Analyse
d’un travail répétitif :
LA FABRICATION DE TAMPONS POUR INSTRUMENTS A VENT |
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Pauline
GUY, Arnaud CASASSUS,
Maxime AUZOU, Sébastien GUERARD
Institut de Formation en Masso-kinésithérapie
du CHU de Rouen
Hôpitaux de Rouen |
| Nous
vous présentons ici une seconde étude qui
ne manque pas d’audace. Les étudiants ont
franchi les portes d’une société de
renom, ils ont demandé et obtenu de pouvoir observer
et analyser le travail d’opératrices effectuant
des gestes répétitifs. Ils ont obtenu l’accord
de celles-ci et ont pu effectuer un travail qui mérite
d’être lu attentivement. Ils ont compris le
sens de la démarche ergonomique et ont su faire
le lien avec la kinésithérapie. La force
d’un apprentissage n’est pas d’apprendre
l’art d’utiliser un outil théoriquement
en sachant quoi faire, mais en le faisant, en s’exerçant
réellement. C’est ce que nous montrent modestement
ces étudiants.
J.P. Z, D.YI |
I- INTRODUCTION
L’étude proposée ci-dessous a été
réalisée dans une entreprise de mécanique
de précision. Elle emploie trente-deux salariés,
dont huit dans le secteur d’activité concerné
par notre étude : la fabrication de tampons pour instruments
à vent.
Ces tampons se constituent d’une partie en cuir, d’un
feutre et d’une pièce cartonnée. Ils peuvent
parfois être équipés d’un résonateur.Ils
sont vendus par lots, un lot permettant d’équiper
un instrument (saxophone, clarinette,…). Les tampons viennent
se placer dans la clef qui est la pièce se refermant
à la commande du musicien pour réaliser la note
voulue.
Des tampons de mauvaise qualité (épaisseur, souplesse
des matériaux) nuisent à la qualité acoustique
de l’instrument.
II- DEMARCHE ERGONOMIQUE
Afin de réaliser cette étude, l’entreprise
nous a accueillis le temps d’une demi-journée.
Après une présentation de l’entreprise et
de son activité, nous avons accédé à
l’atelier de fabrication des tampons.L’une des opératrices
nous a présenté chaque étape de la confection
à vitesse réelle puis à vitesse plus lente
en décomposant chaque étape. Un premier film et
des clichés photographiques sont réalisés.Dans
un deuxième temps, un questionnaire de type OSHA (incomplet
puisque certains items ne concernent pas l’activité)
est distribué. Chacune des opératrices le remplit
de façon anonyme. Nous nous mettons à leur disposition
pour clarifier certains points.
L’analyse rapide de ce questionnaire permet de dégager
les gênes éprouvées par les opératrices.
Nous réalisons alors une deuxième série
de photographies mettant en évidence les gestes ou postures
pouvant être la cause de ces gênes.
Matériel utilisé :
- caméscope numérique : films et clichés
photographiques
- questionnaire de type OSHA sur les tâches répétitives
Population :
L’étude de poste est une transversale sur les huit
opératrices chargées de la fabrication des tampons.
L’équipe assurant la réalisation de ces
tampons n’est constituée que de femmes dont l’âge
moyen est de 40 ans (27-57 ans). Elles ont en moyenne 9 ans
d’ancienneté (8 mois-21 ans).
III- IDENTIFICATION DES TACHES
La fabrication d’un tampon se décompose ainsi :
- la mise en place d’une rondelle de cuir et d’une
rondelle de feutre sur le moule : 2.69 secondes
- l’encollage au pinceau du pourtour de la rondelle de
cuir : 10.56 secondes (41 coups de pinceau)
- le placement de la rondelle de carton : 2.05 secondes
- le pliage du cuir au ciseau : 10.47 secon-des (22 mouvements)
- le grattage du surplus de colle (facultatif)
- la mise sous pression : 1 seconde
- le rangement dans une boîte
Chaque opératrice va chercher les matières premières
dont elle a besoin et emmène au contrôle les tampons
qu’elle a produits.
IV- MODES OPERATOIRES
4-1- Définition de la tâche
La fabrication de ces tampons consiste en l’assemblage
des matières premières ci-dessus. L’opératrice
dispose pour cela d’un moule en résine au diamètre
du tampon, de colle et d’un pinceau permettant d’unir
les différents éléments. Il faut en moyenne
40 secondes pour fabriquer une pièce.
4-2 Description de la réalisation
L’opératrice a toutes les matières premières
et le matériel dont elle a besoin sur son plan de travail,
répartis dans l’espace à sa convenance.
