Retour page accueil
RENCONTRE
GESTION DU CABINET
NOUVEAUTE
PERFORMANCE
DIVERSIFICATION
WELLNESS FORMATION
ZOOM
PRATIQUE
UTILISATION
40 ANS DE RENCONTRE PRO
PUBLICATION
SCIENCE
TENDANCE
METHODE
INFO
ENTRETIEN
JURIDIQUE
TEMOIGNAGE
REVUE DE PRESSE
TECHNIQUE
INTERVIEW
GROS PLAN
RECHERCHE
REFLEXION

CONCEPT SPA :
De l’idée à sa réalisation

 
Par Benoît CREUS
Directeur Général de VERRE et QUARTZ
Ingénieur ICAM et IEFSI

 

Lorsque l’on cherche à créer ou développer une entreprise fondée sur les concepts innovants recueillant les faveurs d’une large clientèle, les soins du corps en milieu humide comme les massages que l’on peut décliner de multiples façons suscitent beaucoup d’intérêts.

En effet, le culte du corps entretenu depuis l’Antiquité s’est considérablement développé ces dernières années, favorisé par l’émergence de soins trouvant leur origine dans les éléments naturels, sublimés par un environnement ou des techniques, et créant ainsi de nouvelles expériences sensorielles inédites.

Proposés en complément de soins esthétiques intégrés, dans un complexe de remise en forme, couplés à un hébergement hôtelier de luxe ou retirés de la civilisation, ces lieux de ressourcement se déclinent en day-spas dans les villes, comme en destination spas, au cœur d’espaces préservés.

Parce qu’il n’y a pas de limite pour la conception d’un concept de bien-être global (à partir d’une surface de 60 à 80 m2 jusqu’à plusieurs milliers de mètres carrés, on peut déterminer un tel espace), les projets de réalisations sont nombreux. Pour autant, il ne s’agit évidemment pas de proposer quelques activités de bien-être à la clientèle pour s’assurer du succès de son entreprise. Faisant appel à des compétences variées et nombreuses, la réalisation d’un tel projet sera nécessairement pilotée par des spécialistes qui mettront en commun leur savoir-faire.

Au départ de tout projet, il y a de la part de l’investisseur une idée de proposer à une clientèle ciblée de nouveaux concepts de soins. Cependant, toute création entraîne nécessairement un investissement, qui sera d’autant mieux rentabilisé que toutes les phases du projet auront été étudiées en profondeur.

De l’idée à la phase active de démarrage du projet
A ce stade, il est primordial de réaliser une étude de marché qui viendra conforter ou non notre investisseur dans sa démarche.
S’agissant pour l’essentiel de soins innovants, il importe en premier lieu de tester leur accueil auprès de la clientèle existante dans le cas d’une extension d’activité ou auprès de la population ciblée dans le cadre d’une création.
Au cours de cette phase, on veillera à orienter les questions vers l’intérêt suscité par les prestations que l’on désire proposer mais il faudra également être à l’écoute de toute autre proposition.
Cette phase, traitée minutieusement et en profondeur doit déjà donner une idée de l’importance relative qui sera accordée aux prestations : massages (que l’on commencera si possible à décliner), soins humides, soins secs, etc. et dirigera l’étude de marché (analyse de la concurrence…) comme les recherches à approfondir (on pourra ainsi découvrir l’existence de nouvelles techniques ou de nouveaux soins très complémentaires de ceux auxquels on pensait et qui pourront augmenter l’offre de façon significative).
Très ouverte à ce stade du projet, cette phase doit permettre de justifier rationnellement les choix qui seront faits ultérieurement. Il faut donc s’attendre à une importante collecte d’informations.

La recherche des fournisseurs

Il faut entendre ici la recherche des sociétés ou des personnes qui vont proposer des matériels ou des services en adéquation avec les grandes lignes du projet qui commence à se dessiner.
A ce stade, il ne s’agit pas encore d’être très précis dans ses orientations mais de nouer des contacts de personnes pouvant mettre leur expérience au service du projet et qui commenceront par exemple à définir les grandes lignes qui seront utiles lors de la recherche des locaux. En effet, certains massages nécessitent des dimensions ou des agencements d’espaces bien définis, certains soins, pour être pratiqués dans de bonnes conditions, doivent se trouver dans une zone humide, dans un espace sans lumière du jour, etc.
De même, le choix de produits de soins peut déterminer des surfaces de vente nécessaires…

Cette étape est fondamentale, car elle doit permettre à l’investisseur d’orienter ses recherches de locaux (surface souhaitée, nombre de niveaux, localisation…) et doit l’aider à imaginer son futur centre lors de ses visites. Un bon local constituant souvent une opportunité, il serait dommage de ne pas pouvoir mettre une option dessus rapidement par manque de vision. Cependant, il est bien évident qu’à ce stade, les idées sont encore des projets dont les aspects économiques et techniques demanderont à être étudiés de façon approfondie pour valider ou non les choix.


La pré validation de l’idée
La mise en équation de phases précédentes (idées personnelles, étude de marché, rencontre de fournisseurs) permet de dessiner les grandes lignes du projet. Parmi elles va s’établir une hiérarchie : certaines prestations avec les contraintes qu’elles ne manqueront pas d’engendrer, constitueront le cœur du projet et conditionneront des choix ultérieurs telle la validation d’un local ; d’autres, au contraire, seront moins prioritaires et leur réalisation dépendra de leur facilité de mise en œuvre.
Il devient dès lors possible de commencer à aligner les chiffres dans le but de réaliser un budget prévisionnel approximatif. On ne parle pas ici du compte d’exploitation prévisionnel pour lequel subsistent trop d’inconnues, mais des calculs de rentabilité de chaque activité envisagée en identifiant les charges (surfaces nécessaires, personnel, coût des consommables…) par rapport aux recettes (espace massage, espace détente, espace esthétique corps, esthétique visage, coiffure, etc.).
On s’apercevra alors que toutes les activités n’offrent pas la même rentabilité ni les mêmes contraintes, ce qu’il nous sera évidemment nécessaire d’approfondir pour l’élaboration du compte d’exploitation prévisionnel et de la recherche des locaux.

