| Dos
et Informatique :
Un
couple difficile à gérer…
Yann DIGNAT : info@vertebralsoft.com
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Nous sommes
confrontés quotidiennement aux Troubles physiques liés
à l’informatique. Parce qu’il devient de plus
en plus difficile d’exercer sans avoir recours à cet
outil et surtout un nombre chaque jour croissant de nos patients
nous sont adressés pour des troubles rachidiens en relation
avec leur activité professionnelle dans le secteur tertiaire.
Le document que vous allez lire présente un outil que l’on
peut conseiller à nos patients du fait qu’ils ne les
obligent pas à figer leur position assise face à l’écran
et au clavier mais au contraire va leur permettre d’augmenter
les possibilités de stratégies posturales en fonction
des tâches qu’ils ont à effectuer et de l’attention
nécessaire à les conduire efficacement. Le kinésithérapeute
conseiller familial une fonction bien connue, mais conseiller professionnel
voilà un rôle probablement nouveau pour un certain
nombre d’entre nous. FMT Mag est heureux
de vous faire découvrir cette image un peu nouvelle du conseil
kinésithérapique que nous ne manquerons pas de renouveler
chaque fois que cela s’avèrera justifié.
Jean-Pierre. ZANA |
Les kinésithérapeutes sont quotidiennement confrontés
à ces patients qui souffrent du rachis cervical, ou dorsal ou lombaire
voire de la ceinture scapulaire. Lors du bilan kinésithérapique,
le patient fait parfois le lien avec une partie de son activité
professionnelle.
En effet, de
plus en plus de patients souffrent de diverses pathologies dès
qu’ils ont passé quelques heures, voire même quelques
dizaines de minutes devant l’ordinateur.
D’autres
pathologies peuvent apparaître aussi, telles que le syndrome du
canal carpien, des tendinites du poignet, des coudes ou des épaules.
La
littérature permet de distinguer à l’origine de ces
douleurs le travail avec le clavier et le travail avec la souris. D’une
manière générale, le manque d’espace sur les
bureaux conduit à travailler sur l’ordinateur sans appui
pour les bras. Beaucoup de céphalées ont souvent été
attribuées à tort, aux écrans, alors qu’elles
découlaient souvent de problèmes cervicaux.
A l’origine
de tous les troubles identifiés il convient de souligner l’importance
de noter les premiers symptômes observables dès l’apparition
de fatigues positionnelles.
Ces fatigues
positionnelles sont d’autant plus accrues lorsque l’usager
utilise une tablette de rangement du clavier (ou « tirette »)
qui positionne le clavier plus bas qu’un plan de travail normal.
Notons
que la tablette ne permet pas toujours l’utilisation de la souris
simultanément.
D’une façon générale, tablette ou plan de travail
trop étroit impose à l’usager de l’outil informatique
de soutenir la position
« bras en l’air »
Quelle
est la problématique ?
Comme
on le constate au regard de la posture d’un usager d’un ordinateur,
la position assise devant un clavier impose au buste et principalement
à la colonne vertébrale de maintenir les membres supérieurs
soulevés en avant.
Nous devons donc lutter contre la pesanteur des membres supérieurs
par l’effort conjugué de plusieurs groupes musculaires paravertébraux.
Ce
sont principalement les muscles postérieurs du tronc, c’est-à-dire
les muscles postérieurs de la colonne vertébrale (trapèzes,
masse commune vertébrale…) et des omoplates (principalement
les adducteurs) qui vont compenser la pesanteur des membres supérieurs.
La colonne vertébrale étant la seule structure rigide porteuse,
c’est elle seule qui sera obligatoirement le pivot de ce «couple
» de forces.
Comme le centre de gravité des membres supérieurs se situe
antérieurement 10 à 15 fois plus loin de la colonne que
les forces musculaires postérieures, cet effort musculaire peut
être égal à 10 ou 15 fois le poids des deux membres
supérieurs dans certaines positions extrêmes.
Si
l’on considère que les deux membres supérieurs pèsent
environ 12 à 18 kg on peut dire, sans risque d’erreur, que
le fait de tenir les membres supérieurs, sur un clavier, impose
aux muscles postérieurs de la colonne vertébrale un effort
permanent de 150 kg minimum ! (ce qui est énorme !)
