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RELATION
ENTRE L’ANALYSE VECTORIELLE ET L’EMGi
Comparaison de deux méthodes
de mesures de la force musculaire segmentaire
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Dans le cadre du Workshop de l’ENPHE, Gilles
Péninou présente ici les résultats de
nombreuses recherches effectuées dans le laboratoire
d’analyse du mouvement de l’EFOM. La méthode
d’analyse vectorielle qu’il propose peut s’utiliser
en pratique libérale avec un peu d’entrainement.
Monsieur Gilles Péninou est cadre de
santé en kinésithérapie, Docteur en Biomécanique.
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1 - Introduction
:
Que ce soit l’examen du mouvement ou celui d’un exercice
physique, il est souvent nécessaire d’avoir une idée
approchée de l’effort réalisée par le sujet. L’effort
général d’un sujet est évalué par l’analyse de la dépense
énergétique, soit à travers la mesure de la consommation
d’oxygène, soit avec l’enregistrement de la fréquence
cardiaque en continu. Il n’est pas cependant indicatif
de la dépense énergétique produite par l’activité musculaire
au niveau segmentaire. Le seul indicateur physiologique
de l’effort local est la force développée.
La force est produite par le muscle grâce à deux composantes
: celle de l’élasticité et celle de la contractilité.
Il est toujours possible de mesurer l’activité contractile
d’un muscle avec l’ElectroMyoGraphie (E.M.G.) de surface
(seule méthode non-invasive acceptée dans les analyses
de terrain). Pourtant cette méthode reste un peu difficile
à utiliser sur le terrain. S’il est facile en laboratoire
de contrôler l’installation d’électrodes, la pertinence
du montage et les parasites ; il en est autrement sur
le terrain pour éviter ces difficultés, qu’il s’agisse
de patient ou de personne en activité.
Dans la recherche d’une méthode alternative pouvant
être facilement utilisée sur le terrain pour estimer
la force musculaire, nous avons proposé une analyse
vectorielle (1996) (8) mise au point à partir de calcul
de barycentres. Cette méthode approximative ne nécessite
qu’une photographie du sujet lors d’une activité examinée.
Sur un document visuel (photographie ou vidéographie)
une analyse vectorielle est réalisée dans le plan du
mouvement. Elle permet de chiffrer la force du muscle
équivalent, et de comparer la variation de cette force
dans des situations segmentaires différentes, ou en
comparaison avec la force maximale volontaire. La méthode
offre l’avantage de pouvoir obtenir les informations
positionnelles à distance du sujet, sans aucun contact,
sans aucune influence sur l’activité du sujet. Elle
exige en revanche une bonne maîtrise de l’analyse et
nécessite de réaliser des calculs à posteriori.
L’objectif de la présente recherche était d’établir
la relation entre les estimations des forces agissant
sur l’articulation, obtenues à partir de deux méthodes
– analyse E.M.G. et analyse vectorielle sur photographie.
La question qui se pose est celle de la relation entre
l’activité électrique du muscle qui est représentative
de la force contractile, et la force obtenue par l’analyse
vectorielle du muscle équivalent, qui est représentative
de tous les muscles agonistes dans ce sens du mouvement,
en incluant la force contractile et la force élastique
1.1 Rappel physiologique :
Le schéma rhéologique de Hill (1) montre que la force
du muscle est composée d’éléments viscoélastiques qui
s’opposent au mouvement d’allongement, et d’éléments
contractiles dont l’activation provoque une contraction
concentrique, excentrique ou isométrique. La répartition
de ces forces dans le muscle dépend de la position d’allongement
des fibres. La courbe tension/longueur (1) indique que
la force contractile n’est pas aidée par les éléments
élastiques du muscle lorsque la course du muscle est
rapprochée (entre la course moyenne et interne).
L’efficacité en terme de force, de l’activation des
fibres contractiles dépend de la position des filaments
d’actine et de myosine des sarcomères. Lorsque la course
du muscle se rapproche des positions extrêmes la force
contractile produite par le muscle diminue indépendamment
de l’activité neuromusculaire. C’est ainsi qu’en course
interne du muscle, l’activité produite est peu efficace,
alors qu’en course externe ce sont les éléments élastiques
qui en relation avec l’allongement assurent la tension.
