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Un salon

pas comme les autres…
 

Une consœur a joué au reporter pour nous lors du dernier Mondial Rééducation/Equip’salles. Une fois de plus, son regard sur le salon ne manque pas d’intérêt. La profession évolue…le salon aussi. Il nous serait également agréable de connaître votre point de vue : n’oubliez pas que les colonnes de notre revue vous sont ouvertes.
Jean-Pierre ZANA

J’ai quitté, ce vendredi 1er octobre, ma douce province pour la capitale et sa pollution, non sans un certain plaisir. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis chaque année un peu plus enthousiaste à venir passer un week-end à la rencontre d’autres praticiens dans ce que je considérais encore il y a quelques années comme la foire kinésithérapique où chacun pouvait trouver tout et n’importe quoi. D’abord, j’apprécie de plus en plus l’organisation du salon, depuis l’accueil, avec cette année la proximité des journées de L’I.N.K. ; le sujet ne m’intéressait pas, mais visiblement la salle était quasiment pleine et c’était rassurant de voir que des confrères se remuaient les neurones et faisaient le point sur la rééducation de l’enfant. Il convient de remarquer le bel effort de la rédaction de kinésithérapie scientifique dont le numéro d’octobre, consacré à ces journées, est sorti quasiment en même temps.

Les organisateurs du salon semblent regrouper de plus en plus les fournisseurs de la profession en fonction des produits qu’ils proposent ; cette formule est agréable pour les praticiens en visite qui peuvent plus facilement comparer les matériels à la vente. J’ai regretté une fois de plus que la partie réservée à la formation continue ne soit pas plus dynamique. Nos formateurs manqueraient-ils d’imagination ?

Je regrette mais, mettre une table de massage pour montrer au kinésithérapeute de passage la vertu de sa pratique, cela me paraît très « ringard ».
Quand cesseront-ils de faire de la publicité pour présenter de vraies documentations, avec des références, je suis probablement trop exigeante…

J’ai apprécié de voir que les grandes marques ont entrepris un virement de bord plus kinésithérapique et moins esthético… Les progrès de l’électrothérapie se poursuivent pour le plus grand plaisir de ceux qui s’y intéressent.
La presse et les librairies professionnelles restent encore trop modestes, je suis certaine de ne pas être la seule à regretter l’insuffisance de cette activité lors de cet événement. J’entends souvent dire que les kinésithérapeutes ne lisent pas assez, peut-être que les libraires devraient être aussi plus incisifs.

Kiné Actualité a depuis juin dernier engagé un grand débat à la suite de deux articles de Jean-Michel Lardry, directeur de l’IFMK de Dijon. Chaque semaine, des confrères donnent leur point de vue sur le sujet. Je conseille à mes confrères de lire la prose de ceux qui ont un point de vue sur le sujet et qui l’expriment dans les colonnes de Kiné Actualité.

FMT, en proposant son affiche « LE MASSAGE C’EST 100% KINE ! » a relancé de façon originale cette pratique un peu abandonnée par nos confrères. L’affiche que j’ai reçue et celles que j’ai prises sur le salon* ont trouvé leur place au-dessus de mon bureau face à mes patients qui les remarquent très souvent et elles nous permettent d’ailleurs quelques échanges sur le métier fort agréables. Je suis ravie, moi qui utilise toujours le massage comme une technique passive de relâchement musculaire face à des patients pusillanimes, que l’on donne autant d’importance au massage aujourd’hui, alors qu’en 1996, je crois me souvenir que la profession a fêté modestement les 50 ans de la kinésithérapie et non les 50 ans de la masso-kinésithérapie. Ces derniers temps, de nombreux articles semblaient montrer que la profession s’ostéopathise, au détriment du massage peut-être pour mieux se préparer au déconventionnement d’un nombre plus important d’actes kinésithérapiques. Mais n’est ce pas là un autre débat ?

J’ai quitté Paris dimanche matin chargée de cadeaux, l’agenda FMT toujours aussi pratique, et puis un tas de petites choses que les fournisseurs vous glissent en remerciement de votre visite. J’ai quitté le salon chargée de dépliants, je n’ai rien acheté cette fois-ci, mais j’ai maintenant tout le temps d’y réfléchir. De plus, je préfère les contacts en tête-à-tête avec les revendeurs ou commerciaux qui parfois se terminent par un dîner. C’est parfois d’autant plus agréables qu’ils sont souvent craquants !

Un grand bravo à tous ceux qui ont réalisé ce salon, les fournisseurs et les organisateurs. Si la profession ne vous remercie pas, je prends le risque de vous remercier en son nom. Dans ma province, le froid s’installe et l’hiver avec lui.

J’ai de la lecture pour les longues soirées au coin du feu et j’attendrai le 41ème salon d’octobre 2005.

* La rédaction tient à votre disposition encore quelques affiches, contactez-nous.