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ACTIVITE MUSCULAIRE VERTEBRALE AXIALE
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- Y. CHATRENET, Kinésithérapeute-chef,
Centre de rééducation Sancellemoz F 74480 PLATEAU
D'ASSY
- K. KERKOUR, Physiothérapeute-chef, Hôpital Régional
- CH 2800 DELEMONT
- E.VIEL, Docteur ès sciences, AFREK
- J.L. HERVIER, Médecin Radiologue, Centre d'imagerie médicale
du Mont-Blanc F 74700 SALLANCHES
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Dès
l'introduction le décor est planté, la poursuite de l'article
permet à chacun de s'interroger sur notre propre vision de la physiologie
des muscles paravertébraux et sur les modes de rééducation
que nous mettons en œuvre. L'intérêt de ces pratiques
est incontestable pour l'entraînement musculaire mais qu'en est-il
pour l'activité fonctionnelle, professionnelle, objectif numéro
un de la kinésithérapie de demain. Je suis convaincu que
les auteurs et d'autres vont rapidement réagir…
J-Pierre ZANA
INTRODUCTION
L'évolution
phylogénétique (développement de l'espèce)
et ontogénétique (développement de l'individu) amène
l'homme, dans la station bipède, à libérer ses membres
supérieurs des fonctions locomotrices, en faveur d'une liberté
gestuelle et d'une utilisation manuelle de précision.
Cette indépendance des membres supérieurs nécessite
une autonomisation de la colonne vertébrale qui doit alors assumer
la position érigée en assurant la stabilité vertébrale.
La
fréquence des pathologies rachidiennes témoigne certainement
de l'insuffisance du système musculaire vertébral. L'expression
douloureuse des instabilités articulaires vertébrales est
dès lors plus fréquente, expliquant l'importance des récidives,
voire de la chronicité (4,6). Le mode de vie occidental moderne
accentue cette insuffisance musculaire du fait de la diminution de la
stimulation des muscles rachidiens (station assise avec dossier et manque
d'activité physique).
L'approche musculaire des lombalgiques est ainsi devenue un complément
indispensable de la prise en charge de ces patients, et fait l'objet de
recommandations (1,2).
L'activité
musculaire vertébrale axiale constitue une forme d'exercice musculaire
consensuelle en kinésithérapie. Elle sollicite un ensemble
de synergies musculaires pour obtenir un redressement vertébral.
Cette activité répond à des stimuli de lutte contre
la gravité et/ou de sollicitation de contact de l'apex crânien.
ANALYSE
MUSCULAIRE
figure
1 |
Les
muscles vertébraux postérieurs profonds, courts, insérés
sur quelques étages vertébraux seulement, sont de véritables
ligaments actifs de la colonne vertébrale (figure 1). Ils assurent
la stabilisation active de cet assemblage vertébral en complément
du système ligamentaire passif.
Au contact direct des vertèbres, ils peuvent assurer les ajustements
fins et correctifs des étages vertébraux les uns par
rapport aux autres. En particulier, leur action sur l'ensemble de
la colonne, concourt au redressement axial. Muscles antigravifiques,
leur stimulation proprioceptive est favorisée par la position
verticale de la colonne vertébrale. La stimulation extéroceptive
de l'apex crânien favorise également leur recrutement
par un réflexe de redressement, à l'image des africaines
portant des charges sur le sommet du crâne.
Le contact intime avec les vertèbres et leur système
articulaire, rend ces muscles également vulnérables.
En effet, en présence d'algies vertébrales, la sidération
avec amyotrophie de ces muscles est immédiate (7,8), installant
une désorganisation motrice des segments vertébraux
douloureux. |
Les
instabilités vertébrales localisées, également
nommées dérangements intervertébraux mineurs, peuvent
ainsi se reproduire. La rééducation musculaire après
rachialgie a fait les preuves de son efficacité à terme
(6) et on conçoit ainsi aisément la complémentarité
de celle-ci avec les thérapies articulaires manuelles. A titre
de comparaison, un genou instable peut-il se rééduquer efficacement
uniquement avec des techniques articulaires ?
