COMMENT AMENAGER UN ESPACE SPA ?

QUEL BUDGET FAUT- IL Y CONSACRER ?
Par Benoît CREUS – Directeur Général de VERRE et QUARTZIngénieur ICAM et IEFSI


On entend de plus en plus parler de « SPA »
ou encore « SPA INSTITUT » ou « DAY SPA »
comme étant de nouveaux espaces à découvrir.

De quoi s’agit-il ?



Venue des Etats-Unis, cette nouvelle génération de centres de bien-être suscite beaucoup d’interrogations tant elle semble répondre aux attentes actuelles d’une nouvelle génération de clientèle, constituée certes de femmes, mais aussi d’hommes, de seniors.
Les soins et activités proposés permettent à chacun d’accéder à une notion de bien-être personnalisée.

Même si pour certains les « SPAS » ne sont pas obligatoirement déclinés autour de l’eau (on trouve dans les pays orientaux, des espaces de massages tournés vers la recherche du bien-être intérieur que l’on nomme « DAY SPAS »), dans la plupart, l’eau a un rôle prépondérant, illustrant ainsi pleinement cette définition du SPA,« Sanitas Per Aqua » (la santé par l’eau).

On y retrouve ainsi, regroupés en un seul lieu, l’institut de beauté traditionnel (soins du visage, soins du corps, épilation,…), le centre de balnéothérapie (par la présence des baignoires hydro-massantes, des douches à jets, des stations à affusion et autres tribunes de douche) et des activités plus spécifiques orientées vers les massages ou la détente (hammam, tépidarium, caldarium, sauna,…). Ces soins sont proposés en formules séparées ou sont liés dans des « croisières » (détente, remise en forme…).


Pourquoi ces soins semblent-ils promis à un bel avenir ?
Tout simplement parce qu’ils répondent à un besoin actuel des personnes à se prendre en mains pour simplement « se sentir bien ». Lorsque l’on se sent bien dans son corps, on redécouvre des qualités d’écoute et de disponibilité et les espaces spas, par les ambiances, les odeurs, les couleurs qu’ils proposent, créent des atmosphères propices à l’efficacité des soins qui y sont prodigués.

Dès lors, on peut effectivement se poser la question de savoir s’il faut nécessairement disposer d’une surface de 300 m2 pour créer les ambiances et proposer les soins d’un institut spa, ou si l’on peut répondre aux demandes de la clientèle dans un espace plus restreint ?
Il en va ici comme pour beaucoup d’activités : la diversité favorise la venue d’une clientèle plus large mais elle engendre également des contraintes importantes : dans certaines villes, les surfaces importantes sont très chères et quasiment introuvables et remettent donc en cause la viabilité du projet, un vaste choix d’activités nécessite un personnel important et une variété des compétences.
Par opposition, on voit naître dans des surfaces réduites, de nouvelles activités très ciblées, seules ou en complément d’activités existantes (centres d’esthétique, de mise en forme, cabinet de kiné…).
Il est cependant important que les espaces consacrés aux soins individuels soient de taille suffisante pour être confortables et proposer une ambiance.

En réalité, la surface nécessaire découle des choix des prestations qui seront proposées ainsi que de leur nombre. Nous vous proposons donc de définir ci-après les surfaces nécessaires pour des aménagements de qualité ainsi que les contraintes de base à prendre en compte pour obtenir un espace spa agréable et fonctionnel. Il s’agit dans un premier temps de faire un inventaire des possibilités qui seront ou non sélectionnées en fonction de la surface disponible, de la configuration des lieux, des qualifications du personnel, ou simplement du souhait de les proposer aux clients.

• Cabine épilations / soins du visage :

Proposées en activités de base dans les centres d’esthétique, les cabines d’épilation présentent l’avantage de pouvoir être affectées, si nécessaire, à d’autres soins.Si la présence d’un point d’eau est indispensable, en revanche elles ne nécessitent pas de douche dans la cabine et une surface minimale de 7 m2 permet d’aménager une cabine confortable. Lorsque l’espace le permet, la surface peut être portée à 10 – 11 m2.

