La nouvelle technique en thermothérapie : LA PFA
De la souffrance tissulaire à la régénération

Dr Dominique HOAREAU
Conseiller scientifique de la société ISOMED
stressources@aol.com


  La Photothermothérapie en Filtration Aqueuse (PFA) que nous vous présentons ici, a permis une avancée considérable des techniques de thermothérapie (infrarouges conventionnels, mais aussi radar et ondes courtes), grâce à l’émission d’un rayonnement infrarouge au travers d’un filtre, autorisant ainsi une véritable action en profondeur sans chaleur excessive délivrée en surface.

Mécanismes d’action de la PFA
La PFA est une technique d’émission d’infrarouge court (IR-A), mise au point par Hydrosun® en Allemagne et éprouvée depuis 10 ans maintenant, ayant une action d’échauffement par stimulation de l’oscillation propre des molécules en profondeur : entre 2,5 et 7 centimètres au moins.

L’appareil est un émetteur halogène de 500 watts dont le rayonnement passe au travers d’un filtre à eau, imitant en cela l’action de la vapeur d’eau atmosphérique sur le spectre solaire dans la nature. Ainsi les longueurs d’onde indésirables (IR-B, IR-C) et certaines longueurs d’onde de la bande des IR-A (0,96 mm, 1,18 mm et 1,38 mm) sont absorbées, réduisant alors la sensation de chaleur sur la peau. De par sa profondeur de pénétration de 25 mm, il y a création d’une chaleur plus douce et bien tolérée, mieux répartie sur un volume plus important, et au contact de la micro-circulation.


Avec une même dose de rayonnement, on obtient un meilleur effet-chaleur, donc plus efficace qu’avec un émetteur conventionnel.
Ceci est démontré par la mesure comparée de l’irrigation sanguine en profondeur après 30 minutes d’irradiation par un émetteur conventionnel IR (ECIR) et un émetteur de PFA, en référence à la valeur de départ du débit circulatoire, arbitrairement fixée à 100% .



Après irradiation par PFA, la courbe de circulation sanguine, jusqu’à une profondeur de 7 cm, se situe nettement au-dessus du niveau de départ. Les apports dans ces tissus jusqu’à une profondeur de 7 cm sont alors améliorés.
Cette chaleur délivrée entraîne essentiellement des modifications circulatoires qui elles-mêmes auront des conséquences métaboliques propres à exercer une action thérapeutique sur les mécanismes de base de la souffrance tissulaire.

Au niveau circulatoire
1) Vasodilatation qui augmente le flux sanguin, par action sur les médiateurs locaux. La micro-circulation est améliorée par augmentation de la vitesse de circulation des érythrocytes et diminution de la viscosité du plasma.

2) Cette augmentation du flux circulatoire s’accompagne d’une augmentation de la pression partielle en Oxygène (PaO2) pouvant dépasser parfois de + 600% les données de départ, pendant l’irradiation.

Au niveau métabolique :
1) Evacuation accélérée des médiateurs de l’inflammation : bradykinine, histamine et prostaglandines, secondaire à l’accroissement du flux circulatoire, entraînant une action antalgique et anti-inflammatoire.

2) Augmentation de la production d’énergie (ATP) par les cellules, comme en témoigne l’accroissement de l’activité de certaines enzymes (ATPsynthétases) après irradiation cellulaire par PFA. Cet accroissement de la production d’énergie joue un rôle fondamental dans la régénération tissulaire.

En plus de ses effets circulatoires, la PFA a bien évidemment un effet relaxant par phénomène réflexe tant au niveau des tissus conjonctifs que musculaires.



Chez le sportif et le sujet âgé…

En médecine du sport
Les mécanismes physiopathologiques de la souffrance chez le sportif (crampes, élongations, claquages, tendinopathies, etc.) relèvent de causes métaboliques univoques : très sommairement, notre énergie au cours d’efforts physiques provient de la transformation d’ATP en ADP. Une fois cette réserve d’ATP épuisée, ce qui est très rapide, d’autres filières de fourniture d’énergie sont utilisées, mobilisant réserves de sucre et de graisses, avec reconstitution des réserves d’ATP ce qui consommera de l’énergie.
Tant que le rapport ATP/ADP reste stable, l’effort peut se poursuivre. S’il diminue et que l’effort se poursuit, il y a oxydation des graisses et des protéines, et accumulation d’ADP, finissant par libérer de l’AMP instable qui conduira à la production d’ammonium. Cette hyperammoniémie, favorisant la production d’acide lactique, serait responsable de détresse respiratoire, de manque de coordination et de crampes et courbatures.

L’acide lactique, provenant de la glycolyse anaérobie, est un bon marqueur de l’insuffisance d’oxygénation du muscle.

Enfin, l’effort musculaire intense et prolongé engendre des lésions musculaires révélées par la libération d’enzymes circulantes comme les CPK. Les biopsies musculaires de marathoniens démontrent l’existence de ces lésions.

Le vieillissement cellulaire
Chez le sujet âgé (arthrose, arthralgies, pathologies inflammatoires de l’appareil locomoteur, etc.) l’étude des caractéristiques fonctionnelles et lésionnelles du vieillissement cellulaire conduit à des observations superposables à celles de la cellule musculaire «fatiguée» par l’effort. Les mécanismes physiopathologiques ont une base commune :
— Perte de l’intégrité du capital enzymatique.
— Importance des apports en oxygène et en substrats nutritifs.
— Accumulation de déchets toxiques.

En conséquence, toute situation de lésion tissulaire, qu’elle soit secondaire à une agression ou « naturelle », comporte un certain nombre de caractéristiques histologiques communes. La thérapeutique doit alors faire appel à trois attitudes fondamentales :
— Stimuler le métabolisme par apport de substrats nutritifs et énergétiques.
— Détoxifier la cellule.
— Favoriser apport et consommation d’oxygène.


Place de la PFA en thérapeutique

La PFA, par l’augmentation du flux circulatoire local, répond aux trois critères thérapeutiques précédents. Elle permet :
— D’augmenter localement les apports nutritifs et énergétiques nécessaires.
De faciliter l’élimination des déchets liés au stress infectieux ou au surmenage.
— D’augmenter les apports en oxygène par l’accroissement de la pression partielle en oxygène.

L’utilisation de la PFA en physiothérapie, de par son excellente tolérance et son effet chaleur en profondeur, est un outil naturel et efficace complémentaire de prescriptions hygiéno-diététiques raisonnables (nutrition équilibrée, activité physique), et de tout traitement nécessité éventuellement par les circonstances propres à chaque affection.

Ses principaux champs d’applications découlent de ce qui précède :
— Pathologie de l’appareil locomoteur : arthrose, rhumatismes, tendinites, etc.
Médecine du sport : préparation, récupération et réparation.

La PFA peut s’intégrer dans l’arsenal thérapeutique de tout praticien désireux de s’attaquer non seulement aux symptômes, mais aux bases physiopathologiques de la souffrance tissulaire, accélérant les processus de régénération et de guérison.


Sources


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4. L. Biland, J.P. Barras, 39e Conférence annuelle de la Société Allemande de Phlébologie, 1997

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