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Jean-Pierre Zana, expert sur le dossier
des TMS à l’Institut National
de Recherche et de Sécurité (INRS)


L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) est une institution de prévention. Financée par la Caisse nationale d’assurance maladie, elle travaille en collaboration très étroite avec les caisses régionales d’assurance maladie. Association régie par la loi de 1901, elle a pour objectif : la santé et la sécurité de l’homme au travail. Pour y parvenir, elle emploie des experts dans le domaine de la prévention et l’ergonomie. C’est ainsi qu’elle s’est adjointe les services d’un cadre de santé kinésithérapeute : Jean-Pierre Zana.

Jean-Pierre Zana a intégré le département équipement du travail et ergonomie de l’INRS. Cette entité regroupe des experts-conseil dans tous les domaines : manutention, bâtiment, travaux publics, incendie, explosion ; des ergonomes sur le stress, la conception des lieux de travail…L’INRS couvre tout le champ de l’hygiène et de la sécurité sur les lieux de travail, des usines chimiques, aux plateaux de bureaux employant des personnels travaillant à longueur de journée sur un ordinateur.


Ergonomie et psychologie

C‘est sa qualité d’ergonome et son parcours atypique qui ont fait que l’INRS a fait appel à Jean-Pierre Zana. « Ma formation d’ergonome et mon parcours« particulier » me permettent d’apporter des réponses originales aux questions que pose la prévention sur le lieu de travail » explique-t-il.
C’est ainsi que sur le dossier des troubles musculo squelettiques, l’INRS a voulu recruter un professionnel « ayant des compétences en ergonomie ainsi que des connaissances en physiologie, en pathologie et en anatomie ».

C’est le cas de Jean-Pierre Zana dont l’expérience s’est forgée à travers une longue pratique de terrain.Diplômé en 1978 après des études à l’école d’Assas, il est entré dans le service de rhumatologie du professeur Marcel-Francis Kahn. « Chez Kahn, je m’aperçois que, par rapport à ce que j’avais appris à l’école, beaucoup de choses m’échappaient ». Soucieux de mieux appréhender l’aspect relationnel entre soignant et soigné, il s’est engagé dans une formation psycho-clinique avant d’intégrer l’école des cadres. C’était en 1983.

Ensuite, ce fut une quinzaine d’années de pratique hospitalière en rhumatologie et en rééducation fonctionnelle, un passage en hôpital de jour psychiatrique ainsi qu’une bonne dizaine d’années en entreprise en tant que directeur commercial ou directeur des ressources humaines. Avec toujours l’objectif de travailler dans le cadre de la prévention sur les lieux de travail, Jean-Pierre Zana avait voulu intégrer le monde de l’entreprise pour mieux« comprendre la prévention ». C’est ce qu’il a fait. Les conseils et les formations qu’il préconise aujourd’hui sont le fruit de son expérience professionnelle de consultant puisque, avant d’intégrer l’INRS, il faisait partie des cadres de l’EFOM, l’école Boris Dolto de la rue de Javel.


En charge des troubles musculo squelettiques


Aujourd’hui, à l’INRS, il est surtout chargé de s’occuper plus spécifiquement des troubles musculo squelettiques. « Ils constituent un problème de santé publique majeur dans la société en général et dans les entreprises en particulier puisqu’ils représentent 76 % des maladies professionnelles. C’est la première maladie reconnue par la Sécurité sociale au titre des maladies professionnelles » explique Jean-Pierre Zana.

Une mission qui colle parfaitement à celle que doit remplir l’INRS. Basé à Nancy où il emploie 400 personnes, il constitue un pôle de recherche et d’assistance aux entreprises et aux CRAM. Le siège social de l’INRS se situe à Paris. 250 personnes travaillent dans les locaux du XIVe arrondissement de la capitale.
« Les salariés, les patrons de petites et moyennes entreprises, mais aussi de très grandes entreprises, qui se posent des questions par rapport à des situations dedanger potentielles qui existent dans leur entreprise font appel à nous » indique le kinésithérapeute. Il souligne que l’INRS est capable de répondre à toutes les questions qui concernent les risques liés au travail. Tout ce qui concerne la prévention des risques d’explosion, de ceux liés à la conduite d’engins, des risques électriques, industriels, chimiques ou médicaux fait partie des missions de l’INRS qui emploie des experts dans tous ces domaines.


Formation, information,sensibilisation et assistance

Graziella DORNIER, chargée de communication à l’INRS, indique que « les deux tiers de notre activité, sont la formation, l’information, la sensibilisation et l’assistance qu’elle soit juridique, médicale ou technique. Elle peut prendre des formes variées : réponse immédiate ou constitution d’un dossier et une réponse très complète.