Enregistrer l’activité électrique du muscle n’est indicatif
que de la force produite par le muscle dans la course
moyenne (1). C’est dans cette course que les fibres
musculaires excitées sont efficaces. C’est également
dans cette course que la relation entre l’activité électrique
du muscle et sa force est la plus proche.
1.2 L’analyse
vectorielle :
Cette analyse est réalisée à partir des images (photo.
ou Vidéo.) prises dans un plan analysé (ex. plan sagittal
pour la flexion/extension) et visualisant le corps entier
du sujet. Sur l’image une silhouette est dessinée.
Le principe consiste à marquer les centres de masses
sur la silhouette d’un sujet en y ajoutant si nécessaire
celui de la charge portée par la ou les mains (La localisation
de ces centres de masse est donnée par la littérature)
(11), puis de réaliser les calculs des barycentres.
Après avoir déterminé la direction du muscle équivalent
par rapport à l’articulation choisie, il devient possible,
par le calcul vectoriel de l’équilibre des moments,
de déterminer l’intensité de la force nécessaire pour
tenir la position.
Cette méthode présente des sources d’erreurs dont la
première et la plus importante est le marquage sur une
silhouette des indications anatomiques (situation de
chaque centre de masse, localisation du Centre Instantané
de Rotation (C.I.R.) et direction du muscle équivalent).
Elle exige de l’opérateur de posséder une bonne connaissance
anatomo-morphologique, et une expérience dans le dessin.
Il est recommandé, pour minorer les risques d’erreurs,
d’agrandir les images de la silhouette pour réaliser
les marquages.
Les calculs sont assez simples et répétitifs, ils peuvent
êtres facilités par l’utilisation du logiciel Biovect
(8). Pour réaliser ces calculs il est nécessaire de
digitaliser l’image, puis de marquer les points sur
l’image à l’écran de l’ordinateur à l’aide de la souris.
1.3 E.M.G.
:
La technique utilisée correspond à celle de l’E.M.G.intégré
qui consiste à enregistrer l’activité d’un muscle ou
d’un groupe de muscles. Les prises d’information se
font à l’aide d’électrodes de surface, elles sont amplifiées,
puis enregistrées à l’aide d’une carte analogo-digitale,
ce qui permet de réaliser les calculs mathématiques
à l’aide de l’informatique (4,5).
La durée de l’enregistrement doit être suffisante pour
percevoir toutes les variétés myo-électrique du mouvement,
elle ne doit pas être trop longue de façon à pouvoir
conserver les données. L’intégration se fait sur un
temps court 1/10 ou 2/10 de seconde. Ce temps est choisi
sur la période d’activité optimale de façon à pouvoir
comparer en valeur relative soit avec un autre mouvement
soit avec un maximum myo-électrique.
2 - Matériel
et Méthode :
Nous avons réalisé deux situations expérimentales :
La première comparait l’activité des muscles spinaux
lombaires lors du port de charge, la deuxième comparait
l’activité du muscle deltoideus avec le même type d’effort
(3,12,14,16).
Pour la première : Nous avons comparé la variation de
l’E.M.G.i. et de l’analyse vectorielle des muscles spinaux
lombaires.
Parallèlement nous avons réalisé l’enregistrement E.M.G.
sur la masse para-spinale, et l’analyse vectorielle
sur ces muscles. Le choix de ces muscles vient de la
facilité d’isoler ce groupe de muscles qui est sous
cutané (ce qui a permis de réaliser une E.M.G. de surface),
et qui ne présente pas de groupes musculaires agonistes
dans le plan sagittal (ce qui facilite le placement
de la direction pour le muscle équivalent).
Pour la deuxième : L’objectif a été de comparer les
résultats obtenus avec les deux méthodes aux valeurs
mesurées lors de l’effort maximal.
