-- LES MICRO-COURANTS CONTINUS --

En matière de physiothérapie, il existe ce que l’on appelle la MET : Microcurrent Electrical Therapy. La thérapie APS fait partie de ce groupe, en revanche, elle utilise par opposition à la plupart des appareils de MET traditionnels, un courant continu. Ce courant s’est révélé efficace pour lutter contre de nombreuses formes de douleurs, endiguer l’inflammation et régénérer les tissus.


1 QU’EST-CE QU’UN MICRO-COURANT ?

La thérapie par micro-courants est une approche thérapeutique physique que l’on utilise depuis une quinzaine d’années. Le micro-courant est mesuré en millionièmes d’ampère. Si l’on veut comparer la majorité des autres courants utilisés en physiothérapie, ceux-ci ne délivrent des courants que de l’ordre du milli-ampère, c’est-à-dire 1000 fois plus grand que le micro-ampère.
Les cellules du corps humain génèrent des courants dans la gamme des micro-ampères. La thérapie par micro-courants correspond aux amplitudes des champs bio-électriques du corps.


2 QUELLE EST L’ACTION DU MICRO-COURANT AU NIVEAU DE LA CELLULE ?
Notre corps utilise l’énergie des micro-courants pour développer sa production d’énergie propre et améliore la communication intercellulaire. Les micro-courants continus augmentent de 500 % la production d’ATP (adénosine triphosphate), source d’énergie du corps (Ngok Cheng-1982). De ce fait, la synthèse des protéines augmente, de même que l’évacuation des déchets de la cellule. Il est important d’examiner le caractère cellulaire d’une blessure ou d’un tissu lésé pour pouvoir comprendre pleinement la véritable portée des recherches de Cheng.
Becker (1985) a montré que les traumatismes influencent le potentiel électrique cellulaire dans les tissus lésés.
Au départ, le tissu atteint présente une résistance beaucoup plus importante que le tissu environnant. La physique élémentaire exige que l’électricité choisisse le chemin où la résistance est la moins élevée. La bio-électricité endogène évite les régions présentant une résistance élevée et adopte la voie la plus facile : le plus souvent à la périphérie de la lésion. La diminution du courant électrique dans la région atteinte entraîne une diminution de la force de la cellule (Windsor-1993), ce qui freine le processus de guérison. Cela peut constituer une des causes des réactions inflammatoires. Douleur, chaleur, gonflement et rubéfaction constituent les caractéristiques propres à un tissu enflammé. L’électricité passe plus facilement par les substances liquides et chaudes dues au processus inflammatoire.
Les caractéristiques électriques sont :

Amplitude de l’impulsion : Ajustable entre 0 et 24mA crête 500Ø
Durée de l’impulsion : Fixe à 800µs avec charge résistante
Modulation : Variable, dépendante de la distance entre les électrodes
Voltage : de 0 à 46 V (circuit ouvert)
Echappements : Continus
Source de Puissance : 6VDC à puissance interne (4 batteries D de 1,5V)
Puissance nominale :
           Voltage : 46V de crête (circuit ouvert)
           Courant : 3,1mA ± 0,3mA (kW de charge)
           Fréquence : 151 Hz
Configuration de la courbe : Impulsion monophasique rectangulaire avec déclin exponentiel
Courbe observée à la sortie : 10kØ de charge
Niveau de traitement maximum




3 QUEL EST L’EFFET DE LA THERAPIE AVEC DES MICRO-COURANTS ?
L’application d’un micro-courant adapté sur la région atteinte entraîne l’augmentation de la puissance du courant endogène. Cela permet au tissu lésé de retrouver sa structure initiale et de récupérer sa puissance. La résistance du tissu en question diminue, ce qui permet à la bio-électricité de réintégrer sa place et de rétablir l’homéostasie. C’est pour cela que l’on peut considérer l’électrothérapie par micro-courants comme un catalyseur pour la mise en route et l’entretien d’un grand nombre de réactions chimiques et électriques qui surviennent au cours du processus de guérison.
Un muscle traumatisé se met en spasme pour se protéger. Cela diminue l’apport sanguin et, de ce fait, l’apport en oxygène et en matières nutritives. La diminution de la vascularisation entraîne une accumulation des déchets du métabolisme. C’est cette influence nocive qui est à l’origine de la douleur.


4 MICRO-COURANTS DE TYPE CONTINU
L’ATP fait partie intégrante du processus de guérison. De grandes quantités d’ATP, la source d’énergie la plus importante de la cellule, sont nécessaires pour l’entretien des fonctions primaires du corps, comme le transport des substances minérales vitales comme le sodium, le potassium, le calcium et le magnésium dans ou hors de la cellule. Ceci est également valable pour l’évacuation des déchets hors de la cellule. Une blessure ou toute autre cause de dégradation tissulaire entraîne un déficit en ATP.