Ces forces vont
se cumuler au niveau de la colonne vertébrale, particulièrement
sur la zone cervico-dorsale, pour créer des contraintes permanentes,
ce qui explique les pathologies vertébrales à ce niveau
lors du travail sur clavier. On peut voir aussi la différence de
longueur du point d’application des forces par rapport au pivot
(colonne vertébrale), ce qui impose une tension importante des
muscles paravertèbraux, trapèzes et fixateurs des omoplates,
rhomboïde, angulaire de l’omoplate.
D’autre
part, la force gravitaire (pesanteur G) entraîne les épaules
vers le bas et l’extérieur, ce qui demande un effort supplémentaire
aux muscles des trapèzes et aux fixateurs de l’omoplate,
principalement les muscles ayant leurs insertions vertébrales au
niveau de la 4ème vertèbre dorsale et en dessus. Le cumul
des forces gravitaires G et compensatrices F crée une résultante
qui va se localiser sur le pivot de ce système, donc sur la colonne
vertèbrale. Ceci se traduit par une force de compression agissant
sur la colonne de l'ordre de 200 kgs. Ceci est la cause principale des
pathologies articulaires vertébrales
Considérant
tout ceci, on peut affirmer que les pathologies vertébrales lors
du travail sur un poste informatique sont dues en grande partie à
la pesanteur des membres supérieurs.
L’ergonomie
de bureau doit tenir compte de ce concept. Pour éviter que l’usager
n’adopte une position unique hauteur de plan de travail et hauteur
de fauteuil fixe, et compte tenu des coûts souvent importants des
mobiliers professionnels, il nous est apparu important de réfléchir
à un moyen accessible à tous, amovible, et réglable
sans difficulté afin de permettre à l’usager de pouvoir
modifier ses positions tout au long de sa journée ou de son temps
de travail sur écran.
Le principe
du dispositif breveté Vertébral Soft est de réduire
voire supprimer la force gravitaire des membres supérieurs et des
épaules. Il maintient les avant-bras horizontaux et le buste dans
l’axe tout en permettant une utilisation normale du clavier et de
la souris. C’est un appui sous les coudes, en arrière du
bureau et légèrement surélevé.

Position
de repos d’un avant bras en appui sur toute sa longueur.
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Position de travail avec les deux bras avec un appui bilatéral
des avant-bras. |

Le dispositif s’installe sur tous les plateaux, augmente la
surface de travail permet
plusieurs positions assises. |
1)
Ce support des avant-bras permet dans un premier temps de ne plus utiliser
la force des muscles postérieurs et des omoplates pour maintenir
les avants bras au niveau du clavier et/ou de la souris. On retrouve en
définitive un appui confortable pour les bras.
2) Dans un deuxième temps, il évite une fatigue musculaire
trop importante, due à la pesanteur des membres supérieurs.
Une cyphose dorsale ou toute autre mauvaise attitude compensatrice sont
aussi évitées. Le « mal de dos » est ainsi évité
!
3) Lors du travail
sur souris, il permet au bras utilisant la souris de ne plus subir de
contraintes musculaires.
Il permet aussi de maintenir les épaules sur un même niveau
et éviter ainsi tout risque de scoliose.
4) Il permet
enfin d’éviter l’hyper extension des poignets, les
syndromes carpiens et les tendinites.
Les problèmes d’épicondylite ou de compression de
nerf cubital, par exemple, ne doivent plus se poser
5) Plus généralement
il participe au confort de l’utilisateur d’un ordinateur en
lui permettant d’avoir ses bras constamment soutenus, et le plus
agréablement possible. Il est à noter que ces nombreuses
possibilités de réglage n’obligent pas l’utilisateur
à s’adapter à une seule position de référence
mais l’aident à trouver sa position à un moment donné.
Quand
la rééducation a fait son effet et que la réussite
d’un traitement passe par des conseils au delà des exercices
d’étirements que chacun s’accorde à donner à
ces patients, le dispositif proposé peut être un outil complémentaire
aux actions actives engagées par le kinésithérapeute
en suggérant aux patients, à l’usager de devenir aussi
un acteur actif de ces positions au travail.