Projet de transfert de connaissances aux entreprises S
Stock1,2, R Baril3, C Dion-Hubert4, C Lapointe3, S Paquette5, J Sauvage6,
S Simoneau7, C Vaillancourt8 Dans le cadre du 1er congrès Francophone de recherche sur les TMS, une des sessions a été consacrée au maintien et au retour des salariés dans l'emploi. Cette problématique doit retenir l'attention des kinésithérapeutes qui sont un acteur essentiel pour favoriser ce retour au travail. Les kinésithérapeutes intéressés par ce travail peuvent se reporter sur le site de l'IRSST (www.irsst.qc.ca). J.P. Zana
Le guide s'appuie sur la littérature scientifique concernant les TMS liés au travail, la réadaptation professionnelle et l'ergonomie, sur des évaluations des besoins des différents milieux, et sur le résultat de consensus parmi les co-chercheurs. Il décrit les étapes pour planifier et mettre en place un programme de maintien et de retour au travail, ainsi qu'une démarche de suivi des individus. De plus, trois séries d'outils sont intégrées au guide permettant aux entreprises : d'estimer les exigences physiques du travail proposé pour une assignation temporaire ; de communiquer une proposition d'assignation temporaire au médecin traitant, basée sur cette estimation et de rechercher les recommandations du médecin traitant sur les restrictions temporaires au travail du travailleur atteint. Chaque série comprend des grilles ou des formulaires spécifiques pour chacune des régions corporelles les plus fréquemment touchées : le dos, le cou et les épaules, les coudes, les mains et les poignets. Nous avons suivi l'implantation de cette approche et ces outils dans trois entreprises sur une période de deux ans, ce qui a permis l'évaluation du degré d'implantation de l'approche proposée et de la facilité d'utilisation des outils ainsi que l'identification des obstacles et des facteurs facilitant l'implantation. Nous avons également recherché les commentaires de 48 cliniciens sur les formulaires de restrictions temporaires au travail afin de les rendre pratiques et utiles pour le milieu clinique. Suite à ces résultats, nous avons révisé l'ensemble des outils. Ce guide est particulièrement utile pour des professionnels qui accompagnent des entreprises dans la mise sur pied de programmes de maintien et de retour au travail, et comme document d'appui pour des comités ou des groupes de travail, qui ont pour objectif la mise sur pied de mesures structurées de maintien et de retour au travail. Comme
avantage de l'implantation de cette démarche, on parle de formalisation
du processus de retour au travail, permettant une gestion méthodique,
la sensibilisation à la spécificité des facteurs
de risque selon la lésion, l'adoption de processus d'affectations
selon les capacités de la personne atteinte pour réduire
les arrêts de travail, et la sensibilisation de la part des employeurs
aux avantages d'implanter des mesures de prévention des TMS.
Présentation d'un projet de recherche sur l'approche pluridisciplinaire de réhabilitation des travailleurs atteints de lombalgies et/ou cervicalgies chroniques B.
Danuser, V. Gonik, C. Lazor-Blanchet, S. Kurth, F. Kern La
pluridisciplinarité inscrite dans le rapport de l'IGAS et dans
le dernier plan santé. Ces textes n'ont pas en France de réelles
applications. Les pays de Loire ont entrepris des actions pilotes, les
IPRP sont de plus en plus reconnus mais sans de vrais stratégies
collectives. La première phase, à laquelle FMT voudrait
sensibiliser les kinésithérapeutes, est de s'informer.
Ces textes présentés ici sont une première étape.
