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La maîtrise du geste
Par Alain LAMBERT et Lionel CORVISY
 
«Dans un premier ouvrage, le créateur d’AQUAFEELING a expliqué l’originalité de sa méthode en mettant en évidence son intérêt et ses bienfaits dans le cadre d’une remise en forme efficace et sérieuse.
Ce second livre, écrit en collaboration avec un kinésithérapeute du sport, vient utilement compléter le précédent en approfondissant la réflexion, plus particulièrement dans les domaines de la forme, de la préparation sportive et de la rééducation dans l’eau.

Cette technique novatrice, appelée à devenir une véritable référence pour l’activité physique, s’adresse aussi bien au grand public qu’aux professionnels du sport et de la santé (médecins, kinésithérapeutes, professeurs d’éducation physique, entraîneurs d’athlètes de haut niveau).

AQUAFEELING permet une reprise d’activité de qualité après blessure, favorise la prévention des microtraumatismes liés aux activités sportives intensives et, surtout, améliore très favorablement la performance de l’athlète de haut niveau. Les qualités intrinsèques de cette méthode, jointes au sérieux des recherches menées par son créateur, en font une activité essentielle pour la préparation physique et sportive. Elle devrait sans tarder connaître le succès qu’elle mérite.» Dr Paul Pilardeau (assistant des hôpitaux, maître de conférences des universités, directeur du département de recherche et d’enseignement en médecine du sport à Bobigny).
Parmi les multiples activités physiques proposées, on trouve de plus en plus fréquemment la gymnastique aquatique. Cependant, elle se limite le plus souvent à un amusement collectif, sans réel intérêt ni pour les enseignants, ni pour les pratiquants, pourtant demandeurs d’une activité de qualité.

Pour répondre à cette attente, Alain Lambert a créé il y a quelques années AQUAFEELING, une méthode novatrice de remise en forme dans l’eau dont il a expliqué les fondements dans un premier livre et dont la presse s’est largement fait l’écho. Il s’efforce depuis lors de faire constamment progresser sa méthode.

Dans ce cadre, il a souhaité faire appel à Lionel Corvisy, kinésithérapeute du sport, spécialiste de rééducation dans l’eau. Dans leur ouvrage, les auteurs se sont fondés sur leurs expériences professionnelles respectives pour expliciter les intérêts procurés par AQUAFEELING, non seulement dans le domaine de la remise en forme, mais également pour le sport de haut niveau et la rééducation.

La collaboration efficace de ces deux professionnels a permis la mise au point de mouvements codifiés qui tiennent compte des principes biomécaniques et des contraintes articulaires liés à la mobilité de l’appareil locomoteur. Ils ont également conçu des programmes détaillés d’entraînement. AQUAFEELING, à ce jour seule méthode de remise en forme à avoir obtenu un cautionnement médical, se révèle plus que jamais comme la méthode de référence pour la forme, le sport et la santé.


Sport de haut niveau

La préparation physique générale de l’athlète de haut niveau peut être envisagée plusieurs fois dans l’année selon les disciplines et vient s’ajouter à la préparation physique spécifique. Cet important volume de travail conditionne par la suite les performances de l’athlète.
Certains types de renforcements musculaires utilisés par les athlètes (pliométrie, effort musculaire excentrique) sollicitent particulièrement les muscles et articulations, et sont souvent la cause de microtraumatismes répétés et préjudiciables pour la suite de la compétition.
Au contraire, l’entraînement physique général avec la méthode AQUAFEELING concentre en peu de temps un travail préparatoire musculaire de haute intensité et de qualité, grâce à l’apport du renforcement isocinétique aquatique et cela sans aucun traumatisme pour les muscles et les articulations.


AQUAFEELING, méthode de renforcement isocinétique aquatique

L’utilisation de la résistance de l’eau est la clé de la création du concept isocinétique aquatique.
Ce concept a été contrôlé scientifiquement par un protocole de recherche mis au point par un responsable du laboratoire de biomécanique de l’Institut National des Sports.
La résistance isocinétique aquatique devient ainsi un nouveau modèle de charge directe, s’appliquant en partie à l’extrémité du membre déplacé. Elle permet une autoadaptation immédiate de la force développée par le sportif sans contrainte néfaste sur les articulations et leurs moyens d’union.

