Intérêts
des Pompages après une entorse externe
de la tibio-tarsienne
Guy
VOYER et Christine FLESIA, Académie Sutherland d'Ostéopathie
France
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FMT
Mag se veut une revue plurielle, elle est attentive à
tous les écrits. Deux collègues ont joint leurs efforts
pour nous expliquer l’intérêt d’une technique
spécifique et ostéopathique capable d’éviter
les récidives d’entorse de cheville. Je n’ai aucun
doute sur leur volonté d’être efficaces pour leur patients,
mais je reste insatisfaite sur les supports théoriques qui devraient
étayer leur argumentaire, c’est un premier article dans notre
revue, je suis persuadé que les suivants seront plus incisifs et
que vos questions dans notre courrier les inviteront à plus de
rigueur. Marthe BENA
L'entorse externe de la tibio-tarsienne est l'un des motifs de consultation
les plus fréquents dans les cabinets de kiné. Comment pouvons-nous
traiter le plus efficacement possible ce traumatisme ?
Et
surtout comment faire pour éviter d'une part la récidive,
souvent plus grave que la première entorse ; et comment empêcher
d'autre part ses répercutions sur le reste du corps ?
En
quoi le pompage est-il primordial ?
Bien
entendu, il faudra une excellente maîtrise de la technique ; s'il
faut 4 jours de séminaire pour comprendre et pratiquer une centaine
de techniques de pompage, il faut des mois de pratique personnelle pour
en maîtriser tout le potentiel.
Quelle
est la définition ostéopathique de l'entorse ?
C'est
principalement un varus subit et exagéré qui, étant
donné les axes de mobilité de la tibio-tarsienne et de l'astragalo-calcanéenne,
entraîne un étirement du faisceau antérieur du ligament
latéral externe de la cheville ; mais surtout, une lésion
céphalique du fût fibulaire.
Tout le monde s'accorde sur l'importance de la mortaise tibio-péronière.
Mais pour que celle-ci fonctionne correctement, il faut une bonne mobilité
du fût fibulaire dans le sens caudo-céphalique et céphalo-caudal.
Or, la fibula (ou péroné) doit l’orientation de sa
tête, aux six ligaments suivants :
- L’expansion tibiale du muscle biceps crural,
- Le ligament latéral externe,
- Le tendon du muscle biceps crural,
- Le ligament fabelo-fibulaire,
- Le ligament fibulo-tibial supérieur,
- Le ligament de Barkow.
(Voir ces ligaments sur une vue post-ext du genou).
Or,
comme la lésion est maintenue par un seul de ces ligaments, une
instabilité de la cheville persiste et c'est la récidive
assurée. Il est donc facile d'en déduire le traitement :
avant tout traitement classique, il convient de normaliser ces moyens
d’unions.
Rappels
concernant l'inflammation :
Il
y a 3 phases dans l'inflammation articulaire :
-La
phase vasculaire qui se divise en 2 sous-phases :
La première sous-phase se caractérise par la modification
de la vascularisation locale, entraînant une exsudation plasmatique
donc de l'oedème. Comme nous l'avons expliqué dans l'article
précédent, le glaçage est la meilleure thérapeutique
à ce moment-là.
La
deuxième sous-phase demande une vasodilatation de la microvasculature
avec augmentation de la chaleur et de la rougeur. Il faut donc favoriser
la nature non pas en glaçant mais par les pompages articulaires
liquidiens.
-La
phase cellulaire :
elle doit amener les leucocytes pour lutter contre l'accentuation immédiate
de l'inflammation. Elle doit amener également des macrophages pour
favoriser l'élimination des déchets inhérents à
cette action leucocytaire. Que trouver de plus efficace que le pompage
articulaire liquidien pour augmenter cet apport des premiers défenseurs
de l'organisme contre l'inflammation ?
-La
phase de réparation :
Elle dépend du type de l'inflammation. Est-elle arthritique, arthrosique,
catarrhale, sérofibrineuse, hémorragique, purulente ?
Cette
phase permet la reconstruction principalement de la membrane synoviale
pour éviter à l'articulation une évolution néfaste
avec la formation d’un panus, une dégénérescence
du cartilage articulaire d’où une dégénérescence
des chondrocytes voire une destruction de l’os sous-chondral.
