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NEUROLOGIE :
« Une nouvelle machine à la redécouverte
du corps de mes patients »

Didier Costeau, kinésithérapeute à Montpellier (34)

 
Didier Costeau est kinésithérapeute depuis 1984. Avant de s'installer à son compte, il a exercé à Propara, Centre de Rééducation Fonctionnelle, en pathologie médulaire. Depuis toujours, il soigne des patients lésés modullaires : aujourd'hui 80% de son activité est tournée vers la rééducation neurologique. Il s'est équipé de l'appareil HUBER il y a quelques mois et a accepté de nous faire partager son expérience avec ce nouveau « partenaire » dans son cabinet…


Michel PAJOL : Quelles méthodes traditionnelles employez-vous au quotidien ?

Didier COSTEAU : En neurologie, mon but a toujours été de rechercher la plus grande autonomie pour mes patients. Avant HUBER, j'employais des méthodes manuelles classiques (sur les diagonales par exemple) mais aussi des techniques extrapolées de la musculation classique. Pour le problème des transferts, mes patients ont besoin de développer leur force notamment pour être plus à l'aise dans leurs occupations familiales et professionnelles.

M.P. : Pourquoi vous être équipé d'un appareil technologique tel que HUBER ?

D.C. : Tout d'abord, je suis toujours à l'affût des nouveautés, très « avant-gardistes ». Ensuite, ce qui m'a séduit dans HUBER c'est que cela rassemblait en un seul appareil, ce que moi j'étais obligé de créer artisanalement avec plusieurs appareils et plusieurs techniques, une sorte de « tout en 1 » . HUBER c'est une boîte à outils qui me permet de sortir quand je le veux des outils différents…provenant de la même boite !
Quand on me l'a présenté, j'ai tout de suite voulu savoir si je pouvais mettre une personne dans un fauteuil sur HUBER : c'était réalisable en rajoutant des sangles sur le plateau pour fixer le fauteuil, et en installant une rampe pour faciliter l'accès à la plate-forme.


M.P. : Comment a réagi votre patientèle face à HUBER ?

D.C. : La gageure de départ était de rendre HUBER accessible depuis le fauteuil. Ensuite, c'est vrai que HUBER est impressionnant : mes patients sont habitués à effectuer des mouvements et à déplacer des poids, quand on est paralysé on apprécie de voir « bouger » quelque chose. Il a donc fallu leur montrer quel intérêt HUBER aurait pour eux sans déplacement apparent ni déplacement de charges : cette perception nouvelle du travail sur HUBER, élément essentiel dans la neurologie, ils s'y sont vite habitués malgré leur perplexité de départ ! Et aujourd'hui, ils l'ont adopté !

M.P. : Quel est le vrai point fort de HUBER, selon vous ?

D.C. : Sans hésiter, je dirais ce côté feedback / quantification fine et précise entre le côté droit et le côté gauche, que l'on ne peut obtenir nulle part ailleurs.
Concrètement sur un travail de musculation analytique classique, si il y a un déficit de force d'un côté, on compense systématiquement par l'autre côté. Tandis qu'avec HUBER, la personne voit très vite quand elle pousse plus d'un côté que de l'autre : la cible permet de bien visualiser le déséquilibre des fonctions.

M.P. :HUBER a-t-il redonné goût à la rééducation à vos patients ?

D.C. : Sans aucun doute, oui ! Au départ il faut être volontaire et assimiler l'appareil. Je dirais même que c'est une activité cérébrale ! Très vite, HUBER permet de prendre conscience qu'on peut travailler son corps autrement, qu'on peut travailler des groupes musculaires qui étaient laissés à l'abandon. De plus, HUBER a un aspect très ludique ! Ça change, on « joue » quelque part sur HUBER!

M.P. :HUBER change aussi le quotidien du praticien ?

D.C. : Oui, il y a un réel intérêt professionnel. Comme vous le savez, il y a beaucoup de lassitude dans la rééducation neurologique, car les progrès sont lents et infimes. La routine s'installe aussi bien pour mes patients que pour moi d'ailleurs.
HUBER redonne une motivation professionnelle dans l'expertise neurologique et la pratique : les séances sont moins rébarbatives pour tout le monde.

J'essaie aussi d'organiser
avec mes patients d'autres activités comme le cerf-volant où l'on retrouve un peu HUBER. Il faut être précis des 2 côtés : le Cerf-volant chute si on tire trop d'un côté !

M.P. : Comment organisez-vous vos séances ?

