LES NOUVELLES GENERATIONS DE CENTRES DE BIEN ETRE
Par Benoît CREUS Directeur Général de la sté VERRE & QUARTZ Ingénieur ICAM et IEFSI


Après un développement des centres multi services ou spécialisés, au sein desquels la recherche de performances toujours plus accrues et les comparaisons sous forme de compétitions étaient de bon ton (aidées en cela par des machines de plus en plus sophistiquées), nous voyons se dessiner un important courant où les activités dispensées sont axées sur le retour sur soi, adaptées de façons différentes à nos personnalités et où les maîtres mots sont la recherche d’un mieux-être et d’un équilibre, reprenant le principe selon lequel la beauté extérieure est le reflet de la paix intérieure.

Alors que ces dernières années, une surdose de stress était considérée comme un mal nécessaire, de même qu’un mode de vie agité, il semble qu’il y ait une réaction face à cet environnement et que l’individu ressente le besoin de se retrouver dans un univers non agressif, protégé de l’extérieur et il est aujourd’hui ouvertement admis de passer du temps à s’occuper de soi jusqu’à se faire dorloter.

Dès lors, nombreux sont les professionnels qui développent à côté de leurs activités principales des prestations individuelles complémentaires : solariums nouvelles générations ou centres de bronzage, saunas, hammams, massages, balnéothérapie,... ou plus globalement des centres d’un nouveau genre dédiés à la détente et à la beauté.

>>> En vogue actuellement dans leur version la plus aboutie : de nouveaux temples du bien être.
On les nomme « SPA », en référence à la ville thermale belge « SPA » ou à la locution latine « SANITAS PER AQUA » (la santé par l’eau), et ils envahissent aujourd’hui la France après avoir connu un développement important aux Etats-Unis. A l’origine de ce succès, la réponse à une vie trépidante par une approche globale de la Beauté : soins du visage, soins du corps, massages, balnéothérapie,... Dans une atmosphère et un décor harmonieux dont l’ambiance rompt avec le stress auquel notre organisme est habitué, nous pouvons retrouver un équilibre.

Tout est fait pour proposer aux clients des lieux privilégiés, confidentiels, et répondre à leurs attentes. Ainsi, les soins ne sont plus uniquement considérés sur leur plan technique, mais également en ce qu’ils ont d’unique et de personnalisé.

Nous sommes sortis des années 1990, très accès sur la performance et le « sain ». Aujourd’hui, l’approche est plus humaine, plus douce. Elle intègre l’idée de plaisir et d’individualisme.


Comment expliquer ce succès
?
Tout d’abord, il convient de faire un retour sur le passé pour s’apercevoir que ces activités adulées aujourd’hui ne sont cependant pas nouvelles. Les solariums existent depuis plus de 20 ans, les saunas d’avantage, les bienfaits du hammam et de l’ hydrothérapie ne sont également plus à démontrer depuis de nombreuses années.

Toutefois, autrefois proposées en activités marginales, elles ont aujourd’hui acquis des lettres de noblesse grâce à une importante créativité pouvant le cas échéant s’ associer pour offrir un service complet les regroupant : solariums, hammams, saunas, bains, enveloppements,drainages, salle de relaxation, massages, tisanerie, musique douce,...sont ainsi regroupés dans de vastes espaces de plusieurs centaines de mètres carrés, conçus comme un lieu hors du temps, ménageant cependant des lieux d’intimité.

Une attention toute particulière est accordée au cadre, afin de rompre avec l’image de la « cabine d’esthétique classique ». L‘atmosphère et le décor jouent donc un rôle capital dans le renouveau de ces prestations où la notion de plaisir est omniprésente, et les soins proposés sont mis en scène pour satisfaire le besoin du sur-mesure qui caractérise notre époque.

Au cours d’une série d’articles nous tenterons de passer en revue quelques uns de ces nouveaux concepts qui sont le reflet d‘une nouvelle tendance promise à un bel avenir.

1 LE BRONZAGE NOUVELLE GENERATION
Dans les années 1990, le solarium a connu un développement essentiellement au travers des ultraviolets A. Alors que les années 1980 vantaient les mérites des tubes de bronzage permettant d’obtenir la pigmentation d’une peau de phototype moyen au bout d’environ 10 séances grâce à l’émission de 2 à 3 % d’U.V.B, dès 1984 lors du Congrès Mondial de photobiologie à Philadelphie (USA), on assistait à une mise en garde du corps médical sur les dangers des ultraviolets courts. C’est ainsi qu’en complément des appareils à tubes, dits « basse pression » apparut une nouvelle génération d’appareils dits « haute pression » constituée de lampes émettant des U.V.A d’une intensité trois à cinq fois supérieure à ceux émis par le soleil.


LUMINA
A cette époque on pensait réellement avoir réuni les qualités susceptibles de conquérir le vaste marché du bronzage : extrême efficacité et sécurité démontrée. L’information du public, qui allait dans le sens d’une mise en garde des dangers du soleil et des appareils mal filtrés, contribuait à laisser présager un développement important de ces appareils haute pression, au détriment des lits basse pression.

