LES
BIENFAITS DU SAUNA
A TRAVERS LES AGES |
Par
Benoît CREUS
Directeur
Général de la Sté. VERRE & QUARTZ
Ingénieur
ICAM et IEFSI |
La
redécouverte des techniques naturelles
Depuis une dizaine d’années, on assiste à
un retour à des méthodes naturelles de santé.Oubliées
pendant près d’un siècle au profit
de la médecine scientifique, les thérapies
naturelles réapparaissent prônées
par de très sérieux médecins qui
redécouvrent les bienfaits de ces techniques considérées
dans certains pays comme un art médical.
Alors que la médecine allopathique apporte une
réponse à de nombreuses maladies grâce
aux progrès des découvertes chimiques, le
plus souvent par un traitement de choc, de nombreux discours
sur l’évolution des médecines douces
attirent aujourd’hui notre attention.
En effet, on nous sensibilise de plus en plus à
notre environnement et aux médecines dites «
naturelles ». Ces dernières, telles l’homéopathie,
la phytothérapie, l’hydrothérapie
sont reconnues et souvent présentées en
opposition à l’allopathie. Pour la plupart
très anciennes, ces médecines qui se sont
transmises par la mémoire collective ont des mécanismes
qui s’expliquent logiquement et rationnellement
par la physiologie.
Il n’y a pas d’opposition entre la médecine
allopathique et les médecines dites « naturelles
» ; Elles sont complémentaires et renseignent
de façon plus détaillée nos connaissances.Le
sauna, quant à lui, respecte la physiologie et
sa pratique régulière procure de nombreux
bienfaits, même si une mauvaise utilisation peut
engendrer des troubles cardiaques ou nerveux
.Le sauna n’est pas une thérapie, au sens
propre du terme, mais par la sudation importante qu’il
entraîne, il favorise l’élimination
des sels usés.
Comme règle d’hygiène de vie, le sauna
tient une place dans le traitement préventif des
maladies, telles que les maladies rhumatismales. Mais
dans ce contexte, l’utilisateur a besoin de conseils
de professionnels qui pourront le conseiller sur les mécanismes
de sudation et sur la façon d’inclure le
sauna dans les cures.
Le sauna, comme procédé hygiénique,
est connu depuis l’Antiquité. Les applications
d’eau chaude ou froide sur le corps, ont révélé
des processus de réactions, permettant ainsi de
les prévoir, de les déclencher, de les maîtriser.
Peu à peu, les techniques se sont affinées
puis ont été codifiées.
On a donc naturellement pu attribuer des effets bénéfiques
à des sources chaudes, des rivières glacées
ou des eaux de composition.
Analysant les bienfaits que l’on pouvait tirer de
ces éléments naturels, l’homme a cherché
à les reproduire dans des thermes, saunas ou hammams,
dont la maîtrise des paramètres de chaud
et de froid permettait de soigner et de conserver la santé.
Selon les cultures, les températures étaient
plus ou moins élevées et les bains pouvaient
éventuellement être suivis de massages.
Les bains englobaient alors de façon variée
et en fonction des cultures, des bains de chaleur sèche,
des bains de chaleur humide dans lesquels le degré
hygrométrique était différent suivant
les matériaux employés et les sources de
chaleur.Sans aller jusqu’à attribuer systématiquement
des vertus curatives aux bains, certaines religions les
recommandaient pour débarrasser le corps de souillures
qui nuisent à l’élévation spirituelle
ou certaines civilisations recommandaient la pratique
de bains de vapeur pour permettre au corps d’éliminer
la fatigue de l’effort ou combattre des maux.Chez
les Indiens d’Amérique du Nord, on a trouvé
des traces d’installations précaires mais
très efficaces : au centre d’une tente en
peau, un feu chauffait des galets. Une rivière,
à proximité, offrait sa fraîcheur
au corps brûlant.
Au temps des Empereurs romains, les bains représentaient
une véritable institution et les thermes étaient
particulièrement étudiés. Chaque
phase du bain bénéficierait d’une
salle spéciale (caldarium, laconium, figidarium,…)
et les techniques pour chauffer étaient soigneusement
étudiées. L’air chaud circule dans
des canalisations de terre cuite à l’intérieur
des murs, des piliers de briques absorbent et redistribuent
avec régularité la chaleur.
L’Europe n’était pas en reste et de
nombreux écrits témoignent de l’utilisation
du sauna. Les installations copient celles de Rome, les
vestiges des thermes français, anglais ou hongrois
le confirment.
