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Exercice, alimentation et Vieillissement

Les salles de forme proposent des activités variées et s’adressant à tous les âges. Les plus de 60 ans sont une cible évidente. La pyramide des âges plaide pour s’occuper de ce segment et fournir au papy boom les moyens de pratiquer des exercices physiques.

Les arguments proposés sont quelquefois connus mais méritent d’être rappelés. Des conseils alimentaires sont indispensables pour optimiser les performances en fonction de l’âge, c’est cet aspect que nous abordons dans cet article.
• L’exercice : médicament de l’ostéoporose
Il est démontré que l’exercice physique et certains facteurs nutritionnels sont capables d’influencer le pic de masse osseuse et/ou l’ostéopénie (physiologique ou pathologique) associée au vieillissement. Le respect des apports nutritionnels conseillés en calcium (milligrammes par jour ; 1200-1500 pour les adolescents ; 1000 pour les adultes jusqu’à 65 ans ; 1500 pour les femmes ménopausées ne recevant pas d’œstrogènes, et pour tout le monde après 65 ans) et vitamine D (500 à 800 UI par jour) (Heaney,1999) est nécessaire pour prévenir efficacement l’ostéoporose.

  • Le sport chez les personnes âgées
Il s’agit plus d’une activité physique que de sport. La notion de compétition n’est pas forcément de mise. Il s’agit surtout de préserver, maintenir le plus longtemps possible son potentiel physique, pour conserver son autonomie.
Cette activité provoque un ralentissement du vieil-lissement, une amélioration des capacités cardio-pulmonaires, ralentit la diminution de la masse musculaire liée à l’avancée en âge. Parallèlement, l’activité physique limite l’augmentation de la masse grasse et les problèmes métaboliques associés, comme l’intolérance au glucose par insulinorésistance. L’activité est en elle-même prévention de chute par le renforcement de l’information perceptive.
Les personnes âgées peuvent augmenter leur force musculaire de 80% par un entraînement de 12 semaines


Les exercices peuvent être sur l’aspect moteur et équilibre, comme le tapis roulant à faible vitesse ou le cardio-training pour l’aspect musculo-squelettique et cardio-respiratoire.
L’effort sera progressif et adapté aux pathologies diverses. Les personnes âgées peuvent augmenter leur force musculaire de 80% par un entraînement de 12 semaines. On note quelquefois des gains de circonférence des membres. Il faut associer entraînement aérobie et entraînement de musculation, ce qui induit une augmentation des performances de force et aérobie de 4 à 10 fois celles obtenues par un simple entraînement aérobie.
Cependant, cela n’est malheureusement pas toujours suffisant. La prévention peut être encore améliorée par la diététique.

Ainsi, plusieurs études épidémiologiques ont démontré une moindre fréquence du syndrome ostéoporique chez les Japonaises, comparativement aux Européennes ou aux Américaines du Nord(Anderson et al., 1999). Les phyto-oestrogènes du soja consommés par les premières pourraient expliquer, au moins partiellement, cette différence (Murkies et al.,1998 ; Tham et al.,1998 ; Messina,1999). En effet, la génistéine et la daidzéine, principaux phyto-oestrogènes de cette légumineuse, préviennent efficacement le perte osseuse induite par ovariectomie chez la rate (Désir et al, 1998 ; Picherit C.et Coxam V ; données non publiées). Les phyto-oestrogènes du soja ne sont d’ailleurs pas les seuls polyphénols susceptibles de posséder un effet bénéfique au niveau osseux. Divers extraits de légumes consommés quotidiennement dans les pays industrialisés sont capables de bloquer la résorption osseuse chez le rat (Mühlbauer et Li, 1999).

Les Liliacées semblent particulièrement intéressantes à cet égard (Ingold et al., 1998), probablement du fait de leur teneur élevée en rutine (Horcajada-Moltani et al.,1999). Outre les polyphénols, les fruits et légumes sont également une source alimentaire importante de vitamine K. Celle-ci existe sous deux formes naturelles : K1, ou phylloquinone, apportée par les légumes verts, et K2, ou ménaquinone, présente dans la viande et également synthétisée par la flore intestinale. Les vitamines K jouent le rôle de cofacteur dans la synthèse des «Glas-protéines» (ainsi dénommées car caractérisées par la présence d’acide carboxyglutamique), qui interviennent aussi bien dans la coagulation sanguine que dans le métabolisme ostéoblastique.
D’où l’effet bénéfique des vitamines K sur le métabolisme osseux (Craciun et al., 1998 ; Gundberg et al., 1998 ; Somekawa et al., 1999). En conclusion, outre les apports alimentaires con-seillés en calcium et vitamine D, une alimentation équilibrée et variée, associée à la pratique régulière d’un exercice physique d’intensité modérée (Heaney, 1999), constitue un facteur important à l’égard du syndrome ostéoporique.

• Les besoins énergétiques
On connaît les apports recommandés en matière d’apport en énergie, macro et micro nutriments chez le petit enfant, l’adolescent, la femme enceinte ou en cas d’activité physique de haut niveau.

Qu’en est-il de la personne âgée ?
A priori on serait tenté de penser (c’est d’ailleurs un lieu commun régulièrement évoqué par les personnes âgées) que la dépense énergétique liée à l’effort se réduisant avec l’âge, il serait sage de réduire également l’apport parfois de manière drastique, pour ne pas risquer une prise pondérale excessive. Si la dépense énergétique liée à l’activité physique est réduite par rapport à l’adulte, elle représente néanmoins encore 25 à 43 % de la dépense énergétique totale et paraît avoir un coût énergétique supérieur en particulier pour les activités physiques intenses. La dépense de repos ne se modifie guère quand on la rapporte au déclin de masse maigre.
Globalement les réserves rapidement mobilisables sont amoindries et la rencontre avec un stress ou un effort violent et prolongé aboutira rapidement à un effondrement des capacités métaboliques. Des valeurs ingérées inférieures à 1500 kcal/j ou à 1.4X les dépenses énergétiques de repos ne couvrent pas les besoins en vitamines et oligo-éléments. Les recommandations actuelles pour les besoins énergétiques s’orientent vers des valeurs de 1.5 à 1.8 X les dépenses énergétiques de repos soit 2250 à 2700 Kcal/j pour un individu âgé sédentaire d’un poids moyen de 60 Kg.

Les personnes âgées et très âgées perdent la perception de leur besoin d’hydratation et leur capacité d’adaptation rapide et précise aux mouvements de l’eau. On estime que les besoins physiologiques en eau sont au minimum de 1500 ml/j (700 ml étant apportés par l’eau de boisson) et au mieux de 2100 ml/j pour un individu de 60kg. Lors de conditions extra physiologiques, fortes chaleurs ou fièvre, les besoins augmentent de 500ml pour chaque degré supplémentaire au dessus de 38°C.
Une alimentation équilibrée associée à la pratique régulière d’un exercice physique constitue un facteur important à l’égard du syndrome ostéoporique
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