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N’en
déplaise aux adeptes du body-building, les protéines ne servent pas qu’à
faire du muscle. Leurs rôles dans l’organisme sont nombreux, et vitaux.
Formées d’une longue chaîne d’acides aminés, ces molécules entrent dans
la constitution de tous les tissus, participent activement à la synthèse
des hormones, des neuromédiateurs, des enzymes, et même des acides nucléiques,
qui sont la base de notre matériel génétique. Bref, il y en a partout,
et pour tout. L’organisme étant incapable de se constituer des réserves
de protéines, il est indispensable de lui en fournir une quantité suffisante
chaque jour.
La bonne quantité...
En dehors de toute activité sportive, les besoins sont de 1 g par jour
et par kg de poids corporel. En pratique, un homme de 70 kg doit en consommer
70 g par jour pour être en bonne santé. Ces besoins de base doivent être
revus à la hausse chez les enfants, les adolescents, mais aussi chez les
seniors -dont les apports sont souvent insuffisants- et les sportifs.
En effet, l’activité physique s’accompagne d’une dégradation protéique
accrue, notamment en raison d’une destruction des muscles par micro-lésions,
et d’une utilisation des protéines à des fins énergétiques. Hors sports
de force et de puissance (musculation, haltérophilie), les besoins du
sportif sont estimés entre 1,5 et 2 g/kg/jr. Pour les couvrir, la solution
nutritionnelle idéale réside dans le 50/50 : la ration quotidienne doit
être pour moitié d’origine animale (viandes, poissons, oeufs, produits
laitiers), et pour moitié d’origine végétale (céréales, légumineuses).
... et la qualité !
Toutes les protéines ne sont pourtant pas équivalentes, car leur composition
en acides aminés essentiels (substances que l’organisme ne peut synthétiser)
est variable. D’un point de vue biologique, une protéine de bonne qualité
est celle qui contient l’ensemble des acides aminés essentiels, en bonne
proportion et quantité. La composition optimale est celle de l’oeuf, suivis
des autres produits d’origine animale. Les protéines végétales ont une
valeur biologique plus faible, car elles sont souvent déficitaires en
un ou plusieurs acides aminés essentiels, telle la lysine pour les céréales,
ou la méthionine pour les légumineuses. D’où la règle d’associer au cours
d’un même repas les protéines végétales entre elles pour compenser leurs
insuffisances respectives, en mangeant des céréales (riz, semoule de blé,
pâte, pain) et des légumineuses (soja, pois, haricots secs, pois chiche).
Les plats traditionnels venus d’ailleurs tels le riz cantonnais, ou les
tortillas mexicaines, en sont de parfaits exemples.
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Viandes
et oeufs
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Repères
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40
g de protéines =
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150 g de foie
• 160 g de veau
• 170 g de boeuf
• 200 g de poulet ou de lapin
• 300 g d’oeufs entiers |
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La
composition en acides aminés de l’oeuf en fait un aliment
de choix. En outre, il est, comme la viande, riche en
fer, sélénium, zinc et vitamine B 12.
Attention cependant. L’oeuf est aussi un gros fournisseur
de cholestérol, et certaines viandes représentent un
apport de graisses non négligeable. En outre, l’idée
populaire qu’il n’y a rien de meilleur pour la santé
qu’un bon steak saignant en a pris un sérieux coup depuis
la crise de la vache folle. Pour limiter les risques,
privilégiez les viandes labellisées, dont on connaît
l’origine, optez pour les vaches à viande, au détriment
des laitières, et délaissez les plats tout prêt, conserves
ou surgelés de viandes difficilement identifiables type
moussaka, hachis parmentier ou raviolis. Préférez les
oeufs issus de l’agriculture biologique, et optez pour
les viandes maigres que sont le poulet (sans la peau),
le lapin et le veau. |
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Poissons
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Repères
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40
g de protéines =
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160 g de morue ou de thon
• 200 g de truite
• 210 g de saumon
• 250 g de merlan, de cabillaud ou de sole
• 290 g de maquereau |
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Les poissons contiennent du fer, des vitamines du groupe
B, du calcium et du phosphore. A poids égal, ils apportent
en moyenne autant de protéines qu’un steak. Mais pauvres
en graisses, ils sont moitié moins caloriques... Mieux
vaut privilégier le poisson sauvage plutôt que d’élevage,
nourris aux farines animales. Un choix d’autant plus
facile que leur étiquetage est obligatoire depuis peu
! En outre, il convient de veiller à des apports suffisants
en poissons gras (maquereau, flétan, saumon, truite
de mer, thon...), pour leur richesse en acides gras
polyinsaturés, qui jouent un rôle protecteur du système
cardio-vasculaire. |
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Produits
Laitiers
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Repères
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40
g de protéines =
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•
130 g de livarot
• 140 g d’emmental
• 170 g de cantal ou de fromage de chèvre • 230
g de camembert
• 500 g de fromage blanc
• 2,8 l de lait |
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Excellentes sources de calcium, les produits laitiers
sont aussi très riches en calcium, et en vitamines A
et D à condition de n’avoir pas été totalement écrémé.