Le troisième tiers, correspond aux études et à la recherche appliquées à la prévention. C’est de cette recherche que nous tirons les connaissances que l’on diffuse aux travers d’un certain nombre de documents. De même, ces connaissances, nous les transmettons à travers notre action de formation ».

La mission de l’INRS est bien de développer des connaissances, d’aider et d’inciter les entreprises à mettre en place des actions de prévention des risques. C’est aussi bien la direction que les salariés à travers les représentants des salariés ou les CHSCT qui font appel à l’institut qui est financé par les cotisations que paient les entreprises du régime général au titre des accidents du travail.


Relayé par les CRAM

« Nos relais dans les entreprises sont les Caisses régionales d’assurance maladie. Nous construisons nos programmes à partir d’une réflexion interne, de celle des CRAM qui nous font remonter les besoins qu’elles ont ressentis, des médecins du travail, des inspecteurs du travail, des nouvelles réglementations » souligne Graziella DORNIER.

Elle précise que chaque problème rencontré ainsi que les solutions mises en place dans une entreprise peuvent avoir valeur d’exemple et être généralisés à d’autres entreprises.
Explications : « Il nous arrive dans le cadre de programmes d’étude, d’intervenir dans une entreprise parce que le problème rencontré sera suffisamment important pour que les solutions qui lui seront apportées puissent être généralisées et transmises à d’autres entreprises. Mais nous ne répondons pas directement à la demande d’une entreprise sans nous mettre en relation avec les ingénieurs et contrôleurs de la CRAM dont elle dépend ».


Concevoir des formations

Autant de cas qui peuvent amener l’INRS à concevoir des formations. « Nous formons des chefs de la sécurité, des médecins du travail, des membres de CHSCT, des techniciens… On va se rendre compte que le travail évolue, qu’il faut s’ouvrir à d’autres publics. Peut-être sera-t-on amené à s’adresser aux responsables des ressources humaines d’une entreprise » indique Graziella DORNIER.

Elle ajoute que l’INRS peut également« former des formateurs afin de multiplier les moyens. Nous essayons de fonctionner par relais ». C’est ainsi que l’INRS intervient dans l’enseignement technique afin que les professeurs intègrent les notions de sécurité dans les spécialités qu’ils enseignent. Jean-Pierre Zana confirme que« les CRAM sont capables d’apporter des réponses à beaucoup de questions mais, sur certains thèmes ou sur certains modes de travail ou de fonctionnement, elles ont besoin d’avoir un avis différent et elles nous demandent d’intervenir en tant qu’expert. Ensuite, nous pouvons conceptualiser notre intervention, en faire un cas d’école et le diffuser ».

Un bel exemple, si besoin était, de la volonté de la sécurité sociale de développer la prévention dans le monde du travail. « INRS est né en même temps que la Sécu. En fait, le législateur a créé la prévention en même temps que la réparation. En considérant que l’entreprise au sens collectif assurerait ses employés, les salariés ne cotiseraient pas. L’entreprise fait peser un risque donc elle assure ses salariés » explique Graziella DORNIER.

Sachez enfin que le Conseil d’administration de l’INRS est composé de façon paritaire de neuf représentants des employeurs (MEDEF) et de neuf des salariés (CFDT, CFTC, CGC, CGT, CGT-FO), chaque voix pesant autant que l’autre.

Marthe BENA

Un objectif : La santé et la sécurité de l’homme au travail
Pour y parvenir, l’INRS a trois missions :

Anticiper : Du risque toxique au bien-être physique et psychologique, l’INRS conduit des programmes d’études et recherches pour améliorer la santé et la sécurité de l’homme au travail.Le bilan de ses actions concrètes lui permet également de déterminer les besoins futurs en prévention. Tous les cinq ans, un programme définit son cadre général d’action.

Sensibiliser : L’Institut conçoit de nombreux produits d’information : 4 revues, 300 brochures, 150 affiches, 70 vidéos, des cédéroms. Ils sont diffusés auprès d’un large public, composé de chargés de sécurité, médecins du travail, ingénieurs, opérateurs, formateurs... Certaines actions ponctuelles font l’objet de campagnes grand public de prévention.

Accompagner : L’INRS propose une aide technique et documentaire : 40 000 demandeurs font appel chaque année à ses services d’assistance pour résoudre un problème de prévention.
Il transmet son savoir-faire et ses compétences par 70 offres de formation ou d’aides pédagogiques adaptées aux besoins des animateurs de la prévention en entreprise. Ses experts participent à de nombreux groupes de travail, nationaux, européens ou internationaux, pour la rédaction de textes à caractère réglementaire ou normatif.Son programme d’activités est établi dans le cadre des directives de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) et des orientations politiques du ministère de d’Emploi.
Son budget est de l’ordre de 68 millions d’euros. Il provient, en presque totalité, du fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles de la CNAMTS, fonds alimenté par les cotisations accidents du travail - maladies professionnelles payées par les entreprises.
 
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