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| Le fit de 7 à 77 ans | |||||||||||
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| Les cours, version Kid Parce qu’un enfant et un adulte n’ont pas les mêmes capacités physiques ni le même mental, les cours de fit ne sauraient être identiques pour tous. Forte de son expérience de prof, de formatrice et de maman, Grazia Dell’Oglio a mis au point pour la Fisaf un programme spécifique pour les bambins, Energy Kidz. “Donner des cours aux enfants est très enrichissant sur le plan humain, s’enthousiasme Grazia Dell’Oglio, prof et formatrice. Contrairement aux adultes, ils ne vous jugent pas et sont hyper spontanés. Qu’ils soient contents ou pas, ils le disent !” La motivation d’abord, la formation ensuite Les candidats tentés par l’animation pour les kids doivent cependant remplir certaines conditions. “D’abord et avant tout, il faut aimer les enfants. De toute façon, ils le sentent. Et puis le prof ne doit pas avoir peur de se lâcher, d’être spontané”. Outre un investissement minimal pour le club - “le gros du matériel est déjà là, il suffit juste d’acheter quelques cerceaux et des ballons”- une formation spécifique semble incontournable. “Energy Kidz est le seul programme de fit pour enfants en France, explique Grazia Dell’Oglio. Il s’inspire des techniques de fitness pour adultes, mais elles sont déclinées spécifiquement pour les enfants”. Les objectifs de ce programme ? “Développer la condition physique générale, favoriser l’intercommunication, et sensibiliser à la pratique sportive”. Mais attention, sensibiliser ne veut pas dire surentraîner. “Je ne veux pas créer un sport de haut niveau. Il s’agit d’initier, pas de pousser les enfants à fond, ce qui pourrait retentir sur leur croissance et entraîner des problèmes traumatologiques”. Respecter leurs différences Cet aspect des choses figure d’ailleurs dans son programme, comme y figure la croissance physique, le développement psychomoteur, affectif et intellectuel, le rapport au jeu, le processus de socialisation ou encore la pédagogie. A cela s’ajoutent bien sûr des bases pratiques, avec l’art et la manière de développer chez l’enfant la mobilité, la souplesse, ou encore la coordination. Toutes capacités qu’il est hors de question de travailler de la même façon avec tous les bambins, des loupiots de 6 ans aux ados de 15 ans. “Il y a des âges plus propices que d’autre au développement de chaque capacité. Par exemple, pour l’apprentissage moteur et le travail de vitesse, la période la plus propice d’apprentissage se situe entre 7 et 12 ans. Pour le travail d’équilibre, c’est plutôt entre 10 à 12 ans, et pour l’orientation dans l’espace, de 12 à 15 ans”. Conséquence logique : “il est impératif de faire des cours par tranche d’âge. On ne peut pas mélanger les enfants de 7 ans et ceux de 14 ans”.
L’enfant et sa santé : 5 vérités bonnes à entendre Contrairement aux apparences, l’enfant n’est pas un adulte en miniature. Il possède des spécificités santé qui font de lui un sportif bien particulier. Du métabolisme à la croissance, cinq précisions utiles du Dr Fabien Pillard, médecin du sport au CHU de Toulouse*. Les voies de l’énergie Le métabolisme énergétique des enfants est plutôt aérobie, la filière anaérobie n’étant mature qu’à la puberté, qui débute en moyenne entre 11 et 13 ans pour les filles, et entre 13 et 15 ans pour les garçons. Avant ce stade, il faut éviter les exercices en puissance, et les séances ne doivent être ni trop longues, ni surtout trop intenses, en freinant au besoin les enfants car ils ont tendance à faire tout exercice à fond. A la puberté, il devient possible de commencer à proposer des exercices en endurance, pour développer la filière anaérobie lactique. Passé l’âge de 15 ans, l’entraînement peut être comparable à celui d’un adulte, car le métabolisme énergétique est identique. Le temps d’une pause Les enfants ne doivent pas travailler en continu. D’abord parce qu’un exercice trop long sollicite non-stop la filière anaérobie, encore immature. Ensuite, parce qu’un travail ininterrompu risque de les lasser assez vite. Résultat, ils “décrochent” du cours aussi sûrement que si ils écoutaient une conférence soporifique sur la meilleure façon de gérer son portefeuille en Bourse... Mieux vaut privilégier les petits exercices, entrecoupés de moments de récupération. Pas si souple Pour beaucoup d’adultes, bambin rime avec souplesse. Et bien c’est faux ! Comme pour tout sportif qui se respecte, les étirements sont indispensables. A défaut, l’activité physique peut entraîner des traumatismes. De même, il faut imposer aux enfants des phases d’échauffement et de récupération, deux bonnes habitudes à prendre le plus tôt possible.
