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Kinésithérapie-ostéopathie : Un parcours professionnel


 

Après l'obtention du diplôme d'Etat, j'ai eu l'opportunité de pouvoir exercer à la fois dans le secteur hospitalier et libéral comme assistant d'un confrère, véritable tuteur, dont la disponibilité, l'expérience ont été un apport essentiel dans ma formation professionnelle, en particulier dans l'exercice libéral auquel la formation initiale m'a semblé et me semble toujours insuffisante.

Le désir d'approfondir mes connaissances, d'en acquérir de nouvelles m'a conduit à suivre une formation à l'école de cadre qui m'ouvrait deux possibilités, d'une part :
Hospitalière en accédant à un poste d'encadrement, et d'autre part d'envisager l'enseignement. Cette année complémentaire a été un enrichissement à la fois par le contact des confrères et l'enseignement dispensé, d'autant que la maturité aidant. Les sacrifices familiaux consentis m'ont imposé une discipline propice à l'étude.
L'exercice simultané hospitalier, libéral, enseignement s'enrichissent mutuellement et ne laisse guère de place pour autre chose, l'investissement professionnel est à plein temps.

Mon orientation vers la pédiatrie s'est précisée et là encore la nécessité de stages complémentaires orientés vers cette discipline se sont imposés.
Dans mon exercice libéral perdurait une impression de manque, une insatisfaction dans la prise en charge de certains patients, c'était dans les années 80, on commençait à parler de l'ostéopathie. Une expérience personnelle partagée avec un patient m'a amené à m'intéresser à cette discipline. J'ai donc suivi une formation. Cela m'est apparu sur un socle commun avec la kinésithérapie, une autre façon moins analytique, plus globale, plus personnelle d'aborder le patient.

L'évolution de la formation des MK, la mise en place d'un diagnostic kinésithérapique font que les deux concepts, kinésithérapie et ostéopathie ne sont plus sur des sentiers parallèles, même si dans chacun des deux camps subsistent des irréductibles voulant à tout prix mettre une ligne de démarcation entre les deux exercices. Je pense l'argument fallacieux, il est vrai qu'il est toujours difficile d'admettre qu'un grand nombre de MK jeunes diplômés, voire de plus anciens s'inscrivent dans les formations d'ostéopathie, et n'y voir qu'un aspect mercantile même s'il existe.
Il est non moins évident que le dénigrement de la kinésithérapie par certains ostéopathes est monnaie courante. Ce sont les patients qui avec leur bon sens et en fonction de leurs besoins font un choix. Il est dommage, et pas anodin que de nombreux MK suppriment le « masseur » pour une connotation supposée dévalorisante avec le paradoxe de mentionner
« thérapie manuelle » alors que la prise en charge du patient passe d'abord par la main dont Paul VALERY avait loué la noblesse, ce merveilleux outil au service de la pensée. Mais nous ne sommes pas à un paradoxe près.
La reconnaissance du titre d'ostéopathe, en mars 2002 marque une nouvelle étape, l'éventualité plausible d'une compétence partagée entre les Médecins et les MK montre s'il était nécessaire, qu'il ne s'agit pas d'être pour ou contre (l'ostéopathie) mais d'être avec, ce sont deux approches complémentaires, l'antinomie revendiquée par certains est passéiste et sujette à caution.

Les décrets régissant la formation, les conditions d'exercice sont en attente.
Pour combien de temps encore ? Une chose est certaine l'Europe de l'ostéopathie existe même si les conditions d'exercice ne sont pas identiques dans les différents pays.

Mais il est incontournable qu'elle devra se plier aux normes et procédures scientifiques, tant au niveau de la formation, que de son exercice, mais là aussi le terme de « médecine fondée sur les preuves » est un concept dont on peut discuter la pertinence.

En effet les conditions d'une étude ne reflètent jamais la réalité, elles ne prennent pas en compte les composants psychologiques, enfin tout théorème ne peut se nourrir que des connaissances présentes, ce qui paraît juste aujourd'hui peut s'avérer faux demain, il ne s'agit pas pour autant de refuser une approche logique et scientifique, mais il faut aussi s'avoir en apprécier les limites. Et c'est ce qui fait toute la richesse de la « thérapie manuelle. »