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Une technique très kinésithérapique
trop ignorée des kinésiTHERAPEUTES :

La prise de conscience du corps par le m
ouvement.

Françoise FIGUIERE Kinésithérapeute Formatrice - f.figuirere@worldonline.fr

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que les spécialistes des techniques que j’ai qualifiées dans plusieurs articles de techniques psychocorporelles informeront les lecteurs de FMT Mag sur ces pratiques à mon sens indispensables pour permettre aux patients de passer de l’état de conscience pathologique (pour reprendre les concepts de la sophrologie caycedienne) à un état de conscience « normal ».
La rééducation fonctionnelle trouvera sa finalité la reprise par le patient de ses fonctions antérieures ou adaptées du fait des déficits irréversibles qu’au prix d’un travail sur lui-même. Ceci vaut dans bien des pathologies et plus particulièrement dans celles qui sont dues à l’activité professionnelle qu’il s’agit d’accident ou de maladies différées. Françoise Figuière nous propose un exercice, essayez-le, sur vous et lorsque vous l’aurez bien perçu lorsque vous le « maîtriserez » proposez le à vos patients nous attendons vos courriers de commentaires.
J-Pierre ZANA


Eliminer nos tensions, retrouver une colonne vertébrale mobile, un cou et des épaules libres, trouver son « centre » et ses « appuis », marcher avec légèreté et aisance, nous en rêvons tous...
Nous pouvons l’apprendre grâce à la méthode Feldenkrais par des mouvements faciles, exécutés sans effort, mais inhabituels et étonnants.

L’originalité de la démarche de M. Feldenkrais réside dans sa façon d’aborder le mouvement pour atteindre « l’être » dans sa globalité. Ce que je cherche, se plaisait-il à dire, « ce ne sont pas des corps flexibles, mais des cerveaux flexibles ».
Nous avons tendance à croire que notre façon de parler, de marcher, de tenir sa tête etc. sont les seules possibles et pour toujours.

En fait, notre attitude, nos habitudes, se sont forgées petit à petit en fonction de notre éducation, de l’imitation de nos parents, d’influences affectives, matérielles etc. et nous avons atteint un certain degré de développement qui nous permet d’utiliser très moyennement nos capacités. Nous nous contentons d’un à peu près. Parfois, la vie nous oblige, lors d’un traumatisme physique ou psychologique à une remise en question qui va nous faire progresser.
Sinon, la plupart du temps, nous continuons à rester dans nos schémas limitatifs. Notre répertoire de mouvements, de pensées, de sensations, s’étiole.

Pour compter jusqu'à 10, on peut utiliser plusieurs modes : 5 + 5, 7 + 3, 6 + 4... de même pour exécuter un mouvement, nous avons plusieurs chemins à notre disposition, mais nous utilisons toujours le même.


Feldenkrais a choisi le mouvement pour nous remettre sur la voie de l’APPRENTISSAGE.


« Apprendre, c’est passer de l’obscurité à la lumière
Apprendre, c’est créer
Apprendre, c’est faire quelque chose de rien, quelque chose qui grandit et qui retombe sur vous en vous éclairant ».
M. Feldenkrais


Le Petit de l’Homme nait avec un système nerveux très immature qui va lui permet-tre d’immenses possibilités d’adaptation et d’apprentissage.
Et si nous avons appris, nous pouvons réapprendre, à tout âge, quelle que soit notre condition physique.
Selon le concept de Feldenkrais, il ne s’agit pas d’étirer, de muscler, de faire des exercices répétitifs en utilisant la force, mais d’aller réveiller notre habileté, notre coordination, pour effectuer des gestes plus justes, plus économiques.
Le sportif augmentera alors son endurance, l’artiste sa performance et son expressivité, le rhumatisant reculera le seuil de sa douleur.
La plupart des séances se déroulent allongé au sol pour permettre une meilleure détente, mais peuvent avoir lieu également debout ou assis sur une chaise.
Il s’agit de mettre l’accent sur la façon d’organiser ses mouvements, de prendre conscience des tensions parasites, et d’utiliser des mouvements auxiliaires facilitateurs.
Pendant l’action, nous avons une « attention sans tensions ».


Conclusion :

Pour améliorer un mouvement de rotation du tronc, très utile dans la vie quotidienne ou dans le tennis, le golf, au lieu de tirer sur un muscle ou faire un mouvement répétitif qui va forcer sur les articulations, nous utilisons des mouvements de dissociation (tête et bras dans le sens contraire), et une utilisation globale de tout le corps en changeant les appuis au sol.
Le cercle avec le bras a permis à l’articulation de l’épaule d’être intégrée dans le mouvement du départ.
En fait nous nous contentons d’ un à peu près, en utilisant qu’ une partie infime de nos possibilités alors que sans effort nous pouvons trouver plus d’ aisance dans nos mouvements

La méthode Feldenkrais ne va pas agir directement sur les muscles et les articulations, mais sur nos zones associatives du cortex cérébral, sur notre plasticité neuronale.
Les mouvements seront faits assez lentement au début pour privilégier la sensation, puis avec plus de rapidité pour favoriser l’intégration.
Ainsi ces mouvements exécutés avec fluidité seront reproduits d’une façon spontanée dans la vie quotidienne et dans la gestuelle sportive ou artistique. Les séances peuvent se faire en petits groupes sur des thèmes particuliers., par exemple : l’équilibre, la marche, la colonne vertébrale, la respiration, les yeux, la voix. Des séances individuelles d’intégration fonctionnelle où le praticien intervient avec des mobilisations passives, permettent de répondre à des besoins plus spécifiques, ou tout simplement de progresser plus vite.

