Le travail est-il une activité naturelle ?
- Peut-on fonctionner au mieux de ses possibilités au travail
quand on a mal au dos ?
- Le travail peut-il être « thérapeutique » et non pas nocif
quand on a mal au dos ?
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Afin d’argumenter
les modes de prise en charge selon le modèle de Sherbrook,
il nous est présenté les « prédicteurs » de l’incapacité tel
qu’ils ont été définis en positionnant les trois partenaires
principaux qui seront en interface tout au long de la prise
en charge.
Les grands principes
de la réadaptation
- Lutter contre l’incapacité
- Le contrôle du patient sur sa condition
- Approche cognitive de la centralisation de la douleur
- Le travail comme outil thérapeutique
- Rassembler les partenaires
- Une approche interdisciplinaire et inter organisationnelle
Le retour au travail régulier signifie que les capacités du
travailleur rencontrent les exigences de son travail. La situation
de handicap au travail se transforme en participation sociale.
C’est une approche inter-organisationnelle qui est mise en
œuvre autour du travailleur avec des résultats semble-t-il
efficaces. Mais nous sommes au Québec…
Cette présentation très incomplète n’est qu’une première porte
entrouverte sur un dossier que nous appliquerons aux TMS,
au mal de dos et à la prévention en kinésithérapie. Ecole
Lilloise, Ecole du dos, protocole de Cochin, Education vertébrale,
type Troisier, les méthodes s’accumulent, nous chercherons
à mieux vous informer sur chacune d’elles.
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Jean-Pierre
ZANA Ergonome, Cadre de santé, jp.zana@wanadoo.fr
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