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1ER CONGR
ÈS FRANCOPHONE SUR LES TMS
- NANCY LE 30 MAI 2005 –


TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES :
GUIDE ET OUTILS POUR LE MAINTIEN ET LE RETOUR AU TRAVAIL

Projet de transfert de connaissances aux entreprises

S Stock1,2, R Baril3, C Dion-Hubert4, C Lapointe3, S Paquette5, J Sauvage6, S Simoneau7, C Vaillancourt8
1Institut national de santé publique du Québec, 1301 Sherbrooke est, Montréal, QC H2L 1M3, Canada, sstock@santepub-mtl.qc.ca,
2DSP Montréal, 3IRSST, 4Université de Montréal, 5ErgoDirect, 6CSST, 7ASP Métal Électrique, 8Hydro Québec

Dans le cadre du 1er congrès Francophone de recherche sur les TMS, une des sessions a été consacrée au maintien et au retour des salariés dans l'emploi. Cette problématique doit retenir l'attention des kinésithérapeutes qui sont un acteur essentiel pour favoriser ce retour au travail. Les kinésithérapeutes intéressés par ce travail peuvent se reporter sur le site de l'IRSST (www.irsst.qc.ca). J.P. Zana


Le projet, Outils pour le maintien et le retour au travail des travailleurs atteints de TMS (OMRT), est un projet de recherche interdisciplinaire de la Direction de santé publique de Montréal en collaboration avec l'INSPQ, l'IRSST et d'autres organismes de santé au travail, qui a permis le développement d'un ensemble de stratégies organisationnelles, ainsi qu'une série d'outils d'aide à la décision, pour faciliter le maintien et le retour au travail des travailleurs aux prises avec des troubles musculo-squelettiques (TMS).

Le guide s'appuie sur la littérature scientifique concernant les TMS liés au travail, la réadaptation professionnelle et l'ergonomie, sur des évaluations des besoins des différents milieux, et sur le résultat de consensus parmi les co-chercheurs. Il décrit les étapes pour planifier et mettre en place un programme de maintien et de retour au travail, ainsi qu'une démarche de suivi des individus. De plus, trois séries d'outils sont intégrées au guide permettant aux entreprises : d'estimer les exigences physiques du travail proposé pour une assignation temporaire ; de communiquer une proposition d'assignation temporaire au médecin traitant, basée sur cette estimation et de rechercher les recommandations du médecin traitant sur les restrictions temporaires au travail du travailleur atteint. Chaque série comprend des grilles ou des formulaires spécifiques pour chacune des régions corporelles les plus fréquemment touchées : le dos, le cou et les épaules, les coudes, les mains et les poignets.

Nous avons suivi l'implantation de cette approche et ces outils dans trois entreprises sur une période de deux ans, ce qui a permis l'évaluation du degré d'implantation de l'approche proposée et de la facilité d'utilisation des outils ainsi que l'identification des obstacles et des facteurs facilitant l'implantation. Nous avons également recherché les commentaires de 48 cliniciens sur les formulaires de restrictions temporaires au travail afin de les rendre pratiques et utiles pour le milieu clinique. Suite à ces résultats, nous avons révisé l'ensemble des outils.

Ce guide est particulièrement utile pour des professionnels qui accompagnent des entreprises dans la mise sur pied de programmes de maintien et de retour au travail, et comme document d'appui pour des comités ou des groupes de travail, qui ont pour objectif la mise sur pied de mesures structurées de maintien et de retour au travail.

Comme avantage de l'implantation de cette démarche, on parle de formalisation du processus de retour au travail, permettant une gestion méthodique, la sensibilisation à la spécificité des facteurs de risque selon la lésion, l'adoption de processus d'affectations selon les capacités de la personne atteinte pour réduire les arrêts de travail, et la sensibilisation de la part des employeurs aux avantages d'implanter des mesures de prévention des TMS.
Des stratégies de diffusion et de transfert de connaissances sont développées pour faire connaître le guide. Entre autres, elles impliquent la formation de « relayeurs », personnes qui pourront transférer les compétences nécessaires aux entreprises qui ne sont pas adéquatement habilitées en santé et sécurité au travail pour utiliser les outils directement. Au Québec, ces relayeurs se trouveront à différents niveaux du réseau de santé et sécurité au travail (SST), soit par le biais d'organisations publiques en SST, d'associations patronales ou syndicales, par les mutuelles de préventions privées, et par des consultants privés. Le guide sera aussi annoncé auprès des associations professionnelles intéressées par le sujet, ainsi qu'à l'intérieur d'articles dans le réseau de publications en SST.