Etant donné que le micro-courant de type continu supplée au manque d’ATP, les matières nutritives peuvent à nouveau rentrer dans les cellules atteintes et les déchets peuvent être évacués. C’est un facteur élémentaire pour le développement d’un tissu sain. L’ATP procure également l’énergie dont les tissus ont besoin pour fabriquer de nouvelles protéines, il augmente l’apport en acides aminés et la synthèse des protéines, et augmente le passage des ions à travers la membrane cellulaire. La diminution de la douleur est la conséquence indirecte de la guérison du tissu, de la diminution des phénomènes inflammatoires et du gonflement. La contribution directe de l’ATP dans le phénomène antalgique se trouve vraisemblablement dans la transformation de l’adénosine triphosphate en adénosine, une matière possédant un effet analgésique puissant (Hamilton-2000).


5 LE MICRO-COURANT APS
La thérapie APS constitue une forme spécifique d’application de micro-courants. L’appareil APS utilise un courant continu et est breveté pour délivrer une impulsion électrique identique au potentiel d’action propre au système nerveux humain. Cela permet d’avoir un courant qui rentre facilement et efficacement dans le corps humain et ce de façon confortable pour le patient.


6 DIFFERENCES FONDAMENTALES ENTRE LE TENS CONVENTIONNEL ET LA THERAPIE APS
La théorie de la porte moléculaire sélective (ou théorie du gate control) des Dr Ronald Melzach et Patrick Wall (1965) est à la base de la large application de la neurostimulation électrique transcutanée (TENS) dans le but de lutter contre la douleur.
Cette théorie suppose que des ouvertures dans les plaques V de la substance gélatineuse peuvent être fermées pour bloquer les stimulations douloureuses qui, via les fibres nerveuses afférentes A-delta et C du système nerveux périphérique, sont transmises vers la synapse située dans la corne postérieure. Bien que tout d’abord controversée, cette théorie, adaptée, a été retenue avec succès pour expliquer la façon dont les thérapeutes comprennent et traitent la douleur.

Le TENS doit être considéré comme une stimulation électrique des fibres nerveuses afférentes A-bêta maîtrisant la douleur, là où celles-ci doivent entrer en concurrence avec les fibres A-delta et C conductrices de la douleur.
Cette forme de stimulation est identique à celle que l’on déclenche lorsqu’on percute régulièrement un endroit douloureux avec un stylo, une cuillère ou tout autre objet contondant. La glace, le massage, la chaleur ou d’autres anciennes techniques thérapeutiques ont soulagé la douleur de cette façon depuis des milliers d’années. Un appareil classique de TENS conventionnel, produit un courant ondulé biphasé et ne laisse pas de charge nette dans le corps. Le courant produit est de l’ordre du milli-ampère ; par contre le micro-courant se situe dans l’ordre du micro-ampère, la puissance du courant étant mille fois moins élevée.

La différence la plus importante réside cependant dans le fait que l’appareil APS augmente la production d’ATP, support naturel énergétique du corps.
Les appareils TENS n’ont pas véritablement d’effets «guérisseurs». Plus encore : les processus biologiques déterminants dans les processus de guérison, sont freinés lorsqu’on applique le courant du TENS, beaucoup plus puissant (Ngok Cheng-1982, Van Papendorp, Joubert – comparative study).




7 EXPLICATIONS
Il faut considérer les cellules du corps humain comme des petites batteries électrolytiques possédant chacune un courant potentiel d’environ 4 pico-ampères. C’est ce système circulatoire bioélectrique intégré qui permet à la cellule de communiquer avec la cellule voisine par des signaux électromagnétiques.
Lorsque le corps fonctionne normalement, les cellules continuent à fonctionner régulièrement sur le plan bioélectrique. En cas de lésion ou de maladie, il semble que le fonctionnement bioélectrique diffère grandement de celui des cellules saines. Les cellules endommagées perturbent le passage du courant vers et entre les cellules. De ce fait, elles obstruent les canaux destinés à la communication intercellulaire, ce qui peut influencer de façon négative le processus normal de guérison.
Le traitement par micro-courants a été développé pour imiter le système bioélectrique propre à notre corps, et ainsi restaurer l‘équilibre naturel et renforcer le processus de guérison.


Les effets positifs suivants ont pu être mis en valeur par les résultats des études suivantes :

• Régénération cellulaire et augmentation de la synthèse des protéines - régénération favorable à la guérison des tissus [1], [10], [11].

• Augmentation de 500 % de la production d’ATP – énergie nécessaire pour les échanges cellulaires et la guérison des blessures [1], [5], [9].