Cela est d’autant plus important que les mêmes efforts maximaux effectués dans l’air induisent des contraintes articulaires et musculaires qui peuvent être défavorables pour l’athlète.
Cette régulation des contraintes biomécaniques déployées lors de l’effort aquatique n’est possible que grâce à l’adaptation des variations de couple de force développée durant un mouvement. La méthode AQUAFEELING permet d’obtenir, dans toute l’amplitude du geste, une contraction musculaire maximale. Ainsi, l’isocinétique est plus performante que l’isométrie ou l’isotonie lors d’un effort musculaire maximal.
L’isocinétique aquatique respecte l’équilibre musculaire et favorise le transfert fonctionnel des aptitudes physiques vers la discipline de l’athlète que nous aborderons par la suite.


Place et intérêts d’AQUAFEELING pour l’athlète de haut niveau dans la musculation moderne

Il existe de nombreuses méthodes pour parvenir à un renforcement musculaire efficace : entraînement à la force statique, soulèvement de charges lourdes, pliométrie contractions dynamiques explosives et balistiques. Mais le mélange des genres n’est pas toujours judicieux.
D’une musculation générale, il faut passer ensuite à une étape plus spécifique en incluant dans le renforcement les caractéristiques du geste sportif. Tout d’abord, l’idée d’un renforcement musculaire fondée exclusivement sur l’utilisation d’appareils de musculation ne prépare pas convenablement le sportif, car :

1 La vitesse des mouvements n’est pas prise en compte. Bien au contraire, elle est entravée au profit du développement de la force.

2 Les articulations ne sont pas toujours adaptées aux trajectoires qu’imposent certains mouvements de musculation.

3 Les gains de puissance musculaire doivent correspondre à la discipline sportive pratiquée. Cette orientation, doit obliger les entraîneurs à aménager une préparation physique spécifique au développement de la vélocité, de la tonicité et de la puissance musculaire (par exemple, le coureur de 100 m n’aura pas la même puissance à développer que le marathonien, ainsi que le joueur de tennis comparé à celui du tennis de table).



Une application pratique : le renforcement du quadriceps en position assise (leg extension)


La musculation aérienne proposée pour renforcer le quadriceps (extension de la jambe en position assise) conduit l’athlète dans un programme de développement musculaire maximal à diminuer très nettement sa vitesse de mouvement, au profit du déplacement d’une charge souvent excessive.
En fait, il n’y a pas du tout d’adaptation des leviers osseux et de leurs articulations à l’effort produit.
Est-il compatible d’envisager une musculation lente et inadaptée, alors que la vitesse des mouvements réalisés dans les disciplines sportives dynamiques est importante (fouetté du handballeur, lancer de javelot, reprises d’appuis du triple saut) ?
En l’occurrence, au fur et à mesure que diminue la vitesse du mouvement par l’augmentation de la charge, les contraintes articulaires sont croissantes. On aboutit, assurément, à des microtraumatismes, surtout si l’athlète augmente parallèlement son intensité d’effort.

Dans le mouvement d’extension du membre inférieur, l’articulation du genou subit une très forte contrainte à la fois sur le tendon rotulien, sur les ménisques, et une pression importante de la rotule dans son déplacement. Cela entraîne, également, un raccourcissement des ischios jambiers dans l’amplitude du geste (du fait d’un manque de travail en course interne du quadriceps), d’où une modification préjudiciable du ratio : force du quadriceps/ force de l’ischio-jambier.

Cette situation est à l’origine de beaucoup de claquages dans de nombreuses disciplines dynamiques sollicitant préférentiellement les membres inférieurs (sprint, handball, saut de haies, etc.).

La place de la méthode AQUAFEELING se situe, justement, entre ses séances de musculation intensive basées essentiellement sur le développement de la force et dans l’efficacité du geste sportif.

AQUAFEELING complète utilement le renforcement musculaire dynamique des sportifs, grâce à son originalité et à son efficacité. Elle libère l’athlète de la contrainte matérielle liée à l’utilisation de l’appareil et de sa charge à déplacer. Elle lui permet également d’évoluer en toute sécurité, favorise une motivation optimale et a un effet déstressant important.