• Cabine soins du visage :
Cette dernière doit comporter un point d’eau, et recevoir un fauteuil de soins ainsi que les guéridons pour y disposer les produits. Il est important pour l’esthéticienne de pouvoir se mouvoir facilement de part et d’autre du fauteuil.
La surface minimale d’une telle cabine est de 6 m2, elle peut aller jusqu’à 8 ou 9 m2.

• Cabine pédicurie et manucurie :

Les fauteuils de soins étant d’encombrement plus restreint, cette cabine ne nécessitera qu’une surface de 6 à 8 m2 pour un agencement fonctionnel.

• Cabine modelages et soins du corps :
Idéalement équipée d’une douche, la cabine modelages et soins du corps doit être de taille suffisante pour permettre un accès aisé à la table de soins. La surface idéale d’une telle cabine se situe entre 9 et 11 m2. Ces soins étant fort appréciés, lorsque la surface du centre le permet, on étudiera la possibilité de réaliser deux cabines de ce type.

Balnéo :
Equipement de base d’un espace spa, la balnéo permet de pratiquer des soins amincissants, raffermissants, reminéralisants, etc… suivant les propriétés des produits ajoutés (huiles essentielles, algues, sels, boues,…).
Une cabine balnéo requiert beaucoup d’attention lors de sa mise en œuvre, l’installation de plomberie doit pouvoir permettre le remplissage de la baignoire en un temps court ainsi que son vidage. Les murs et sols seront par exemple carrelés et la pièce sera ventilée en fonction du nombre important de calories dissipées par l’eau chaude. Une baignoire nécessite parfois des interventions techniques, on veillera donc à laisser une accessibilité satisfaisante de chaque côté. La surface d’une telle pièce sera de 12 à 14 m2.

• La douche à affusion :
Les différents types de douche à affusion s’adaptent à toutes salles d’eau et permettent de proposer divers soins d’hydrothérapie tels que des modelages sur des zones locales, des stimulations de la microcirculation périphérique et une stimulation profonde des muscles.
Les contraintes techniques d’une pièce pour douche à affusion sont celles d’une pièce d’eau (comme la cabine Balnéo), la surface d’une telle cabine est de 8 à 10 m2.

La table à eau :
Les tables à eau sont conçues pour assurer un confort optimal aux clients et une aisance parfaite aux esthéticiennes.
La table à eau offre la possibilité de réaliser des enveloppements, des gommages et des masques. Le rinçage des soins du corps se fait directement sur cette table, conçue avec un contour unique qui permet un écoulement vers le système d’évacuation.
La table à eau est le complément idéal de la douche à affusion.La table à eau peut éventuellement se trouver dans la même cabine que la douche à affusion.

La tribune de douche :
Equipement de base des centres de thalassothérapie ou balnéothérapie, la tribune de douche permet de réaliser des massages localisés grâce à la force du jet d’eau projeté. L’espace nécessaire à l’installation d’une tribune de douche (sous forme d’un couloir de 5 m de long environ sur 2 m de large) amène parfois à supprimer ce soin, pourtant fort apprécié lorsqu’il est prodigué par une hydrothérapeute qualifiée.

