LE MODELE DE RASCH

Ce thème a retenu beaucoup l’attention de nos confrères étrangers et français présents lors du workshop de Paris.
Il a donné lieu à de nombreux échanges lors des ateliers du samedi.
Nous transcrivons ici le résumé de l’intervention de Michel Pillu en souhaitant qu’il permettra prochainement à nos lecteurs d’avoir un texte plus long.


La pratique de la rééducation au 3ème millénaire impose un développement des bilans chiffrés. Nous sommes de plus en plus amenés à mesurer les performances des patients en utilisant des tests validés.

Face à ces tests, il y trois attitudes possibles :

Les utiliser simplement, tels quels, comme ils ont été conçus et sans réfléchir ;
Les utiliser simplement, tels quels, comme ils ont été conçus mais en sachant et en comprenant comment ils ont été construits et validés ;
Non seulement les utiliser mais aussi participer à leur élaboration. Nous pourrions résumer ces trois attitudes de la façon suivante : être spectateur, acteur ou metteur en scène.


Le modèle de Rasch est un puissant outil permettant de construire, de valider des tests afin de chiffrer et d’évaluer la performance des patients, au sens d’habileté ou de possibilité.
Georg Rasch (1901-1980) était un mathématicien danois qui a surtout travaillé dans le domaine des sciences de l’éducation. Il a développé une méthode mathématique et statistique permettant de mesurer la performance des étudiants, en construisant le plus rationnellement possible les sujets d’examen.

De ce point de départ, l’idée est venue d’élargir la technique partout où mesurer la performance était nécessaire : psycho-sciences puis kinésithérapie.



Le principe de base de la méthode est le suivant :


la performance (au sens d’habilité ou de possibilité et non dans l’idée de record) est considérée comme une entité abstraite (théorie du trait latent) placée le long d’un axe horizontal ;
la performance est mesurée au moyen de questions ou d’épreuves
les questions ou les épreuves peuvent être à réponse simple, type oui-non ou bien à réponses multiples ;
à chaque question ou épreuve est appliquée une équation exponentielle dont la variable est la différence entre la performance du sujet testé et la difficulté de la question ou de l’épreuve ;
la courbe représentative de l’équation permet de placer harmonieusement les questions ou les épreuves le long de l’axe, du plus facile au plus difficile.


On aboutit ainsi à une série de courbes parallèles qui permettent de quantifier la performance des patients, du plus au moins habile, avec des possibilités prédictives. L’ensemble du test doit corroborer l’observation clinique et la cohérence des résultats.


Nous voyons quatre avantages essentiels au modèle de Rasch :

1. l’organisation très rigoureuse de la conception du test en général : choix des questions ou des épreuves, format des réponses, … Un logiciel est utilisé à cet effet. A la moindre incertitude ou déviation, celui-ci se bloque et force l’utilisateur à s’arrêter pour réfléchir et reprendre la démarche.

2. la validation automatique des tests construits.

3. la valeur prédictive du modèle.

4. l’universalité de la méthode.

Ces quatre avantages justifient sans doute notre réflexion et le débat de cet atelier, et probablement la nécessité d’un apprentissage dans nos différents instituts de formation en masso-kinésithérapie.

Michel PILLU – PhD en Biomécanique