Le mouvement d’élévation de l’épaule est principalement
assuré par le muscle deltoideus qui est sous-cutané
et qui permet l’enregistrement de surface des deux faisceaux
moyens et antérieurs. Le placement de la direction du
vecteur, représentant le muscle équivalent , fut installé
en suivant la direction du muscle deltoideus vu de profil,
en particulier du corps charnu antérieur.
2.1 Les mouvements testés :
Ils sont à peu près les mêmes pour les deux études :
Nous avons demandé à un groupe hommes/femmes de 15 sujets
pour la première étude et de 32 sujets pour la seconde,
tous étudiants en kinésithérapie à l’EFOM, de porter
en position debout, à l’aide des mains, deux charges.
Pour la première étude elles étaient de 30N et 60N ,
pour la deuxième étude elles étaient de 20 et 40N .
Le choix de la charge à maintenir entre les deux expériences
est dicté par le souci de comparer deux situations différentes.
Lors de la position bras tendus, la charge de 60 N imposée
lors de la première expérience s’est révélée limite
à supporter pour les sujets de petite taille, ce qui
a justifié un choix de 40 N lors de la deuxième expérience.
Ces charges ont été portées dans trois positions différentes
:
1) Contre le thorax.
2) Les coudes fléchis à 90°. (figure 2)
3) Les bras tendus. (figure 3)
(figure1)
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(figure
2)
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(figure
3)
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Les
trois positions ont été exécutées dans un même
mouvement d’une durée totale de 10 secondes, avec
un temps d’arrêt de 2 secondes pour chacune des
trois positions. Un faisceau laser (capteur de
passage) était placé de façon à être coupé par
le mouvement des segments du membre supérieur
entre chaque position. Le croisement du faisceau
a permis, par la suite d’avoir une indication
sur la trace du signal brut de l’E.M.G., de reconnaître
chaque étape du mouvement.
Lors de la deuxième étude; Il a été, outre les
trois situations précédentes, demandé aux sujets
de réaliser un effort maximal, en tirant les bras
tendus vers le haut sur un filin attaché au sol
et comportant un capteur de force (figure 4).
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2.2 L’EMG
:
La méthode est en tout point conforme aux recommandations
européennes (13). Les deux électrodes de surface sont
installées en regard du corps charnu des muscles, elles
sont distantes de 2cm, une électrode neutre est installée
sur une éminence osseuse. La fréquence d’enregistrement
est de 1000Hz. Le pré-ampli est de 50 et l’ampli est
de 100, soit une amplification totale de 5000.
La qualité de l’installation est contrôlée en direct
par un oscilloscope et une restitution sonore.
L’ensemble est piloté par une informatique (hard et
soft) qui lance l’enregistrement et sa durée (10 secondes)
sur le nombre de voies désirées. Les données apparaissent
tout d’abord en brut sur l’écran, puis elles sont segmentées
pour une analyse mathématique, sur une période de temps
de 100 millisecondes chacune. Les analyses mathématiques
sont faites à l’aide d’un tableur. Les données sont
enregistrées en valeur absolue puis la sommation nous
indique la valeur en E.M.G.i. sur la période segmentée.
2.3 La prise de documents visuels
:
Le mouvement demandé étant un mouvement sagittal, toutes
les informations visuelles ont été prises de profils.
Lors de la première expérience, les prises de vue ont
été réalisées par un appareil photographique, alors
que lors de la deuxième c’est un appareil vidéographique
(camescope super 8) qui a servi de support. L’analyse
a été faite à partir des arrêts sur image numérisée.
Sur les documents agrandis sont placés les centres de
masses segmentaires, ce qui permet de déterminer la
position du centre de masse de l’ensemble porté par
l’articulation choisie (il s’agit de l’articulation
L5/S1 pour la première étude, et de l’articulation scapulo-humérale
pour la deuxième). Cette position est obtenue à l’aide
des équations d’égalité des barycentres.
La direction du muscle équivalent est portée sur la
silhouette en tenant compte du volume musculaire compris
entre le C.I.R. et la surface. Le dernier calcul détermine
la force développée par le muscle équivalent par l’égalité
du moment de chaque force rapporté au C.I.R..
