Lors
de toute activité physique, l’organisme dégage de la chaleur. Il va
chercher à l’éliminer afin de maintenir constante la température interne.
L’un des grands moyens qui lui permet de le faire est l’évaporation.
Elle se divise en deux étapes. La première est la transpiration, qui
consiste à faire passer une certaine quantité d’eau de l’intérieur
du corps vers l’extérieur. La seconde est la transformation de cette
sueur en vapeur. Elle seule permet de faire baisser la température
du corps. Or le port de vêtements imperméables pendant l’exercice
sportif bloque cette phase. En augmentant la transpiration, ces tenues
majorent la déshydration.
N’en rajoutez pas
Le résultat est comparable lorsque la température extérieure s’élève.
“C’est pourquoi à intensité égale, le sport en salle déshydrate souvent
d’avantage que le sport en plein air, car il y fait plus chaud” précise
Didier Rubio, diététicien du sport. Autre circonstance aggravante,
l’humidité, qui va à l’encontre des processus d’évaporation.
La salle idéale ? “pas trop humide, fraîche et correctement ventilée”.
Enfin, si une séance de sauna après l’effort est un moment de détente
indéniable, il faut savoir aussi que ce bain de vapeur augmente encore
les pertes en eau. Pertes qui, non compensées, aboutissent à une déshydratation.
Une circonstance qu’il faut éviter à tout prix, car elle favorise
l’apparition de blessures musculaires comme tendineuses, et influe
sur les performances, nos cellules ayant besoin d’eau pour fonctionner
à plein régime.
C’est ainsi qu’une déshydratation de 2%, soit une perte de 1,5 litres
pour un homme de 70 kilos, réduit les performances de 20%. |
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A chacun ses besoins
Mieux vaut agir avant d’en arriver là. Pour compenser les pertes, la seule
solution consiste à boire suffisamment, soit un millilitre d’eau par kilocalorie
ingérée sur la journée. Illustration pratique : “un individu qui consomme
3000 kilocalories par jour doit consommer 3 litres d’eau, un litre environ
étant apporté par les aliments, et deux litres par les boissons, eau, jus
de fruits, thé ou café”.
Ce portrait-type est plutôt celui d’un homme très sportif. Pour une femme
de 45 kg, les besoins en eau sont plus modérés, 2 litres par jour, et pour
un homme peu sportif, de 2500 à 2700 millilitres par jour. Ces moyennes
sont bien évidement à moduler en fonction de la température extérieure -les
fortes chaleurs augmentent les besoins- mais aussi de l’activité sportive.
“Plus que le type de sport, c’est son intensité qui importe. Plus un exercice
est intense, plus les pertes en eau sont conséquentes, plus la quantité
de boissons doit être importante”.
Avant,
pendant, mais aussi après
Reste à savoir quand boire. “La soif est déjà un signe de déshydratation.
Il faut donc boire avant d’en ressentir le besoin”. Pour n’être jamais
pris au dépourvu, la solution consiste à toujours avoir une bouteille
d’eau sur soi, à utiliser au moment de l’activité sportive, mais pas
seulement. “Ingurgiter un litre d’eau pile au moment de la pratique
sportive ne sert à rien. Il faut boire dans la salle, mais aussi tout
au long de la journée, au bureau, à la maison, en voiture, et cela
de façon régulière”.
Plutôt que d’avaler d’un coup le contenu d’une bouteille, mieux vaut
fractionner les prises. “Une quantité de 600 à 800 ml par heure est
un maximum, ce qui correspond environ à un litre de boissons pour
une heure et demie de sport, à repartir en plusieurs prises espacées
de 10 à 15 minutes pendant l’activité sportive”. Une bonne habitude
qui doit se poursuivre une fois l’effort terminé, que l’on ait soif
ou pas. “Même en ayant bu correctement pendant l’effort, il faut continuer
à s’hydrater pendant la phase de récupération”. D’abord pour reconstituer
ses réserves en eau, mais aussi pour restaurer son stock d’énergie.
Car manger sans boire ne sert pas à grand chose. Si le sucre ingéré
n’est pas associé à de l’eau, il n’est pas stocké de façon optimale
par le muscle. Alors manger une barre de céréales après l’effort,
pourquoi pas, mais jamais sans boissons !
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la soif c'est quoi
La sensation de soif est un signal d’alarme
qui informe l’organisme qu’il se déshydrate, c’est-à-dire que les
entrées en eau sont inférieures aux pertes. Elle se déclenche lors
du passage d’un sang trop concentré au contact de certains récepteurs
nerveux situés dans le cerveau. Elle s’accompagne d’une sécheresse
de la bouche et de la gorge liée à une diminution de la sécrétion
de salive, preuve s’il en est que l’eau se fait rare... La seule solution
? Etancher sa soif, ce qui restaure le volume d’eau nécessaire à l’organisme
pour fonctionner normalement. Si ce beau mécanisme fonctionne le plus
souvent à la perfection, il lui arrive pourtant de dérailler.
Ainsi dans la potomanie, où la sensation de soif devient permanente
et impossible à calmer. Ce besoin irrépressible de boire peut être
consécutif à un diabète, ou à un trouble psychique.
A l’inverse, même déshydratés, certains individus n’ont jamais soif,
porteurs qu’ils sont de lésions du centre cérébral chargé de déclencher
la sensation de soif. Situation moins extrême, les personnes âgées
peuvent se déshydrater sans avoir soif, car cette sensation s’émousse
avec l’âge. Plus que tout autre, les seniors doivent donc penser à
boire régulièrement. |
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De
l’eau avant tout
Ce bon principe bien compris, une question essentielle se pose : quoi
boire ? “Lorsque l’alimentation dans la journée a été satisfaisante,
l’eau suffit largement si l’activité sportive ne dure pas plus de
une heure trente. Pas besoin de rajouter du sel, du sucre, ou des
minéraux”. En revanche, si le dernier repas est trop lointain, n’était
pas équilibré, ou que l’activité sportive dépasse les 90 minutes,
il faut ajouter à l’eau une boisson énergétique, mais toujours en
suivant à la lettre les recommandations du fabricant quant à sa dilution.
Et pour ceux qui préfèrent se préparer leur mixture en autodidacte,
rien de plus simple. “Il suffit d’ajouter 30 à 40 grammes de sucre
par litre d’eau”. Un mélange à déguster à bonne température : “10-15°
est idéal. Une boisson plus froide risque d’accélérer le transit”.
Pas terrible pour le confort digestif si le drink glacé est avalé
juste avant, ou pendant l’effort... Attention donc aux fontaines réfrigérées,
qui délivrent une eau plus que fraîche, à tempérer si besoin en la
mélangeant au contenu de sa bouteille perso. |
A
noter
Les boissons de l’effort vendues en France sont toutes contrôlées
par les autorités sanitaires françaises. Elles font l’objet d’une
autorisation de mise sur le marché. En revanche, celles qui sont vendues
sur internet à partir d’un pays étranger ne subissent aucun contrôle.
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En
chiffres
En France, la consommation annuelle de jus de fruits est de 15 litres
par habitant. Celle d’eau minérale est estimée à 103 litres par habitant,
soit moins de 300 ml par jour. En revanche, près de 6 français sur
10 boivent de l’eau du robinet tous les jours. |
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* Service d’exploration
de la fonction respiratoire et de médecine du sport, hôpital Purpan
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