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Nutrition

Mettez des protéines dans
votre assiette !

Les besoins en protéines du sportif sont près de deux fois supérieurs à ceux du sédentaire.
Voilà pour la théorie.
Mais en pratique, combien en consommer ?
Et où les trouver ?
N’en déplaise aux adeptes du body-building, les protéines ne servent pas qu’à faire du muscle. Leurs rôles dans l’organisme sont nombreux, et vitaux. Formées d’une longue chaîne d’acides aminés, ces molécules entrent dans la constitution de tous les tissus, participent activement à la synthèse des hormones, des neuromédiateurs, des enzymes, et même des acides nucléiques, qui sont la base de notre matériel génétique. Bref, il y en a partout, et pour tout. L’organisme étant incapable de se constituer des réserves de protéines, il est indispensable de lui en fournir une quantité suffisante chaque jour.


La bonne quantité...

En dehors de toute activité sportive, les besoins sont de 1 g par jour et par kg de poids corporel. En pratique, un homme de 70 kg doit en consommer 70 g par jour pour être en bonne santé. Ces besoins de base doivent être revus à la hausse chez les enfants, les adolescents, mais aussi chez les seniors -dont les apports sont souvent insuffisants- et les sportifs. En effet, l’activité physique s’accompagne d’une dégradation protéique accrue, notamment en raison d’une destruction des muscles par micro-lésions, et d’une utilisation des protéines à des fins énergétiques. Hors sports de force et de puissance (musculation, haltérophilie), les besoins du sportif sont estimés entre 1,5 et 2 g/kg/jr. Pour les couvrir, la solution nutritionnelle idéale réside dans le 50/50 : la ration quotidienne doit être pour moitié d’origine animale (viandes, poissons, oeufs, produits laitiers), et pour moitié d’origine végétale (céréales, légumineuses).


... et la qualité !

Toutes les protéines ne sont pourtant pas équivalentes, car leur composition en acides aminés essentiels (substances que l’organisme ne peut synthétiser) est variable. D’un point de vue biologique, une protéine de bonne qualité est celle qui contient l’ensemble des acides aminés essentiels, en bonne proportion et quantité. La composition optimale est celle de l’oeuf, suivis des autres produits d’origine animale. Les protéines végétales ont une valeur biologique plus faible, car elles sont souvent déficitaires en un ou plusieurs acides aminés essentiels, telle la lysine pour les céréales, ou la méthionine pour les légumineuses. D’où la règle d’associer au cours d’un même repas les protéines végétales entre elles pour compenser leurs insuffisances respectives, en mangeant des céréales (riz, semoule de blé, pâte, pain) et des légumineuses (soja, pois, haricots secs, pois chiche). Les plats traditionnels venus d’ailleurs tels le riz cantonnais, ou les tortillas mexicaines, en sont de parfaits exemples.




Viandes et oeufs
Repères
40 g de protéines =
• 150 g de foie
• 160 g de veau
• 170 g de boeuf
• 200 g de poulet ou de lapin
• 300 g d’oeufs entiers
La composition en acides aminés de l’oeuf en fait un aliment de choix. En outre, il est, comme la viande, riche en fer, sélénium, zinc et vitamine B 12.
Attention cependant. L’oeuf est aussi un gros fournisseur de cholestérol, et certaines viandes représentent un apport de graisses non négligeable. En outre, l’idée populaire qu’il n’y a rien de meilleur pour la santé qu’un bon steak saignant en a pris un sérieux coup depuis la crise de la vache folle. Pour limiter les risques, privilégiez les viandes labellisées, dont on connaît l’origine, optez pour les vaches à viande, au détriment des laitières, et délaissez les plats tout prêt, conserves ou surgelés de viandes difficilement identifiables type moussaka, hachis parmentier ou raviolis. Préférez les oeufs issus de l’agriculture biologique, et optez pour les viandes maigres que sont le poulet (sans la peau), le lapin et le veau.


