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XIe
ASSISES NATIONALES DE LA KINESITHERAPIE
TOULOUSE LES 16 ET 17 OCTOBRE 2004
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« Démarches d’évolution
des compétences en masso-kinésithérapie »
A
- Rédaction de la première synthèse présentée
publiquement le dimanche 17 octobre au matin
En réponse au thème des assises, les discussions issues
des communications et des ateliers font apparaître deux points
essentiels qui portent sur les pratiques professionnelles. Ces
deux points seront suivis de plusieurs propositions d’actions.
Les
pratiques professionnelles :
Le premier point concerne les pratiques telles qu’elles
existent aujourd’hui. Les discussions font apparaître que
l’on doit considérer les pratiques professionnelles
actuelles comme diverses et complexes. Cette conception signifie
que les pratiques ne sont ni standardisées (sur un modèle
unique), ni « simples » et qu’elles combinent de nombreuses
dimensions.
La question est alors de savoir comment identifier ces pratiques. Du
coup, les méthodes pour définir les pratiques deviennent
déterminantes : car, en fonction de celles-ci, le risque est
de « réduire » l’activité (de la mutiler
en la simplifiant). On comprend qu’une pratique ne peut se limiter
à « ce qui est vu ». Réduire la pratique d’un
pilote d’avion au fait de le voir appuyer sur des boutons, de
tirer sur un manche ou de lire des « compteurs » s’avère
dénué de sens !
Du coup, le problème se pose concernant la manière de
décrire les activités d’une profession. La description
et donc la formalisation des pratiques constituent un enjeu de première
importance, surtout lorsqu’elles peuvent être utilisées
à la fabrication de « référentiels ».
En effet, réduire les pratiques à une technique ou même
à un ensemble de techniques, appauvrit la réalité.
Ainsi, les participants ont proposé d’identifier
l’ensemble des compétences nécessairement mises
en œuvre dans l’activité quotidienne, compétences
qui viennent étayer la panoplie technique : car, tout professionnel
dans le cadre de son exercice, estime le bien-fondé de son action,
décide d’objectifs, informe son patient, choisit et adapte
des techniques comme sa propre gestualité, établit une
relation singulière, s’informe… Les compétences
complémentaires à la technicité proprement dit,
ont pour conséquence « d’ouvrir » le champ
professionnel, de l’étendre et d’en faire apparaître
la réelle complexité.
Cet élargissement ne doit pas faire oublier la nécessité
de valider les techniques ce qui suppose la mise en place de
méthodes d’évaluation et de recherche portant sur
les dites techniques.
Les points précédents, exigent de la part de la profession,
un travail de conceptualisation nouvelle des pratiques et des techniques,
ce qui devrait se faire par la contribution interdisciplinaire de consoeurs
et confrères engagés dans des voies de recherche universitaires
diverses, comme par l’établissement de partenariats avec
des institutions de savoir.
Le deuxième
point concerne les « ouvertures à donner » aux pratiques.
Ainsi, les compétences à conquérir ne sont pas toutes
du même ordre. On les trouve :
• |
dans
les domaines qui sont déjà de notre ressort mais
que nous tardons à nous approprier (par exemple, en référence
aux décrets d’actes de 1996 et 2000) ; |
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• |
dans
des domaines nouveaux, à explorer, situés dans les
champs voisins de l’activité strictement thérapeutique,
mais toujours proches du « corps » (en lien avec le
« social ») ; |
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• |
dans
les domaines qui font partie du patrimoine, mais qui sont érodés
ou partagés avec d’autres et qui ressortissent de
notre pratique effective (massage, ostéopathie…)
et qu’il s’agit de préserver, de consolider,
d’approcher différemment.. |
Ces deux points,
le premier, de conceptualisation nouvelle des pratiques, le second,
d’ouverture des pratiques par l’élargissement des
compétences, imposent des propositions d’action. Or, de
façon générale, les stratégies d’une
profession doivent permettrent d’œuvrer pour montrer la qualité
comme pour l’accroître (démarches d’évaluation,
de validation…)..
Les
propositions d’action.
Qui va faire le travail et comment ?
En premier lieu, ce sont les cadres d’une profession, ceux qui
sont engagés dans les organisations professionnelles, à
savoir les collègues qui militent pour la défense et la
promotion de leur profession. C’est lors d’assises, de réunions
de travail, de colloques et congrès, qu’ils échangent,
s’informent, se forment et définissent les grandes lignes
d’un projet. Plus tard, se pose la question de penser un cadre
dont la mise en oeuvre donnera des chances d’atteindre les orientations
définies. La question devient alors : quel est le cadre pertinent
(la feuille de route, qui donnera des chances au projet que vous avez
conçu, d’aboutir ?