Depuis le début du XXè siècle, sous
les influences nordique et méditerranéenne,
la pratique du sauna est redécouverte par un nombre
sans cesse croissant de Français. |
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Sauna sec et sauna humide •••
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Le
sauna sec comme le sauna humide provoquent une élimination
du corps par la peau. Celle-ci est stimulée par
la chaleur et contribue à assainir l’organisme,
en rejetant les résidus accumulés.
De la même façon qu’un bain de température
supérieure à 37° C, le sauna surchauffe
le corps en produisant une sudation. La phase d’évaporation
qui s’en suit, refroidit la masse corporelle qui
se retrouve ainsi à sa température normale
et il apparaît un mieux être, avec une sensation
de légèreté et de propreté
comme si on venait de se débarrasser d’une
crasse interne qui ralentissait les fonctions vitales.
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Par rapport au chaud, le froid apparaît comme un complément
salutaire. Si l’eau chaude ou la chaleur favorise les
éliminations, l’eau froide permet la revitalisation.
Soumis au froid, l’organisme provoque une accélération
des activités cardiaque et métabolique. Cette
surexcitation physiologique permet à l’organisme
de « brûler » les excédents nutritifs
comme le fait la fièvre. La répétition
progressive et ajustée de ces phases permet une action
revitalisante, grâce à laquelle chacun peut augmenter
son capital vital.
Il est intéressant de constater que de tous temps, les
peuples ont pensé à utiliser l’eau froide
après les bains de vapeur. Ce ne peut être le fait
du hasard, mais bien d’une véritable connaissance
des faits ignorée probablement des utilisateurs, conscients
seulement du bien être ressenti.
Nous savons que l’homme est un homéotherme et que
sa température interne optimale est de 37° C. La
fourchette étroite de 33°C à 42°C retient
la vie, mais au-delà de ces limites, le ralentissement
progressif de certaines fonctions organiques, tels les échanges
cellulaires, n’ont plus lieu et la mort devient l’issue
fatale. Des mécanismes complexes permettent d’assurer
le maintien de cette température vitale, la peau réagissant
aux élévations ou baisses de température.
Ces mécanismes interviennent soit pour apporter de la
chaleur à la peau, soit pour lui soustraire des calories.
Ils cessent lorsque les températures sont en équilibre.La
connaissance de ces phénomènes permet de mieux
comprendre les modalités d’utilisation rationnelle
du sauna.
Cependant, le mécanisme essentiel qui justifie l’utilisation
du sauna est l’évaporation. En effet, le corps
utilise ce moyen lorsque la température interne et générale
atteint 36°C.
Cette chaleur peut être obtenue, de l’intérieur
par une alimentation riche en calories ou de l’extérieur
par une ambiance chauffée entre 31°C et 120°C,
par le soleil, un chauffage, un bain ou un sauna.
La sudation est donc le moyen efficace pour maîtriser
l’élévation de la température du
corps. Deux millilitres de sueur qui s’évaporent,
soustraient environ une kilocalorie à l’organisme.
Ce qui représente, pour une séance de sauna, chez
un sujet habitué à perdre un kilogramme (soit
sensiblement un litre de sueur) la valeur surprenante de 582
kilocalories (ou 2428 kilojoules).
Pour que le processus se révèle efficace, l’air
du sauna doit être sec, car si la sueur ne peut s’évaporer,
elle coule et la perte calorique devient plus faible. Ce qui
explique que la chaleur à 35°C de la forêt
tropicale, dans une atmosphère particulièrement
humide, soit difficilement supportée.
On comprendra également la différence fondamentale
qui existe entre le sauna finlandais où l’air est
sec, et le hammam où l’air est saturé d’humidité.
Le dénominateur commun reste la chaleur, mais leur finalité
thérapeutique diffère, même si l’hygiène
y trouve son compte. Le sauna, par sa chaleur sèche,
oblige le corps à réagir en créant une
sudation. Cette transpiration, riche en eau, s’évapore
et permet ainsi de résister à des températures
supérieures à 80°C.
Dans le hammam, le mécanisme de refroidissement ne peut
s’instaurer, car l’air saturé d’humidité
empêche l’évaporation.L’organisme est
incapable de s’auto protéger et la température
interne s’élève. C’est pour cette
raison que la température du hammam doit être maintenue
moins élevée que dans un sauna, et qu’une
température de 50°C est difficile à supporter.
Le hammam provoquera rapidement une sudation chez les personnes
transpirant spontanément à l’effort, mais
ce n’est pas le cas de tout le monde.
