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Les bains romains étaient véritablement des « temples de plaisir », où l’on venait se rencontrer et échanger, en même temps que des oasis de santé où les participants étaient en quête d’une harmonie entre le corps et l’esprit. La recette pour obtenir ce résultat résidait dans la maîtrise de la chaleur produite par les fameuses chaudières romaines.
La pièce la plus proche était le laconium où la température élevée entraînait une intense sudation ; le caldarium était ensuite apprécié pour ses bains chauds et sa vapeur. Plus éloigné, se trouvait le tépidarium, pièce à une température agréable étudiée pour se relaxer et pour éviter tout problème de santé lié à un brusque changement de température. Rappel de quelques définitions : Tépidarium : Bain régénérant et relaxant (37° - 39°C). Idéal pour le renforcement du système immunitaire, il permet une prévention générale et une activité régénérante du corps. Dans cette atmosphère, il se produit un état fébrile artificiel qui conduit à une augmentation naturelle du métabolisme des graisses excédentaires. Il n’y a pas de limite de temps pour ce type de bain. Caldarium : Bain chaud et de vapeur (45° - 48°C). L’humidité de la vapeur favorise la régulation du pH, l’hydratation et la purification de la peau. Indiqué pour une amélioration de l’activité respiratoire.En ajoutant des huiles essentielles mélangées à la vapeur, on obtient un bain aromatique bénéfique. La durée du traitement est de 15/20 minutes. Laconium : Bain de sudation (65° - 80°C). L’intense sudation provoque une désintoxication générale du corps pour l’élimination des toxines. Après 10/15 minutes de bain, commence une sudation intense de tout le corps. La durée du bain est d’environ 45 minutes. Frigidarium : Bain froid (-5° - -15°C). Utilisé en réaction au bain chaud pour stimuler et améliorer la circulation sanguine. La durée du bain froid est en fonction de la réaction de chacun. En complément de ces bains, furent développés de nombreux soins de peau et de beauté dont les techniques sont encore appliquées et qui trouvent toute leur place dans les instituts spas ou autres fermes de beauté d’aujourd’hui. Les apports des différents éléments : eau, feu, plantes, air parfumé… permettaient une meilleure efficacité des bains. Bénéficiant d’un regain d’intérêt, pour garantir leur succès, les formules développées actuellement doivent tenir compte de nos habitudes occidentales et comporter des ajustements. En particulier, les bains proposés aujourd’hui ne doivent pas faire référence à des rites religieux et tenir compte que nous utilisons l’eau pour nous laver. Signalons également que nos consommations régulières de lotions pour douches ont conduit à une augmentation du pH de la peau vers les valeurs alcalines et une destruction partielle du film lipidique. De ce fait, un traitement oriental traditionnel consistant en un savonnage et un peeling mécanique est aujourd’hui rarement bien toléré par une peau de type Nord Européen. Il faut donc adapter le type de bain et sa durée en fonction des particularités de la peau des utilisateurs. Après plusieurs traitements d’eau, il est également essentiel de nourrir la peau en profondeur par un soin manuel. Dans l’esprit de nos soins actuels, il importe alors de définir si un massage de type oriental peut s’appliquer dans un centre européen. Dans le massage oriental, une ou plusieurs personnes installées sur des pierres chauffées se font masser simultanément pendant que d’autres attendent leur traitement, et ces dernières peuvent alors recevoir des éclaboussures. Accepté en Orient, ceci peut déplaire en Occident. De même, lorsqu’un masseur de nos pays doit effectuer un massage, il n’a pas été formé à masser à genoux et réalise les massages sur le côté d’une table ! La hauteur de la table traditionnelle de massage n’est donc pas adaptée à nos habitudes, de même que le parcours de l’eau savonneuse qui mouille les vêtements du masseur. Il nous faut donc rechercher une évolution du système traditionnel garantissant néanmoins l’efficacité originelle et à partir de là, développer une table de massage en pierre pour une seule personne. Idéalement, cette dernière, réglable en hauteur, doit présenter en périphérie un système de drainage alors qu’une douchette alimentée en eau chaude et froide permet un nettoyage facile. Les bains orientaux connaissaient un grand succès car ils combinaient de façon très professionnelle une ambiance et une efficacité. Aujourd’hui, pour reconstituer l’architecture orientale, les différents soins proposés gagnent souvent à être placés dans des « niches » autour d’une surface centrale, tenant compte d’un circuit à parcourir (par exemple à partir d’une augmentation de chaleur ou de la vapeur) et de la facilité à pouvoir rejoindre une salle de soins différente.
De même, la pièce « hammam + table de massage » sous-entend non seulement la « cabine-hammam » mais également le local technique comprenant le générateur de vapeur, la douche et la table de massage et de gommage, soit au minimum 2 pièces. On s’aperçoit très vite que toutes les activités proposées, prises séparément occupent un espace non négligeable, d’autant plus important que dans le concept de bains, il importe de sauvegarder la notion d’espace que l’on trouvait en Orient. Il est dès lors primordial d’optimiser les sens de circulation dans l’optique de définir des espaces communs (relaxation, espaces massages). La réalisation d’un espace bien-être orienté vers les bains n’est-elle donc possible que si l’on dispose de plusieurs centaines de mètres carrés ? En réponse à cette question, il convient tout d’abord de définir les prestations que l’on va proposer et le cas échéant, effectuer une sélection en fonction des surfaces disponibles et du type de la clientèle.
Une seconde pièce communiquant avec la première pour conserver une confidentialité sera destinée aux enveloppements, massages, gommages et comportera également une douche. Le responsable des soins entrera directement dans cette pièce par une autre porte. Tenant ici compte des souhaits de la clientèle, on pourra le cas échéant prévoir une douche à affusion dans la même pièce ou encore prévoir des cloisons mobiles ouvrant sur une pièce identique permettant à deux amies de faire les soins en même temps. Cette tendance de cabines polyvalentes non limitées à un soin individuel connaît actuellement un essor et il y a tout intérêt à étudier la disposition d’un centre en fonction de cette évolution. Une surface plus importante permettra évidemment d’effectuer d’autres soins pour améliorer la rentabilité du centre. En fonction des objectifs recherchés, des centres de 80 à 100 m2 peuvent tout à fait assurer leur rentabilité tout en proposant une configuration originale. Crédit Photos : VERRE & QUARTZ |