| Le
23 octobre dernier, dans le cadre des rencontres de l’EFOM,
Dominique Perrein et le docteur Jean Simonnet ont coordonné
une soirée en hommage à Boris DOLTO. Un moment
émouvant où des étudiants, des professionnels
en exercice et encore quelques anciens ont partagé
leur regard sur la kinésithérapie à travers
les films de Boris DOLTO, projetés en continue pendant
la rencontre, et les propos d’intervenants trop peu
nombreux mais très sincères.
J.P.Zana |
Il y a maintenant 25 ans, Boris DOLTO rassemblait
la quintessence de son enseignement dans son unique ouvrage kinésithérapique
publié : « le corps entre les mains ». Ce livre,
toujours édité chez Hermann, reste le témoignage
le plus fort d’une kinésithérapie moderne, indifférente,
à l’époque, de la mode de la mécanothérapie
et physiothérapie et encore aujourd’hui des étio,
ostéo et autres thérapies. La pratique développée
par le Maître dans son enseignement au quotidien et dans ses
écrits, est basée sur l’écoute du patient,
la recherche des causes, la pratique manuelle et le refus de la facilité
des méthodes de rééducation. Il est celui qui
a donné ses lettres de noblesse à la thérapie
manuelle.
Que reste-t-il de cet héritage
?
La rencontre amicale et confraternelle organisée par l’EFOM
a permis de croiser des confrères à la démarche
peu assurée mais au regard encore vif et que les mots des plus
jeunes ont quelque peu humidifié. Ils n’ont pas pris
la parole, mais leur présence est un signe encore plus fort
de leur attachement à ce métier que l’on ne peut
pratiquer sans aimer. Qu’ils en soient remerciés. Dominique
Perrein a cédé le micro après s’être
adressé à Christian Bouchot, kinésithérapeute
et médecin et qui a montré avec talent que B.
DOLTO avait, par empirisme, déduit des capacités
d’anticipation du motoneurone g que les recherches récentes
semblent confirmer. Patrick Colné a évoqué les
apports de DOLTO sur le mouvement imaginé
; Jean-Pierre ZANA s’est exprimé sur
l’écoute et le lien que les DOLTO, Françoise
et Boris, invitaient à faire entre le corps et l’esprit
pour le développement d’une thérapie somato-psychique.
Gilles Péninou a insisté sur la modernité
des enseignements du maître et avec une très grande émotion,
le docteur Jean Simonnet a évoqué les
noms de ceux qui ont suivi les enseignements de B. DOLTO
et ont fait avancer cette pratique thérapeutique.
La conclusion de cette soirée est revenue à Catherine
DOLTO TOLICH. Cette dernière a évoqué
quelques lignes de sa vie quotidienne et surtout de ses premiers pas
de médecin au côté de son père. Un émouvant
hommage à ceux qui lui ont permis aujourd’hui de développer
à travers l’aptonomie, une synthèse de leur talent.
| Les
12 commandements de Boris DOLTO |
| 1. |
Non
imitation |
| 2. |
Non
ordre |
| 3. |
Non
fantaisie |
| 4. |
Non
trouvaille |
| 5. |
Non
faire l’inventaire des symptômes |
| 6. |
Non
établir une cartographie des zones réflexes |
| 7. |
Non
bavardage pendant les séances |
| 8. |
Non
chronométrage du temps passé |
| 9. |
Non
automatisation répétitive et conditionnante |
| 10. |
Non
faire la thérapie manuelle passive |
| 11. |
Non
viser le musclage |
| 12. |
Non
mécanisation d’un geste par une main robot |
« La kinésithérapie
n’est pas le traitement par le mouvement mais le traitement
du mouvement. »
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