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CONCEPT
SPA :
De l’idée à sa réalisation |
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Par
Benoît CREUS
Directeur Général de VERRE et QUARTZ
Ingénieur ICAM et IEFSI |
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Lorsque
l’on cherche à créer ou développer une
entreprise fondée sur les concepts innovants recueillant
les faveurs d’une large clientèle, les soins du corps
en milieu humide comme les massages que l’on peut décliner
de multiples façons suscitent beaucoup d’intérêts.
En effet, le
culte du corps entretenu depuis l’Antiquité s’est
considérablement développé ces dernières
années, favorisé par l’émergence de soins
trouvant leur origine dans les éléments naturels,
sublimés par un environnement ou des techniques, et créant
ainsi de nouvelles expériences sensorielles inédites.
Proposés
en complément de soins esthétiques intégrés,
dans un complexe de remise en forme, couplés à un
hébergement hôtelier de luxe ou retirés de la
civilisation, ces lieux de ressourcement se déclinent en
day-spas dans les villes, comme en destination spas, au cœur
d’espaces préservés.
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Parce qu’il
n’y a pas de limite pour la conception d’un concept de bien-être
global (à partir d’une surface de 60 à 80 m2 jusqu’à
plusieurs milliers de mètres carrés, on peut déterminer
un tel espace), les projets de réalisations sont nombreux. Pour
autant, il ne s’agit évidemment pas de proposer quelques
activités de bien-être à la clientèle pour
s’assurer du succès de son entreprise. Faisant appel à
des compétences variées et nombreuses, la réalisation
d’un tel projet sera nécessairement pilotée par des
spécialistes qui mettront en commun leur savoir-faire.
Au départ de
tout projet, il y a de la part de l’investisseur une idée
de proposer à une clientèle ciblée de nouveaux concepts
de soins. Cependant, toute création entraîne nécessairement
un investissement, qui sera d’autant mieux rentabilisé que
toutes les phases du projet auront été étudiées
en profondeur.
De
l’idée à la phase active de démarrage du projet
A ce
stade, il est primordial de réaliser une étude de marché
qui viendra conforter ou non notre investisseur dans sa démarche.
S’agissant pour l’essentiel de soins innovants, il importe
en premier lieu de tester leur accueil auprès de la clientèle
existante dans le cas d’une extension d’activité ou
auprès de la population ciblée dans le cadre d’une
création.
Au cours de cette phase, on veillera à orienter les questions vers
l’intérêt suscité par les prestations que l’on
désire proposer mais il faudra également être à
l’écoute de toute autre proposition.
Cette phase, traitée minutieusement et en profondeur doit déjà
donner une idée de l’importance relative qui sera accordée
aux prestations : massages (que l’on commencera si possible à
décliner), soins humides, soins secs, etc. et dirigera l’étude
de marché (analyse de la concurrence…) comme les recherches
à approfondir (on pourra ainsi découvrir l’existence
de nouvelles techniques ou de nouveaux soins très complémentaires
de ceux auxquels on pensait et qui pourront augmenter l’offre de
façon significative).
Très ouverte à ce stade du projet, cette phase doit permettre
de justifier rationnellement les choix qui seront faits ultérieurement.
Il faut donc s’attendre à une importante collecte d’informations.
La
recherche des fournisseurs
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Il
faut entendre ici la recherche des sociétés ou des
personnes qui vont proposer des matériels ou des services
en adéquation avec les grandes lignes du projet qui commence
à se dessiner.
A ce stade, il ne s’agit pas encore d’être très
précis dans ses orientations mais de nouer des contacts de
personnes pouvant mettre leur expérience au service du projet
et qui commenceront par exemple à définir les grandes
lignes qui seront utiles lors de la recherche des locaux. En effet,
certains massages nécessitent des dimensions ou des agencements
d’espaces bien définis, certains soins, pour être
pratiqués dans de bonnes conditions, doivent se trouver dans
une zone humide, dans un espace sans lumière du jour, etc.
De même, le choix de produits de soins peut déterminer
des surfaces de vente nécessaires…
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| Cette
étape est fondamentale, car elle doit permettre à l’investisseur
d’orienter ses recherches de locaux (surface souhaitée,
nombre de niveaux, localisation…) et doit l’aider à
imaginer son futur centre lors de ses visites. Un bon local constituant
souvent une opportunité, il serait dommage de ne pas pouvoir
mettre une option dessus rapidement par manque de vision. Cependant,
il est bien évident qu’à ce stade, les idées
sont encore des projets dont les aspects économiques et techniques
demanderont à être étudiés de façon
approfondie pour valider ou non les choix. |
La pré validation de l’idée
La
mise en équation de phases précédentes (idées
personnelles, étude de marché, rencontre de fournisseurs)
permet de dessiner les grandes lignes du projet. Parmi elles va s’établir
une hiérarchie : certaines prestations avec les contraintes qu’elles
ne manqueront pas d’engendrer, constitueront le cœur du projet
et conditionneront des choix ultérieurs telle la validation d’un
local ; d’autres, au contraire, seront moins prioritaires et leur
réalisation dépendra de leur facilité de mise en
œuvre.
Il devient dès lors possible de commencer à aligner les
chiffres dans le but de réaliser un budget prévisionnel
approximatif. On ne parle pas ici du compte d’exploitation prévisionnel
pour lequel subsistent trop d’inconnues, mais des calculs de rentabilité
de chaque activité envisagée en identifiant les charges
(surfaces nécessaires, personnel, coût des consommables…)
par rapport aux recettes (espace massage, espace détente, espace
esthétique corps, esthétique visage, coiffure, etc.).