En revanche, la chaleur humide ramollit la couche cornée
et fluidifie les substances grasses de la peau.
Ces cellules mortes peuvent ensuite être facilement éliminées
par une friction. Ainsi la peau respire mieux, les pores sont
libérés et le sébum s’écoule
plus facilement vers la surface.
Le hammam est également recommandé dans le cas
de certaines dermatoses.On assiste souvent à une confusion
entre sauna et hammam, probablement par manque d’information
mais aussi parce que la France est influencée par les
civilisations du bassin méditerranéen et du Nord
de l’Europe. D’ailleurs, de très nombreux
établissements associent hammam et sauna, et le client,
sans connaissances précises, choisit selon ses goûts.
Actuellement, on voit se développer nombre de complexes
de sports ou aquatiques donnant un aspect ludique à ces
activités, tendant parfois à faire oublier les
vertus premières de ces institutions qui étaient
de conserver la santé ou le cas échéant,
de la retrouver.
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Le sauna finlandais
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Créé il y a environ 2000 ans, le sauna finlandais
constitue, pour les habitants des pays nordiques, une institution
faisant partie intégrante de leur culture et de leur
mode de vie.
La rigueur du climat avait conduit la population à se
réfugier dans ces petites cabines en bois ou en pierres
dans lesquelles de grosses pierres chauffées par un feu
de bois dégageaient une forme de chaleur qui permettait
de supporter les températures hivernales.
Les finlandais se sont très vite aperçus des bienfaits
que procurait cette chaleur sèche qui faisait suer.
Elle est à l’origine du terme de sauna qui signifie
en finnois « la suée ». Devenue une thérapie
à part entière, ils ont développé
une véritable industrie dans leur pays qui compte un
sauna pour trois habitants et dans les pays limitrophes, comme
la Suède et l’Allemagne qui ont succombé
à ses bienfaits.
Depuis des siècles, le sauna n’a pas changé,
ignorant le luxe ou la technologie, hormis le poêle électrique
qui n’en a pas modifié sensiblement les résultats.
Les éléments essentiels sont le feu, l’air
chaud et le froid ; les matériaux qui le composent sont
issus de l’environnement, le bois et la pierre.
L’expérience, l’intelligence et les bienfaits
ont guidé l’homme pour réaliser un ensemble
d’une simplicité étonnante.Chaque finlandais
est très fier de son sauna et il est de coutume de proposer
à ses invités de faire un sauna avec les membres
de sa famille. Sur le plan professionnel, nombre d’affaires
et de discussions se passent au sauna.
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La technique du sauna •••
La cabine.
La construction d’un sauna est toujours en
bois, car seul le bois, mauvais conducteur, permet d’augmenter
la température de la pièce à 130°C
sans que l’on soit brûlé au contact des murs.
Le bois le plus couramment employé est du pin du Nord
qui a pour principales qualités de ne pas « travailler
» à la chaleur et maintenir des surfaces suffisamment
hermétiques pour empêcher les passages d’air
chaud ou froid. Celui-ci est toujours brut, aucun traitement
ou peinture n’est nécessaire.
A l’origine, les saunas étaient constitués
de madriers superposés de façon grossière.
L’évolution des connaissances dans les techniques
de construction et pour la sélection des bois a permis
de concevoir des saunas mieux isolés dont l’épaisseur
des parois a été réduite.
La qualité du bois est primordiale, en particulier sa
stabilité aux variations de températures. On privilégiera
donc des bois à croissance lente, en provenance de régions
au climat rude, telle la Russie ou près du cercle polaire.
Les madriers empilés les uns au dessus des autres s’encastrent
grâce à des rainures et languettes permettant d’éviter
les ponts thermiques. Car même si on peut retrouver le
caractère rustique du sauna grâce à des
madriers massifs dans nos conceptions de réalisation
modernes, on accorde une importance à la consommation
électrique du chauffage et un emboîtage à
double rainure et languette sera plus isolant qu’un emboîtage
simple.
Depuis quelques années, une nouvelle conception de saunas
en panneaux a vu le jour. Il s’agit d’une construction
utilisant une laine de verre ou de roche comme isolant ainsi
qu’un pare vapeur. Les panneaux sont insérés
entre deux épaisseurs extérieure et intérieure
de lambris de bois sélectionné : des lambris de
pin du Nord permettent de retrou- ver l’ambiance originelle
tandis que d’autres bois tel le Hemlock Canadien ou le
Cèdre apportent de meilleurs qualités isolantes.
