DECISION KINESITHERAPIQUE : le
livre
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MAG veut donner une plus large place à ceux
qui « écrivent la kinésithérapie »
d’aujourd’hui et de demain.Pour ces premiers pas dans
cette rue des auteurs, nous avons été à la rencontre
d’un auteur et d’un livre : « Décision Kinésithérapique
» de Michel GEDDA aux éditions Masson.
Nous vous recommandons sa lecture critique car cet ouvrage interpelle
le lecteur qu’il soit un jeune professionnel en formation ou
fraîchement diplômé, un professionnel installé
dans ses pratiques ou un professionnel « sur le retour »
qui pense avoir déjà tout vu ou entendu. Il est séduisant
de penser que 350 professionnels ont émis un point de vue et
nous suggèrent de défendre notre métier avec
nos armes sans parti pris de méthodes mais en suggérant
d’utiliser toutes les techniques que nous avons à notre
disposition. A chacun d’apprécier ou non cette ouvrage,
mais il ne peut laisser insensible celui qui vit dans le progrès… |
Marcel BENOIT :
De quoi traite le livre « Décision kinésithérapique
» ?
Michel
GEDDA : L’ouvrage est composé
de deux parties.
La première partie cherche à définir la
Masso-Kinésithérapie relativement à ses
missions de Santé Publique. Elle modélise la démarche
du kinésithérapeute en s’appuyant à
la fois sur ses investigations cliniques et sur l’écoute
du patient.
L’objectif est de mettre des mots sur ce que chaque kiné
fait au quotidien souvent de façon implicite. Ainsi,
cette partie valorise notre passionnante profession en révélant
ses valeurs et potentiels. On pourra alors mieux comprendre
par exemple pourquoi la liberté de choisir nos propres
techniques est si fondamentale, comment formuler un diagnostic
kinésithérapique… autant d’évidences
qu’on n’a pas toujours appris à bien exprimer.La
seconde partie de l’ouvrage a été écrite
avec la collaboration de près de 350 professionnels européens,
praticiens et formateurs reconnus, qui se sont investis pendant
plusieurs mois afin de structurer nos savoirs selon un modèle
appelé “chaîne logique” reliant les
problèmes du patient aux actions kinésithérapiques
potentielles.
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Les processus de décision du kiné sont présentés
selon des cohérences de base dont l’importance témoigne
de la richesse de notre art thérapeutique. Le champ d’intervention
de la profession ainsi dressé jette les fondements d’une
véritable science kinésithérapique.
M.B. : Qu’est-ce
qui a motivé cette nouvelle approche ?
M.G. : Le modèle
médical, construit autour de la pathologie et dont notre profession
est historiquement issue, s’est révélé
insuffisant pour comprendre les conséquences de la maladie
sur l’être humain et son environnement. La Masso-Kinésithérapie
évolue dans une dimension plus large et plus pragmatique qui
constitue une culture bien spécifique, sa culture. En cherchant
à organiser nos connaissances, on a voulu définir notre
patrimoine théorique. Avant de se faire reconnaître,
mieux vaut se connaître soi-même.
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Par
ailleurs, jusqu’à présent nos savoirs étaient
surtout organisés à partir de ce que l’on
fait, autour de la technique. C’est bien mais insuffisant,
à la fois pour la formation de nos futurs confrères
mais aussi pour la reconnaissance de nos pratiques. Car ce que
nous faisons est toujours le résultat d’une réflexion
qui permet de décider les activités thérapeutiques
à partir des besoins réels du patient. La plus
parfaite des mobilisations restera inefficace si elle ne correspond
pas au problème du patient.
M.B. :
En quoi cette démarche permet de développer la
profession autrement ? |
M.G.
: Le concept des chaînes logiques permet de
mieux comprendre ce qui se passe entre l’observation clinique
et l’action thérapeutique. Il aide la réflexion
du professionnel. C’est aussi un outil pour mieux communiquer
les problèmes que nous traitons, nos objectifs et techniques.
L’intérêt se situe autant dans la démarche
thérapeutique que pour l’évaluation de nos activités
que nous pouvons alors légitimer plus facilement.
Le système des chaînes logiques propose à la profession
de se penser autrement : de se penser d’une façon plus
opérationnelle, plus libre et plus spécifique à
ses savoirs. C’est une approche plus professionnelle qui fait
indéniablement évoluer la kinésithérapie
et dont le premier bénéficiaire sera le patient.
M.B. : Comment
l’approche des chaînes logiques peut aider les étudiants
à devenir plus facilement professionnels ?
M.G.
: En mettant « à plat » les
étapes élémentaires qui jalonnent la réflexion
du kiné, les chaînes logiques dévoilent
à l’étudiant des cohérences de base
qu’il n’est pas toujours en mesure d’appréhender
par la simple observation des gestes du professionnel. En effet,
il s’agit souvent d’évidences pour nombre
de nos confrères, mais qui le sont moins quand on est
étudiant, néophyte en un domaine ou simplement
étranger à la profession. Et là on s’aperçoit
qu’il reste tant de choses à apprendre quand on
est diplômé !
Par ailleurs, le thésaurus construit montre aussi la
somme des connaissances à acquérir, ce qui n’est
jamais inintéressant lorsqu’on veut planifier son
apprentissage. Mais le principal intérêt est d’orienter
d’emblée l’étudiant vers une démarche
réflexive qui valorise davantage la déduction
que la répétition.En définitive, en explorant
les mécanismes qui fondent le jugement professionnel,
le concept des chaînes logiques privilégie la compétence
à la connaissance. Son principal mérite est de
considérer la Masso-Kinésithérapie comme
une ingénierie et non seulement comme une technologie. |
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| EDITIONS
MASSON
21, rue Camille DESMOULINS
92789 ISSY-LES-MOULINEAUX
CEDEX 9
Tél. : 01 73 28 16 30
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Michel
Gedda
est directeur del’institut de Formation en Masso-Kinésithérapie
de Berck-sur-Mer et chef de projet à l ’Agence
Nationale d ’Accréditation et d ’Évaluation
en Santé (Paris). |
Philippe
Serieys,
assistantd’Helmut Newton et Alice Springs de 1984 et 1992,collabore
avec VSD, Stern, Newlook, Entrevue, Vanity Fair, Vogue Espagne,
Vogue Allemand, Traveler, Focus …Ses photos publiées
dans le mondecomptent parmi diverses collections privées
et publiques. |
Crédit Photos : DECISION KINESITHERAPIQUE -
PHILIPPE SERIEYS |
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