Cette
réadaptation de l'articulation au mouvement peut se faire certes
par de nombreuses techniques de mobilisation et de rééducation
que tout le monde maîtrise, associées bien entendu aux pompages
liquidiens articulaires.
Qu'est-ce
que le pompage articulaire liquidien ?
C'est
un travail tissulaire indolore mis au point par divers ostéopathes
et qui demande une bonne connaissance de l'anatomie des fasciae, de la
biomécanique et du M. R. P. (mouvement respiratoire primaire).
Quand on travaille
sur un liquide synovial, le mouvement peut être proprement articulaire
mais dès que l'on travaille sur la cicatrisation ligamentaire (arthrose)
ou synoviale (rhumatisme inflammatoire) il convient de respecter l'intégrité
de ses fasciae et de solliciter un rythme propre ou M. R. P.
Tous ces mouvements
sont lemniscatoires. La stimulation liquidienne se fait avec une main
qui écoute les tissus et l'autre qui agit sur l'induction des liquides
dans ces tissus soit par stimulation soit par inhibition. Il se crée
alors un gradient de pression d'aspiration ou de propulsion qui va engendrer
le déplacement de liquide et la stimulation hormonale demandée.
Il
existe environ 600 pompages articulaires très ciblés, pour
agir électivement donc efficacement sur l'articulation donnée
; il en existe une vingtaine pour la cheville.
Traitement de l'entorse externe de la tibio-tarsienne
:
Il
n'existe pas de "recette de cuisine " en ostéopathie.
Mais laisser le lecteur sans exemple concret nous semble difficile.
Au minimum, le praticien devra :
- Pomper la
tibio-fibulaire inférieure,
- Pomper la tibio-astragalienne antérieure et postérieure,
- Pomper la sous-astragalienne,
- Pomper le sinus du tarse.
Il
poursuivra par un travail proprioceptif complet de :
- La tibio-astragalienne,
- L'astragalo-calcanéenne,
- La péronéo-astragalienne.
Bien
entendu, ce travail se fera en lien lemniscatoire avec le genou et la
hanche a minima.
En
complément, selon les lésions associées propres à
chaque traumatisme, d'autres pompages seront incontournables : par exemple,
pompage scapho-cuboïdien, pompage scapho-calcanéen, pompage
du ligament Y...
De
même, s'il existe une vingtaine d'articulations dans le pied, il
existe au moins autant de proprioceptions différentes ; notez que
classiquement, on n'en travaille qu'une seule sur le plateau de Freeman.
Le praticien n'oubliera pas de :
- Pomper la tibio-fibulaire supérieure,
- Faire faire régulièrement un étirement myo-fascial
du biceps crural pour renforcer la liberté de mouvement du péroné.
Exemples
de pompages précis :
I- Pompage de la tibio-tarsienne en décoaptation
axiale
1- Position
de départ |
2- Position
d'arrivée |
Attention
: ce pompage est très puissant et demande une
maîtrise parfaite de la technique !!
II- Pompage
du sinus du tarse
1- Position
de départ |
2- Position
d'arrivée |
III- Normalisation
du ligament de Barkow
1- Position
de départ |
2- Position
d'arrivée |
IV- Etirement
myo-fascial du biceps crural
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Bibliographie
:
Anatomie
:
Anatomie humaine II – Membres supérieur et inférieur
(Paturet) Tome III (Bouchet – Guilleret)
Atlas d’anatomie humaine – Tome 2 (Pernkopf)
Atlas of human anatomy (Barry J. Anson)
Biomécanique
:
The physiology of joints – Lower limb – Tome II (Kapandji)
Biomécanique du movement humain (Williams, Lissner, Le Veau)
Physiologie
:
Physiologie médicale (Fabre et Rougier)
Précis de physiologie (Hermann et Cier)
Physiologie du sport et de l’exercice physique (Wilmore –
Costill)
Pathologie
:
La cheville (Rodineau)
Ostéopathie
:
Cours de pompage articulaire de Guy Voyer – Première
année (Académie Sutherland France)
Cours de proprioception de Guy Voyer – Deuxième année
(Académie Sutherland France)
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La
présentation non conventionnelle de l’article et de la bibliographie
est sous la responsabilité des auteurs