Ainsi, nous extrayons
quatre nécessités issues des échanges :
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• |
la
formation des cadres de l’organisation professionnelle, |
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• |
une formation
différente et diversifiée des professionnels, |
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• |
l’établissement
de relations différentes avec les autres professions du monde
de la santé, |
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• |
l’établissement
de liens avec des cultures autres que celles du monde de la santé,
notamment par le moyen des sciences humaines et sociales. |
La « feuille de route » peut s’exprimer ainsi :
• |
par
la création d’une discipline propre et universitaire
: qui définisse ses bases scientifiques diverses et ses propres
méthodes de validation. |
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• |
par l’inscription
de la formation initiale et continue dans un cycle et une discipline
universitaire permettant des formes diversifiées d’exercice
(ce qui retentit sur toute la chaîne de formation : sélection,
savoirs, méthodes, diplôme, formateurs…) |
La formation initiale doit permettre un exercice professionnel (qui ne
soit pas celui d’un technicien mais d’un ingénieur)
et doit insister, au-delà des seuls savoirs, sur « l’apprendre
à apprendre ». Elle devrait développer le «
goût » pour approfondir ses connaissances tout au long de
la vie professionnelle et devrait permettre de poursuivre (par la formation
continue) vers l’enseignement, la recherche, comme vers des pratiques
connexes à la kinésithérapie.
La formation continue, véritable fer de lance, continuera la mission
de la formation initiale, notamment en permettant :
• |
d’approfondir
les compétences nécessaires à l’activité
(aux plans technique, méthodologique,…) |
• |
d’acquérir
de nouvelles compétences, de nouveaux savoirs, de nouvelles
méthodes, |
• |
d’actualiser
les savoirs et savoir-faire, |
• |
de
participer à la certification … éventuellement. |
Ces points et ces propositions d’actions nous engagent vers d’autres
« représentations » de notre propre activité
(reposant sur un imaginaire différent), représentations
concernant aussi nos partenaires comme les différents acteurs de
la profession elle-même.
Cette perspective nécessite d’autres rapports avec la profession
médicale, les tutelles, les professions voisines et les usagers.
Elle incite aussi à une formalisation différente de nos
pratiques et à sa nécessaire communication.
B
- Rédaction de la synthèse finale
Je
vous propose une définition qui constitue un préalable
déterminant : « Notre profession cherche à
établir ses références, à les consolider
et dans le même temps cherche à ouvrir et à développer
ses compétences ».
Concernant l’établissement
de références, le souhait de ne pas se limiter
aux seuls aspects techniques, suppose de voir large et de prendre en
compte les compétences nécessaires pour réaliser
le travail quotidien de thérapeute. Il faudra donc identifier
et formaliser ces compétences, ce qui impose de dépasser
le seul registre de référence « biomédical
».
Cependant, la question « technique » n’est pas exclue
: elle devra s’engager sur la voie de la validation.
Le développement
des compétences repose sur un « imaginaire différent
» du rôle professionnel, ce qui suppose d’assumer
la prise de risque qui l’accompagne. Ce développement sera
rendu possible en établissant de nouveaux partenariats, de nouveaux
liens « culturels » qui feront sortir du registre professionnel
historique.
Cinq points résument
ces perspectives :
1) |
Passer
d’une vision centrée sur les techniques (ou sur leur
application) à une vision préoccupée des
pratiques effectives des professionnels. Ce point s’appuie
sur une démarche d’identification des compétences,
qui passeraient inaperçues sinon : en effet, lors de son
activité, tout professionnel raisonne, décide, éduque,
assume son rôle social, s’adapte,…Pour formaliser
cet ensemble, il faut utiliser des « grilles de lecture
» qui soient larges et faire appel à d’autres
partenaires. |
2) |
Se
préoccuper des pratiques des différents acteurs
de la profession (et pas seulement du praticien de terrain), et
s’engager vers les chemins de l’évaluation,
impliquant la participation et la formation des pairs. Cette démarche
concerne aussi les acteurs de la formation (initiale et continue).
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3) |
Reprendre
le cadre général de la formation.
- Par l’inscription dans un système « Licence,
Master, Doctorat » ;
- Par la création d’une discipline kinésithérapique
« propre » ;
- Par l’établissement de partenariats nouveaux avec
des champs de savoirs et de pratiques diversifiés (et qui
permettent de passer du rôle de technicien à celui
d’ingénieur). |
4) |
S’appuyer
sur un projet puis sur un « cadre » qui formalisent
les objectifs et définissent les moyens nécessaires
:
- En exploitant des structures existantes ou en créant
de nouvelles qui s’engageront dans les nécessaires
validations techniques, dans la formation d’évaluateurs,
dans le regroupement et la coopération de chercheurs (interdisciplinarité),
dans l’établissement des partenariats oeuvrant pour
la création d’une discipline propre. |
5) |
La
question des structures et de leur fonctionnement, pose aussitôt
la question des ressources :
- Quelles méthodes pour identifier, évaluer, former,
certifier ?
- Mais aussi, quels moyens, quels financements et quelles «
personnes » pour s’engager dans ce processus ? |
Cet
ensemble traduit l’engagement d’une profession dans l’établissement
d’autres rapports
avec la profession prescriptrice, les tutelles et l’Etat, les
autres professions de santé
comme avec des professions hors « santé », ses divers
« usagers » et
les institutions de savoir (et de recherche).
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