Le travail de découpe des matières premières
est réalisé par une tierce personne.L’opératrice
se saisit donc d’une pièce de cuir et l’applique
sur le moule. Elle y place ensuite la rondelle de feutre et
la rondelle cartonnée.
A l’aide de son pinceau, qu’elle a préalablement
imbibé de colle, elle enduit la bordure de cuir en excédent.
Ce sont de petits mouvements de balayage très rapides
et très fins (il ne faut pas qu’il y ait trop de
colle sans quoi des retouches sont nécessaires). Elle
rabat ensuite cette bordure de cuir sur la rondelle de carton
à l’aide d’un ciseau tenu fermement.
Pour ces deux phases de la fabrication, deux « attitudes
» sont adoptées :
- soit l’opératrice fait tourner sa main et l’outil
autour du moule (c’est ce qui est le plus observé)
- soit l’opératrice fait tourner le moule avec
sa main « non dominante »
On observe fréquemment une combinaison des deux techniques
avec seulement quelques rotations du moule (3 ou 4 pour un tour
de moule), le reste étant fait en sollicitant le poignet
tenant l’outil.
Tout au long de ces deux étapes, l’opératrice,
avec l’autre main, exerce une pression unidigitale (l’index
ou le majeur sont préférentiellement utilisés)
afin de maintenir cuir, feutre et carton en contact. Cette main
stabilise aussi le moule qui est mobile.
L’opératrice gratte l’éventuel excédent
de colle toujours à l’aide du ciseau. Elle applique
ensuite une pression verticale pour aplatir le tampon et s’assurer
du bon collage.
Le tampon ainsi réalisé est placé dans
une boîte.
V- ANALYSE DES CONTRAINTES
Les risques de troubles musculo-squelettiques dépendent
de différents facteurs concomitants qui interagissent
sur l’individu au sein de l’entreprise.
|
les
différents facteurs de risque, directs et indirects,
de TMS |
5-1-
L’espace de travail
L’atelier consacré à cette production
se situe dans un bâtiment annexe de l’entreprise.
Il mesure environ 30 m2 pour huit opératrices (six
à la production et deux au contrôle). Elles
disposent chacune de leur propre poste de travail, auxquels
s’ajoutent deux postes mécanisés conçus
pour la production de tampons spécifiques. Nous
étudierons uniquement les postes permettant la
fabrication de tampons standards.
5-2- L’équipement
Chaque opératrice dispose d’une table et
d’une chaise à hauteur réglable ;
d’une cale pour les pieds ; de différents
types de moules, tous de 8 cm de hauteur (obligeant l’opératrice
à aborder le travail par le dessus de celui-ci)
et de diamètre variable en fonction du type de
tampon à réaliser ; d’un ciseau et
d’un pinceau à colle.Les matières
premières sont à disposition sur le plan
de travail. |
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Nous
avons tenté de répertorier les différentsfacteurs
entrant
en jeu pour le poste étudié. |
5-3- Ambiances acoustique, thermique,
lumineuse et odorante
- L’ambiance acoustique : nous avons
pu constater un bruit intermittent régulier type compresseur,
jugé contraignant par les opératrices. Ce n’est
pas tant l’intensité du bruit qui est gênante
mais la tonalité et la fréquence de ce dernier.
Aucun dispositif anti-bruit n’a été mis
en place jusqu’à ce jour.
- L’ambiance thermique : d’après
le questionnaire, les opératrices se plaignent de la
température, trop élevée selon elles. Nous
avons cependant remarqué la présence de deux climatiseurs
dans l’atelier, ceux-ci n’étant pas utilisés.
- L’ambiance lumineuse : nous notons
un éclairage inégal et parfois insuffisant dans
certaines zones de l’atelier. Ce défaut d’éclairage
ne semble pas constituer une gêne aux yeux des opératrices.
- L’ambiance odorante : seule l’odeur
de la colle utilisée nous a été signalée
comme désagréable à la longue.
5-4- Surcharge de travail
La surcharge de travail a essentiellement été
évaluée à l’aide du questionnaire
OSHA. Il en est ressorti plusieurs aspects :
- Les conditions de travail
Les opératrices travaillent 35 heures par semaine, uniquement
de jour, du lundi matin au vendredi midi.
Toutes les opératrices sont sous contrat à durée
indéterminée et l’impossibilité d’automatisation
de cette activité assure une certaine stabilité
de l’emploi.