On s’apercevra alors que toutes les activités n’offrent
pas la même rentabilité ni les mêmes contraintes, ce
qu’il nous sera évidemment nécessaire d’approfondir
pour l’élaboration du compte d’exploitation prévisionnel
et de la recherche des locaux.
On peut également
commencer à élaborer une carte de soins valorisée
par les soins proprement dits mais qui suggérera des associations
de soins complémentaires pour contribuer à augmenter le
chiffre d’affaires.
Ainsi une prestation
de hammam seule n’est pas vendue très cher mais qui, couplée
à un massage ou un gommage ou un enveloppement, elle prend une
toute autre dimension. On peut également déjà étudier
des parcours ou des croisières qui détermineront les surfaces
nécessaires pour l’implantation des soins (hammams, douches,
relaxations, tables d’enveloppement…) ainsi que leurs accès
(nécessité de vestiaires, zones où les clients sont
en maillots et peignoirs, etc.).
Les flux de personnes
devant être gérés sans retenus préjudiciables
à l’image de marque d’un centre, il est dès
lors important de penser aux conséquences de la taille des installations
prévues pour plusieurs personnes : si une cabine de vapeur (hammam,
tépidarium…) peut recevoir 6/7 personnes à la fois
et que celles-ci souhaitent prolonger l’effet de la vapeur par un
soin, aura-t-on la possibilité de les satisfaire, tant par rapport
aux soins possibles qu’au personnel nécessaire ?
Cette méthodologie
de travail permet d’appréhender les problèmes de façon
généraliste en vue de pouvoir les approfondir rapidement
avec les spécialistes qui aideront à concrétiser
le projet (architecte, comptable, personnel…).
La recherche d’un local et
la mise en adéquation des besoins et des solutions
Après
avoir travaillé sur le nombre des cabines qui constitueront le
futur centre, les cartes de soins et leur valeur, la disposition des espaces
et surtout la zone de chalandise recherchée, il convient maintenant
de se mettre en quête du local idéal par rapport au projet
(situé en centre ville ou à l’extérieur, facile
d’accès et de stationnement…).
Une connaissance des prix pratiqués sur le secteur est évidemment
un atout déterminant pour apprécier l’offre proposée.
Dans certains cas, en fonction de ses compétences en gestion, l’investisseur
pourra à partir des étapes précédentes, estimer
une fourchette de loyer ou de remboursement viable pour le projet.
Cette recherche, qui
peut parfois s’avérer fastidieuse, est cependant l’étape
décisive du projet. Les possibilités offertes par le local
permettront de déterminer les ressources possibles pour l’entreprise,
et la configuration des locaux ainsi que les conditions d’achat
ou de location détermineront les besoins.
Il ne faut donc pas
hésiter à s’entourer de professionnels compétents
qui permettront d’éviter bien des écueils. Par professionnels
compétents, nous entendons de préférence un cabinet
d’architecture ayant déjà réalisé des
centres similaires, qui travaillera avec les différents corps de
métier dans le même état d’esprit et sera déjà
sensibilisé aux contraintes de la profession. Il en va de même
pour le cabinet comptable ou le conseiller juridique qui possèdent
déjà dans leur clientèle des sociétés
aux activités similaires.
L’importance d’un architecte expérimenté
Le
projet, qu’il s’agisse d’un spa ou d’un centre
de remise en forme, ne doit pas être perçu comme un projet
événementiel dans lequel on s’engouffre sans réflexion,
ni méthode. Il s’agit bel et bien d’un projet de construction
qui présente de fortes contraintes techniques et réglementaires,
qui doit s’élaborer sur la base d’un cahier des charges
précis et personnalisé, qui implique un réel sens
du détail et un suivi quotidien, qui dispose de sa propre économie
et de sa propre rentabilité.
Même s’il n’y a pas d’obligation à avoir
recours à un architecte pour aménager une surface inférieure
à 170 m2 de SHON (surface hors œuvre nette), des compétences
en hygiène, sanitaire, normes de classement telles ERP (établissement
recevant du public) permettront d’éviter de nombreuses erreurs
et de réaliser de substantielles économies.
En effet, les compétences d’un architecte expérimenté
sont vastes et se retrouvent dans de nombreuses phases du projet.
Au
niveau de la validation du local
+ Analyse de la faisabilité du projet par rapport au site et au
local.
+ Analyse de la faisabilité technique et économique.
+ Vérification des autorisations nécessaires et de la réglementation.
+ Analyse des besoins, rédaction du cahier des charges, programmation,
planification.
Au
niveau des travaux
+ Consultation des entreprises.
+ Gestion des marchés de fournitures.
+ Direction des travaux.
+ Phase de réception.
+ Suivi budgétaire.
Au
niveau de l’aménagement intérieur
+ Réalisation des espaces de circulation
+ Contraintes diverses : Zones humides
Zones
sèches
Locaux
techniques
L’architecte
ne se positionne pas seulement en technicien. Son expérience dans
la réalisation de centres lui permet d’apporter une véritable
valeur ajoutée au projet. Ses compétences multiples lui
permettent de coordonner les différents corps de métier
dans l’intérêt de l’entreprise. Cette tâche,
liée à la multitude des centres de décisions n’est
pas la plus facile à réaliser car la circulation des informations
doit intervenir de façon précise en fonction des contraintes
liées aux différents matériels pour une bonne installation
et également le plus en amont possible.
L’architecte
se pose donc en généraliste multi compétent possédant
un savoir-faire au niveau de la circulation des informations mais surtout,
il recherche à créer une œuvre originale tenant compte
du marché, du lieu choisi et de la personnalité de l’investisseur.
Et souvent
l’expérience fera ici
la différence entre les projets…
Crédit Photos : VERRE ET QUARTZ
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