3 - Résultats
:
3.1 L’activité des muscles
spinaux lombaires
3.1.1 La méthode E.M.G.i. :
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Les
premiers résultats ont indiqué qu’il y avait une
grande différence entre les sujets si l’on considère
le chiffre brut obtenu à l’E.M.G.i.. Par contre,
en comparant les données à la valeur obtenue lors
de l’enregistrement de l’effort maximum, elles
sont proches d’un sujet à l’autre. Ce qui montre
l’importance du calcul relatif.
La comparaison des réponses entre les muscles
spinaux des deux côtés droit et gauche, montre
qu’il n’existe aucune différence, p=0,001 , ceci
nous a permis de calculer la moyenne de l’ensemble
des muscles spinaux lombaires des deux côtés.
Les résultats, (figures 5, 6) montrent comme prévu,
la progression de l’activité d’EMGi entre le port
d’une charge de 30N et 60N. Ils montrent également
une progression de l’activité lorsque le sujet
écarte la charge du poids du corps vers l’avant.
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3.1.2 La méthode vectorielle
:
Il n’y a pas, dans l’analyse vectorielle, de calcul
de la force maximale. Les données sont en chiffres bruts
à partir des calculs. On observe une progression de
la force développée par les muscles spinaux, sans que
l’on puisse dissocier les deux côtés. La courbe indique
(figures 5, 6), la progression entre les deux charges
et les trois positions, et elle montre une évolution
de 100 daN à 250 daN. Ces chiffres sont à rapprocher
des références NIOSH( 15), qui indiquent que les muscles
spinaux ne doivent pas dépasser 300 daN pour rester
en deçà du risque.
3.1.3 La comparaison :
La comparaison tient compte de la progression entre
les deux charges et les trois variables positionnelles.
Les deux comparaisons (figures 5, 6) montrent un bon
parallélisme entre les résultats.
On observe que le parallélisme des deux courbes est
très bon lorsque la charge est la plus petite, par contre
la situation extrême c’est-à-dire les deux bras tendus
avec une charge de 60N, montre une augmentation un peu
plus forte de l’E.M.G.i., qui donne à cette courbe une
inclinaison sensiblement plus prononcée.
3.2 L’activité du muscle deltoideus
de l’épaule
3.2.1 La méthode E.M.G.i. :
Les premiers résultats ont montré, en valeur relative
au maximum, des données voisines pour la majorité des
sujets. Ils indiquent que le muscle deltoideus antérieur
a bien été le plus représentatif de l’activité électrique
dans cette position.
Globalement cette étude confirme la première, avec une
progression de l’activité myo-électrique entre les 3
positions et entre les deux charges. La position coude
à 90° n’a pas toujours donné exactement les résultats
escomptés : malgré les consignes, certains sujets n’ont
pas évité le contact des coudes contre le thorax. L’E.M.G.i
est alors faible, proche de la valeur lorsque la charge
est au contact avec le thorax.
Pour la position bras tendus, les compensations devenaient
impossibles et la valeur trouvée est assez constante,
elle a permis de la comparer avec celle de la force
maximale. Nous avions comparé l’activité électrique
de deux faisceaux du muscle, l’antérieur et le moyen.
Du fait de la position de prise de la charge, les mains
en supination, c’est surtout le faisceau antérieur qui
s’est révélé actif. Certaines personnes ont cependant
montré une activité non négligeable du faisceau moyen
lors de la position les bras tendus. Ce phénomène est
à mettre sur le compte d’une exécution imparfaite du
maintien en supination, qui a entraîné une rotation
médiale du bras et placé ce faisceau dans une position
plus favorable.
Toutes ces imperfections, liées à l’exécution du protocole,
sont actuellement corrigées dans une autre expérimentation
en cours au laboratoire.
3.2.2 La méthode vectorielle
:
Cette méthode a été, en tout point, identique à celle
de la première étude, elle a montré une progression
en relation avec le moment de la charge portée (figure
7). Cette progression concerne l’augmentation du moment
de charge par l’éloignement du bras de levier mais aussi
par l’augmentation de la charge de 20N puis 40N.
