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aimerait qu’il dise “oui” à tout sans poser de question, qu’il soit gentil,
conciliant, fidèle, sensible, patient... Mais dans les faits, un banquier
n’est ni un loup, ni un agneau. C’est un professionnel. Un établissement
bancaire est une entreprise, comme la votre. Le banquier n’est pas là pour
vous faire plaisir, mais pour gagner sa vie. Il ne vous accordera un crédit
que si le bénéfice qu’il en attend est supérieur au risque qu’il prend.
Accordé... ou pas ? Pour évaluer si le jeu en vaut la chandelle, il ne se base pas sur votre bonne mine ou votre look le jour du rendez-vous, mais sur la bonne -ou mauvaise- santé de votre club. Bien plus que les apparences, c’est le bilan qui importe. Votre chiffre d’affaires entre bien évidement en jeu, mais pas seulement. Une entreprise au petit CA mais qui n’est pas, ou peu, endetté est parfois plus intéressante que le gros CA d’une société couverte de dettes. Aussi le banquier prend-il en compte d’autres paramètres: l’indépendance financière de l’entreprise, sa rentabilité, sa taille, le fonctionnement au quotidien des comptes, la qualité des garanties, la trésorerie, la solvabilité, l’activité, la capacité de remboursement et d’endettement... En fonction de tous ces éléments, il décide d’accorder, ou pas, le crédit. Il vous opposera certainement un “non” catégorique si le montant total de vos dettes, nouveau crédit inclus, dépasse vos fonds propres. De même, il risque de se montrer très difficile à convaincre si les frais financiers sont supérieurs à 3% du chiffre d’affaires. Charge à vous de défendre vos positions, et de développer votre projet avec des arguments qui tiennent la route si la situation est tangente.
jusque dans les détails Dernier point, même si vous êtes très pressé, passez toutes les clauses du contrat à la loupe. Certaines banques prévoient par exemple une augmentation du taux de prêt -environ 0,5%- si le compte de l’entreprise quitte l’établissement pour un autre durant le remboursement. D’autres affichent des taux très concurrentiels, mais se rattrapent sur les frais annexes (assurance, frais de dossiers), ce qui modifie le coût global du crédit. Mais rien ne vous interdit de négocier les frais de dossiers . Certains banquiers acceptent de les faire passer à la trappe, pour peu d’insister. Faut pas prendre les entrepreneurs pour des moutons dociles... ..
Pour en savoir plus • L’entreprise, n°184, Mai 2001 • www.afub.org |