L’originalité d’AQUAFEELING réside dans la nature de la contraction musculaire isocinétique obtenue grâce à la résistance de l’eau (cf. Aquafeeling, tome I) et dans la progression très favorable du renforcement musculaire fondé sur la vitesse du mouvement.
L’effort musculaire en AQUAFEELING respecte l’équilibre normal des variations de couple de force développé durant un mouvement (exemple : extension du genou) et induit une contraction de l’agoniste associée à un étirement simultané de l’antagoniste.

L’accroissement de la vitesse du mouvement sur une amplitude maximale permet une plus grande efficacité de l’antagoniste au réflexe d’étirement, augmentant ainsi le recrutement neuromusculaire.
La méthode AQUAFEELING apporte des solutions au problème du renforcement musculaire des athlètes de haut niveau et, surtout, permet de diminuer les blessures à répétition.
Nous savons par exemple que, dans la course à pied, le rôle des ischios-jambiers est essentiellement excentrique. Actuellement, en musculation moderne, il paraît difficile d’évaluer une charge adaptée à la fois à un travail concentrique du quadriceps enchaîné à un travail excentrique des ischios-jambiers proposé par le même appareil.

En revanche, en isocinétique aquatique, la charge est autoadaptée à l’effort produit. La vitesse, élément déterminant de la progression de l’athlète, n’est pas un facteur limitant de son effort.

En libérant le mouvement des contraintes articulaires et musculaires liées d’une part aux charges croissantes et d’autre part au travail en suspension et en décharge posturale nous favorisons une autre conception de la musculation moderne.

Il faut rechercher dans l’entraînement des athlètes une progression simultanée de la force et de la vitesse. La puissance musculaire est donc importante dans le renforcement :

P = F x V

P = puissance
F = force
V = vitesse

La musculation isocinétique aquatique apporte des réponses adaptées aux athlètes dont la discipline repose sur une puissance musculaire explosive ou à forte tonicité musculaire.


Développement de la puissance musculaire et travail en chaîne ouverte en AQUAFEELING

Le concept isocinétique aquatique, novateur dans la musculation moderne, est propice au renforcement musculaire dynamique, notamment pour les efforts sous-maximaux.
Le développement de la puissance musculaire est particulièrement important dans la technique AQUAFEELING.

Augmenter la vitesse du mouvement dans l’eau suppose de générer une grande puissance musculaire. Dans le tome I, nous nous sommes attachés à expliquer les incidences de la résistance de l’eau à l’avancement :

R = KSV2

R = résistance
K = coefficient de forme
S = surface du maître-couple
V = vitesse

Il est certain que deux éléments essentiels de ce renforcement musculaire progressent simultanément : la vitesse et la force, donc a fortiori la puissance.

Cependant, nous favorisons plutôt une progression de la vitesse avec un développement modéré de la force, sans négliger l’amplitude complète du mouvement, car c’est en position d’allongement musculaire que les «couplages actine-myosine» développent le maximum de tension contractile. C’est aussi dans l’association judicieuse de la force et de la vitesse que se situe l’essence d’une musculation dynamique efficace.

Une thèse de doctorat en biomécanique, écrite par M. Péninou en 1994, démontre avec précision les relations existant entre la force active et l’accélération :
«Lorsque la cadence imposée au mouvement augmente, la relation entre l’activité de contraction et l’accélération se modifie. Plus l’accélération du mouvement est importante, plus l’EMG (électromyographie) augmente. En modifiant la cadence dans deux situations de travail (chaîne ouverte et fermée), nous avons constaté que, lors du mouvement à cadence lente, l’électromyographie présentait une relation nulle avec l’accélération et que cette relation se modifiait au fur et à mesure que le rythme du mouvement s’élevait. De plus, alors que le poids était identique, le fait d’augmenter la cadence obligeait les muscles testés à augmenter leur activité. Ce fait confirme l’équation de base qui montre que l’augmentation de l’activité électrique du muscle en contraction dynamique crée de l’accélération (1)».

«C’est lorsque les exercices sont réalisés avec une accélération que le pic d’activité de l’EMG est plus fort, et non lorsque le poids à porter est le plus important (2)».