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3.2.3 La comparaison :
L’intérêt primordial est surtout la comparaison de la
valeur relative au % de la force maximale mesurée volontaire.
Nous connaissions la valeur électrique de cet effort
maximal, ainsi que l’effort produit enregistré par le
capteur placé sur le filin. La comparaison des deux
méthodes (figure 8) montre que les mesures donnent un
résultat statistiquement identique avec une P=0,01
L’effort produit par un sujet qui porte à bout de bras
une charge de 20N est de 30 à 35 % de la F. max. . Ce
même effort avec une charge de 40N est voisin de 45
% de la F. max.
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4.
Discussion :
Ces deux études démontrent que les résultats obtenus
avec les deux méthodes sont quasiment identiques.
La valeur de progression de la force calculée avec l’analyse
vectorielle est identique à celle calculée à partir
de l’enregistrement de l’activité myo-électrique. La
valeur relative est également identique entre les deux
méthodes, comparativement à la force volontaire maximale
du sujet. Ce parallélisme valide bien la méthode vectorielle
et permet d’estimer d’une manière objective qu’elle
donne des résultats dont la fiabilité est de l’ordre
de 5%.
Ce parallélisme démontre l’intérêt que l’on rencontre
à utiliser la méthode la plus simple. Il n’est pas facile
de transporter un appareil d’E.M.G. sur le terrain,
dans ce cas il faut au minimum équiper le sujet de capteurs
et installer soit un enregistreur, soit un boîtier de
télémétrie. Ces équipements offrent l’inconvénient,
outre leur coût, de modifier le comportement du sujet
qui se sent équipé et ne peut l’oublier ce qui modifie
sa gestuelle. Le grand avantage de la méthode d’analyse
vectorielle, est qu’elle reste à distance du sujet sans
imposer d’équipement. Le sujet ne modifie pas ses gestes
ni ses postures, il est alors possible d’analyser tous
les éléments biomécaniques de sa réalité en instantané
(10).
La méthode vectorielle permet de quantifier un effort
en tenant compte non d’une valeur arbitraire mais de
la réalité relative à chaque personne. Depuis 8 ans
de son existence nous avons assemblé une banque de données
qui permettra très bientôt de proposer les références
des forces acceptables pour les principales articulations.
Des nombreuses études ergonomiques portant sur les efforts
musculo-squelettiques sont déjà réalisées ( 2, 5, 6,
7, 9, 11, 12). Ces analyses permettent d’évaluer les
efforts musculaires mais aussi les charges supportées
par le squelette à un étage donné. En comparant ces
efforts avec les bases de données, il est possible de
déterminer la hauteur de l’effort consenti par le sujet
et d’intervenir sur les conseils des positions et d’aménagement
du poste de travail.
L’analyse de l’effort sur le terrain concerne aussi
le domaine de la kinésithérapie et du sport. Alors que
l’évaluation est devenue une préoccupation dominante,
l’évaluation de la force musculaire développée par un
sujet fait l’objet de discussions en raison de la fiabilité
des éléments de mesure sur le terrain. L’analyse vectorielle,
simple et à un coût minime, devient une technique de
choix, permettant de comparer lors de différentes actions
la réalité de la force locale.
5. Conclusion
:
Les résultats présentés montrent une excellente corrélation
entre l’analyse vectorielle et l’E.M.G.. Si l’électromyographie
reste un instrument de choix au laboratoire elle est
difficile à utiliser sur le terrain. L’analyse vectorielle
se révèle au contraire un moyen bien adapté, elle est
non invasive et respecte l’intégralité de la posture
et de la gestuelle des sujets. Cette technique permet
sans risque et sans frais de multiplier les analyses
pour apprécier la force d’un groupe de muscles dans
des situations comparables. Bien que la méthode requière
des connaissances préalables en anatomo-morphologie,
elle n’est pas très difficile à apprendre pour les personnes
dont le cursus de départ ne contient pas ces connaissances.
En revanche, elle est très facile à appliquer par les
professionnels médicaux, paramédicaux ou biologistes.