Cependant, si l’efficacité de ce type de rayonnement était démontrée, on manquait de recul pour apprécier avec exactitude l’action des U.V.A longs sur la peau à long terme et à fortes doses, en particulier en ce qui concerne le vieillissement cutané.

La réglementation de 1997, voulue par le ministre de la Santé suite à quelques accidents liés à l’absence de règles sur les durées d’exposition à observer et la prise en compte des phototypes des individus, a établi précisément les actions des U.V.A courts, des U.V.A longs, des U.V.B et a conduit à un décret définissant précisément les types d’appareils admis et les conditions d exploitation des solariums.


Définissant quatre types de solariums en fonction des longueurs d’ondes émises et de l’éclairement effectif ne reconnaît dès lors pour utilisation professionnelle que les appareils de type 1 et 3.


Appareil de type 1 : appareil comportant un émetteur U.V tel que l’effet biologique est causé par des rayonnements de longueurs d’ondes supérieures à 320 nm et caractérisé par un éclairement élevé dans la gamme 320 nm à 400 nm, et dont l’éclairement effectif est inférieur à 0,0005 W/m2 pour les longueurs d’ondes de 320 à 400 nm.

Appareil de type 3 : appareil comportant un émetteur U.V tel que l’effet biologique est causé par des rayonnements de longueurs d’ondes inférieures et supérieures à 320 nm et caractérisé par un éclairement limité sur toute la bande de rayonnement U.V, et dont l’éclairement effectif est inférieur à 0,15 W/m2 pour les longueurs d’ondes de 250 à 320 nm et inférieur à 0,15 W/m2 pour les longueurs d’ondes de 320 à 400 nm.

Plus spécifiquement, cela revenait à retirer du marché les appareils équipés de tubes délivrant un fort pourcentage d U.V.B ainsi que les appareils haute pression à très forte puissance en U.V.A.

Aujourd’hui, les appareils autorisés doivent être conformes au décret du 3 octobre 1995 en matière de règles de sécurité et comporter des mentions obligatoires de nature à informer le consommateur.

De plus, ces appareils doivent faire l’objet d’une déclaration en Préfecture, précisant en particulier leur type et le lieu de leur installation ; ceci dans le but de pouvoir les recencer.

Les personnes gérant des appareils de bronzage par ultraviolets, mis à la disposition du public, ont obligation de suivre une formation de huit heures, avec contrôle des connaissances, portant notamment sur la nature et les risques de ces rayons. Cet enseignement est dispensé par des spécialistes, avec mise à jour de trois heures tous les cinq ans.

LUXURA

Les appareils sont contrôlés tous les deux ans par des organismes indépendants nommés par le ministère et le responsable du centre est tenu de vérifier que le bronzage est assuré dans des conditions de sécurité et d’hygiène optimales (respect des durées de séances en fonction des phototypes, port de lunettes obligatoire, non utilisation d’activateurs de bronzage,...).

Contraignante sur de nombreux points, rendant obsolètes des appareils en activité alors que leur propriétaire n’envisageait pas à court terme leur remplacement, la réglementation U.V. fut accueillie diversement.

Cependant, aujourd’hui, cinq ans après la parution du décret, force est de reconnaître que son effet fut largement positif. Après une période trouble marquée par des réticences, des fermetures de cabines chez des professionnels ne souhaitant pas ou n’ayant pas la possibilité de renouveler leur matériel, nous avons constaté que les articles décriant le bronzage U.V disparaissaient peu à peu et que la presse vantait le professionnalisme des professionnels formés qui possédaient un appareil entretenu et en conformité avec la réglementation.

Les appareils destinés à une utilisation professionnelle ont également évolué dans le sens de la réglementation en tenant compte des aspirations des utilisateurs : une séance de solarium doit aujourd’hui être un lieu de détente où l’on peut se préparer au soleil qui de plus contribue à l’amélioration de notre moral.

Les conseils prodigués par un personnel compétent et attentif contribuent fortement au renouveau des cabines ou centres de bronzage.

La présentation des appareils elle-même a beaucoup évolué : les formes sont plus arrondies et enveloppantes, dans des couleurs reposantes. Sur le plan technique, les innovations sur la climatisation et les diffuseurs d’huiles essentielles incorporés rendent les séances plus attractives.

Cet environnement favorable voit réapparaître les centres de bronzage qui ouvrent dans de nombreuses villes sur la base de ces nouveaux concepts, attirant une clientèle féminine mais également et en croissance forte, masculine. La rentabilité n’est plus à démontrer et les exploitants ont retrouvé le sourire.

L’avenir, pour cette activité, comme toutes les autres citées en préambule liées au bien être de la personne, apparaît donc prometteur d’autant plus si le bronzage peut être proposé en relation avec d’autres prestations que nous aurons l’occasion de détailler lors de prochains articles.