On peut également commencer à élaborer une carte de soins valorisée par les soins proprement dits mais qui suggérera des associations de soins complémentaires pour contribuer à augmenter le chiffre d’affaires.

Ainsi une prestation de hammam seule n’est pas vendue très cher mais qui, couplée à un massage ou un gommage ou un enveloppement, elle prend une toute autre dimension. On peut également déjà étudier des parcours ou des croisières qui détermineront les surfaces nécessaires pour l’implantation des soins (hammams, douches, relaxations, tables d’enveloppement…) ainsi que leurs accès (nécessité de vestiaires, zones où les clients sont en maillots et peignoirs, etc.).

Les flux de personnes devant être gérés sans retenus préjudiciables à l’image de marque d’un centre, il est dès lors important de penser aux conséquences de la taille des installations prévues pour plusieurs personnes : si une cabine de vapeur (hammam, tépidarium…) peut recevoir 6/7 personnes à la fois et que celles-ci souhaitent prolonger l’effet de la vapeur par un soin, aura-t-on la possibilité de les satisfaire, tant par rapport aux soins possibles qu’au personnel nécessaire ?

Cette méthodologie de travail permet d’appréhender les problèmes de façon généraliste en vue de pouvoir les approfondir rapidement avec les spécialistes qui aideront à concrétiser le projet (architecte, comptable, personnel…).


La recherche d’un local et la mise en adéquation des besoins et des solutions
Après avoir travaillé sur le nombre des cabines qui constitueront le futur centre, les cartes de soins et leur valeur, la disposition des espaces et surtout la zone de chalandise recherchée, il convient maintenant de se mettre en quête du local idéal par rapport au projet (situé en centre ville ou à l’extérieur, facile d’accès et de stationnement…).
Une connaissance des prix pratiqués sur le secteur est évidemment un atout déterminant pour apprécier l’offre proposée.
Dans certains cas, en fonction de ses compétences en gestion, l’investisseur pourra à partir des étapes précédentes, estimer une fourchette de loyer ou de remboursement viable pour le projet.

Cette recherche, qui peut parfois s’avérer fastidieuse, est cependant l’étape décisive du projet. Les possibilités offertes par le local permettront de déterminer les ressources possibles pour l’entreprise, et la configuration des locaux ainsi que les conditions d’achat ou de location détermineront les besoins.

Il ne faut donc pas hésiter à s’entourer de professionnels compétents qui permettront d’éviter bien des écueils. Par professionnels compétents, nous entendons de préférence un cabinet d’architecture ayant déjà réalisé des centres similaires, qui travaillera avec les différents corps de métier dans le même état d’esprit et sera déjà sensibilisé aux contraintes de la profession. Il en va de même pour le cabinet comptable ou le conseiller juridique qui possèdent déjà dans leur clientèle des sociétés aux activités similaires.


L’importance d’un architecte expérimenté
Le projet, qu’il s’agisse d’un spa ou d’un centre de remise en forme, ne doit pas être perçu comme un projet événementiel dans lequel on s’engouffre sans réflexion, ni méthode. Il s’agit bel et bien d’un projet de construction qui présente de fortes contraintes techniques et réglementaires, qui doit s’élaborer sur la base d’un cahier des charges précis et personnalisé, qui implique un réel sens du détail et un suivi quotidien, qui dispose de sa propre économie et de sa propre rentabilité.
Même s’il n’y a pas d’obligation à avoir recours à un architecte pour aménager une surface inférieure à 170 m2 de SHON (surface hors œuvre nette), des compétences en hygiène, sanitaire, normes de classement telles ERP (établissement recevant du public) permettront d’éviter de nombreuses erreurs et de réaliser de substantielles économies.


En effet, les compétences d’un architecte expérimenté sont vastes et se retrouvent dans de nombreuses phases du projet.

Au niveau de la validation du local
+ Analyse de la faisabilité du projet par rapport au site et au local.
+ Analyse de la faisabilité technique et économique.
+ Vérification des autorisations nécessaires et de la réglementation.
+ Analyse des besoins, rédaction du cahier des charges, programmation, planification.

Au niveau des travaux
+ Consultation des entreprises.
+ Gestion des marchés de fournitures.
+ Direction des travaux.
+ Phase de réception.
+ Suivi budgétaire.

Au niveau de l’aménagement intérieur
+ Réalisation des espaces de circulation
+ Contraintes diverses : Zones humides
                                   Zones sèches
                                   Locaux techniques

L’architecte ne se positionne pas seulement en technicien. Son expérience dans la réalisation de centres lui permet d’apporter une véritable valeur ajoutée au projet. Ses compétences multiples lui permettent de coordonner les différents corps de métier dans l’intérêt de l’entreprise. Cette tâche, liée à la multitude des centres de décisions n’est pas la plus facile à réaliser car la circulation des informations doit intervenir de façon précise en fonction des contraintes liées aux différents matériels pour une bonne installation et également le plus en amont possible.

L’architecte se pose donc en généraliste multi compétent possédant un savoir-faire au niveau de la circulation des informations mais surtout, il recherche à créer une œuvre originale tenant compte du marché, du lieu choisi et de la personnalité de l’investisseur.

Et souvent l’expérience fera ici
la différence entre les projets…


Crédit Photos : VERRE ET QUARTZ

 
A propos de FMT Mag
 
Consultez les archives