«La contraction optimale tant du point de vue qualitatif que quantitatif exige la recherche d’une amplitude alliée à la vitesse du mouvement dans le but d’obtenir la meilleure accélération possible. Pour obtenir une action musculaire satisfaisante, il faut porter son effort sur la recherche de la mobilité de l’articulation. Cette dernière est la condition qui permet d’entraîner les muscles de façon dynamique et d’obtenir ainsi une contraction optimale (3)».

Par ailleurs, AQUAFEELING présente l’intérêt d’associer au développement de la puissance un travail en chaîne articulaire ouverte.
Tous les mouvements proposés dans cette méthode se font en chaîne articulaire ouverte et peuvent compléter l’entraînement aérien fondé essentiellement sur les chaînes fermées ou semi-fermées pratiqué habituellement en musculation.


Définition des chaînes articulaires :
Chaîne ouverte : suite de segments articulés entre eux dont le plus distal possède une extrémité libre. Par exemple, la flexion de l’avant-bras sur le bras avec la main libre.

Chaîne semi-fermée : suite de segments articulés entre eux avec un point fixe à une extrémité et une forte résistance à l’autre extrémité. Par exemple, le mouvement de squat au cours duquel le sportif est debout au début du mouvement avec une forte charge sur les épaules, puis fléchit considérablement les jambes pour ensuite se redresser en phase finale pour vaincre la charge.

Chaîne fermée : suite de segments articulés entre eux, les deux extrémités de la chaîne correspondant à des points fixes. Par exemple, le mouvement de «pompe» que l’on effectue en ayant les mains et les pieds en appui au sol.

Le travail en chaîne ouverte :
Les disciplines sportives dynamiques sont souvent caractérisées par des mouvements en chaîne ouverte et l’entraînement répété de gestes spécifiques tels que le lancer de javelot, le saut de haie, le service au tennis permet d’obtenir un renforcement musculaire pour l’athlète.

Dans la méthode AQUAFEELING, nous associons à la fois des mouvements analytiques pour renforcer les articulations périphériques et des mouvements spécifiques à la discipline de l’athlète.

Cependant, certains gestes sportifs ne peuvent être effectués dans un entraînement AQUAFEELING, compte tenu de leur trajectoire dans l’espace (le service au tennis), ou de leur orientation (le pédalage du cycliste, le mouvement de l’haltérophile). Il s’agit de mouvements en chaînes parallèles que nous aborderons dans le chapitre sur la rééducation. Le travail en chaîne ouverte a été préconisé par plusieurs auteurs compétents, à la fois kinésithérapeutes du sport et formateurs cadres à l’école de kinésithérapie de Bois-Larris.


«D’une manière générale, les exercices exécutés dans un souci de développement de la force doivent s’inscrire dans le cadre d’activités connues, qui se rapprochent au maximum des gestes sportifs pour lesquels le sujet s’entraîne. Cela semble faciliter le cheminement nerveux et améliorer la coordination neuro-motrice ; phénomène impliqué dans l’amélioration de la force (4)».

L’entraînement de l’athlète par un renforcement musculaire en puissance hors de ses habitudes gestuelles va surcharger le potentiel musculaire spécifique à sa discipline et entraîner des fractures de fatigue. Le segment distal de la chaîne ouverte ne doit pas subir de contraintes trop importantes (charge excessive, par exemple) pour développer une puissance maximale dans une amplitude maximale (tableau).

Dans la méthode AQUAFEELING, la charge, située sur tout le membre, dépend de l’amplitude du geste. La relation force/vitesse progresse simultanément, contrairement à ce qui se passe en musculation aérienne, où le rapport s’inverse (si la force augmente de façon importante, la vitesse décroît).
Il s’agit d’améliorer la vélocité en accroissant délibérément la vitesse et l’amplitude, tout en modulant judicieusement la force. D’ailleurs, bon nombre de sports recherchent cet objectif de gain en puissance par l’amélioration de leur vitesse gestuelle.

L’ajout d’accessoires aux mains et aux pieds peut augmenter considérablement la résistance à l’avancement et la turbulence dans l’eau. Cependant, leur utilisation ne peut s’envisager que si cela ne diminue pas la vitesse, que l’équilibre du corps ne se trouve pas modifié dans l’enchaînement des mouvements et surtout si l’athlète peut poursuivre son effort.