Une cadence de travail de 60 pièces par heure leur est
imposée. Il ne s’agit pas d’un travail à
la chaîne. Les opératrices estiment que la précision
et la rapidité à laquelle doit être réalisé
le tampon, exige une attention permanente. Toutes portent un
intérêt important à leur travail, qu’elles
trouvent cependant trop répétitif.
En effet, la cadence soutenue, la répétition des
gestes, ainsi que la posture de travail entraînent une
fatigue globale des membres supérieurs.
- La douleur
- Toutes les opératrices se plaignent de douleurs cervicales
fréquentes (entre tous les huit jours et tous les mois)
et d’intensité modérée.
- Sept opératrices sur neuf se plaignent fréquemment
de douleurs modérées à fortes aux épaules.
- Huit opératrices souffrent parfois (une fois par mois)
de douleurs modérées au niveau des poignets et
des mains.
A noter que les employées ne
signalent pas de douleur au niveau du coude.
- Le stress
Le questionnaire a révélé une charge mentale
minime. Effectivement, aucune discordance n’a été
retenue, que ce soit dans les rapports avec les supérieurs
hiérarchiques comme avec les collègues.
VI- ANALYSE DES ASTREINTES
6-1- Poignets et mains
mise
en évidence des contraintes en flexion
exercées sur le poignet |
Lors
de l’étape de collage, les opératrices
sont amenées à effectuer une flexion de
poignet : angle a = 25°. D’après les
documents de référence fournis par l’INRS,
cette position se situe dans un secteur de travail non
recommandé (angle acceptable compris entre 30°
d’extension et 10° de flexion). Cette tâche
devant être répétée de nombreuses
fois, cet angle de travail risque d’être d’autant
plus générateur de troubles musculo-squelettiques.
Il semble donc utile de proposer une solution pour éviter
l’apparition de ces troubles.
Outre cette position en secteur non recommandé,
s’ajoute un autre facteur. En effet, on a pu observer
que lors des différentes tâches les opératrices
exerçaient une pression constante sur les différents
constituants du moule. Cette pression est réalisée
de façon unidigitale et dure 21 secondes. |
Cet appui
occasionne des contraintes du fait du travail des fléchisseurs
des doigts et du poignet afin d’exercer et de maintenir
la pression. A cela s’ajoute la position des différentes
articulations du doigt exerçant la pression, fonction
de chaque opératrice :
• rectitude métacarpo-phalangienne, flexion de
l’inter phalangienne proximale et de l’inter phalangienne
distale : pour un maintien avec force.
• légère flexion des métacarpo-phalangien-nes,
flexion importante de l’inter phalan-gienne proximale
et hyper extension de l’inter phalangienne distale : cette
hyper extension limite la contrainte musculaire (pas de travail
pour le maintien de l’inter phalangienne distale) mais
une contrainte du fait de la position articulaire.
Quelle que soit la position utilisée, elle est génératrice
de contraintes pouvant être à l’origine de
douleurs, soit au niveau des mains, soit au niveau du poignet
(facteur surajouté à la flexion du poignet Æ
syndrome du canal carpien).
Pour la main « dominante » qui réalise l’encollage
et le pliage, ce sont des actions répétitives
et très rapides nécessitant une précision
importante. La vitesse et la quantité des mouvements
vont être génératrices de contraintes.
|
Deux
types de maintien des constituants du tampon
|
flexion
MP / IPP / IPD |
flexion
de MP / IPD, extension d’IPP |
| 6-2-
Rachis cervical |
mise
en évidence des contraintes en flexion exercées
sur le rachis cervical
 |
Nous avons constaté que tout au long des étapes
de la fabrication des tampons, certaines opératrices
devaient faire une flexion du rachis cervical pour orienter
correctement leur regard vis à vis de l’objet.
La position de confort se situant entre 0° et 40°
de flexion, le rachis cervical est soumis à des
contraintes trop importantes pendant le travail (angle
b = 60°). Cette observation est par ailleurs confirmée
par le questionnaire OSHA puisque toutes les opératrices
se plaignent de douleurs au niveau du cou. |
angle
b= 60° |
Analyse
vectorielle : Elle est réalisée
afin d’évaluer les contraintes appliquées
sur la charnière cervico-dorsale (T1) par les actions
couplées du poids de la tête et du cou (P1)
et des muscles extenseurs du cou (F1).
Pour maintenir la position, la force exercée par
les spinaux cervicaux est de //F1// = 85,4 N. Ceci entraîne
des contraintes en compression sur T1 d’une valeur
de //R1// = 123 N (résolution graphique).
