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Diététique
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Hommes
- Femmes :
les mangeurs inégaux
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Par
le Docteur Agnès Mouton Gensburger, Endocrinologue-Nutritionniste
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Les
problèmes de surcharge pondérale doivent être traités médicalement,
et l’on ne doit plus chercher des remèdes miracles ni des méthodes
stéréotypées. Chaque cas est un cas particulier, et seule une bonne
croissance de la physiologie de la nutrition permet d’apporter une
réponse appropriée à chaque personne.
Homme et femme sont différents et la connaissance de ces différences
va nous permettre de mieux conduire notre démarche thérapeutique.
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Evolution
du poids avec l’âge
Hormis les populations qui ont une alimentation céréalière prédominante,
on observe une augmentation du poids avec l’âge, de 12 kilos sur 40
ans en moyenne. Chez l’homme, ce phénomène est très rapide entre 20
et 30 ans alors que, chez la femme, c’est après 40 ans qu’il se produit.
On peut expliquer cette différence en examinant l’évolution du métabolisme
de base chez l’homme et la femme. Chez la femme, le métabolisme de
base a tendance à s’accroître jusqu’à 30 ans pour baisser ensuite
rapidement. Chez l’homme, le métabolisme de base baisse lentement
et très régulièrement à partir de 18 ans.
Les facteurs déclenchants
Chez l’homme, se sont essentiellement
des facteurs extérieurs :
• Le changement de mode de vie s’accompagne souvent d’une diminution
de l’activité physique et d’une augmentation des apports alimentaires.
• L’arrêt de l’activité sportive, souvent brutale dès les débuts de
la vie professionnelle, entraîne inéluctablement une prise de poids.
• L’immobilisation pour accident ou traumatisme est une cause
importante de prise de poids chez l’homme jeune.
Chez la femme, même si ces facteurs
extérieurs de retrouvent, ils viennent aggraver des situations hormonales
bien particulières
: • Il existe par exemple un rebond de poids post-pubertaire physiologique
mais qui peut être majoré par un changement d’habitudes alimentaires.
On retrouve le même phénomème avec la prise d’une pilule contraceptive.
Physiologiquement, la contraception oestro-progestative fait prendre
1 à 2 kilos ; mais cette prise de pilule correspond souvent à un changement
de vie qui va modifier les habitudes alimentaires.
• Les grossesses augmentent le poids en moyenne de 1 à 2,3
kilos pour chacune d’elles. Là aussi le phénomème est aggravé si l’alimentation
n’est pas contrôlée.
• Au moment de la ménopause, la carence oestrogénique est associée
à une réduction de la lipolyse stimulée par l’adrénaline au niveau
des cellules adipeuses abdominales (récepteurs B3).
Il y a surtout le phénomème de vieillissement qui diminue considérablement
le métabolisme de base ; phénomène aggravé par la diminution de l’activité
physique et un contexte «psycho-socio-familial» difficile, créant
un climat de stress préjudiciable à l’équilibre pondéral. Une cause
de prise de poids est à présent commune aux deux sexes : l’arrêt du
tabac. En effet, le tabagisme est responsable de la thermogenèse équivalant
à 200 Kcal pour 24 cigarettes par jour. A l’arrêt de l’intoxication
tabagique, c’est comme si la personne emmagasinait 200 Kcal de plus
par jour, sans compter les phénomènes de compensation alimentaire.
Les comportements alimentaires
On peut opposer, sur le plan quantitatif, le groupe des «petites mangeuses
diversifiées» (15 % de la population), composé de 80 % de femmes où
l’obésité est quasiment absente et le groupe des «gros mangeurs diversifiés»
constitué à 85 % d’hommes avec une fréquence élevée de surpoids.
Sur le plan quantitatif, c’est l’excès de lipides qui entraîne la
prise de poids. Mais la nature de ces lipides est différente selon
les sexes. Chez l’homme, d’après l’étude de Fleubaix Laventie Ville
Santé, le beurre et la viande sont les aliments les plus contributifs
aux apports lipidiques alors que chez la femme obèse, les frites et
le fromage sont prédominants. Les gâteaux secs sucrés ou salés représentent
également 13 % des apports énergétiques quotidiens chez la femme.
Chez les femmes l’on retrouve beaucoup plus que chez les hommes un
comportement de restriction cognitive qui entraîne un double désaveu
de soi : celui de sa propre apparence par soumission aux normes idéales
de la minceur et celui de son mode d’alimentation spontané pour appliquer
le modèle alimentaire supposé propice à l’amaigrissement.
En matière de corrections diététiques, il faut se souvenir que les
hommes sont en général de gros mangeurs. Il faudra donc à la fois
autoriser des aliments sans trop de limite et en interdire certains
car il leur est, en effet, très difficile de manger un peu de pain
ou de fromage ou de boire un peu de vin. En revanche, les femmes sont
en général satisfaites de garder dans un régime un peu d’un aliment
réputé «mauvais» pour leur ligne. On pourra donc leur proposer un
de pain ou de fromage, voire du chocolat qu’elles sauront apprécier
en petites quantités.
Le rôle de l’activité physique
La graisse fémorale, riche en récepteurs x2, à effet antilipolytique
qui inhibent la production de chaleur, est très peu sensible à l’exercice.
Les femmes jeunes sont plutôt pourvues de cette graisse fémorale en
raison de leur taux de Leptine. En revanche, le tissu adipeux intra-abdominal
riche en récepteurs B3 à effet lipolytique, sera sensible à l’exercice
physique. Cet effet lipolytique de l’activité physique est d’autant
plus important que le sujet est entraîné.
L’activité physique aura donc peu d’effet amincissant sur une surchage
gynoïde, mais elle peut muscler les cuisses et leur donner un aspect
galbé.
En revanche, chez l’homme jeune et surtout chez la femme après 40
ans, l’activité physique est essentielle pour éviter le développement
de la graisse intra-abdominale.
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Pour
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