Le spa encore appelé « Jacuzzi » :
Jacuzzi est un nom de marque (au même titre que « frigidaire ») où sont associés, dans un bassin, les jets d’eau et d’air. On lui emploie donc de préférence le terme « spa » plus généraliste.
Le spa est préconisé pour les cures minceur, tonifiantes ou relaxantes car il est possible de personnaliser la puissance des jets d’air et d’eau, et le temps. Le fonctionnement d’un spa est assez similaire à celui d’une baignoire balnéo, la principale différence est qu’un spa dispose d’un système de filtration ne nécessitant pas de changer l’eau après chaque bain (comme une piscine). Sur le plan de la consommation d’eau, un spa est donc économique puisqu’il ne faut renouveler l’eau que quelques fois par an. En revanche un spa ne peut recevoir d’algues ou d’huiles essentielles qui seraient bloquées par le filtre. L’intérêt d’un spa réside donc dans la possibilité de proposer différents types de modelages, à différentes zones du corps : dos, cervicales, voûtes plantaires, hanches,…
Un spa nécessite beaucoup de précautions au niveau de l’hygiène, la température de l’eau étant à 37° C. Ainsi, pour un spa très fréquenté, une goulotte de débordement en périphérie du bassin s’impose. Le niveau d’eau affleure le haut du bassin et dès qu’une personne y entre, son volume d’eau déborde et est repris dans un réservoir de compensation avant d’être filtrée, chauffée et renvoyée à nouveau vers le bassin.
La réglementation sur les spas évolue en prenant en compte le côté hygiénique, ce qui implique des installations techniques sophistiquées et encombrantes. A titre d’exemple, un réservoir de compensation atteint facilement 1000 litres et peut représenter un volume identique au bassin proprement dit.
Si le bassin est posé hors sol, il y a lieu de prévoir des marches d’accès en périphérie du bassin, il faut donc vérifier que la hauteur sous plafond est suffisante pour que l’on puisse enjamber la margelle du spa sans se cogner au plafond !
En résumé, par son côté relaxant et convivial (il existe des spas pouvant contenir jusqu’à 6/8 personnes), le spa représente une activité fort appréciée. Mais du point de vue de l’investisseur, il y a lieu de prendre en compte, hormis le côté financier (un spa à goulotte de débordement coûtant de 22 000 à plus de 30 000 e), l’espace nécessaire à son implantation (environ 10 m2 + 10 m2 de local technique pour un bassin de 4 m2) ainsi que la déshumidification du local.

Le hammam :
En plein développement, le hammam qui représente un bain de vapeur humide pouvant être complété par des soins spécifiques (gommages, modelages,…) se décline maintenant en tépidarium, caldarium ou autre laconium ; la principale différence portant sur les variations du couple de paramètres chaleur et humidité. Suivant leur valeur et la façon dont on les obtient (par chauffage des murs, des bancs, ou uniquement par un générateur de vapeur), ils créent une ambiance qui conviendra mieux à certaines personnes (hommes, femmes, jeunes ou moins jeunes) et on prendra plaisir à y rester plus ou moins longtemps (de 10 minutes à 1 heure) sans ressentir la fatigue. Plusieurs cabines mises côte à côte permettent aux utilisateurs de sélectionner leurs ambiances.Ces évolutions sont aujourd’hui rendues possibles par le développement des cabines en maçonnerie. Construites par un maçon, elles existent aussi dorénavant dans toutes configurations en panneaux préfabriqués de béton précontraint qui sont facilement installés dans des locaux existants.
Lors de la mise en place d’un hammam (que ce soit une cabine pour une personne ou pour 8/10 personnes), il faut intégrer un local technique dans lequel se situera le générateur de vapeur. Ce local technique représente en moyenne 2 m2 de surface au sol, à proximité de la cabine ou en dessous.
Le hammam connaît aujourd’hui un fort engouement, car en plus d’évoquer le climat oriental, il apporte de suite un sentiment de mieux-être : les vertus de l’eucalyptus optimisent l’efficacité d’une séance de hammam en agissant sur la circulation sanguine et les douleurs musculaires.
On peut également intégrer dans une cabine hammam, une douche, des jets de massage et même une table de massage.Des applications telles le rassoul permettent d’optimiser la prestation. Lors de cette dernière, la cliente s’applique le rassoul, terre chargée en silicium qui donne très rapidement une qualité de peau incomparable. Ensuite, cette dernière se rince dans la douche intégrée dans la cabine.Une cabine hammam (hors local technique) peut varier de 4 m2 à plus de 20 m2 suivant les fonctions qu’on lui destine.

Le sauna :
Alors que le hammam est toujours intégré dans les programmes de soins corps pour préparer la peau à recevoir des principes actifs et éliminer les toxines, le sauna a davantage une vocation de détente.
Un sauna peut être mixte ou non. La taille convenable minimale d’un sauna doit pouvoir contenir au moins un banc de 2 m de long sur lequel on pourra s’allonger.
Un sauna de 2 x 2 m est un sauna très convenable pour 3 à 4 personnes. A la différence d’un hammam, un sauna ne nécessite pas de local technique extérieur, le poêle se trouvant dans la cabine.
Toutefois, pour pouvoir respecter le rituel du sauna, il y a lieu de prévoir une douche à la sortie ainsi qu’une salle de repos où l’on se relaxera une période équivalente après chaque bain de sauna.


