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PRESSOTHÉRAPIE :
stratégie de base et applications
Conférence tenue à Marseille le 27 mars 2004 par Monsieur Serge THEYS,DrSc (à gauche sur la photo), Licencié en Kinésithérapie et Docteur en Réadaptation à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Professeur en kinésithérapie vasculaire auprès des Cliniques Universitaires de Mont-Godinne de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique et membre de l’AFRAV, Association Française de Réadaptation des Affections Vasculaires ; introduite par Monsieur Ramon-R. VIDAL Y PLANA, DrSc (à droite sur la photo), Docteur en Biologie et en Pharmacologie à l’Université de Milan, Docteur en pharmacologie de l’Université de Milan, membre du « Claustre de Doctors » de l’Université de Barcelone, et Directeur de Medilymph BioScalaria (www.medilymph.com).

L’intérêt et les bienfaits de la pressothérapie pneumatique n’échappent pas à l’attention de nombreux thérapeutes. A côté de la prévention des thromboses veineuses profondes (TVP), l’œdème en représente une indication importante. Les résultats sont là pour attester que cette procédure est sans danger lorsqu’elle reste soumise à la supervision de kinésithérapeutes sensibilisés au domaine vasculaire.

La pressothérapie programmée ou programmable s’inscrit dans une évolution technique qui a vraiment débuté, il y a près d’un demi-siècle. Elle succède aux techniques intermittentes et séquentielles.
La pressothérapie intermittente apparaît dans les années 1950. La botte, faite d’une seule chambre pneumatique, était alternativement gonflée et dégonflée. Il a fallu attendre les années 1970 pour qu’apparaisse un nouveau concept : la pressothérapie séquentielle. Cette fois, le compresseur gonfle successivement plusieurs alvéoles. Cette seconde génération était prometteuse. Toutefois, les premières bottes séquentielles étaient faites par juxtaposition des chambres pneumatiques, ce qui laissait un espace sans compression : le membre en sortait avec un aspect en « collier de perle » ou de tôle ondulée. Le recouvrement partiel des chambres vint rapidement corriger ce problème. Il subsistait alors une autre source de déception : le nombre de chambres était limité à 3-5 ; la surface de contact de chaque compartiment était trop grande et la fonte de l’œdème demandait de trop longues applications. Les appareils professionnels ont donc été munis d’un plus grand nombre de divisions (7 à 15).

Dans les cas sévères, cette subdivision restait insuffisante, aussi, aux alentours de 1978, nous avons imaginé de remplacer les bottes compartimentées par de simples gaines de tensiomètre ce qui permettait de limiter le recouvrement des 7 à 15 gaines à un seul segment de membre. Peu onéreuses et solides, ces gaines sont disponibles dans un très large éventail de dimensions allant d’un doigtier jusqu’à des cuissardes pour volumes extrêmes. Non seulement ce matériel permet de concentrer l’effort sur un segment de membre mais, en plus, ce membre peut être progressivement dégorgé par son segment frontal, à la mode du drainage manuel (DM). Nous avons désigné cette décongestion à reculons sous le nom de « fragmentation ». L’inconvénient majeur de cette technique résidait dans la contrainte d’intervention du kinésithérapeute : toutes les 20-30 minutes, il fallait réaliser un changement de niveau et un réajustement des gaines. C’est en ça que l’apparition de la pressothérapie programmable a ouvert à une plus grande liberté thérapeutique, à une plus grande souplesse pratique.

La mémoire des microprocesseurs a permis d’ouvrir les possibilités d’approches au vaste champ des exigences thérapeutiques. Ainsi, en 1991, nous avons fait mémoriser pas moins de 90 programmes tout en laissant, en plus, le choix de modifier la pression à exercer, d’activer ou non un gradient négatif de pression, de régler les temps de compression et de dégonflement ainsi que de déterminer la durée de la séance. Nous avons alors poursuivi cette avancée en élaborant une arborescence décisionnelle : les différents signes cliniques, la variété de type d’œdème, l’importance du problème et la localisation de l’œdème défilent.

Alors que la pressothérapie conventionnelle gagne encore en notoriété dans la prévention des TVP, elle perd du terrain dans les différentes formes de déficit veineux ou lymphatique. En effet, avec une botte monocamérale, il faut près de 20 minutes pour observer une réponse maximale de l’activité lymphatique. Grâce à la multiplication des chambres et la progression séquentielle de l’onde de pression, ce temps d’activation peut être réduit seulement à 3 minutes. Mais si l’activité lymphatique est plus rapidement majorée, cela ne suffit pas pour réduire des œdèmes et la longueur des séances (>5 heures/jour). C’est en cela que les innombrables possibilités offertes par la programmation du protocole ont suscité un regain d’intérêt. En effet, les derniers perfectionnements permettent à cette technique de s’adapter avec souplesse aux étiologies les plus diverses d’œdème. Son efficacité en permet une utilisation de plus en plus large.
A l’instar des techniques classiques, la pressothérapie programmée peut être marquée d’une notion de routine ou de presse-bouton. Toutefois, elle reste, intrinsèquement, une technique où compétence et savoir-faire sont indissociables.
Grâce à la sophistication informatique, les appareils haut de gamme, sont capables d’utiliser des modalités très variées non seulement en termes de pression, mais également en termes de surfaces de contact et d’abord du membre. Si chaque programme utilise des événements séquentiels, la procédure peut appliquer une insistance sur une zone déterminée par le maintien plus long de la pression ou par la répétition de la séquence. L’onde de pression peut étaler son onde soit sur l’entièreté du membre, soit sur zone d’activité plus ou moins étendue. L’onde de pression peut encore aborder le membre par sa distalité comme par sa racine. Auquel cas, tel un DM, la progression suit toujours une orientation centripète.
Au cours d’une séance de décongestion, la pressothérapie peut occuper trois positions. Elle est utilisée avant, durant ou après le DM. En débutant par elle, l’éclaircissage, le dégrossissage est dévoué à la pressothérapie, le peaufinage, la finition au DM. Les deux peuvent agir de concert, la pressothérapie en dégrossissage et le DM en éclaircissage et éloignement de l’œdème qui risque de s’accumuler au-delà du niveau supérieur de la botte. La pressothérapie succède au DM pour - parfois - débloquer une poche de résistance, pour - souvent - entretenir le résultat et prolonger l’activation du drainage.


En règle générale, toute pathologie veineuse est à aborder du distal vers la racine du membre. Lorsque le déficit veineux ne s’accompagne pas d’œdème, le membre est effleuré, dans un sens centripète, par une onde légère, plus ou moins étroite (2-3 gaines), simple ou dédoublée ; comme le ferait un effleurage étroit en encerclant le membre des deux mains placées en vis-à-vis, un effleurage large en juxtaposant les mains ou un effleurage à deux niveaux en parcourant le membre successivement.

Conclusion
La pressothérapie représente un excellent auxiliaire thérapeutique dans les pathologies vasculaires périphériques et dans la réduction d’œdème. Sur un long terme (>10 ans), elle n’agit aucunement sur la progression du déficit initial. Son innocuité dans les lymphoedèmes importants et anciens a été encore démontrée récemment.
(Theys et al. – 2001)

Renseignements : www.medilymph.com
Crédit photos : MEDYLIMPH BIOSCALARIA

 
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