Les sites de l'INRS, de l'ANACT, de l'OPPBTP, notamment méritent
vos visites régulières pour mieux commencer à comprendre
les liens entre les pathologies qui font votre réputation de
thérapeutes. Le problème des lombalgies et cervicalgies chroniques chez les travailleurs ayant une activité physique est fréquent. Bien que différents programmes de réhabilitation spécifiques à ce problème existent, il apparaît cependant que la prise en compte du travail réel du patient, de son environnement et des contraintes qu'il subit à son poste, ne soient pas suffisamment exploités. Un grand nombre de thérapeutes se plaignent souvent d'avoir une vision peu précise et peu concrète du travail de leur patient. La présentation proposée décrit un programme de recherche mené en Suisse, conjointement par une équipe d'ergonomes, de médecins du travail et de rhumatologues. Il s'agit d'associer différentes approches, centrées à la fois sur la personne malade, son poste de travail et l'environnement professionnel dans le but de faciliter le retour au travail du patient et d'éviter toutes récidives. Ce programme s'adresse aux personnes en arrêt de travail, disposées à suivre un programme de minimum 3 semaines de réhabilitation en milieu hospitalier. Une analyse ergonomique précise sur le lieu de travail du patient, ainsi qu'un entretien approfondi abordant les facteurs psychosociaux, permettront de cibler au mieux le programme de réhabilitation et d'établir des recommandations pour adapter le poste de travail au sens large. Le but est de faciliter le retour au travail du patient et d'éviter toute récidive. D'autre part, en faisant le lien entre le monde de l'entreprise et le monde de la santé, nous espérons instaurer une continuité et une dynamique entre la thérapie de réhabilitation et le travail, entre la médecine du personnel de l'entreprise et la médecine de réhabilitation. Une
étude associant une intervention sur le terrain et sur la personne
est encore peu usuelle en Suisse. Les difficultés d'implantation
de ce type d'étude sont dues au fait que le tissu industriel
suisse est composé à plus de 90% de toutes petites entreprises
; d'autre part, il n'y a pas d'obligation de CHSCT, ni de service médical
d'entreprise. Dans cette phase du projet, nous allons analyser le travail de 8 employés d'une entreprise de grande distribution ( travail physique moyen à lourd ) souffrant de lombalgies ou/et cervicalgies chroniques. Le but est, ici, de tester nos outils d'analyse ergonomique du travail, de mettre en évidence les éléments pertinents aux thérapeutes et à l'élaboration de recommandations pour l'entreprise, ainsi que d'étudier la faisabilité de cette recherche. Lors de la présentation, nous décrirons la problématique de la recherche et sa méthodologie. En fonction de l'état d'avancement des travaux, des résultats seront également présentés.
REVUE DES FAITS SCIENTIFIQUES DANS LA PRISE EN CHARGE DES TRAVAILLEURS AYANT DES TMS P. Loisel1,2 1Centre
de recherche et de formation en prévention d'incapacités,
1111, rue St-Charles ouest, bureau 101 , Longueuil, Québec, J4K
5G4 , Canada, patrick.loisel@USherbrooke.ca Le
professeur Loisel qui travaille depuis sur les questions de retour à
l'emploi des salariés. Dans des numéros précédents
de FMT, nous avions déjà évoqué ces travaux.
La synthèse scientifique qu'il nous propose dans ce texte est
essentielle, les préconisations qui apparaissent feront partie
du paysage thérapeutique en France dans les prochaines années.
Au cours des dernières années, il y a eu une transformation majeure de la compréhension des conséquences des TMS passant d'un modèle médical à un modèle biopsychosocial. Les nouvelles données probantes reconnaissent maintenant que l'incapacité prolongée au travail d'origine musculo-squelettique n'est plus la simple conséquence d'une déficience mais plutôt la résultante d'interactions entre des paramètres de santé physique et psychologique de la personne blessée et des éléments du système de soins de santé, de l'environnement de travail et du système de compensation financière. Ainsi, lorsque l'absence du travail des personnes présentant de la douleur d'origine musculo-squelettique dépasse le délai habituel de guérison des tissus, il est probable que les cas se complexifient par la coexistence de problèmes de type systémique qui doivent être reconnus et considérés. Il ressort qu'un programme clinique, administratif ou de recherche ne peut fragmenter cette problématique complexe sans risque majeur d'inefficacité ou d'interprétation erronée des résultats de la recherche. Les
données probantes des quinze dernières années apportent
non seulement un éclairage nouveau sur les effets pervers de
l'incapacité mais aussi ont testé des solutions efficaces
et coût-efficaces pour y remédier. D'un côté,
on sait que retirer précocement du travail des personnes, même
sans déficience particulière, peut diminuer leur espérance
de vie, et que la simple compensation sans réinsertion aboutit
à des pertes importantes de qualité de vie pour les personnes
concernées. D'un autre côté, en particulier en ce
qui concerne la déficience musculo-squelettique, des programmes
de prévention de l'incapacité prolongée se sont
montrés efficaces et coût-efficaces. Des programmes divers
ont été testés, mais il existe maintenant un consensus
sur ce qu'ils devraient contenir : |