• La cabine UV :
Professionnalisés depuis la parution du décret en 1997, les solariums font de nouveau partie des prestations indispensables. La rentabilité d’une cabine UV n’est plus à démontrer, cette dernière étant relativement petite (7 m2), ne nécessitant pas de contraintes de fluides (hors évacuation de l’air chaud de l’appareil qui peut parfois être important), et surtout proposant un appareil à faible coût d’utilisation ne nécessitant pas de personnel présent en permanence comme lors d’un soin.

La salle de relaxation :
Les différents soins prodigués dans un espace spa sont fatigants et nécessitent une relaxation appropriée.
Selon les cas, on optera pour une relaxation en salle sombre ou dans un environnement lumineux et reposant.
Il y a lieu d’étudier un emplacement propice situé à proximité des soins ou activités, par exemple la relaxation après une activité aquatique pourra s’effectuer sur le bord d’une piscine, idéalement sur des bancs chauffants ergonomiques.
La salle de relaxation sera de taille suffisante pour être agréable et calculée en fonction du nombre de personnes, sachant qu’un banc de relaxation nécessite environ 2 m2.

Les vestiaires, toilettes et douches :
Souvent laissés pour compte, les vestiaires, toilettes et douches sont le reflet de votre espace spa. Les sens de circulation doivent être étudiés pour optimiser l’occupation de l’espace tout en permettant une certaine intimité.
On ne saurait trop conseiller d’étudier avec attention le nombre de cabines vestiaires, de casiers et de douches à prévoir, tenant compte qu’une douche, si elle est affectée à un soin spécifique, devra pouvoir proposer des jets techniques (parapluie, douche écossaise, jets de massage,…) et qu’elle pourra un jour, tomber en panne… Que sera-t-il prévu dans ce cas ?
De même, les accès à la plupart des équipements, y compris douches, toilettes, etc… doivent aujourd’hui être prévus pour accueillir des personnes handicapées (portes d’accès de largeur 1 m).

La tisanerie :
De taille modulable en fonction de la place dont on dispose, une tisanerie complète agréablement les soins de l’espace spa.

• Les rangements et stockages :
Certains soins induisent une consommation importante de consommables (algues, draps d’examen, peignoirs, …). Il faudra y penser hors de l’affectation des surfaces pour pouvoir stocker, dans de bonnes conditions, les produits et disposer sur place d’un stock suffisant.
Un espace spa nécessite également de disposer d’une laverie équipée d’un lave-linge et d’un sèche-linge.

Le coin attente :
Situé dans l’entrée du centre, le « coin attente » est le reflet de l’attention portée aux clientes. Il n’a pas besoin d’être très vaste mais il sera suffisamment confortable pour que l’on s’y sente bien.
De plus, il peut être souhaitable de l’isoler par rapport à certaines conversations (par exemple téléphoniques) que l’on ne souhaite pas divulguer.

Le coin conseil :
Dans l’esprit du « coin attente », le « coin conseil » permet de définir en confidentialité les soins personnalisés.
C’est lors de cette présentation que l’on propose aux clientes les programmes, il est donc important de pouvoir les expliquer dans un environnement calme et accueillant.

Accueil et vente :
Les surfaces d’accueil et de vente permettent, si elles sont bien étudiées, d’augmenter de façon significative le chiffre d’affaires de l’espace spa. Elles demandent d’être étudiées avec soin.

Equipements et communication
Equipements et rentabilité
Dans un espace spa, il est laissé une part importante à la décoration et au design des appareils. Ces derniers sont d’excellents éléments de communication et permettent de différencier les espaces.Il est également important d’offrir une harmonie entre tous les équipements, grâce à des fresques pour recréer une ambiance orientale par exemple, ou grâce à un décor bois. Certaines prestations telles le hammam, le sauna, le spa se vendent peu à la séance, mais s’intègrent le plus souvent dans des programmes, ou sont vendues en abonnements pour une durée limitée, en consommation à volonté.Plus l’espace spa sera réduit, plus il sera conseillé de privilégier des postes à rentabilité, tels que la balnéo (si possible multifonctions, hammam, douche à jets) et la table à eau, douche d’affusion pour les enveloppements, gommages et soins d’hydrothérapie.

Crédit photos : VERRE & QUARTZ