La méthode Feldenkrais s’adresse à toute personne qui veut trouver des moyens pour dépasser ses blocages, pour augmenter ses performances artistiques et sportives, mais également à chacun d’en-tre nous pour mieux ressentir son corps, le découvrir, établir un dialogue amical avec son corps.


« Mettre plus de qualité dans ses mouvements, c’est mettre plus de qualité dans sa vie ».


En allant réveiller notre capacité d’apprentissage, notre capacité à faire des liens entre les différents parties de nous-mêmes, dans un contexte de facilité et de plaisir, nous nous donnons la possibilité d’avoir plus de choix dans nos mouvements, nos réactions, nos points de vue sur les événements de notre vie.

Exemple d’une leçon :

Se Tourner avec plus de facilité en gardant son équilibre.
Debout, le bras droit allongé à l’horizontale devant vous.
Dirigez le bras droit vers la droite le plus loin possible en gardant le bras à l’horizontale et prenez un point de repère derrière vous, jusqu’où va votre bras ?

1- Chaque fois que votre bras droit se dirige vers la droite et en arrière tournez votre tête vers la gauche le regard restant à l’horizon.
Répéter plusieurs fois (6 à 7 fois)

2-La tête et le bras reviennent ensemble au milieu.
PAUSE

3- Reprenez le mouvement du bras en regardant votre main et observez si votre point de repère a changé.
PAUSE

4- Dirigez à nouveau votre bras vers la droite à l’horizontale, et chaque fois vous allez soulever votre talon gauche et mettre votre poids du corps davantage sur la jambe droite, votre bassin tourne également.
Répétez 6 à 7 fois.
PAUSE

5- Reprenez le mouvement du bras en regardant votre main et observez à nouveau si votre point de repère est encore plus éloigné.
PAUSE

6- Dirigez votre bras droit vers la droite à nouveau, laissez-le en arrière et décrivez un cercle avec ce bras sur le mur derrière vous, en fléchissant un peu les deux genoux, chaque fois que le bras est en bas. Vous restez bien en équilibre, dans votre axe vertical en fixant votre regard sur un point au mur. Le bras est souple et détendu et décrit un grand cercle.
PAUSE

7- Reprenez le mouvement du bras en regardant votre main il est probable que votre bras ira beaucoup plus loin en arrière. Tournez seulement la tête à droite et à gauche, et observez si l’amplitude est plus grande à droite, si il y a plus de fluidité.


UN HOMME, UN PROFESSIONNEL HORS DU COMMUN

Mosche Feldenkrais passa 40 ans de sa vie à étudier les échanges entre notre système nerveux et nos mouvements.
Né en Russie en 1904, il étudie à Paris où il devient Docteur en Sciences Physiques, assistant de Frédéric Joliot Curie.

L’on retrouvera dans sa méthode la rigueur du scientifique, l’esprit d’observation, le goût de l’expérimentation.
Il fut l’un des premiers à introduire le Judo en France et travailla avec les plus grands maîtres de l’époque (Maître Kano).
De sa formation de physicien il utilisera les notions de poids, masse, volume et jeux de force organisés dans l’espace ?
De sa formation aux arts martiaux, on retrouvera cette conception orientale du mouvement efficace et harmonisé, utilisant l’énergie minimale, la courbe, la spirale, l’approche indirecte.
C’est en jouant au football qu’il se blessa gravement au genou, les chirurgiens de l’époque ne lui garantissaient nullement la récupération fonctionnelle après l’intervention.
Il décida d’éviter l’opération et se plongea alors dans l’anatomie, la psychologie du comportement, la neurophysiologie et élabora sa méthode considérée actuellement comme une approche révolutionnaire de l’apprentissage du mouvement.
Il enseigna sa méthode en Europe, aux U.S.A., en Israël, où il mourut en 1984.
Actuellement sa méthode est enseignée dans la plupart des pays du monde, jusqu’au Japon et en Australie.
De nombreux kinésithérapeutes la pratiquent dans les hôpitaux aux U.S.A., en Allemagne, en Suède, elle est très utilisée dans les affections neurologiques et les problèmes de dos, ainsi que chez les danseurs. Des stages et formations sont organisés auprès des publics spécifiques tels que professionnels de santé, artistes (chanteurs, musiciens, danseurs...), sportifs (golf, escalade...).