Poissons
Repères
40 g de protéines =
• 160 g de morue ou de thon
• 200 g de truite
• 210 g de saumon
• 250 g de merlan, de cabillaud ou de sole
• 290 g de maquereau
Les poissons contiennent du fer, des vitamines du groupe B, du calcium et du phosphore. A poids égal, ils apportent en moyenne autant de protéines qu’un steak. Mais pauvres en graisses, ils sont moitié moins caloriques... Mieux vaut privilégier le poisson sauvage plutôt que d’élevage, nourris aux farines animales. Un choix d’autant plus facile que leur étiquetage est obligatoire depuis peu ! En outre, il convient de veiller à des apports suffisants en poissons gras (maquereau, flétan, saumon, truite de mer, thon...), pour leur richesse en acides gras polyinsaturés, qui jouent un rôle protecteur du système cardio-vasculaire.


Produits Laitiers
Repères
40 g de protéines =
• 130 g de livarot
• 140 g d’emmental
• 170 g de cantal ou de fromage de chèvre • 230 g de camembert
• 500 g de fromage blanc
• 2,8 l de lait
Excellentes sources de calcium, les produits laitiers sont aussi très riches en calcium, et en vitamines A et D à condition de n’avoir pas été totalement écrémé. Aussi, hormis en cas de problème de santé, mieux vaut opter pour des produits laitiers demi-écrémés ou entiers. En outre, évitez les yaourts sucrés ou aromatisés. Préférez les basiques -yaourt et fromage blanc natures- agrémentés de fruits coupés en morceaux.


Céréales, légumineuses
Repères
40 g de protéines =
• 160 g de soja ou de germe de blé
• 180 g de lentilles, de haricots secs ou de pois
• 200 g d’amandes
• 260 g de noix ou de noisettes
• 350 g de céréales
• 500 g de pain • 600 g de riz
• 700 g de pâtes
Le pain, les pâtes, la semoule, le riz, les pois chiches, les lentilles, les haricots secs et les pois sont un irremplaçable réservoir de fibres, de vitamines, de minéraux et de sucres lents. Ils doivent représenter la moitié des apports protéiques, en respectant la règle des associations céréales-légumineuses au cours d’un même repas, qui permet d’optimiser les apports en acides aminés essentiels. A l’heure des courses, mieux vaut choisir des céréales complètes (riz, pâtes et pain), plus riche en vitamines du groupe B que les produits raffinés. Ne pas oublier les germes de blé, pour saupoudrer yaourts ou salades. Et le soja, un incontournable dont la richesse en protéines est à la base de sa large utilisation dans les régimes végétariens.




Ni trop, ni trop peu


Lorsque les apports en protéines sont trop faibles par rapport aux besoins, l’organisme va chercher à piocher dans ses réserves pour fonctionner au mieux.
Or, contrairement à ce qui se passe pour les graisses et les sucres, il ne dispose pas de stocks de protéines mobilisables sans dommage. Si la ration protéique quotidienne est insuffisante, il va donc “grignoter” ses propres tissus pour assurer sa survie. Ce phénomène va concerner le muscle (fonte musculaire), mais aussi d’autres organes et fonctions (dysfonctionnement du système immunitaire, hormonal...).

A l’inverse, trop de protéines peut nuire tout autant. Ne sachant pas emmagasiner les protéines excédentaires, l’organisme va chercher à s’en débarrasser. Soit en les éliminant dans l’urine sous forme d’urée, ce qu’il peut avoir du mal à faire si l’hydratation est insuffisante, ou le fonctionnement du rein déficient. Soit en transformant l’excès de protéines en sucres ou en graisses qui sont, elles, stockables... mais pas forcément bienvenues quand on veut se muscler !



Vrai ou faux ?

> Il y a plus de protéines dans 100 g de steak que dans 100 g d’emmental.
Faux. Le premier contient 23 g de protéines, le second 28.

> L’apport de protéines doit être reparti sur 3 à 4 repas.
Vrai. L’organisme ne peut assimiler plus de 0,5 g de protéines par kg de poids corporel et par repas. Au-delà, il stocke l’excédent sous forme de glycogène ou de graisse, ou l’élimine dans l’urine.

> L’huile contient très peu de protéines.
Faux.
Elle n’en contient pas du tout.

> Plus on mange de protéines, plus on fait de muscles.
Faux.
Sans activité physique, les apports protéiques ne sont rien. Tous ceux qui sont plâtrés pour une fracture en font l’experience. Malgré des apports protéiques réguliers, leurs muscles s’atrophient pour cause d’inactivité.

> La prise de poudres protéiques nécessite certaines précautions.
Vrai.
Avant toute prise, il faut vérifier la fonction rénale.