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l’actu du fit

Gymnasium en suspens

Placée en redressement judiciaire à la mi décembre, la chaîne Gymnasium cherche un repreneur à l’heure où nous imprimons. Les 18 clubs du groupe, et leurs 400 salariés, attendent le verdict du Tribunal de commerce.

La vie du fitness n’a décidément rien d’un long fleuve tranquille. Après le rachat en mai dernier du groupe Gymnase club par le Club Méditerranée, la fin d’année a été marquée par le placement en redressement judiciaire de son concurrent, Gymnasium.

Un premier faux pas...
Cette sanction est l’aboutissement d’un parcours pour le moins chaotique. Crée en 1971 à Brest par un kinésithérapeute, Rizziero Palusci, le groupe Gymnasium fait ses débuts en Bretagne, puis essaime sur l’ensemble de la France.
En 1994, la chaîne compte 65 clubs. Un an plus tard, la course au gigantisme se solde par un premier dépôt de bilan. Le fondateur de la société est mis en examen pour banqueroute, abus de biens sociaux, escroquerie, abus de confiance et présentation inexacte de comptes annuels...
Le groupe ne compte alors plus que 17 centres. Il est repris en avril 1995 par la Société financière de Luxeuil et la Compagnie parisienne du sport, deux sociétés regroupées au sein du holding Financière Rome. Denis Mevel, nouveau PDG du groupe, tente alors de faire évoluer l’image de Gymnasium. A la remise en forme pure et dure viennent s’ajouter des activités de détente misant sur la balnéothérapie, et un pôle beauté, avec le lancement en 1999 de l’enseigne haut de gamme “Institut Cluny”, dévouée au bien-être et à la minceur. A cette époque, la chaîne prévoit des ouvertures en masse. En Mai dernier, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros (250 millions de francs).

... suivi d’un second !

Pourtant, les salles ferment à la pelle, victimes pour beaucoup d’une politique commerciale des plus extrêmes dont n’ont manqué de se plaindre les associations de consommateurs (voir Vive la forme n° 31).

Le 17 décembre, c’est l’ensemble du groupe qui est mis en redressement judiciaire pour cessation de paiement. En bonne place parmi les créanciers, les clients qui ont souscrit un abonnement de longue durée. Au total, l’encours de la société s’élèverait à 9,15 millions d’euros, soit 60 millions de francs. Les candidats à la reprise avaient jusqu’au 5 janvier pour soumettre leurs offres, un délai très court justifié par l’absence de trésorerie du groupe. Selon le quotidien Les Echos*, plusieurs candidats repreneurs seraient intéressés. A l’heure où nous imprimons, le Tribunal de commerce n’a pas encore pris sa décision, liquidation ou désignation d’un repreneur.

Réactions à chaud

La rédaction de Vive la forme a tenté de joindre les dirigeants du groupe, mais ils jouent les abonnés absents. Sur la ligne du siège social de Gymnasium, un répondeur serine en boucle les horaires d’ouverture du standard, manifestement fermé non stop.
Côté franchisés, l’attente est diversement vécue. Certains employés disent n’avoir été informés de la situation du groupe “que le 4 décembre”, soit quelques jours seulement avant l’annonce publique du redressement. Depuis, un commercial avoue batailler ferme avec “des adhérents inquiets quant au devenir de leurs abonnements”. Et de préciser qu’il se “refuse à souscrire de nouveaux contrats tant que la reprise n’est pas certaine”, ce qui ne serait pas le cas dans tous les clubs... A contrario, d’autres salariés se montrent optimistes. “Je suis là, et je n’ai aucune crainte. Tout va bien. J’ai confiance. Le groupe trouvera un repreneur” nous a déclaré l’une des conseillères d’un Institut Cluny.

Serein, sinon rien
Au siège de Technogym, fabricant d’appareils de musculation et prestataire de service de Gymnasium, la sérénité est de mise. “Nous n’avons pas de leasing avec Gymnasium, mais des contrats de location commerciale. La différence est importante, puisque nous restons propriétaire du matériel, et que nous sommes en droit de résilier les contrats en cas d’impayés ou de redressement, souligne Orlando Ferrario, cogérant de la société Technogym France. Pour nous, la situation est claire. Soit Gymnasium, ou son repreneur, continue à payer ses loyers, ce qui est le cas pour l’instant, et le matériel reste en place. Soit il ne paye plus, et nous reprenons les appareils. Mais contrairement à ce qui a été annoncé dans la presse*, notre société n’est pas prête à aider financièrement un éventuel repreneur”.

* Les Echos, 7/01/2002, “Semaine critique pour Gymnasium”


Dernière minute...

La sentence est tombée à la toute fin du mois de janvier. Le Tribunal de commerce a finalement retenu l’offre de reprise partielle de Jean-Pierre Bibé. Associé à 6 cadres de Gymnasium, il reprend 9 salles parisiennes du groupe pour un montant de 1 million d’euros. Les autres clubs feront l’objet d’une liquidation judiciaire. Au bilan, 245 employés devraient rester sur la touche. Quant aux 9000 adhérents des salles en instance de liquidation, ils ne peuvent espérer le remboursement de leur forfait. Tout au plus devraient-ils se voir proposer la possibilité d’accéder gratuitement aux salles qui resteront ouvertes.


Fitness first
persiste et signe en terre de France

Bordeaux, La Celle Saint Cloud, Brest, Pau, Annemasse, Fresnes, Sainte Geneviève des bois, Paris...


Après l’ouverture dans l’hexagone de 8 salles l’an passé, la société Fitness First prévoit d’en créer une vingtaine d’autres dans les deux années à venir.
Son but avoué ? Conquérir 5% du marché français. Un objectif à la mesure de l’appétit de la firme britannique qui, en une décennie, a déjà ouvert 200 centres dans 14 pays, et sur 3 continents. Cotée à la bourse de Londres depuis trois ans, Fitness first rassemble aujourd’hui plus de 400 000 adhérents.
Pour y parvenir, elle a misé sur le rachat de chaînes existantes, comme ce fut le cas de The fitness company en Allemagne, Passage fitness en Belgique, SPORTathlon en Asie ou Healthland en Australie. Sa stratégie est toute différente en France, en Espagne, en Hollande et en Italie, où elle envisage plutôt la création de filiales, ses dirigeants estimant que, dans ces pays, “il est plus facile de créer de toutes pièces de nouveaux groupes plutôt que de chercher à racheter des chaînes locales aux finances peu sûres et à la réputation douteuse”...
Partout, Fitness first tente d’imposer un même concept. Celui d’un club de 1000 à 2000 m2, ouvert 7 jours sur 7, doté de 4 salles d’entraînement climatisées et qui fonctionne selon trois principes clés. Un agencement et des services pensés pour le bien être des utilisateurs. La mise en place de programmes personnalisés. Et une tarification abordable, qui se compose d’un droit d’entrée fixe de 153 euros (1003,61F) auquel s’ajoute un abonnement mensuel compris entre 55 euros (360 francs) et 40 euros (262 francs) selon l’option choisie. Un contrat que l’adhèrent peut résilier à tout moment, sans supporter de pénalité financière, ni avoir à se justifier.
Quant aux lieux français d’implantation, Fitness first privilégie la région parisienne et les grandes villes de province. Mais pas seulement. Elle vise aussi les agglomérations plus petites -moins de 125 000 habitants- où la concurrence est rare. Avis aux amateurs !