On peut supposer que ces contraintes supportées
toute la journée vont être génératrices
de douleurs. |
Analyse
vectorielle des contraintes posées sur le rachis
cervical
 |
6-3-
Epaules
L’épaule subit elle-aussi des contraintes
au cours des étapes de la fabrication. On remarque
que cette opératrice, pour garder son poignet en
rectitude, doit faire une abduction d’épaule.
Cette abduction est mesurée ici a un angle de 35°,
ce qui est supérieur à la zone de confort
(entre 0° et 20° d’abduction).
On note aussi que la plupart des opératrices travaillent
avec le membre supérieur en suspension (coude dans
le vide). Cette position peut avoir pour conséquence
de solliciter, de manière excessive, le trapèze
supérieur et entraîner des douleurs à
type de contractures. De plus, l’action du trapèze
supérieur comporte aussi une composante axiale
sur le rachis cervical qui aura tendance à accroître
les contraintes sur ce segment. |
mise
en évidence des contraintes en abduction exercées
sur l’épaule
 |
VII- RECOMMANDATIONS
Les opératrices devant assurer une certaine cadence,
les adaptations porteront plus sur la posture de travail que
sur la répétitivité des mouvements.
7-1- Adaptations immédiates
L’étude angulaire précédente semble
démontrer que la plupart des douleurs référencées
dans les astreintes pourraient se résoudre en aménageant
le poste et la position de travail des opératrices. Nous
avons, pour cela, apporté quelques adaptations immédiates,
notamment en ce qui concerne l’analyse de la posture.
Certaines personnes sollicitent de manière excessive
leur rachis cervical et leurs épaules car elles se penchent
en avant pour être suffisamment proches de la pièce
en fabrication. Par ailleurs, d’autres tiennent le moule
près d’elles, sans appui de l’avant-bras
sur la table, ce qui entraîne une rétropulsion
et une suspension du membre supérieur.
D’autres sollicitent plutôt les poignets en ayant
une table trop haute (ou une chaise trop basse) ce qui les place
en flexion de coude et de poignet permettant ainsi l’abord
du moule par le dessus.
Les premières modifications concernent essentiellement
l’installation, la posture de travail :
- Les opératrices seraient « idéalement
» installées avec un angle tronc-cuisse de 90°,
une légère lordose lombaire et bien appuyées
sur le dossier de la chaise. La position des membres inférieurs
peut être soit repliée sous la chaise (en appui
au sol ou sur la barre), ou tendue en appui sur le repose-pieds
(inclinaison réglable).
- Le réglage en hauteur du siège et de la table
doit permettre, à partir de la position décrite
ci-dessus (dos calé au dossier), de travailler avec les
coudes en appui sur le plan afin de reposer le trapèze
supérieur.
Mais plus que la recherche d’une position idéale
de travail, il est nécessaire que les opératrices
varient leurs postures et leurs façons de réaliser
les différentes tâches. En effet, compte-tenu de
la répétitivité de leur activité,
le maintien pendant une durée de 7 heures par jour (en
moyenne) d’une même position sera, à la longue,
générateur de contraintes, et ce, quelle que soit
la position adoptée. C’est pourquoi il sera impératif
de modifier les postures afin de permettre de limiter les contraintes,
de les varier en nature et en intensité.
D’autre part, on a pu observer que les opératrices
avaient tendance à faire tourner leur poignet et leur
main côté dominant autour du moule pendant la phase
d’encollage du pourtour du tampon. Ceci entraîne
un passage en secteur non recommandé de flexion du poignet.
Il s’exerce donc, sur cette articulation, des contraintes
de deux origines : la position angulaire en secteur non recommandé
ainsi que la répétitivité des tâches
d’encollage et de pliage.
Il sera donc préférable, afin de mieux répartir
les contraintes, que l’autre main aide la main dominante
en tournant le moule au fur et à mesure de ces tâches,
pour garder les poignets dans des secteurs moins contraignants
: 10° de flexion -30° d’extension.Tous ces conseils
peuvent être donnés par l’intermédiaire
d’un support pédagogique (cf bibliographie). Celui-ci
permettra aux opératrices de visualiser aisément
les modifications à apporter.
