Les Assises de la F.F.M.K.R.

Nous n’avons pas pu photographier tout le monde.
Que les absents nous excusent, on fera mieux la prochaine fois !
FMT Mag continue d’ouvrir son espace de communication et de liberté à toute organisation du monde professionnel de la kinésithérapie.
Si certains lecteurs se sentent frustrés, qu’ils n’hésitent pas à contacter notre équipe rédactionnelle pour permettre à leurs esprits de s’ouvrir à plus de 40 000 confrères. Nous nous sommes rendus les samedi 26 et dimanche 27 octobre aux Xème Assises de la Kinésithérapie, organisées par la FFMKR.
Plus de 200 kinésithérapeutes avaient répondu présents à Arras.


Mr Jean-Paul DAVID (à gauche) remercie
Mr le Sénateur Maire d’Arras Jean-Marie
VANLERENBERGHE de son accueil,
lors de la soirée de gala.
Arras, ville enrichie de la naissance de Vidocq et de Robespierre peut être une des raisons du choix de l’organisateur, de sorte que le dieu Eole, se sentant sous-estimé, s’invitait de force, à plus de 130 km/h. Il est souvent dommage de constater que lorsque la profession invite au débat, ce sont toujours les mêmes que l’on croise. Cette année l’axe de réflexion portait sur l’exercice de la kinésithérapie dans l’ouverture de l’espace européen.

Un air de sérénité flottait dans l’atmosphère et bien des sujets furent abordés, comme les formations au niveau européen, les quatre années d’études, la profession veut-elle des spécialistes ?
La notion d’expert a été abordée sans faire l’unanimité, et surtout ne pas enfermer les kinés dans un secteur pathologique. Le hors nomenclature serait pris en charge par les Mutuelles mais le cahier des charges devrait être établi et visé par la profession et non par les Compagnies d’assurance.
Une grande discussion sur le monopole du massage sur le thème « kinés réveillez-vous, la demande dans le secteur du bien-être et de l’esthétique est forte et si vous ne pouvez pas répondre, le massage s’envolera officiellement vers d’autres professions ». Chers lecteurs, faites un sondage autour de vous, vous vous apercevrez qu’auprès du public l’image du massage de confort n’est pas forcément assimilée à celle du Kiné.



Avant que n’interviennent les différents experts invités par la FFMKR, Jean-Paul David, son président, a ouvert les débats en souhaitant que les kinésithérapeutes soient des professionnels «autonomes mais responsables».
Selon lui, de tels travaux permettent «d’orienter les choix et les actions de la politique fédérale, cette politique se fait au service de la profession …
donc, pour tous : libéraux, salariés, enseignants et étudiants». «Néanmoins, si ce débat est destiné à éclairer les assemblées départementales et les congrès, les décisions reviennent statutairement aux adhérents et à eux seuls» a-t-il indiqué. Les débats ont porté sur compétence et responsabilité.
Les participants aux travaux ont listé ce qu’incluait la responsabilité d’un kinésithérapeute : l’auto-prescription, la prescription, l’accès direct, l’attestation médicale de non contre-indication, la formation initiale et continue, l’offre de soins en bien-être, en kinéplastie et en remise en forme. Ils ont également évoqué la spécialisation, en signalant qu’il existe une situation de fait en France et en Europe par rapport aux spécialités médicales aux méthodes, aux nomenclatures… Néanmoins, la profession accepterait-elle de reconnaître des spécialités et, si oui, quelle serait l’autorité compétente pour délivrer le titre.

Enfin, il n’est pas concevable d’aborder la responsabilité professionnelle et les compétences des kinésithérapeutes sans évoquer les formes de rémunération.
Dans son discours d’ouverture, Jean-Paul David a listé un certain nombre de questions qu’il convient de se poser. «La profession reste-t-elle attachée exclusivement au paiement à l’acte – hormis le salaire en établissement – ou peut-elle s’orienter vers le forfait, les déplacements ou le mixage entre acte et forfait (dans le cadre des réseaux notamment) ? La profession peut-elle envisager de mieux honorer l’acte spécialisé, le temps passé, l’expérience et la notoriété reconnues ?

- La profession peut-elle accepter des soins pris en charge à 100 % et d’autres pas du tout pris en charge ?
- Enfin, faut-il réguler rigoureusement la démographie professionnelle ?
- Syndicalement comment gérer la pénurie ?


Quelle position adopter face à la libre circulation européenne, aux quotas d’accès dans les écoles. N’est-il pas temps de proposer de véritables mesures d’incitation à l’installation dans certaines zones défavorisées, de prendre en compte le patrimoine constitué par la tenue d’un cabinet et d’une clientèle par les confrères qui partent en retraite».

Autant d’interrogations qui renvoient, selon le président de la FFMKR à un «un thème général qui se met en place depuis le rapport Brocas» et qui est «l’autonomie des kinésithérapeutes au sein des professions de santé et aux côtés de la profession médicale et ce thème se traduit en trois mots : autonome mais responsable !»