D.C. :
Quand les patients ont assimilé HUBER, je les laisse seuls, c'est pour moi une vraie décharge de travail (excepté pour des patients en fauteuil qui ne peuvent pas atteindre les boutons tout seul même si la colonne est fixée au plus bas.).
Actuellement, je mets 80 personnes sur HUBER. Je fixe moi-même les paramétrages : pour ceux dont l' équilibre est précaire, on ne peut se permettre de les faire travailler sur un plateau à oscillation trop rapide.

M.P. : Avec HUBER que deviennent les périodes flasques ? Et spastiques ?

D.C. : Pour la spasticité chez l'hémiplégique, c'est très intéressant au niveau des membres supérieurs parce qu'on peut les faire travailler debout et donc il y a une recherche d'appui, une resollicitation de fonctions laissées à l'abandon. Des séances de HUBER, combinées avec des exercices sur vélo, montrent une vraie diminution de la spasticité.

Au niveau articulaire, je m'en sers pour des épaules en utilisant HUBER non plus dans des fonctions de travail d'équilibre, mais dans des fonctions passives de mobilisation : au lieu de faire bouger la main par rapport au corps, on fait bouger le corps par rapport à la main. HUBER est une véritable aide dans la mobilisation passive.

M.P. : Qu'en est-il des automobilisations ?

D.C. : Normalement quand vous voulez attraper quelque chose, vous projetez votre main dans l'espace, il y a une sollicitation de fonctions musculaires et articulaires que l'on ne soupçonne pas. Effectivement avec HUBER et ses multiples paramétrages on facilite ce travail de mobilisations (colonne, plateau…).

M.P. : L'éducation des transferts ?

D.C. : C'est indéniablement le grand intérêt d'HUBER : le ré-apprentissage de l'équilibre. Au fil des séances, on augmente la vitesse et l'amplitude du plateau, cela permet aux paralysés d'améliorer leur équilibre en fauteuil pour certains ou debout. Cette matérialisation des appuis différents sur les côtés gauche et droit, c'est la grande qualité d'HUBER. Par exemple chez le tétraplégique, il y a souvent des lésions asymétriques (port de tête décalé sur le côté) ; HUBER leur fait prendre conscience de ses déformations pour mieux corriger. Sur HUBER on leur montre qu'il faut travailler davantage d'1 côté que de l'autre, mais aussi davantage certains groupes musculaires que d'autres (comme les fixateurs d'omoplates, pectoraux, dorsaux) : tout est asymétrique.

M.P. :HUBER a donc sa place en rééducation neurologique ?

D.C. : HUBER apporte des perceptions nouvelles dans la recherche de l'équilibre. Les personnes paralysées sont sans cesse en train de solliciter leur dos qui est toujours en rotation. HUBER permet d'éviter cette hyper sollicitation d'un seul côté en recentrant le travail en symétrie, fondamental en neurologie.

M.P. : HUBER vous permet donc d'accéder à des choses que vous ne pouviez obtenir avant.

D.C. :
Complètement et je dirais même des choses que je n'aurais pas suspectées… Une patiente tétraplégique, qui a bien récupéré et qui marche a constaté qu'après quelques séances de HUBER son transit intestinal s'était amélioré. Ce n'était pas la visée initiale des exercices, mais le fait de restimuler une sangle abdominale pas très tonique chez elle, lui a permis de sentir que ses abdos pouvaient retravailler et a provoqué un rétablissement des fonctions intestinales. Ce sont des bénéfices secondaires… insoupçonnés au départ. Chez ces paralysés, HUBER permet de révéler des fonctions que l'on n'aurait pas pu déceler autrement.

M.P. : Une belle histoire à nous raconter ?

D.C. :
Je pense à ce jeune patient paraplégique, 23 ans, incroyablement dynamique, qui fait des scores exceptionnels sur HUBER. Avec lui on a concrétisé son travail avec HUBER dans la pratique du kite sur catamaran (le fauteuil est fixé à un mini catamaran qui a été bricolé pour lui sur mesure). C'est génial !
Grâce à HUBER, ce garçon a progressé en équilibre et a accédé à l'application fonctionnelle et sportive de ses séances de travail!

M.P. : Le mot de la fin ?

D.C. : Comme les trois quarts du corps sont insensibles chez ces personnes, il n'y a pas d'informations qui remontent. Il faut jouer sur tout ce qui reste, le solliciter et le stimuler. Grâce à HUBER et sa cible, on a enfin un renvoi et c'est extraordinaire pour le kiné !

En résumé, HUBER est un assistant fidèle. Ce qui me réjouit le plus ? Je sais que je suis loin d'avoir utilisé toutes les fonctions d'HUBER

Informations : www.lpgsystems.com

Crédit Photos : LPG SYSTEMS