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les pros du fit


Erick Balmy
Tour à tour professeur, syndicaliste, formateur, Erick Balmy dirige aujourd’hui deux salles de fitness dans l’Essonne. Sa réussite, il la doit autant à sa passion pour le sport qu’à son goût pour la gestion. Portrait d’un battant qui se donne les moyens de gagner.

A 41 ans, Erick Balmy se définit comme un entrepreneur. S’il a choisi le secteur du fitness pour exercer ses talents de manager, c’est avant tout par passion : “J’ai toujours eu envie de travailler dans le milieu sportif. Au moment où j’ai choisi ma voie professionnelle, il n’existait que deux possibilités pour cela. Devenir prof de gym dans un établissement scolaire, ce qui ne m’intéressait pas, ou passer le brevet d’Etat, ce qui me convenait beaucoup plus. Je connaissais les clubs de fitness pour y avoir fait de la musculation, en tant que karatéka. Cet univers me plaisait, et surtout, j’ai pressenti que le secteur allait être très porteur”.


La qualité, sinon rien

Il passe son brevet d’Etat en 1985, et commence à enseigner dans la foulée. “J’étais spécialisé dans les programmes de remise en forme pour les sportifs de haut niveau, qu’ils pratiquent l’athlétisme, le vélo, l’aviron, ou encore les sports de combat». Mais quand Erick Balmy s’intéresse à quelque chose, il ne se contente pas d’effleurer le sujet, il va au bout : “Je suivais des colloques et des tables rondes sur la préparation des sportifs. J’ai ensuite préparé un diplôme universitaire de sport et santé à la faculté de médecine de Bobigny, afin de mieux maitriser l’anatomie, la physiologie, la traumatologie du sport et la diététique”.

Dans le même temps, Erick Balmy est aussi formateur, participe à plusieurs reprises à des jurys d’examens du brevet d’Etat, et s’implique dans le syndicalisme. “Je faisais partie de la Fédération nationale des professeurs de culture physique de France, où j’étais chargé des relations avec le Ministère de la jeunesse et des sports. Mon leitmotiv était alors une plus grande implication des professionnels dans la mise au point du contenu des programmes de formation au brevet. A mes yeux, c’était un enjeu important. Se battre pour améliorer le brevet d’Etat, c’était pour moi défendre à la fois les professionnels et les clients”.


Du plateau à la direction

Après dix ans d’une carrière déjà bien remplie, il amorce alors un tournant décisif. “Il y a des moments où il faut décider de ce que l’on veut faire de sa vie. A trente-cinq ans, j’ai voulu donner une orientation différente à ma carrière. Je ne désirais pas continuer à donner des cours. Il fallait que j’évolue. Plutôt que de me spécialiser dans la formation, ou de prendre une voie d’expertise, j’ai préféré devenir gestionnaire”. Le prof Erick Balmy se fait alors directeur du centre de remise en forme d’un important club omnisports à Evry.

En 1993, il organise le premier marathon Fitness en Ile-de-France, puis le deuxième l’année suivante. Il achète sa première salle en 1995 qui passe, après trois années de gestion en indépendant, sous enseigne Moving. Un an plus tard, il achète son second club, toujours sous la même bannière. “Outre la notoriété de l’enseigne, le fait d’être franchisé m’a appris énormément en matière de techniques commerciales”. Or, à ses yeux, cet aspect du métier est essentiel. “Diriger une salle ne se joue pas uniquement sur le terrain sportif. Pour réussir, il faut aussi maîtriser sur le bout des doigts le marketing, comme la gestion”.

Au quotidien, Erick Balmy s’applique à mettre en œuvre cette profession de foi. Il aime aller sur le plateau de musculation pour voir comment sont gérés les clients, mais aussi suivre de près les actions de communication. Il s’intéresse autant à l’évolution de son chiffre d’affaires, qu’à débusquer les profs qui gagnent : “Laure Courtellemont a débuté en 95 dans mon club d’Evry. Elle y a développé une technique nouvelle, le ragga jam, dont nous possédons depuis les droits”.


Regarder, entendre, apprendre...