• Augmentation de 40 % de la perméabilité de la membrane cellulaire, ce qui a une influence sur la diminution de l’inflammation et du gonflement dans les tissus mous [1].

• Pas d’effet cytotoxique, pas d’augmentation de l’apoptose et de la nécrose cellulaire [5], [9].

• Stimulation de la synthèse de l’AND, favorise la régénération des cellules des tissus [7], [8].

• Activation des lymphocytes T, ce qui renforce le système immunitaire [7].

8 CONCLUSION et REFERENCES
Par l’application d’une forme de courant de Potentiel d’Action breveté (micro-courant identique au potentiel d’action naturel du corps humain), la thérapie APS contribue à une meilleure qualité de vie, notamment par une augmentation de la production d’ATP.

Cette approche correspondant au processus naturel, aux effets thérapeutiques suivants constatés lors des différentes études :

> Soulagement de la douleur
> Elimination de l’inflammation
> Augmentation de la mobilité
> Renforcement de la vascularisation locale
> Diminution du gonflement
> Guérison des blessures
> Régénération des tissus cellulaires et osseux
> Limitation des dégâts tissulaires
> Contrôle des aspects émotionnels de la douleur

Dominique SAPPIA
Kinésithérapeute D.E.
Ostéopathie I.C.O-M.R.O.
C.E.C. en kinésithérapie du sport
Groupe d’étude des thérapeutiques asiatiques
dominique@sappia-sport.com



REFERENCES


1) Cheng N, Van Hoof H, Bockz E, Hoogmartens MJ, Muller MC, De Ducker FJ, Sansen WM, De Loecker W. The effects of electric currents on ATP generation, protein synthesis and membrane transport in rat skin. Clin Orthop 1982 ; 171 : 264-272

2) Melzack R, Wall P. Pain mechanisms: a new theory. Science 1965; 150: 971.

3) Becker RO. The body electric. Nex-York: William Morrow and Co, Inc.1985

4) Windsor RE, Lester JP, Herring SA. Electrical stimulation in Clinical Practice. Physician & Sportmedicin 1993; 21: 85-93.

5) Van Papendorp P, Joubert A, Lottering M. A comparative study between a DC (Direcy Current), MET (micro current), Electrical Field and conventional TENS on ATP levels in an in vitro system.

6) Hamilton S, Mc Mahon S. ATP as a peripherical mediator of pain. L Auton Nerve Syst 2000; 81 (1-3): 187-194

7) Wallezeck J. Electromagnetic field effects on cells of the immune system : the role of calcium signaling. FASEB J 1992; 6

8) Ozawa H, Abe E a.o. Electric fields stimulate DANN synthesis of mouse osteoblast-like cells by a mechanism involving calciumions. J Cell Physiol 1989 ; 138 (2): 477-483.

9) Seegers J, Lottering M,Joubert A, Joubert E, Koorts A, EngelbrechtC, Papendorp D. The effects of a small pulsed DC electric field on ATP an CAMP levels in vitro and in vivo systems.

10) KannoS, Oda N, Abe N a.o. Establishment of a simple and practical procedure applicable to therapeutic angiogenesis. Circulation 1999 ; 99 (20): 2682-2687

11) Basset CAL. Beneficial effects of electromagnetic fields. J Cell Biochem 1993; 51: 387-393.

12) Odendaal C, Joubert G. APS-Therapy – A new way of treating chronic backache. SAJ of anaesthesiology and analgesia 1999; 5 (1): 26-29

13) Berger P, Matner L. Study on 99 patients with osteoarthritis (OA) of the knee. SAJ of anaesthesiology and analgesia 1999; 5 (2): 26-36

14) Van Papendorp D, Matitz C and Dippenaar N. An investigation into the effect of APS-Therapy on the plasma levels of beta-endorphin, substance P and leu encephalin in patients with chronic pain. The Medecine Journal: Nov.2001

15) Van Papendorp D, Kruger M, Matitz C, Dippenaar N, Mphil. Action Potential Stimulation Therapy: Self assessment by 285 patients with chronic pain. The Medecine Journal: Jan.2000

16) Bunn A, Meyers L, Onderzoek bij 40 patiënten met pijnlijke osteo-arthritis toe aan complete knie vervanging.

17) Liggins C. Onderzoek bij 40 patiënten met een verscheudenheid aan pijn, niet reagenerend op ande re elektro-therapeutische modalteiten.

18) De Preez J. Onderzoek bij 221 patiënten lijdend aan zenuw-pijnen en op wachtlijst staande voor operaties.

19) The use of APS-Therapy in leg ulcer treatment. Health and Hygiene; Jan 2000.