7-2- Adaptations supplémentaires
Diverses adaptations supplémentaires pourraient être
apportées afin d’améliorer le confort de
travail.
 |
•
plan incliné
En effet, il serait peut-être judicieux de proposer
un travail sur plan inclinable, où l’opératrice
n’aurait plus à se pencher au-dessus de la
pièce qu’elle travaille. La diminution de
l’angle cou-tronc permettrait de diminuer le bras
de levier du poids et donc le travail musculaire permettant
de maintenir la statique cervicale. Ainsi, les contraintes
sur le rachis cervical seraient diminuées et la
position de travail se situerait dans un secteur tolérable.
|
 |
•
« trou » dans la table
La hauteur du moule (8 cm) nécessite une position
en flexion et inclinaison ulnaire du poignet afin d’aborder
ce moule par le dessus. Il faut ajouter à cela
une flexion du coude privant l’avant-bras d’un
appui.Le fait de placer le moule dans une échancrure
d’une demi-hauteur (4 cm) plus basse que le niveau
de la table limiterait la flexion et l’inclinaison
ulnaire du poignet. Ceci permettrait un travail en légère
extension de poignet (position de fonction). Ceci offrirait
un appui plus important de l’avant-bras. |
• Chaise
et table à hauteur réglable plus facilement
Les tables des opératrices nécessitent un outillage
minimum (pince ou clef) afin d’être réglées
en hauteur. La modification de hauteur prend donc du temps et
n’est pas aisée. Un système mécanique
ou même électrique faciliterait le réglage
de la hauteur de la table. Faire varier la position de travail
(assis ou debout à différentes hauteurs) serait
alors plus aisé.
• Lampe
mobile
On a noté que l’éclairage était
de qualité inégale en fonction de la situation
dans l’atelier. Une lampe, dont la position et la hauteur
pourrait être modifiées en fonction de la convenance
de chacune des opératrices, pourrait permettre un éclairage
« à la demande » de chaque poste de travail.
Il est important que cette lampe ne chauffe pas trop, auquel
cas elle deviendrait gênante pour les opératrices.
Le tout est d’arriver à diminuer l’ensemble
de ces contraintes, d’obtenir une posture de travail dans
des amplitudes tolérables, sans pour autant altérer
la productivité.
VIII- CONCLUSION
Ce travail réalisé dans l’entreprise MARTIN
CHANU, spécialisée dans la fabrication de tampons
pour instruments de musique, nous a amenés à étudier
les contraintes d’un travail à gestes répétitifs.
Nous avons pu noter deux problèmes majeurs quant à
la position de travail :
- la statique rachidienne et scapulaire, assez simple à
corriger, grâce à quelques conseils et adaptations.
- des troubles musculo-tendineux au niveau du poignet dus à
deux facteurs : Le matériel lui-même et son utilisation
sur laquelle nous avons pu suggérer quelques modifications.
La répétitivité du geste sur laquelle il
est impossible d’in-tervenir.
Remarquons que les opératrices ne se sont pas montrées
particulièrement demandeuses de changements. Ces contraintes
semblent plutôt vécues comme une fatalité,
et les modifications proposées risquent, selon elles,
de demander un temps d’adaptation trop long, les gestes
étant devenus pour elles un automatisme.
Cependant, nous nous sommes rendus compte que certaines gênes
pouvaient être évitées rien qu’en
informant les opératrices sur les risques encourus sur
leur lieu de travail. Ainsi, le support pédagogique leur
permet de mieux comprendre la cause de leurs douleurs.
Au niveau kinésithérapique, il sera important
de considérer la profession de chaque patient. En effet,
le kinésithérapeute a non seulement un rôle
de soignant, mais, dans le cas de ces troubles à caractère
chronique, il doit aussi avoir un rôle préventif
auprès des patients. Il doit être capable d’expliquer
les problèmes engendrés par leurs différentes
postures et doit essayer de retarder une éventuelle récidive
de ces troubles.
Ainsi, dans le cas de ces opératrices, plusieurs conseils
seront prodigués. Après une rééducation
des spinaux cervicaux plutôt en endurance, le kinésithérapeute
leur apprendra à les protéger en adoptant une
position où la tête est « droite »
pendant leur activité.
Il leur expliquera également la nécessité
d’avoir les avant-bras le plus souvent possible en appui
pour éviter d’avoir les membres supérieurs
en suspension et ainsi de soulager les trapèzes supérieurs.
Lors de la prise en charge d’un syndrome du canal carpien,
le geste professionnel en position non contraignante de poignet
sera travaillé. Cette rééducation fonctionnelle
pourra également être complétée par
une prise en charge ergothérapique suivant les séquelles
engendrées par cette pathologie pour adapter spécifiquement
le matériel à l’opératrice (par exemple
en augmentant le diamètre du manche du pinceau pour une
meilleure prise).
| |
BIBLIOGRAPHIE |
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De la réflexion à l’action.
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