Du plateau au bureau, la démarche d’Erick Balmy est celle d’un vrai pro, à ses yeux la seule capable de mener au succès. “Notre métier doit aller vers un plus grand professionnalisme. Il faut que les managers forment en permanence leur équipe, commerciaux comme conseillers sportifs, mais ils doivent eux aussi suivre des formations. Et ceux qui sont issus du milieu sportif ont tout intérêt à apprendre la gestion. C’est très important. S’en remettre à un expert comptable ne suffit pas. Il faut savoir lire un bilan, comprendre ce qu’est un business plan. Un club est avant tout une entreprise commerciale. Nous avons les mêmes règles de gestion et de comptabilité que les autres entreprises, quel que soit leur secteur d’activité. Cet aspect des choses est primordial. C’est peut-être une tâche obscure, mais si elle est mal remplie, le reste ne suit pas. Un club a beau avoir les meilleurs profs du monde, s’il est mal géré, il ferme !”.

Autre impératif pour perdurer dans un milieu où les faillites se ramassent à la pelle, rester à l’écoute de ses clients, pour mieux les fidéliser. “Notre marché n’est pas figé. La demande évolue. Il faut savoir cerner les attentes de nos clients. Dans les années à venir, je pense que nous devrons aller vers une individualisation des services proposés. Chaque client a des attentes spécifiques. Il faut y apporter une réponse spécifique, soit en mettant plus de personnel à sa disposition, soit en proposant des services comme le personal trainer, qui, à mon avis, peut tout à fait se développer en interne dans les clubs. J’y crois beaucoup”.


Le futur se prépare aujourd’hui !

Pour lui, il est une autre évolution à laquelle les clubs devront s’adapter : la montée en puissance des seniors. “Ils représentent 18 millions de personnes en France. Ils ont du temps libre, un pouvoir d’achat important, et se soucient de leur forme ainsi que de leur bien-être. C’est un marché nouveau, mais encore insuffisamment développé en France. Il existe des équipements susceptibles de les intéresser dans les clubs, comme le cardio-training, mais ni les activités, ni les actions de communication ne sont spécifiquement pensées pour eux”.

Pour les plus jeunes, Erick Balmy pressent une forte demande des activités liées à la gestion du stress dans les années à venir. Il a d’ailleurs pris les devants en passant un certificat de sophrologie, un diplôme de plus... mais sûrement pas le dernier ! Il compte en effet s’inscrire dès l’an prochain à un DEES de marketing et management du sport professionnel à la faculté de Rouen.

Ce qui le pousse ? “J’aime la compétition. C’est mon fil conducteur. Pour moi, gérer une salle de fitness est un challenge. Nous sommes dans une économie de marché. C’est une compétition où il n’y a de la place que pour les meilleurs. Ceux qui sont moins bons sont appelés à disparaître. C’est la même chose que dans le sport de haut niveau. Comme un sportif, une entreprise a des adversaires, et des résultats”.

Ce goût des challenges anime Erick Balmy jusqu’au bout, puisque les deux salles qu’il dirige sont en concurrence directe, situées qu’elles sont à moins de 3 kilomètres l’une de l’autre !


Ce qu’il n’aime pas...
L’excès de réglementations
“En France, la lourdeur bureaucratique et administrative est un véritable frein pour notre activité. Les pays voisins n’ont pas ce handicap”.

La TVA à 20,60
“Une TVA à 5,5 apporterait un vrai bol d’air à la profession. Nous pourrions créer des emplois, ce qui améliorerait d’autant les services rendus aux clients”.


 
Le sport, toujours et encore
Ceinture noire de Karaté, Erick Balmy pratique aujourd’hui le footing, le VTT, le roller. Passionné de sports en général, et de sports de haut niveau en particulier, il suit de près la formule 1, la voile, mais aussi et surtout le football. Outre son poste de vice-président du club de l’AS Evry-Essonne, il n’hésite pas à se déplacer pour assister aux matchs qui lui tiennent à coeur. Il va régulièrement à Bordeaux pour voir évoluer les Girondins, et n’a pas hésité à se rendre à Rotterdam pour assister à la finale du championnat d’Europe !