Référence

Stock S, Baril R, Dion-Hubert C, Lapointe C, Paquette S, Sauvage J, Simoneau S, Vaillancourt C.
(2005). Troubles musculo-squelettiques : guide et outils pour le maintien et le retour au travail.
Direction de santé publique, Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal.


READAPTATION DE PERSONNES
SOUFFRANT DE TMS ET ADAPTATION DU POSTE DE TRAVAIL

Présentation d'un projet de recherche sur l'approche pluridisciplinaire de réhabilitation des travailleurs atteints de lombalgies et/ou cervicalgies chroniques

B. Danuser, V. Gonik, C. Lazor-Blanchet, S. Kurth, F. Kern
IST, Institut universitaire romand de santé au travail, rue du Bugnon 19, 1005 Lausanne, Suisse

La pluridisciplinarité inscrite dans le rapport de l'IGAS et dans le dernier plan santé. Ces textes n'ont pas en France de réelles applications. Les pays de Loire ont entrepris des actions pilotes, les IPRP sont de plus en plus reconnus mais sans de vrais stratégies collectives. La première phase, à laquelle FMT voudrait sensibiliser les kinésithérapeutes, est de s'informer. Ces textes présentés ici sont une première étape. Les sites de l'INRS, de l'ANACT, de l'OPPBTP, notamment méritent vos visites régulières pour mieux commencer à comprendre les liens entre les pathologies qui font votre réputation de thérapeutes.
J.P. Zana

Le problème des lombalgies et cervicalgies chroniques chez les travailleurs ayant une activité physique est fréquent. Bien que différents programmes de réhabilitation spécifiques à ce problème existent, il apparaît cependant que la prise en compte du travail réel du patient, de son environnement et des contraintes qu'il subit à son poste, ne soient pas suffisamment exploités. Un grand nombre de thérapeutes se plaignent souvent d'avoir une vision peu précise et peu concrète du travail de leur patient.

La présentation proposée décrit un programme de recherche mené en Suisse, conjointement par une équipe d'ergonomes, de médecins du travail et de rhumatologues. Il s'agit d'associer différentes approches, centrées à la fois sur la personne malade, son poste de travail et l'environnement professionnel dans le but de faciliter le retour au travail du patient et d'éviter toutes récidives. Ce programme s'adresse aux personnes en arrêt de travail, disposées à suivre un programme de minimum 3 semaines de réhabilitation en milieu hospitalier.

Une analyse ergonomique précise sur le lieu de travail du patient, ainsi qu'un entretien approfondi abordant les facteurs psychosociaux, permettront de cibler au mieux le programme de réhabilitation et d'établir des recommandations pour adapter le poste de travail au sens large. Le but est de faciliter le retour au travail du patient et d'éviter toute récidive. D'autre part, en faisant le lien entre le monde de l'entreprise et le monde de la santé, nous espérons instaurer une continuité et une dynamique entre la thérapie de réhabilitation et le travail, entre la médecine du personnel de l'entreprise et la médecine de réhabilitation.

Une étude associant une intervention sur le terrain et sur la personne est encore peu usuelle en Suisse. Les difficultés d'implantation de ce type d'étude sont dues au fait que le tissu industriel suisse est composé à plus de 90% de toutes petites entreprises ; d'autre part, il n'y a pas d'obligation de CHSCT, ni de service médical d'entreprise.
L'étude pilote est menée dans une grande entreprise comportant un service de santé et ayant déjà collaboré avec l'IST dans le passé; elle est donc tout à fait favorable à ce type d'intervention, mais peu représentative des entreprises suisses moyennes.
La recherche est prévue sur 4 ans.
Actuellement nous abordons l'étude pilote (oct.04 - sept.05).