Cette conception de saunas en panneaux permet plus facilement
des fabrications sur mesure et des configurations adaptées
aux souhaits actuels d’esthétique et de design.
L’intérieur est sobre et comporte des banquettes
à différentes hauteurs afin de laisser le choix
de la place en fonction de la chaleur souhaitée. Conçues
pour s’asseoir ou s’allonger, les banquettes sont
réalisées dans des bois différents de la
cabine, le plus souvent de l’abachi, bois exotique poreux,
peu réceptif à la chaleur et offrant un contact
agréable pour le corps. Des caillebotis en bois placés
au sol complètent la structure.
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La production de chaleur •••
Cette dernière est obtenue par un poêle («
KIUAS » en finnois) qui peut prendre plusieurs formes
:
- le poêle électrique est le plus couramment utilisé.
Il contient 20 ou 30 kg de roches volcaniques, les « péridotites
» qui bénéficient d’une très
haute résistance à la chaleur. Son déclenchement
s’effectue soit grâce à un système
de moniteur incorporé au poêle, soit par l’intermédiaire
d’un boîtier avec commandes extérieures.
Le principe est simple : les pierres volcaniques emmagasinent
la chaleur pour la rediffuser ensuite dans le volume intérieur
à une température située entre 70°C
et 100°C, voire 120°C. La programmation facilite l’emploi
du sauna, car l’utilisateur n’a plus à la
surveiller. Celle-ci permet également de définir
la façon la mieux adaptée à l’organisme
de prendre le bain de sauna.
- Le poêle à bois, aujourd’hui très
peu regardé et plus contraignant car il faut «
l’alimenter » est surtout apprécié
des nostalgiques des techniques anciennes. Il présente
également l’avantage d’apporter une solution
aux endroits isolés ne disposant pas d’électricité.
••• La
ventilation •••
La température d’un sauna n’est pas homogène.
Le poêle réchauffe l’air qui s’élève
vers le plafond, alors que celui de l’extérieur,
plus froid, entre dans la cabine par la bouche d’aération
située au niveau du sol. Ce phénomène de
convection implique que le haut est plus chaud que le bas. Un
renouvellement de l’air est indispensable pour la sécurité
des utilisateurs, et il importe de bien évacuer l’air
vicié.
En effet, les utilisateurs, assis sur les banquettes, respirent
l’air chaud en partie haute de la cabine. L’air
qui est expiré étant plus froid, pauvre en oxygène,
il a tendance à descendre dans la cabine et une construction
de sauna intègre une évacuation basse afin de
permettre la sortie de cet air plus lourd poussé par
la masse d’air chaud en hauteur.Dans le cas d’une
utilisation intensive, une évacuation d’air par
des cheminées d’angle permet une meilleure ventilation.
••• La
séance de sauna •••
Une séance de sauna se prend idéalement dans le
calme si l’on veut retirer les bienfaits de la séance.
Cette dernière va durer, entre les phases de sauna et
de repos de 1 heure 30 à 2 heures et pourra éventuellement
être complétée de séances de massage.
La séance de sauna commence par une douche car on se
doit d’entrer avec une peau extrêmement propre,
et préparer à la chaleur du sauna par la chaleur
de la douche.
Le premier bain de sauna dure de 8 à 15 minutes selon
les limites de chacun. Le choix de la banquette dépend
de l’habitude, le débutant préférant
la banquette basse moins chaude.
Au bout de 2 à 3 minutes, la transpiration apparaît
jusqu’à recouvrir le corps.Ce premier bain est
ensuite suivi d’une douche qui élimine la transpiration,
mais qui va laisser le corps bien chaud.S’ensuit une phase
de repos, de préférence allongé, de 10
à 15 minutes.
Après cette séance de repos, on commande une deuxième
séance. Celle-ci suit le même protocole : douche
chaude pour évacuer la sueur possible du repos et réchauffer
les extrémités. Le corps séché,
on revient dans le sauna pour une durée variant de 10
à 15 minutes. Le corps réagit alors plus rapidement
que lors de la première séance.
Un troisième passage peut être envisagé,
mais il faut au préalable s’assurer que l’on
a bien récupéré.
Dû au développement du nombre de saunas à
titre privé ou collectif, on assiste aujourd’hui
à de nombreux bains de sauna improvisés. Afin
de profiter au mieux des énormes bienfaits des saunas,
on ne peut que conseiller d’être attentif aux conseils
des professionnels et aux réactions de son organisme.
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