Les kinésithérapeutes devraient de ce fait, pouvoir
utiliser cette méthode dans l’évaluation de l’activité
musculaire et des contraintes articulaires de leurs
patients.
|
Par
G. Péninou et B. Kapitaniak, avec la collaboration
de F. Hebert, S.Margaix, A. Porpiglia , O. Zerbib
EFOM :
Laboratoire d’analyse du mouvement 118 bis rue
de Javel : 75015 Paris.
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1)
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Bouisset S., Maton B. Muscles, posture et mouvement.
1995, Hermann, Paris. |
|
2)
|
Calmus
M.L., Zardi P, Kapitaniak B. Etude de la charge
de travail de poseur de pierres tombales. 1997.
Cahier de Médecine Interprofessionnelle (CAMIP),
3, 273-286. |
|
3)
|
Gondelmann P., Bruneteau P. Etude électromyographique
des muscles lombaires au cours du bending test
; 1997. Mémoire du Diplôme d’Université de physiologie
du travail et d’ergonomie. Faculté de médecine
Pitié Salpétrière/EFOM ,Paris. |
|
4)
|
Julien
F. Péninou G. Evaluation de la technique du contracter-relâcher
chez des violoncellistes professionnels Medecine
des arts 2000, 33, 25-30. |
|
5)
|
Kapitaniak B, Bregeon F, Job F. Energy cost and
heart rate in motorcycle racing. 1994. VIIth Congress
of International Council of Motorsport Sciences,
Paris |
|
6)
|
Kapitaniak B, Bruneteau P. Etude de la charge
de travail occasionnée par la manipulation des
chariots dans un aéroport parisien. 1996. Cahier
de Médecine Interprofessionnelle (CAMIP), 1, 5-14 |
|
7)
|
Kapitaniak B, Cornetet P,Duforez F, Portero P.
Cardiac strain in mechanics team in Formula racing.
Part 1 Task analysis, bimechanical analysis. (1995)
VIIIth Congress of International Council of Motorsport
Sciences, Miami |
|
8)
|
Kapitaniak B., Péninou G., Heusch F. Software
« Biovect » - help for postural analysis. 1996,
XIth Annual International Occupational Ergonomics
and Safety Conférence, Zurich. |
|
9)
|
Lindh M. , Gilles-Chomel P. Etude de l’influence
des positions de selle et de tronc sur les stratégies
posturales et gestuelles du cycliste. 2001. Mémoire
du Diplôme d’Université de physiologie du travail
et d’ergonomie. Faculté de médecine Pitié Salpétrière/EFOM
,Paris. |
|
10)
|
Monod H., Kapitaniak B. Ergonomie. 1999, Masson,
Paris |
|
11)
|
Péninou G., Monod H., Kapitaniak B. Prévention
et ergonomie . 1994, Masson, Paris. |
|
12)
|
Puig
C., Botet Y. Analyse du comportement E.M.G. des
para vertébraux lombaires durant le mouvement
de flexion antérieur du tronc chez le sujet sain.
1997. Mémoire du Diplôme d’Université de physiologie
du travail et d’ergonomie. Faculté de médecine
Pitié Salpétrière/EFOM ,Paris. |
|
13)
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S.E.N.I.A.M. European Recommendations for Surface
ElectroMyoGraphy. 1999, Roessingh Research and
development b.v. |
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14)
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Shivonen T. Low back pain, paraspinal E.M.G. and
forgotten dorsal rami. 1995. Thèse de doctorat
de l’Université de Kuopio, Finlande. |
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15)
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Waters T.R., Putz-Anderson V., Garg A. Applications
manual for the revised NIOSH Lifting Equation.
1994, NIOSH, Cincinnati, Ohio. |
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16)
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Zana J.P., Schiltz J.P. F.M.M. et activité électrique
des muscles spinaux lombaires. 1999. Mémoire du
Diplôme d’Université de physiologie du travail
et d’ergonomie. Faculté de médecine Pitié Salpétrière/EFOM
,Paris. |
|
|
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|