Dans cette phase du projet, nous allons analyser le travail de 8 employés d'une entreprise de grande distribution ( travail physique moyen à lourd ) souffrant de lombalgies ou/et cervicalgies chroniques. Le but est, ici, de tester nos outils d'analyse ergonomique du travail, de mettre en évidence les éléments pertinents aux thérapeutes et à l'élaboration de recommandations pour l'entreprise, ainsi que d'étudier la faisabilité de cette recherche.

Lors de la présentation, nous décrirons la problématique de la recherche et sa méthodologie. En fonction de l'état d'avancement des travaux, des résultats seront également présentés.


REVUE DES FAITS SCIENTIFIQUES DANS LA PRISE EN CHARGE DES TRAVAILLEURS AYANT DES TMS P. Loisel1,2

1Centre de recherche et de formation en prévention d'incapacités, 1111, rue St-Charles ouest, bureau 101 , Longueuil, Québec, J4K 5G4 , Canada, patrick.loisel@USherbrooke.ca
2Université de Sherbrooke,

Le professeur Loisel qui travaille depuis sur les questions de retour à l'emploi des salariés. Dans des numéros précédents de FMT, nous avions déjà évoqué ces travaux. La synthèse scientifique qu'il nous propose dans ce texte est essentielle, les préconisations qui apparaissent feront partie du paysage thérapeutique en France dans les prochaines années.
J.P. Zana


Le travail est une occupation majeure de l'adulte et est une source d'autonomie financière, de statut social, de réalisation et de gestion du temps et de l'espace. Or, chaque année, un nombre important de travailleurs est exclu du travail en raison de troubles musculo-squelettiques (TMS) engendrant des incapacités physiques et psychologiques qui peuvent résulter en une situation de handicap au travail. Cette perturbation à court ou à long terme du rôle de travailleur a des répercussions économiques et sociales considérables, ajoutant l'incapacité prolongée au problème de santé des personnes concernées.

Au cours des dernières années, il y a eu une transformation majeure de la compréhension des conséquences des TMS passant d'un modèle médical à un modèle biopsychosocial. Les nouvelles données probantes reconnaissent maintenant que l'incapacité prolongée au travail d'origine musculo-squelettique n'est plus la simple conséquence d'une déficience mais plutôt la résultante d'interactions entre des paramètres de santé physique et psychologique de la personne blessée et des éléments du système de soins de santé, de l'environnement de travail et du système de compensation financière. Ainsi, lorsque l'absence du travail des personnes présentant de la douleur d'origine musculo-squelettique dépasse le délai habituel de guérison des tissus, il est probable que les cas se complexifient par la coexistence de problèmes de type systémique qui doivent être reconnus et considérés. Il ressort qu'un programme clinique, administratif ou de recherche ne peut fragmenter cette problématique complexe sans risque majeur d'inefficacité ou d'interprétation erronée des résultats de la recherche.

Les données probantes des quinze dernières années apportent non seulement un éclairage nouveau sur les effets pervers de l'incapacité mais aussi ont testé des solutions efficaces et coût-efficaces pour y remédier. D'un côté, on sait que retirer précocement du travail des personnes, même sans déficience particulière, peut diminuer leur espérance de vie, et que la simple compensation sans réinsertion aboutit à des pertes importantes de qualité de vie pour les personnes concernées. D'un autre côté, en particulier en ce qui concerne la déficience musculo-squelettique, des programmes de prévention de l'incapacité prolongée se sont montrés efficaces et coût-efficaces. Des programmes divers ont été testés, mais il existe maintenant un consensus sur ce qu'ils devraient contenir :
capacité de rassurer les personnes sur leur état de santé et leur devenir, maintien de l'activité, lien avec le milieu de travail et action concertée entre les acteurs concernés (personnes présentant le TMS et leur entourage, entreprises, systèmes de compensation, système de santé).