Aussi, hormis en cas de problème de santé, mieux vaut
opter pour des produits laitiers demi-écrémés ou entiers.
En outre, évitez les yaourts sucrés ou aromatisés. Préférez
les basiques -yaourt et fromage blanc natures- agrémentés
de fruits coupés en morceaux. |
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Céréales,
légumineuses
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Repères
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40
g de protéines =
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160 g de soja ou de germe de blé
• 180 g de lentilles, de haricots secs ou de
pois
• 200 g d’amandes
• 260 g de noix ou de noisettes
• 350 g de céréales
• 500 g de pain • 600 g de riz
• 700 g de pâtes
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Le pain, les pâtes, la semoule, le riz, les pois chiches,
les lentilles, les haricots secs et les pois sont un
irremplaçable réservoir de fibres, de vitamines, de
minéraux et de sucres lents. Ils doivent représenter
la moitié des apports protéiques, en respectant la règle
des associations céréales-légumineuses au cours d’un
même repas, qui permet d’optimiser les apports en acides
aminés essentiels. A l’heure des courses, mieux vaut
choisir des céréales complètes (riz, pâtes et pain),
plus riche en vitamines du groupe B que les produits
raffinés. Ne pas oublier les germes de blé, pour saupoudrer
yaourts ou salades. Et le soja, un incontournable dont
la richesse en protéines est à la base de sa large utilisation
dans les régimes végétariens. |
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Ni
trop, ni trop peu
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Lorsque les apports en protéines sont trop faibles par rapport aux
besoins, l’organisme va chercher à piocher dans ses réserves pour
fonctionner au mieux.
Or, contrairement à ce qui se passe pour les graisses et les sucres,
il ne dispose pas de stocks de protéines mobilisables sans dommage.
Si la ration protéique quotidienne est insuffisante, il va donc “grignoter”
ses propres tissus pour assurer sa survie. Ce phénomène va concerner
le muscle (fonte musculaire), mais aussi d’autres organes et fonctions
(dysfonctionnement du système immunitaire, hormonal...).
A l’inverse, trop de protéines peut nuire tout autant. Ne sachant
pas emmagasiner les protéines excédentaires, l’organisme va chercher
à s’en débarrasser. Soit en les éliminant dans l’urine sous forme
d’urée, ce qu’il peut avoir du mal à faire si l’hydratation est insuffisante,
ou le fonctionnement du rein déficient. Soit en transformant l’excès
de protéines en sucres ou en graisses qui sont, elles, stockables...
mais pas forcément bienvenues quand on veut se muscler !
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Vrai
ou faux ?
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> Il y a plus de protéines dans 100 g de
steak que dans 100 g d’emmental.
Faux. Le premier contient 23 g
de protéines, le second 28.
> L’apport de protéines doit être reparti
sur 3 à 4 repas.
Vrai. L’organisme ne peut assimiler
plus de 0,5 g de protéines par kg de poids corporel et par repas.
Au-delà, il stocke l’excédent sous forme de glycogène ou de graisse,
ou l’élimine dans l’urine.
> L’huile contient très peu de protéines.
Faux. Elle n’en contient pas du tout.
> Plus on mange de protéines, plus on fait
de muscles.
Faux. Sans activité physique, les apports protéiques ne
sont rien. Tous ceux qui sont plâtrés pour une fracture en font l’experience.
Malgré des apports protéiques réguliers, leurs muscles s’atrophient
pour cause d’inactivité.
> La prise de poudres protéiques nécessite certaines précautions.
Vrai. Avant toute prise, il faut vérifier la fonction rénale.
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