Jean-François Mattei, ministre de la Santé, avait tenu à adresser un message fort aux kinésithérapeutes. Il fut représenté par la directrice de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales. Dans son message, le ministre a souhaité que la profession confirme son attachement à la politique conventionnelle. Il a rappelé qu’il avait donné des signes forts à la profession dès son entrée en fonction en signant un arrêté augmentant de 100 le nombre de places par rapport à celui qui avait été déjà fixé précédemment. Il a ajouté avoir l’intention de continuer, raisonnablement, mais régulièrement.
Il s’est dit sensible à l’aspiration des masseurs-kinésithérapeutes à voir reconnue la spécificité de leur profession.

«Votre syndicat est le seul signataire de la convention qui lie les masseurs-kinésithérapeutes libéraux aux Caisses nationales d’assurance maladie» a rappelé JF Mattei. Vous l’avez été également en des temps difficiles et j’espère que vous le resterez au moment où le Gouvernement souhaite donner un nouveau souffle à la vie conventionnelle et avancer sur un certain nombre de questions relatives à votre exercice. Votre statut de première organisation syndicale des masseurs-kinésithérapeutes – l’enquête de représentativité organisée début 2002 est venue le confirmer – vous engage ». Il faudra beaucoup d’esprit de responsabilité de part et d’autre pour trouver les voies d’une convention satisfaisante, mais je crois qu’il n’y a pas de voie en dehors de la convention.

Il a rapidement abordé la question des frais de déplacement qui doit être analysée avec réalisme : il appartient aux parties conventionnelles d’en discuter, mais je suis ouvert à l’originalité des solutions et notamment à celles qui combinent l’exigence d’une amélioration des conditions d’exercice des masseurs-kinésithérapeutes avec une exigence de justification du déplacement.
Ainsi peut-il être utile d’élaborer des formules qui distinguent, d’une part, le «vrai» déplacement, celui qui est médicalement justifié et qui doit être revalorisé, d’autre part, le déplacement induit par le seul confort du patient. S’il s’agit d’une exigence du patient pour convenance personnelle, on peut vraiment se demander s’il doit être financé par l’assurance maladie ou s’il ne devrait pas être tarifé comme un service distinct de la prestation de soins.
Concernant l’ordre, le ministre a indiqué que « les masseurs-kinésithérapeutes – libéraux et salariés – doivent être dotés d’un organe de représentation, qui définisse l’identité de leur profession, dégage ses enjeux spécifiques, fixe les principes déontologiques et éthiques qui doivent la guider, les aspects disciplinaires aussi. Mais il faut aussi que cette identité retrou- vée se conjugue à une interprofessionnalité assumée ».

Mr Jacques VLEMINCKX, Officier
dans l’Ordre National du Mérite
fait Mr Christian GUICHARDON,
Chevalier dans l’Ordre National du
Mérite pour son parcours syndical,
lors de la soirée de gala.

Mohamed Abdelatif, vice-président du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance maladie, était venu en voisin. Il s’est montré rassurant : «nous parviendrons à un compromis qui arrivera à conjuguer l’intérêt des professionnels et celui des patients» a-t’il indiqué.
Le vice-président de la CNAMTS a insisté sur la nécessaire «interdisciplinarité» qui devait se faire jour ainsi que sur le travail en réseaux ».
Il a salué les kinésithérapeutes comme «des acteurs essentiels de la transformation de la politique conventionnelle». Il a évoqué la responsabilité partagée entre les Caisses et les kinésithérapeutes, le droit de prescription accordé à ces derniers, et la réforme de la nomenclature.
Autant de grands principes qui devraient apparaître dans la nouvelle convention sur laquelle travaillent actuellement les Caisses Nationales d’Assurance Maladie et la FFMKR, actuellement, le seul syndicat signataire.

Une synthèse des travaux des Assises a été présentée par François Ducros. Celui-ci a insisté sur « la formation initiale qui reste la pierre angulaire de l’évolution de la profession ». Il a souligné « les directives européennes sur l’enseignement qui, retenant trois niveaux de formation, licence, master et doctorat vont permettre à des kinésithérapeutes d’accéder à la recherche, autorisant aussi la validation des méthodologies des processus nécessaires à un exercice autonome. La notion de crédits européens devrait faciliter les échanges professionnels ».
Les participants à ces travaux n’ont pas retenu « la notion de spécialiste du fait de son caractère exclusif ». La nécessité de reconnaître l’exercice spécifique est apparue et le terme de masseur-kinésithérapeute «spécialiste en…» a été retenu, le praticien n’étant pas enfermé dans un exercice exclusif.


Après un hommage rendu à Mr Jean BOUDOT,
et en présence de Mr Jean-Paul DAVID,
Mr François DUCROS conclut et ferme
les travaux des Assises.
La profession a demandé avec force qu’un Ordre professionnel soit voté, les problèmes de démographie étant résolus par la profession et non par des instances administratives telles que les caisses d’assurance maladie avec l’inscription au tableau de l’Ordre. Le conventionnement sélectif ne peut être admis. La rémunération à l’acte doit être gardée, mais la profession n’est pas opposée à une rémunération forfaitaire, dans le cadre ou non de réseaux, ponctuellement ou pour des actes spécifiques demandant beaucoup de temps. Ce forfait peut être aussi envisagé par des actes hors nomenclature, renforçant ainsi l’autorité du masseur-kinésithérapeute. Un week-end bien rempli, alternant travail et décontraction, un accueil chaleureux de la Municipalité avec une soirée de gala réussie à l’Hôtel de Ville.

A la prochaine réunion avec une ambiance aussi sympa !

Philippe GOETHALS