D’ailleurs, nous envisageons la fabrication d’accessoires spécifiques à la méthode (grâce à des capteurs intégrés), adaptés aux mains et aux pieds et qui pourraient permettre un contrôle en biofeedback de l’effort fourni par l’athlète.

De notre point de vue, concentrer un renforcement musculaire uniquement sur la force ne peut qu’être néfaste au système ostéoarticulaire, car on limite progressivement les amplitudes de geste pour déplacer une charge excessive (effort en course moyenne essentiellement).
Les remarques des auteurs précédemment cités concernent également le travail sur la vélocité et correspondent précisément aux bases théoriques de l’AQUAFEELING.

«Au départ, le geste doit être aussi parfait que possible et pratiqué à vitesse lente, ce qui permet l’intégration chronométrique de tous les muscles concernés et le stockage en mémoire des mouvements articulaires nécessaires. Une fois acquis un geste quasi parfait, on peut passer à l’étape suivante d’une exécution plus rapide. Au cours de l’exécution plus rapide, l’entraîneur ne doit pas tolérer de modification importante du geste (5)»


Un exemple de mouvement en chaîne ouverte pour améliorer la vélocité de l’athlète :
Lors de l’entraînement de Vincent Clarico, coureur de 110 mètres haies de niveau international, nous avons programmé dans la séance un exercice de grande amplitude :

Il débute lentement par quelques mouvements, permettant une meilleure intégration du geste, puis s’accélère progressivement pour atteindre une vitesse maximale tout en maintenant un équilibre permanent.
Démarrant par une fente avant, puis se redressant, l’athlète amène son membre inférieur de l’arrière vers l’avant finissant par une extension horizontale. La position de base de fente avant se modifie progressivement pour finir debout, membre inférieur d’appui tendu. Le mouvement balistique de la jambe arrière effectuant un «shoot» dans l’eau doit impérativement s’enchaîner par un retour en position finale de fente avant.

Si l’on considère l’importante amplitude du geste et surtout la charge sous-maximale créée par l’action du pied dans l’eau, on peut admettre que ce travail en deux ou trois séries de dix répétitions représente un renforcement musculaire complet de la chaîne cinétique des membres inférieurs et de la ceinture pelvienne.


Analyse segmentaire du geste :
Le mouvement débute par une sollicitation des fléchisseurs de la hanche en extension (préalablement étirés par la position de fente avant du membre inférieur controlatéral), associée à un travail abdominal en synergie. Très rapidement, le déplacement de la jambe de l’arrière vers l’avant enchaîne un travail des fléchisseurs de la hanche et des extenseurs (mono et polyarticulaires) du genou qui terminera sa course horizontalement.
En revanche, le retour du membre inférieur vers l’arrière impose un important effort des fléchisseurs du genou, non seulement dans les phases intermédiaires du mouvement, mais également dans l’extension finale lors du repositionnement en fente avant du membre inférieur controlatéral et en fente arrière du membre inférieur homolatéral. Le demi-membraneux, le demi-tendineux, le biceps crural, le grand fessier deviennent ainsi des extenseurs de la coxo-fémorale.
L’action synergique de ces muscles introduit une action musculaire en chaîne cinétique autre que la seule flexion monoarticulaire du genou.

Si l’on considère l’action spécifique du passage de haies, il y a dans cette analyse segmentaire du «shoot» une similitude dans le début de l’action lors de l’impulsion du hurdler avant de franchir l’obstacle. Lors des qualifications de Vincent Clarico pour le championnat de France, le résultat obtenu par ce type de renforcement a été très probant du point de vue de l’athlète.

Suite au prochain numéro, avec un interview de Vincent Clarico

(1) G. Péninou, Contribution à l’optimisation de l’activité fonctionnelle des muscles du membre inférieur en rééducation, thèse de doctorat du CNAM, 1994, p. 159 (c’est nous qui soulignons).

(2) Ibid., p. 161.

(3) Ibid., p. 163.

(4) E. Viel, H. Neiger, M. Esnault, Musculation et entretien musculaire du sportif, éditions Chiron sports, collection A.P.S., 1985, p. 11.

(5)Ibid., p. 46.