Les lordoses lombaires et cervicales bénéficient de muscles
vertébraux antérieurs ou latéraux au contact direct
des vertèbres. Les muscles droits antérieurs, longs du cou
et longs de la tête, au niveau cervical, et les muscles psoas et
piliers diaphragmatiques, au niveau lombaire, renforcent la structure
vertébrale et permettent ainsi des stabilisations de type poutre
composite. Au même titre que les multifides lors des épisodes
algiques vertébraux, l'amyotrophie des muscles psoas a été
démontrée (3).
figure
2 |
Le
muscle transverse de l'abdomen, inséré sur les processus
transverses lombaires, assure une stabilisation vertébrale
à distance via le caisson thoraco-abdominal, de manière
comparable au diaphragme. Sa perturbation chez les lombalgiques
sous forme de modification neuro-motrice du contrôle automatique
(9) témoigne de son implication alors qu'obliques internes
et externes n'apparaissent pas perturbés (5). Légèrement
plus distants, des muscles tels que les longissimus et ilio-costaux
(12), voire carré des lombes au niveau lombaire, par exemple,
assurent le renfort du manchon stabilisateur vertébral. L'action
transversale du dentelé postéro-inférieur sur
les muscles para-vertébraux longs augmente leur placage lombaire
et donc leur participation à la stabilisation (figure 2).
Cette contention transversale du dentelé postéro-inférieur
participe doublement à l'activité musculaire vertébrale
axiale. |
figure
2 |
En
effet, le rôle de placage lombaire permet également
une mise en tension des longissimus et ilio-costaux dans leur partie
inférieure équivalent à une action de point
fixe inférieur. Dès lors, ces muscles longs peuvent
exprimer leur action haute sous forme de redressement de la cyphose
thoracique (figure 3) de concert avec l'épineux du thorax.
Le
gainage lombo-abdominal constitue un point caractéristique
du redressement axial. Il correspond à la mise en tension
des muscles postérieurs courts (multifides) et longs (longissimus,
ilio-costaux), des muscles antéro-latéraux (psoas,
diaphragme) et du transverse ainsi que du plancher pelvien. Ce gainage
effectué en lordose neutre est la base des exercices proposés
par Richardson et al. (11).
Il est complété par une action supérieure de
la colonne vertébrale qui est la principale zone articulaire
du redressement.
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ANALYSE
POSTURALE
Il
nous paraît important lors de la stimulation axiale que le praticien
porte une attention rigoureuse et précise sur le positionnement
crânio-cervical. Les informations visuelles et les informations
de mise en tension cutanée de la nuque sont des sources importantes
de la stimulation tonique posturale vertébrale et de sa prise de
conscience (10).
L'organisation musculaire vertébrale et son entraînement
semblent ainsi répondre pour une part importante aux stimulations
crâniales.
Ainsi, lors de l'activité musculaire axiale le positionnement spontané
et physiologique du complexe lombo-pelvien s'effectue en lordose neutre.
Ce positionnement recrute l'ensemble des synergies lombo-abdomino-pelvi-diaphragmatiques
décrites ci-dessus.
Cette
forme de tonification musculaire physiologique est à distinguer
de l'auto-grandissement par effacement de courbures qui constitue
pour les muscles longs un exercice d'étirement (figure 4).
L'analyse radiographique des exercices en activité musculaire
axiale (figure 5) est caractérisée par un allongement
vertébral entre C1 et L5. Cet allongement trouve sa source
essentiellement entre la vertèbre sommet de la cyphose thoracique
et C1.
Les zones lombaires et thoraciques basses sont stabilisées
par le gainage lombo-abdominal. Sur cette zone rachidienne, le gain
d'allongement est infime mais la réorganisation vertébrale
est réelle sous l'influence des recrutements musculaires.
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CONCLUSION
L'activité
musculaire axiale constitue un fondamental de l'entraînement musculaire
vertébral. Sa pratique permet d'améliorer le contexte musculaire
des nombreuses pathologies rachidiennes, et ainsi d'apporter une contribution
efficace et durable à leur prise en charge.
Sa parfaite complémentarité avec les techniques articulaires
permet au kinésithérapeute de se positionner en acteur global
et majeur, accompagnant les patients rachialgiques dans une thérapie
active, gage d'efficacité et de pérennité.
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LEGENDES
DES FIGURES
Figure
1 : muscles courts profonds
Figure 2 : muscles longissimus et ilio-costal contenus transversalement
par le dentelé postéro-inférieur
Figure 3 : action de redressement des muscles para-vertébraux
longs
Figure 4 : a/ posture relâchée b/ position lombaire
en activité musculaire axiale avec redressement c/ position
lombaire en effacement de courbure avec rétroversion du bassin
Figure 5 : analyse radiographique comparative du redressement axial
et de la position relâchée. L'allongement est obtenu
au-delà de la vertèbre sommet de la cyphose thoracique.
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Crédit Photos : Y. CHATRENET
| REFERENCES |
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1
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Prise en charge kinésithérapique du lombalgique. Paris
: ANAES ; 1998
2
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