Parole de pro, les seniors ont la pêche ! Parce qu’être prof, c’est l’être pour tout le monde, Franck Koutchinsky a voulu que sa salle puisse répondre aux besoins de tous, jeune branché comme retraité. Leçon de marketing d’un PDG qui a su séduire les plus de 50 ans. “Les seniors actuels ont vécu à la fois l’apogée du rock et mai 68, prévient Franck Koutchinsky, PDG du club Montmartrois. C’est une génération qui bouge, bien loin de l’image que l’on avait des grands-parents il y a 20 ans.” Un point de vue que confirme une étude du Crédoc*, qui notait il y a peu “l’apparition chez les plus de 50 ans d’un nouvel état d’esprit, avec l’avènement d’un groupe moins frileux, plus autonome, moins conformiste et bien d’avantage immergé dans la société que ne l’étaient les seniors des années 70”. Un marché a développer Autre caractéristique de ces véritables panthères grises, leur poids économique à la hausse. Les retraités ont un revenu moyen supérieur de 8% à celui des actifs, ils détiennent 75% des avoirs boursiers, et leur pouvoir d’achat est évalue actuellement à 800 milliards de francs... Ce magot attire bien des convoitises commerciales. Equipement, communications, loisirs, tous les biens de consommation se déclinent désormais à la sauce senior. En ce domaine, les pros de la forme ne sont pas les premiers, loin s’en faut. Ils ont pourtant une carte à jouer. “La génération du baby-boom dispose de beaucoup de moyens, et de temps libre. Il n’y a pas de raisons de ne pas la satisfaire, bien au contraire”. Cette opportunité économique a rencontré, chez Franck Koutchinsky, une solide tradition familiale de professorat tout public. “M’occuper des seniors est venu naturellement. Je suis prof depuis une vingtaine d’années, mon père était prof de gym également. Nous avons des fondamentaux qui sont très appréciés des seniors, et pas seulement d’eux. Dans ma salle, j’ai souhaité conserver au maximum ces principes de base, de façon à rendre les cours accessibles à tous”. Se donner les moyens Sans développer des activités étiquetées “papys-mamys”, à même de faire fuir tout ceux qui détestent les ghettos, il a su modeler son offre pour répondre à l’attente des plus de 50 ans. D’abord en donnant des noms français à ses cours, “cours de gym poitrine-bras-dos”, ou “fessiers-abdo-cuisses”. Ensuite en offrant aux retraités des horaires qui les intéressent. “Ils sont plus disponibles dans la journée. Nous proposons donc des cours le matin”. Et si la trame d’une même séance est identique, à 11 comme à 20 heures, quelques variantes permettent de faire la différence. “En journée, le rythme est moins intense et la musique moins forte qu’en soirée. Le prof n’est pas là pour s’exhiber sur un podium, mais pour faire un cours presque à l’ancienne. Il n’anime pas le cours en se regardant dans une glace. Il regarde ses élèves, et les corrige si besoin”. Même déclinaison en ce qui concerne les mouvements: “Nous faisons en sorte qu’ils soient facilement réalisables, en insistant sur le confort. Mieux vaut éviter par exemple le travail à genoux, comme les exercices où il y a des sauts, sources potentiels de traumatisme articulaire. Pour autant, il ne s’agit pas d’en faire moins pour les seniors alors qu’ils ont souvent un passé sportif un peu plus conséquent que d’autres qui, à 25 ou 30 ans, n’ont pas fait de sport depuis l’école ! ”
La santé après 50 ans : ce que vous devez savoir Le sport est bon à tout âge, d’accord. Les seniors d’aujourd’hui sont plus en forme que ceux d’hier, soit. Mais les plus de 50 ans n’en constituent pas moins une population plus fragile, qu’il convient de manier avec quelques précautions. Le point avec le Dr Isabelle de Glisezinski, médecin du sport au CHU de Toulouse*. Les seniors sont-ils solubles dans le sport ? Que tous ceux qui se posent la question se rassurent. La réponse est non. Considérer les plus de 50 ans comme des croulants qui s’affaleront au moindre effort est irréaliste. Un papy sportif de longe date peut se montrer bien plus solide qu’un jeune papa ayant attendu son trentième anniversaire pour mettre le nez dans un club. Attention, fragile Il convient pourtant de ne pas imposer le même rythme à tous, car les seniors demeurent un groupe à risque du point de vue médical. “Ils sont un peu plus fragiles que les adultes jeunes, notamment au regard des accidents cardio-vasculaires“ explique le Dr Isabelle de Glisezinski, médecin du sport. Et puis ils sont plus nombreux à présenter une contre-indication, définitive ou temporaire, à la pratique sportive”. Ainsi une hypertension artérielle, un trouble du rythme cardiaque ou un diabète peuvent rendre inapte, si tant est que ces maladies soient mal contrôlées par le traitement. Dans le cas contraire, ils ne contre-indiquent pas la pratique régulière d’une activité physique adaptée, bien au contraire. De même, certains problèmes articulaires rendent impossibles bon nombre d’exercices. D’autres, comme l’arthrose, limitent les possibilités de mouvements et doivent faire ménager les articulations atteintes, mais n’empêchent absolument pas de faire de l’aquagym ou du vélo.
Les règles d’or A chacun ses possibilités, auxquelles le programme proposé doit répondre au plus juste. Mais à tous s’impose un même principe, celui des 3 R. “La pratique sportive se doit d’être régulière, raisonnable, et raisonnée”. Tout comme il ne faut pas négliger l’échauffement et les étirements, il est hors de question d’imposer un rythme des plus soutenus passé 50 ans. “La fréquence cardiaque ne doit pas trop s’élever. Le mieux est de travailler avec un cardio-fréquencemètre. Si ce n’est pas le cas, il faut se baser sur le souffle, le fait d’être essoufflé étant un bon signe que l’exercice est trop intense”. Côté timing, mieux vaut faire travailler les seniors en endurance, sur une demi-heure à trois-quarts d’heures. Délai au terme duquel doit intervenir une phase de récupération : “C’est primordial car, plus que tout autre, les seniors sont susceptibles de développer des problèmes musculaires. En conséquence, il faut être à l’écoute de leurs plaintes. La douleur est toujours une alarme. Son apparition pendant ou après un cours doit faire consulter un médecin”. A bon entendeur...
* Hôpital Purpan, Service d’exploration de la fonction respiratoire et de Médecine du sport. |